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jeudi 12 janvier 2012

Accrochage


Il y a comme un peu de fraîcheur ce matin. En remontant la rue Candapa en direction de MG road, un couple de vieux assis sur le trottoir. Lui avec un sourire magnifique et des yeux pétillants qui valent des trésors me fait un signe de la main pour me saluer. Elle droite assise très droite à ses côtés  est emballée dans des tissus pour se protéger du froid.

Sur MG road toujours sur le trottoir, un homme dort de tout son long comme apaisé. Il est recouvert d’une couverture blanche comme une toile de bâche plastifiée et sa tête repose sur un vrai oreiller bleu. C’est déconcertant.

En revenant sur Bussy une petite famille est installée sur le trottoir. Un père, une mère, des enfants petits et un réchaud.

Le pain chez Baker street c’est un monde à mille lieux du monde de la rue.

On part vers 9h15 faire notre tour quotidien. Premier point, la moto démarre assez bien, je crois que je commence à me faire à elle et elle à moi.

On passe chez le cordonnier parce que Véro a vu Christine et la déco des tongs, ce doit être doré et il faut aller le lui dire. Malheureusement il est trop tôt et il est encore fermé.

On va chez Kam pour demander aux voisins s’il est arrivé et surtout pour qu’ils lui répètent qu’on est déjà venu voir s’il était arrivé. Les voisins, le petit épicier au bas de l’escalier nous disent que non il n’est pas arrivé de France.

Nous allons chez la sœur qui a perdu les clés de l’appart et qui ne peut pas nous faire livrer les affaires.

Tout semble fermé, sauf la grande porte du garage. Je la pousse et de là je peux m’introduire sur le palier et atteindre la sonnette d’entrée. Ici il ne faut pas avoir peur d’être mal élevé et de forcer les portes, surtout avec ces gens qui doivent beaucoup à la France et dont l’objectif est de plumer maintenant un maximum de Français.

Apparaît à l’étage une bonne femme la tête emballée dans une serviette de toilette. Elle nous reconnaît et dit qu’elle descend.

Nouvelle histoire, elle est là par hasard, parce que son mari qui s’occupe d’une usine rentre de France et elle est venue le saluer parce qu’elle elle est près de Goa où son fils fait des études pour être médecin et qu’en ce moment ce sont les examens. Les examens durent très longtemps. Kam nous parlait de sa situation depuis la mi-décembre. Elle n'a nullement perdu les clé mais elle ne sait pas ce que nous devons prendre dans l’appartement de son frère et donc elle préfère ne pas prendre le risque que nous prenions tout chez son frère.

Le frère donc n’arrive qu’aujourd’hui à Chennai parce que l’avion de la Katar a eu une avarie au départ de Paris et il n’est parti que hier matin. Il doit arriver aujourd’hui à Pondy et elle l’informe. C’est pour ça qu’il ne répond pas sur son téléphone Indien parce que c’est elle qui le garde éteint.
Voilà elle nous laisse parce qu’elle repart revoir son fils qui est en plein dans ses examens. On la laisse avec sa vie et on se dit qu’il faut être patient, on n’a pas d’autre choix.

Le cordonnier a maintenant ouvert sa boutique et les chaussures qui devaient être prêtes lundi seront finalement prêtes demain.

On passe au Promenade pour voir si tout est prêt pour cet après-midi, la place est libre et on peut venir quand on veut.

Comme il n’est que 9h30 on va au Dayli Bread boire un thé en attendant l’heure du rendez vous de Véro chez l’arrache poil.

Je la pose et je retourne chez l’encadreur pour récupérer un grand sac plastique, mais ils ne le retrouvent pas.

Je gare la moto sur Nehru street, je trouve par chance une place qu’un scoot me dispute parce que je veux y entrer en marche arrière. Mais il finit par me céder la place.
Je vais acheter un tendeur maintenant que nous avons un porte-bagages, ça peut servir. Nous en avons, mais ils sont dans nos affaires chez Kam.

Puis comme je passe devant Singapore je ne peux résister au plaisir d’y entrer. Nous avons besoin d’une boîte à œufs.
Je demande et on me dit que c’est au deuxième niveau.
Le magasin est très organisé au rez de chaussée on trouve tout ce qui est métal chromé, tout peut se faire en métal chromé et on ne peut imaginer tout ce qu’il y a. A ce niveau c’est comme un grand miroir dans lequel se reflète toute le lumière de la rue.
Je monte au premier niveau. Là, c’est la même chose, mais ça concerne en fait tout ce qui est cuivré. Dans ce domaine, ils font preuves d’autant d’imagination qu’au rez-de-chaussée. Je me faufile dans l’étroit passage qui mène au deuxième niveau.

