Il y a comme un peu de
fraîcheur ce matin. En remontant la rue Candapa en direction de MG road, un
couple de vieux assis sur le trottoir. Lui avec un sourire magnifique et des
yeux pétillants qui valent des trésors me fait un signe de la main pour me
saluer. Elle droite assise très droite à ses côtés est emballée dans des tissus pour se protéger du froid.
Sur MG road toujours sur le
trottoir, un homme dort de tout son long comme apaisé. Il est recouvert d’une
couverture blanche comme une toile de bâche plastifiée et sa tête repose sur un
vrai oreiller bleu. C’est déconcertant.
En revenant sur Bussy une
petite famille est installée sur le trottoir. Un père, une mère, des enfants
petits et un réchaud.
Le pain chez Baker street
c’est un monde à mille lieux du monde de la rue.
On part vers 9h15 faire
notre tour quotidien. Premier point, la moto démarre assez bien, je crois que
je commence à me faire à elle et elle à moi.
On passe chez le cordonnier
parce que Véro a vu Christine et la déco des tongs, ce doit être doré et il
faut aller le lui dire. Malheureusement il est trop tôt et il est encore fermé.
On va chez Kam pour demander
aux voisins s’il est arrivé et surtout pour qu’ils lui répètent qu’on est déjà
venu voir s’il était arrivé. Les voisins, le petit épicier au bas de l’escalier
nous disent que non il n’est pas arrivé de France.
Nous allons chez la sœur qui
a perdu les clés de l’appart et qui ne peut pas nous faire livrer les affaires.
Tout semble fermé, sauf la
grande porte du garage. Je la pousse et de là je peux m’introduire sur le
palier et atteindre la sonnette d’entrée. Ici il ne faut pas avoir peur d’être
mal élevé et de forcer les portes, surtout avec ces gens qui doivent beaucoup à
la France et dont l’objectif est de plumer maintenant un maximum de Français.
Apparaît à l’étage une bonne
femme la tête emballée dans une serviette de toilette. Elle nous reconnaît et
dit qu’elle descend.
Nouvelle histoire, elle est
là par hasard, parce que son mari qui s’occupe d’une usine rentre de France et
elle est venue le saluer parce qu’elle elle est près de Goa où son fils fait
des études pour être médecin et qu’en ce moment ce sont les examens. Les
examens durent très longtemps. Kam nous parlait de sa situation depuis la
mi-décembre. Elle n'a nullement perdu les clé mais elle ne sait pas ce que nous
devons prendre dans l’appartement de son frère et donc elle préfère ne pas
prendre le risque que nous prenions tout chez son frère.
Le frère donc n’arrive
qu’aujourd’hui à Chennai parce que l’avion de la Katar a eu une avarie au
départ de Paris et il n’est parti que hier matin. Il doit arriver aujourd’hui à
Pondy et elle l’informe. C’est pour ça qu’il ne répond pas sur son téléphone
Indien parce que c’est elle qui le garde éteint.
Voilà elle nous laisse parce
qu’elle repart revoir son fils qui est en plein dans ses examens. On la laisse
avec sa vie et on se dit qu’il faut être patient, on n’a pas d’autre choix.
Le cordonnier a maintenant
ouvert sa boutique et les chaussures qui devaient être prêtes lundi seront
finalement prêtes demain.
On passe au Promenade pour
voir si tout est prêt pour cet après-midi, la place est libre et on peut venir
quand on veut.
Comme il n’est que 9h30 on
va au Dayli Bread boire un thé en attendant l’heure du rendez vous de Véro chez
l’arrache poil.
Je la pose et je retourne
chez l’encadreur pour récupérer un grand sac plastique, mais ils ne le
retrouvent pas.
Je gare la moto sur Nehru
street, je trouve par chance une place qu’un scoot me dispute parce que je veux
y entrer en marche arrière. Mais il finit par me céder la place.
Je vais acheter un tendeur
maintenant que nous avons un porte-bagages, ça peut servir. Nous en avons, mais
ils sont dans nos affaires chez Kam.
Puis comme je passe devant
Singapore je ne peux résister au plaisir d’y entrer. Nous avons besoin d’une
boîte à œufs.
Je demande et on me dit que
c’est au deuxième niveau.
Le magasin est très organisé
au rez de chaussée on trouve tout ce qui est métal chromé, tout peut se faire
en métal chromé et on ne peut imaginer tout ce qu’il y a. A ce niveau c’est
comme un grand miroir dans lequel se reflète toute le lumière de la rue.
