| Vendeuse sur le marché Goubert |
Ce matin, réveille en
fanfare d’abord par le réveil à 7h et immédiatement par le téléphone de Véro.
C’est Léon qui est en bas dans la rue et qui nous attend pour avoir les clés de
la moto.
Lever à vitesse grand V et
on descend. On lui remet les clés, il est venu avec son Ambassador, il boîte
beaucoup surtout au niveau de la hanche, son histoire de chute d’un arbre
paraît vraisemblable. Au moment où ils vont partir lui en voiture et son mécano
à moto, le mécano s’aperçoit que le pneu avant est à plat.
Changement de programme, ils
laissent la moto et repartent en voiture. On comprend qu’ils vont revenir pour
dépanner la moto.
Je vais chercher le pain,
mais il est trop tôt et je dois attendre l’arrivée des baguettes. En attendant
je lis un article dans le journal du jour qui vient confirmer que le
gouvernement Sri Lankais aurait la volonté d’appliquer enfin l’article 13 de la
constitution qui donne une large autonomie aux régions et permettrait ainsi
d’avoir des régions gérées par des Tamouls au Nord et à l’Est. Le rédacteur de l’article ne
semble pas dupe de ce genre d’annonce qui est faite depuis la fin de la guerre
civile en 2009, mais il veut y croire cette fois-ci.
Les baguettes sont arrivées.
Je reviens préparer le petit dèj. Lorsqu’on a fini le mécano revient avec un
autre motard il a une nouvelle roue pour remplacer celle qui est à plat. Il
effectue rapidement le changement de roue, pendant que l’autre motard astique
du mieux qu’il peut la moto pour aller vraisemblablement la présenter
directement au contrôle.
Il est 8h30 et il ne nous
reste plus qu’à attendre. En préparant la page du blog pour aujourd’hui et en
mettant la date je m’aperçois que c’est notre anniversaire de mariage. Avec
tout ça on a failli oublier.
Ça nous rassure sur le fait
que cette journée ait commencé sur les chapeaux de roue et que ce sera
certainement une bonne journée. La preuve c’est qu’il fait meilleur que le 20
janvier 1973. C’est là qu’on prend conscience du réchauffement climatique.
On part à pied chez
l’encadreur pour faire encadrer l’aquarelle que Véro à peinte comme cadeau pour
le mariage du 26. On remonte la rue Candappa et la rue Barathi. Dans la rue
Candappa pas très loin de l’appart il y a une boutique qui met en évidence des
poules, des lapins, des cailles dans des cages. C’est une boucherie et il est
affiché qu’ici on peut trouver du jambon. Véro demande et le boucher habillé
comme vous et moi lui dit, dans une demie heure.
Un peu plus haut avant MG
road le couple de vieux installés sur le trottoir à l’abri d’une avancée de
toit nous salue en souriant, la femme nous dit même, ça va, ça va !
On regarde toutes les belles
maisons qu’il y a encore dans la rue Barathi. Ce serait bien de les garder
plutôt que de faire des maisons comme celle dans laquelle nous habitons et dont
l’architecture est celle de tous les pays du Moyen Orient, architecture qui n’a
pas du tout le charme de celle des maisons tamoules.
L’encadreur prépare
l’aquarelle pour ce soir.
On va boire un thé à l’angle
de Rangapoulé et de MGroad.
On va ensuite dans le bazar
chez Aroule, Véro veut refaire faire une tunique qui lui va bien. Elle en a
déjà refait un modèle l’an dernier et elle veut refaire le même dans un autre
tissu.
Aroule qui commence à nous connaître lui annonce 350R, l’an
dernier pour le même travail, il avait fait payer 600R. Comme quoi ça sert de
revenir.
On fait des photos dans le
marché Goubert parce qu’avec les toitures arrachées la lumière vient éclairer
toutes les scènes du marché.
On traverse Nehru street
pour aller chez Singapore, on ne peut pas passer une journée sans aller chez
Singapore. Véro cherche des petites boîtes plastiques pour stocker par couleur
la poudre à Kolam. Il n’y a pas ce qu’il lui faut.
On remonte Nehru street en
direction de la ville blanche. Il fait chaud, mais c’est une chaleur sèche très
agréable.
On passe devant l’Aristo et
on voit qu’il est fermé le vendredi, on n’arrivait plus à se souvenir de son
jour de fermeture, maintenant on le sait. On se dit que ce restau doit-être tenu
par des Musulmans.