Le deuxième niveau un monde extraordinaire de plastique multicolore. Tous les objets en plastique inventés de par le monde sont ici.
Du plastique à profusion, des empilements qui comme dans les autres niveaux escaladent les murs et envahissent le plafond. Les étagères sont pleines d’objets multicolores dont les couleurs varient comme celle d’un arc-en-ciel. Chaque recoin contient des objets en plastique.

On me présente un empilement de boîtes à œufs et je dois choisir la couleur, c’est la seule différence entre les boîtes. Mon choix se porte sur une boîte qui ferme bien. Hier nous avions voulu en acheter une dans Mission Street et le commerçant a refusé de nous la vendre parce qu’elle ne fermait pas bien et c’était sa dernière boîte. Je choisis donc une bleue qui ferme bien.

Je redescends au rez-de-chaussée, un employé va lui descendre la boîte je n’aurai droit de la prendre que lorsque je l’aurais payée. Ce que je fais à la caissière toujours au centre de ce capharnaüm et je pars avec ma boîte à la main.

Avec le tendeur je peux l’attacher sur la porte bagages de la moto et je passe l’antivol dans sa manette pour être sûr de ne pas me la faire prendre.

Je vais me garer  près de Nilgiris pour acheter du produit pour faire les vitres des aquarelles cet après-midi.

Véro est dans l’immeuble de Nilgiris et je l’attends dans la salle d’attente du salon, des chaises dans le couloir à côté de l’ascenseur.

Elle finit par sortir  pour me dire qu’elle n’a plus un poil sur elle excepté sur la tête.

On fait quelques courses à Nilgiris des œufs avec la boîte parce qu’à Nilgiris ils vendent des œufs sans boîte pour les transporter, et chez le marchand de légumes à côté.

On pose tout à l’appartement. On reprend le linge qui a séché sur la terrasse depuis ce matin.

On repart au marché Goubert pour voir si la robe est prête. On repasse avant chez l’encadreur, ils n’ont toujours pas retrouvé le sac plastique.

Chez Aroul au milieu du marché Goubert et au pied de la tour de l’horloge, il y a toujours on ne comprend pas pourquoi, un air frais. La robe est prête. Véro se fait une copine en expliquant à une femme comment envoyer des colis depuis l’Inde alors que son mari lui dit qu’ils n’ont que deux valises.
Ce sont des gens de Nouméa et Véro leur donne une invitation pour le vernissage de demain. Ça leur fait plaisir et ils vont venir.

Resto Surguru du centre. Le restau est a moitié vide, ce qu’on n’a jamais vu jusqu’à présent ce sont toujours les effets du cyclone et l’annulation du festival du yoga.

On revient à l’appart prendre un café. Véro essaye sa robe, elle va bien.

On descend au rez-de-chaussée toutes les aquarelles. Véro prend ce qu’il faut pour l’accrochage. Je vais chercher un rickshaw qui passe sur Mission Street. On charge le rickshaw, Véro monte à l’intérieur et je suis avec la moto.

Arrivée à Promenade on décharge tout, on règle le rickshaw et on présente les aquarelles pour déterminer leur place. Véro a son idée sur les principales aquarelles qu’elle veut mettre à l’entrée à droite là où l’an dernier elle se vendait bien. Puis nous devons faire le tour de tous les endroits où il est possible d’accrocher pour décider de la position des autres.
Pendant que nous faisons cela un couple Indien  avec un enfant regarde toutes les aquarelles étalées et j’ai peur que l’enfant qui circule sans surveillance n’en fasse tomber une.
L’homme s’adresse à Véro pour lui demander le prix d’une aquarelle qui représente une danseuse de Baratanatiam. Puis il demande s’il peut avoir une réduction. Après réflexion Véro lui dit que s’il se décide aujourd’hui, elle n’accroche pas l’aquarelle et lui fait une remise de 20% qui représente la commission de l’hôtel.
Le couple est de la Réunion et semble très intéressé. L’homme demande encore s’il peut avoir une réduction plus importante. Véro lui dit qu’elle est désolée mais le prix représente son travail et elle ne veut pas baisser davantage.
Ils semblent d’accord. Ils s’interrogent pour transporter l’aquarelle. Véro leur propose d’enlever le cadre et de leur rouler l’aquarelle dans un tube de PVC. Ils nous donnent leurs coordonnées à Pondy et on se rappelle pour fixer demain un lieu pour effectuer la transaction.

