| Le mariage |
Le réveil sonne à 6h et je
mets du temps à me rendre compte que c’est le réveil.
Je lance la machine à café et je vais réveiller Véro
Dehors il fait encore nuit.
On boit notre café et on se
prépare.
Déjà j’entends une moto
partir de la maison du marié, puis je vois la voiture de Predibane partir.
Finalement on emmène nos
chaussures. On verra pour se les faire garder.
La moto démarre sans
problème. Sur MG road il n’y a presque personne à cette heure-ci.
Des camionnettes
approvisionnent le marché Goubert. Il fait frais, heureusement qu’on ne va pas
loin.
Devant le temple, il y a de
la place pour mettre la moto. La vie citadine et spirituelle n’a pas encore
vraiment commencé.
On nous fait ranger les
chaussures dans un endroit un peu spécial derrière un vantail de la porte
d’entrée.
C’est dans la première
partie du temple que va se dérouler le mariage. Sur la gauche une sorte de
petite chapelle en forme de hall surélevé avec des piliers de granit au 4 coins
qui soutiennent un toit, sous le toit du temple, dans laquelle des prêtres
s’affairent aux préparatifs.
Devant ce petit théâtre, des
fauteuils en plastique pour l’assistance, un peu plus loin sur une estrade sur
le côté, 4 musiciens règlent leurs instruments deux flûtes et deux tambours. Le
son nasillard de la flûte vrille déjà nos tympans et les percussions des
tambours se répercutent contre les murs et sur nous-mêmes.
En avançant depuis l’entrée
et en passant cette grande pièce
où va se dérouler la cérémonie d’un côté et le petit dèj de l’autre, c’est une cour qui s’ouvre sur d’autres
lieux de culte. En pleine ville c’est comme si on était dans un univers
déconnecté de tout. On entend rien que les psalmodies des prieurs. Dans de
petits autels des lampes à huile honorent des dieux représentés par des
statuettes noirs.
C’est un temple de Shiva, il
est représenté à l’entrée sur Nandi la vache qui lui sert de véhicule. Il porte
un croissant de lune dans sa chevelure, et un serpent autour du cou.
Comment se passe un mariage
hindou ?
Cela semble comme tout ici
un peu bordelique, mais c’est certainement très rodé et on n’y comprend pas
grand chose. Ce qui est sûr c’est qu’autour de la scène où se déroule la
cérémonie, on peut aller comme on veut, s’asseoir, changer de place, marcher,
se coller tout près de la scène si on trouve de la place entre un caméraman
avec une torche qui éclaire la scène, un photographe et plein d’hommes qui
filment avec leur téléphone et des enfants qui s’approchent pour voir.
L’orchestre se donne à
fond, merci pour les tympans.
Parfois au cours de la
cérémonie le prêtre leur fait signe de s’arrêter, c’est certainement un moment
plus important que d’autres, et les invités peuvent donc se concentrer sur ce
qui se passe plutôt que sur leurs oreilles.
Et l’orchestre repart de plus belle.
On dirait que la cérémonie
du mariage se déroule en trois temps.
Le marié est d’abord
sollicité et les prêtres s’occupent de lui.
Puis il sort de l’autel et
c’est au tour de la mariée, il y a beaucoup de monde autour d’elle, les prêtres
mais aussi quantité de femmes dans leur sari en soie multicolore. On dirait
d’ailleurs que le mariage c’est l’affaire des femmes.
Enfin, une dernière partie
avec les mariés rassemblés. Le marié finit par passer des anneaux à un doigts
de chaque pied de la mariée, une corde autour du cou qui signifient sa qualité
de mariée.
Puis à un moment la foule
des invités s’approchent et jettent une poignée de riz sur les mariés, le
prêtres tout ceux qui se trouvent là.
La cérémonie dure encore un
peu puis s’achève.