On traverse et on entre dans
le magasin de sacs High Design, c’est le premier magasin qu’ils ont gardé et
qui sert maintenant de magasin d’usine pour passer les restes des collections
de l’année précédente. Aujourd’hui High-Design sacs c’est un magasin sur trois
étages avec un restaurant.
En tournant dans mission
street on s’arrête chez un marchand de plastique en tout genre et Véro trouve
ses boîtes. Il a même une sorte de brise jet que je vais essayer d’installer.
On revient dans Candappa et
j’aperçois la moto, j’y vais tandis que Véro va voir pour le jambon.
On ne comprend pas. On
appelle Léon qui nous dit que le mécano a reposé la moto et laissé les clés au
proprio. Le contrôle était fermé aujourd’hui, on recommence lundi même heure.
Il n’a pas récupéré la roue
crevée.
Chez le boucher, il fait un
saut chez lui pour prendre des tranches dans son congélateur. Il revient et on
rentre à l’appart.
La femme de ménage a rentré
les serviettes qu’on avait laissées au soleil sur le balcon et détordu et
rentré aussi, la robe de Véro qu’on avait bien tordue avant de partir pour
qu’elle reste froissée et mise sécher sur le balcon.
On décide comme aujourd’hui
c’est fête pour nous, d’aller déjeuner à l’hôtel de l’Orient qui dans un beau
bâtiment du XVIIIème.
Passé le porche d’entrée, on
se trouve dans une cour intérieure bordée d’arcades sur un côté, et qui se
termine par une pièce voûtée qui sert de salle de restaurant couverte ou de
salle de spectacle le cas échéant.
À l’étage et il y a les
chambres et des terrasses fermées par des bordures qui me font penser à l’Espagne ou au
Portugal.
Peut-être est-ce
l’architecture blanche.
On s’assied à une table à
l’extérieur côté ombre. La couleur de la nappe et de la sous-nappe ne sont pas
très heureuses, un rouge délavé sur de l’orange. Les fauteuils métalliques vert
ont des coussins rouges. Faute de goût certaine, pourtant l’hôtel est tenu par
un français, mais il est vrai qu'il a pris la nationalité indienne.
On choisit des plats créoles, poulet pour Véro,
poisson pour moi. On attend longuement ce qui est normal. Lorsque les plats
arrivent, c’est bien poulet pour Véro et crevettes pour moi. Je renvoie parce
qu’entre crevettes et poisson, je préfère le poisson. Véro peut manger et je
dois attendre presque autant de temps que précédemment ce qui fait qu’on mange
l’un après l’autre.
Heureusement pour le dessert
qui est très bon Trilogie de chocolat pour Véro et mousse au citron pour moi on
peut le prendre ensemble.
On est satisfait de notre
repas d’anniversaire et on revient à l’appartement pour se faire un bon café et
se reposer.
Je vais chez le petit
garagiste qui m’a dépanné pour le carburateur de la Enfield, lui porter la roue
à réparer. Je crains que lundi Léon ne nous remonte une roue crevée et qu’il
faille à ce moment là se débrouiller.
Ce mécano ne répare pas les
roues. Il m’indique de l’autre côté de Bussy une petite échoppe qui répare les
pneumatiques.
En fait c’est où je suis
déjà venu lorsque la Enfield était en panne vendredi dernier et c’est lui qui
m’a indiqué le mécano en face.
Il me dit de m’assoir et
s’attaque à la roue. Il démonte le pneu, sort la chambre à air, la gonfle, la
rapproche de son visage pour sentir l’air. Il trouve un endroit et va alors
plonger la chambre dans une cuvette d’eau. Il vérifie aussi dans l’eau qu’il
n’y a pas d’autres trous.
Il me fait voir où est le
trou et plante une aiguille dedans pour ne pas le perdre. Puis classiquement il
râpe la chambre, passe la colle qui est toujours et ici aussi dans un tube jaune.
Il l’étale avec le doigt. Puis cherche une rustine qui va bien et la colle. Là
où il me surprend c’est qu’ensuite il tape sur la rustine avec un marteau, en
posant la chambre réparé sur un paquet de chambres qui fait un bloc de
caoutchouc.
La réparation est terminée.
Il vérifie l’intérieur du pneu en passant un chiffon jusqu’à ce qu’il trouve
quelque chose qui accroche. Il essaye de l’extraire de l’intérieur parce qu’on
ne voit rien de l’extérieur. Il s’aide pour cela avec une des lames d’un ciseau
qu’il plante dans le pneu pour pousser vers l’intérieur l’objet responsable de
la crevaison. Il sort une toute petite pointe comme une épine et me la donne.