On commence à accrocher. L’hôtel après demande réitérée finit par nous fournir un escabeau branlant.  

Finalement tout se passe bien et à 16h tout est en place. Entre temps Abel a téléphoné pour dire que les cartes professionnelles de Véro sont arrivées et qu’on peut passer les chercher. Je pense qu’il a dû appeler parce qu’il doit être un peu gêné de ne pas venir nous aider.

On décide donc de faire une pause.
On ramène à l’appart l’aquarelle retenue par les Réunionnais.
Véro leur prépare un certificat d’authenciticité.
On prend le portable pour mettre les titres et les prix.

On décide de se faire un petit 4h au Daily Bread,  St Honoré et thé glacé.
Puis on va récupérer les cartes, acheter une feuille de papier pour protéger l’aquarelle. Ensuite on va chez un marchand de PVC pour se faire découper un bout de 40cm. En ville dans le secteur de Nehru street, c’est la folie de Pongal, il y a un monde considérable et il est difficile d’avancer. On pose la moto et on avance à pied dans la foule et dans les embouteillages.
Un magasin vend des tubes de PVC. Il a des chutes et l’une d’elles a un diamètre qui convient et une longueur de 40cm. On prend ce bout de tube et on essaye de se souvenir du lieu pour y revenir le cas échéant, si il y a d’autres demandes.

On passe faire imprimer le certificat d’authenticité et on retourne à Promenade.

Avec le fichier de l’expo on vérifie tous le noms pour coller sur les bonnes aquarelles les noms et les prix.

Vers 18h,  on a fini. On décide de faire un tour sur la promenade Goubert pour se détendre. En fait on fait toute la promenade pour aller jusqu’à notre marchand de cacahuètes grillées, mais il n’est pas là. On revient parmi la foule des Indiens et de quelques occidentaux qui semblent être arrivés pour Pongal, le nouvel an Tamoul.

On reprend la moto qui est garée devant Promenade, le démarrage légèrement bruyant de la Enfield effraye un groupe de visage pâle et leur stupeur est encore plus grande quand ils se rendent compte que ce bruit est occasionné par des blancs.

Je rentre directement la moto et Véro discute avec C la belge qui loge juste à côté de chez nous. Elle a trouvé un appart de l’autre côté de la rue du Bussy dans le quartier musulman, ça lui coûtera le même prix mais ce sera un appart au lieu d’une chambre.
La maison commence à avoir l’air d’une maison accueillante pour l’inauguration de samedi. Abel et Ejoumalé on accroché quelques unes de leurs aquarelles. Samedi, ils doivent faire une démonstration et organiser des stages ici s’il y a une demande.

On remonte dans l’appart. J’appelle Kam toujours pas de réponse.

Véro qui a toujours mal à l’estomac, envoi un SMS aux Réunionais pour leur dire que l’aquarelle est prête et qu’ils peuvent passer demain entre 13 et 14h la récupérer à l’appart. Puis elle prépare le repas du soir et je commence à mettre le couvert.

Le téléphone de Véro sonne, c’est Christine qui nous dit de descendre et d’aller à leur portail, il y a Kam qui vient d’arriver et qui nous attend.

C’est un vrai coup de théâtre.

Kam discute avec Prediban, nous raconte son aventure depuis Paris et nous nous mettons d’accord pour que je récupère nos affaires demain matin vers 8h30. Je suis un peu embêté parce que c’est l’heure où le mécano de Léon doit reprendre la moto. Véro restera et je serais de retour avant qu’elle ne parte chez le coiffeur.

On dîne.

Tout finit par s’arranger pour ce vendredi 13.

  Les autres photos sont ici

2 commentaires:

  1. Je me régale à lire le récit de vos pérégrinations, JNo devrait écrire un roman, parce que grâce à ses écrits, on suit parfaitement les évènements ! Bises à tous les deux !

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  2. Merci pour les photos et le récit... et bonne nuit si vous allez déjà au dodo... ici il est à peu près l'heure de dîner... LOL
    GROS BISOUS alsaciens
    Mamanlotus-AC

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