Les invités peuvent venir
sur la scène pour féliciter les mariés. Les femmes embrassent l’un et l’autre
en se penchant parce qu’eux restent assis. Les hommes remettent au marié un
présent dans une enveloppe qui pourrait être de l’argent
Les invités sont priés de
passer dans la pièce contiguë, où sont installées des tables pour prendre une
collation matinale indienne.
Sur une feuille de bananier différents mets épicés ou sucrés sont servis, il faut manger avec les mains. Véro et moi on y fait honneur et on boit un café au lait pour terminer.
Puis on laisse là la noce.
Predibane nous invite pour cette après midi pour aller dans un village où il va
faire parti d’un jury qui doit
apprécier les meilleurs kolams.
Ce soir nous nous
retrouverons dans une salle près de la rue Candappa de 19h à 21h, c’est précis,
pour un repas et la remise des cadeaux
On revient à l’appart pour
se changer et mettre une tenue plus adaptée à la chaleur du jour. De gros
nuages envahissent le ciel et rendent l’atmosphère pesante.
On va à pied au marché
Goubert en passant par Barathi street pour avoir moins de circulation, bien
qu’aujourd’hui jour férié il n’y ait pas beaucoup de monde dans les rues.
On va chez Aroule pour
récupére la tunique de Véro.
On va boire un thé toujours
au même endroit. Et on revient par MG road parce que Véro veut passer chez le
marchand de légumes qui a dit qu’il aurait des avocats aujourd’hui. Mais
c’était un tomorrow de circonstance car il n’en a pas. De ces tomorrow qui remplace
un non.
On pose ça à l’appart et on
réalise que ça va faire une semaine qu’on a pas vu les proprios. On ira leur
dire bonjour demain si on ne les croise pas aujourd’hui.
Je regarde sur TV5 le
journal de télé matin de 7h, il est 11h30 ici.
On va mettre de l’essence
dans la moto parce que sans jauge et sans compteur kilométrique je voyage un
peu à vue.
On déjeune au Spot Surguru
et on revient se reposer car on en a vraiment besoin. On dort environ une heure
et on attend 15h pour descendre devant chez Predibane et Christine pour partir
au village des Kolams.
Tout le monde est à l’heure
et on a la bonne surprise de voir que E est là.
On prend la route de l’Ouest
sortie Jpmer et autoroute. Après le péage gratuit pour les motos, on sort
immédiatement pour entrer dans Auroville.
Au premier village on prend
à gauche la route pour le Visitor center. On passe l’entrée et on continue
jusqu’au village de Allankupam.
Là on est bien accueilli par
les gens. En fait, c’est la fête au village, parce que c’est le Dday jour de la
naissance de la république.
Des jeux sont organisés pour
les enfants, pendant que les femmes et les jeunes filles dessinent des Kollam
dans les rues du village.
Une animation consiste pour
les enfants, mais attachés dans le dos d’essayer d’attraper avec la bouche une
sorte de pain rond au bout d’une ficelle,
elle même attachée à un fil horizontal que fait bouger un homme. Il y a
toute une série de pains ainsi suspendus et toutes une rangée d’enfants qui
essaient d’en attraper un.
Ça fait le bonheur de tous
les enfants qui participent au jeu et aussi de tous les adultes qui regardent et ne peuvent s’empêcher
d’encourager les concurrents comme si leur vie était en jeu..
Autre jeu, un groupe
d’enfants a les yeux bandés et un ballon en baudruche attaché dans le dos. Le
jeu consiste à être le dernier à garder son ballon entier.
C’est un véritable délire
qui anime les spectateurs adultes et les organisateur doivent plusieurs fois
remettre de l’ordre tellement tout le monde se laisse emporter par le jeu.
Surtout lorsqu’il ne reste plus que deux concurrents, un cercle se forme et se
déplace comme eux, cela ressemble terriblement à un combat de coqs.
L’enfant vainqueur est
projeté en l’air comme un héro.