Il remet la chambre, monte
debout sur la roue pour faire rentrer le pneu dans la jante, s’aide de démontes
pneus et parvient à tout remettre en place.
Il gonfle le pneu réparé à
l’aide d’un tube qui ne me semble pas avoir beaucoup de pression d’air.
Lorsqu’il estime que la pression est bonne, il fait sauter la roue sur le sol.
Je suppose que la hauteur du rebond doit lui donner une idée précise de la
pression.
Il regarde longuement la
valve pour être sûr qu’elle ne fuit pas. Il appuie l’air sort, puis il met de
l’eau dessus et attend, recommence. Tout semble aller, il met le bouchon de la
valve me donne la roue.
Je le règle, 50R et je
retourne à l’appart en portant la roue qui pèse au moins 15kg.
On décide d’aller voir le
graphiste pour lui commander les dernières cartes professionnelles qu’il avait
oublié de tirer et aussi pour faire des cartes lettres dont Véro a souvent
besoin pour mette un mot à des personnes.
La carte pro ça va vite on
reprend celle qu’il avait déjà faite, on change l’image de l’aquarelle et la
couleur de l’encre du texte de la carte.
Pour la carte
correspondance, c’est un peu plus long, mais comme il a de bonnes idées, on se
met rapidement d’accord sur une maquette de 3 cartes contenant des aquarelles
différentes, de façon à en sortir 6 par tirage A3.
De là on va chez l’imprimeur
pour faire tirer les cartes de correspondances, pour les autres elle sont
tirées à Chennai. Surtout ne pas chercher à comprendre.
Tout est fait très
rapidement le plus long c’est le massicotage. C’est incroyable ce nombre de
services qu’on trouve pour obtenir rapidement un résultat sans se ruiner. Parce
que tout le monde fait ça. Chez l’imprimeur les lots de cartes pour les
mariages, les invitations, les anniversaires, sont légions, les prix sont à la
portée de tous.
Il est 18h et la nuit
commence à arriver lorsqu’on s’arrête dans la même rue chez un fabricant de
tampon encreur.
Véro lui explique qu’elle
veut un tampon pour signer ses aquarelles, elle lui donne ce qu’elle veut et il nous dit qu’il peut le faire tout
de suite il suffit d’attendre cinq minute.
Il se met sur l’ordi,
prépare une maquette et demande à Véro qui apporte les corrections qu’elle
souhaite.
C’est incroyable cette
dextérité que les gens ont avec les ordi. Là c’est quelqu’un de relativement
âgé manifestement il s’y est mis et cela lui semble facile. Ici les gens qui
travaillent sur un ordi sont au moins à 1m de l’écran, ils sont avachis dans un fauteuil et leur bras sont
tendus naturellement, et il ne les porte pas comme nous ce qui doit leur éviter
les maux d’épaule.
On repart avec le tampon.
Il fait nuit, c’est terrible
en ville pour conduire entre ceux qui roulent plein phare et ceux qui ne sont
pas éclairés. Je n’aime pas du tout, mais nous devons encore passer chez
l’encadreur. Mission street, Ranga poulé, Barathi nous y voici non sans peine.
Le cadre est prêt. Dans son
cadre l’aquarelle est superbe, je ne sais si les mariés s’en rendront compte
mais c’est un vrai beau cadeau.
Retour à la maison, la
Enfield cale deux fois pour traverser, notamment pour traverser MG road, elle
ne comprend pas que je cède la place aux autres véhicules alors que si je
faisais comme eux, elle n’aurait pas d’occasion de caler.
Véro prépare le dîner,
salade de tomate et jambon, qui vient de Colombo où il semble être fabriqué,
rien à voir avec celui du Mango hill, c’est quelque chose entre le jambon et le
bacon couleur un peu tête veau. Mais finalement pas si mauvais que ça.
En dessert grappe de raisins
délicieux. La graine à une forme de poire un peu allongé comme une date et la
grappe me fait effectivement penser à celle d’un palmier datier.
Ce n’est pas vraiment un
repas d’anniversaire mais de temps de temps la diététique l’emporte, surtout si
on veut mourir en pleine forme.
Voilà ce soir on va regarder
« faut pas rêver », à moins que
comme hier on arrête de regarder parce que c’est trop chiant.
Demain on envisage d’aller à
Cuddalore, je parle bien de demain et pas d’avant.
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