Je monte au premier niveau.
Là, c’est la même chose, mais ça concerne en fait tout ce qui est cuivré. Dans
ce domaine, ils font preuves d’autant d’imagination qu’au rez-de-chaussée. Je
me faufile dans l’étroit passage qui mène au deuxième niveau.
Le deuxième niveau un monde
extraordinaire de plastique multicolore. Tous les objets en plastique inventés
de par le monde sont ici.
Du plastique à profusion,
des empilements qui comme dans les autres niveaux escaladent les murs et
envahissent le plafond. Les étagères sont pleines d’objets multicolores dont
les couleurs varient comme celle d’un arc-en-ciel. Chaque recoin contient des
objets en plastique.
On me présente un empilement
de boîtes à œufs et je dois choisir la couleur, c’est la seule différence entre
les boîtes. Mon choix se porte sur une boîte qui ferme bien. Hier nous avions
voulu en acheter une dans Mission Street et le commerçant a refusé de nous la
vendre parce qu’elle ne fermait pas bien et c’était sa dernière boîte. Je
choisis donc une bleue qui ferme bien.
Je redescends au
rez-de-chaussée, un employé va lui descendre la boîte je n’aurai droit de la
prendre que lorsque je l’aurais payée. Ce que je fais à la caissière toujours
au centre de ce capharnaüm et je pars avec ma boîte à la main.
Avec le tendeur je peux
l’attacher sur la porte bagages de la moto et je passe l’antivol dans sa
manette pour être sûr de ne pas me la faire prendre.
Je vais me garer près de Nilgiris pour acheter du
produit pour faire les vitres des aquarelles cet après-midi.
Véro est dans l’immeuble de
Nilgiris et je l’attends dans la salle d’attente du salon, des chaises dans le
couloir à côté de l’ascenseur.
Elle finit par sortir pour me dire qu’elle n’a plus un poil
sur elle excepté sur la tête.
On fait quelques courses à
Nilgiris des œufs avec la boîte parce qu’à Nilgiris ils vendent des œufs sans
boîte pour les transporter, et chez le marchand de légumes à côté.
On pose tout à
l’appartement. On reprend le linge qui a séché sur la terrasse depuis ce matin.
On repart au marché Goubert
pour voir si la robe est prête. On repasse avant chez l’encadreur, ils n’ont
toujours pas retrouvé le sac plastique.
Chez Aroul au milieu du
marché Goubert et au pied de la tour de l’horloge, il y a toujours on ne
comprend pas pourquoi, un air frais. La robe est prête. Véro se fait une copine
en expliquant à une femme comment envoyer des colis depuis l’Inde alors que son
mari lui dit qu’ils n’ont que deux valises.
Ce sont des gens de Nouméa
et Véro leur donne une invitation pour le vernissage de demain. Ça leur fait
plaisir et ils vont venir.
Resto Surguru du centre. Le
restau est a moitié vide, ce qu’on n’a jamais vu jusqu’à présent ce sont
toujours les effets du cyclone et l’annulation du festival du yoga.
On revient à l’appart
prendre un café. Véro essaye sa robe, elle va bien.
On descend au
rez-de-chaussée toutes les aquarelles. Véro prend ce qu’il faut pour
l’accrochage. Je vais chercher un rickshaw qui passe sur Mission Street. On
charge le rickshaw, Véro monte à l’intérieur et je suis avec la moto.
Arrivée à Promenade on
décharge tout, on règle le rickshaw et on présente les aquarelles pour déterminer
leur place. Véro a son idée sur les principales aquarelles qu’elle veut mettre
à l’entrée à droite là où l’an dernier elle se vendait bien. Puis nous devons
faire le tour de tous les endroits où il est possible d’accrocher pour décider
de la position des autres.
Pendant que nous faisons
cela un couple Indien avec un
enfant regarde toutes les aquarelles étalées et j’ai peur que l’enfant qui
circule sans surveillance n’en fasse tomber une.
L’homme s’adresse à Véro
pour lui demander le prix d’une aquarelle qui représente une danseuse de
Baratanatiam. Puis il demande s’il peut avoir une réduction. Après réflexion
Véro lui dit que s’il se décide aujourd’hui, elle n’accroche pas l’aquarelle et
lui fait une remise de 20% qui représente la commission de l’hôtel.
Le couple est de la Réunion
et semble très intéressé. L’homme demande encore s’il peut avoir une réduction
plus importante. Véro lui dit qu’elle est désolée mais le prix représente son
travail et elle ne veut pas baisser davantage.