Les filles du groupe des
occidentaux sont chargées par Prédibane de désigner les trois meilleurs Kolams
et de les classer.
Il faut parcourir les rues
du village avec sérieux. Tous les kolams sont notés et tous répertoriés sur un
cahier.
Predibane donne les trois
premiers prix. Chacun de nous donne un peu d’argent pour récompenser les
vainqueurs.
A la fin on a droit à la
cérémonie du foulard tous autant que nous sommes, c’est dire qu’une écharpe
nous est mise sur les épaules en signe de remerciement.
Nous revenons à Pondy, il
est 18h.
À peine dans l’appart le
téléphone de Véro sonne, c’est ??? ( je ne peux pas en dire plus) qui
pense que les gens d’Auroville, mettent des mots clés sur internet pour faire
sortir tous ce qui traite d’Auroville et qu’on va le reconnaître à travers les
info mises dans le blog.
Si réellement les gens
d’Auroville en sont là, c’est grave.
Véro ne se laisse pas
démonter et dit qu’on ne nomme jamais personne, mais ??? craint quand même
d’être reconnu. Et alors ??? Est-ce qu’il va être jugé, puis emprisonné ou
expulsé ?
On ne sait pas quoi penser
de ce coup de fil. Est-ce qu’on n’aurait plus le droit d’avoir des opinions
différentes à Auroville ? Nous voilà de plus en plus interrogateur sur
cette communauté.
N’y pensons plus, ce soir
c’est la deuxième partie du mariage. Nous devons nous laver la figure, ce n’est
pas du luxe après un trajet à moto.
C’est à deux minutes de chez
nous à pied. Il suffit de traverser la rue de Bussy et d’entrer dans la
rue c’est tout de suite à gauche.
On est accueilli par les
frères du marié et il suffit de monter à l’étage pour attendre dans une grande
salle remplie de fauteuils de jardin en plastique bleu rouge ou beige.
D’un côté de la salle il y a
tout un décor avec des sièges princiers qui attendent les mariés et l’autre un
orchestre ravageur qui empêche qui que ce soit d’échanger la moindre parole.
On attend l’arrivée des
mariés, la tête complètement ébranlée par la musique si l’on peut appeler cela
comme ça.
Les mariés s’installent dans
les trônes et puis commence la cérémonie pour laquelle nous sommes tous là
c’est-à-dire la remise des cadeaux. Une longue queue se forme sur le côté
gauche et chaque personne remet au marié son cadeau bien emballé et pose aux
côtés des mariés pour une photo obligatoire. La cérémonie dure plus d’une heure.
Au début les mariés sont plus détendus que ce matin, ils sourient aux donateurs
et veillent à ce qu’ils se placent bien pour la photo. Au fur et à mesure du
défilé on voit la fatigue monter sur leur visage bien qu’ils essayent de faire
bonne figure à tous.
Le marié passe discrètement
les cadeaux à Andrea qui les empile derrière l’immense fauteuil qui est
derrière le marié.
Puis le flot diminue, mais
l’orchestre sévit toujours. J’en ai la nausée et je descends dans la rue pour
prendre l’air. Même dans la rue la musique y arrive un peu atténuée quand même.
Véro me rejoint et on passe
dans la salle de restaurant. Comme ce matin, on mange sur des feuilles de
bananier une nourriture qui est fort bonne même si on est un peu déconcerté
pour la manger.
On salue tout le monde et on
revient chez nous.
La journée a été crevante,
mais tellement riche de pleins de choses qu’on est en est très content.
captivant à lire... merci pour le partage
RépondreSupprimerUne chose dont je devrais plus souvent me servir, c'est le tomorrow-de-circonstance...
à tester...
Biz à tous les 2
Mamanlotus-AC
Aujourd'hui pas de message de LouLou Misseï...
RépondreSupprimerMay be Tommerrow, and better Tommerrow after Tommorrow...
LouLou Misseï