Ils semblent d’accord. Ils
s’interrogent pour transporter l’aquarelle. Véro leur propose d’enlever le
cadre et de leur rouler l’aquarelle dans un tube de PVC. Ils nous donnent leurs
coordonnées à Pondy et on se rappelle pour fixer demain un lieu pour effectuer
la transaction.
On commence à accrocher.
L’hôtel après demande réitérée finit par nous fournir un escabeau
branlant.
Finalement tout se passe
bien et à 16h tout est en place. Entre temps Abel a téléphoné pour dire que les
cartes professionnelles de Véro sont arrivées et qu’on peut passer les
chercher. Je pense qu’il a dû appeler parce qu’il doit être un peu gêné de ne
pas venir nous aider.
On décide donc de faire une
pause.
On ramène à l’appart
l’aquarelle retenue par les Réunionnais.
Véro leur prépare un
certificat d’authenciticité.
On prend le portable pour
mettre les titres et les prix.
On décide de se faire un
petit 4h au Daily Bread, St Honoré
et thé glacé.
Puis on va récupérer les
cartes, acheter une feuille de papier pour protéger l’aquarelle. Ensuite on va
chez un marchand de PVC pour se faire découper un bout de 40cm. En ville dans
le secteur de Nehru street, c’est la folie de Pongal, il y a un monde
considérable et il est difficile d’avancer. On pose la moto et on avance à pied
dans la foule et dans les embouteillages.
Un magasin vend des tubes de
PVC. Il a des chutes et l’une d’elles a un diamètre qui convient et une
longueur de 40cm. On prend ce bout de tube et on essaye de se souvenir du lieu
pour y revenir le cas échéant, si il y a d’autres demandes.
On passe faire imprimer le
certificat d’authenticité et on retourne à Promenade.
Avec le fichier de l’expo on
vérifie tous le noms pour coller sur les bonnes aquarelles les noms et les
prix.
Vers 18h, on a fini. On décide de faire un tour
sur la promenade Goubert pour se détendre. En fait on fait toute la promenade
pour aller jusqu’à notre marchand de cacahuètes grillées, mais il n’est pas là.
On revient parmi la foule des Indiens et de quelques occidentaux qui semblent
être arrivés pour Pongal, le nouvel an Tamoul.
On reprend la moto qui est
garée devant Promenade, le démarrage légèrement bruyant de la Enfield effraye
un groupe de visage pâle et leur stupeur est encore plus grande quand ils se
rendent compte que ce bruit est occasionné par des blancs.
Je rentre directement la
moto et Véro discute avec C la belge qui loge juste à côté de chez nous. Elle a
trouvé un appart de l’autre côté de la rue du Bussy dans le quartier musulman,
ça lui coûtera le même prix mais ce sera un appart au lieu d’une chambre.
La maison commence à avoir
l’air d’une maison accueillante pour l’inauguration de samedi. Abel et Ejoumalé
on accroché quelques unes de leurs aquarelles. Samedi, ils doivent faire une
démonstration et organiser des stages ici s’il y a une demande.
On remonte dans l’appart.
J’appelle Kam toujours pas de réponse.
Véro qui a toujours mal à
l’estomac, envoi un SMS aux Réunionais pour leur dire que l’aquarelle est prête
et qu’ils peuvent passer demain entre 13 et 14h la récupérer à l’appart. Puis
elle prépare le repas du soir et je commence à mettre le couvert.
Le téléphone de Véro sonne,
c’est Christine qui nous dit de descendre et d’aller à leur portail, il y a Kam
qui vient d’arriver et qui nous attend.
C’est un vrai coup de
théâtre.
Kam discute avec Prediban,
nous raconte son aventure depuis Paris et nous nous mettons d’accord pour que
je récupère nos affaires demain matin vers 8h30. Je suis un peu embêté parce
que c’est l’heure où le mécano de Léon doit reprendre la moto. Véro restera et
je serais de retour avant qu’elle ne parte chez le coiffeur.
On dîne.
Tout finit par s’arranger
pour ce vendredi 13.
Je me régale à lire le récit de vos pérégrinations, JNo devrait écrire un roman, parce que grâce à ses écrits, on suit parfaitement les évènements ! Bises à tous les deux !
RépondreSupprimerMerci pour les photos et le récit... et bonne nuit si vous allez déjà au dodo... ici il est à peu près l'heure de dîner... LOL
RépondreSupprimerGROS BISOUS alsaciens
Mamanlotus-AC