Pages

jeudi 31 décembre 2015

HAPPY NEW YEAR




On se lève tous tôt. Notre nouvelle installation matelas à ressort posé sur un futon s’avère  efficace pour amortir les rebonds dus aux mouvements de l’autre et aux ressorts. Véro me dit qu’elle a mieux dormi et avec moins de souffrance dans son corps.

Véro et moi on s’est levé tôt pour aller au marché Goubert acheter des crevettes pour ce soir.
W&D pour se préparer pour partir à 8h à Mahabalipuram.

Comme il fait frais pour nous, il fait froid pour la moto et elle ne veut démarrer qu’au starter.

Tout va bien jusqu’à ce que Je ralentisse au niveau du marché Goubert pour nous arrêter, et comme avant hier, le moteur cale dans le ralenti. Pour l’instant ça n'a pas d’importance et je gare la moto là où elle s’est arrêtée.
MG Road devant le marché Goubert est envahi par les camionnettes et autres véhicules de livreurs, on sent que ça va être une grosse journée pour le commerce. On a bien fait de s’arrêter avant.

On file chez notre marchande attitrée, elle a un tas impressionnant de belles crevettes. Elle nous montre un bidon qu’elle ouvre et duquel elle extrait des crevettes encore plus grosses. Véro se décide pour ces dernières.

Elle paie avec deux billets de 500. La marchande les prend et je l’observe bien. Elle frotte les billets sur chacune de ses tempes, puis elle fait un cercle au dessus du tas de crevettes et frotte à nouveau les billets contre ses tempes. Elle encaisse et nous rend la monnaie.

On sort du marché Goubert par la porte du marché aux poissons. On arrive à la moto qui est garée après la rue Ranga Pillai. On range les crevettes dans une sacoche. Impossible de faire démarrer la moto. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi je n’ai pas de compression et pourquoi le kick s’enfonce sous mon pied comme dans du beurre.

Véro rentre à pieds par MG Road avec les crevettes et sa mauvaise humeur et moi j’emprunte la rue Ranga Pillai pour aller à Hot Breads chercher le pain du matin.

Lorsque je reviens le petit déjeuner est prêt.

W&D partent, Gopi les attend en bas.

On fait le nécessaire, vaisselle, lessive, étendage.

Vers 9h15 je pars pour récupérer la moto qui est toujours sur MG Road près du marché, pour essayer de la faire démarrer et sinon la pousser chez Félix.

Elle démarre bien, cale, redémarre. Je remonte vers le Nord sur MG Road et lorsque je ralentis pour prendre à gauche la rue de Félix, elle cale à nouveau. Sur ma lancée j’essaye de la faire redémarrer en passant la seconde ou plutôt une vitesse et en embrayant. Elle ne veut pas, le moteur s’étouffe comme s’il n’y avait plus d’essence. Il y en a je l’ai vérifié.
Je m’arrête et le moteur redémarre facilement avec le kick.

Lorsque j’arrive chez Félix le garage est fermé il n’est que 9h30. Il y a un client qui attend suite à un accident me dit-il, il a pété le verre de son phare.

On appelle Félix il arrive dans une demi-heure, je vais boire un café à l’angle de la rue Barathi et de la rue Caltisvaram Kovil. Le café est très bon et je reviens chez Félix par Anna Salai.
Il est 10h10, je le rappelle, il est en route.

Enfin il arrive monté sur une magnifique Jawa, je l’envie. Il faudra que je lui demande s’il loue aussi ce type de moto, il en a plusieurs,  ne serait-ce que pour essayer.

Je lui explique, le moteur qui cale, l’aiguille qui ne bouge plus comme s’il n’y avait plus de compression lorsque je veux la redémarrer. Il diagnostique simplement un problème de ralenti. Il règle le ralenti et c’est vrai qu’elle démarre et démarrera toute la journée sans problème. Je reviens à l’appart.

On va étendre le linge des différentes lessives de la matinée et on décide d’aller en premier au Hot Breads pour être sûr d’avoir un bon gâteau au chocolat pour ce soir.
En descendant je demande à Antoine s’il peut me trouver de la bière pour ce soir. Il s’en occupe tout de suite car aujourd’hui il va y avoir une grosse demande.

Au Hot Bread c’est la foule des clients pour acheter des pâtisseries. Véro demande le gâteau au comptoir, mais il faut d’abord aller se faire faire un bon de commande-facture en triple exemplaires l’un pour celui qui enregistre la commande, l’autre pour la jeune caissière qui est là avec une aide compte tenu de l’affluence, et enfin le dernier pour le client.

Véro donne ses deux exemplaires à la caisse et règle. Une autre personne, un homme, nous demande si l’on veut écrire dessus « Happy New Year », à la main ou tagué. Pour nous ça n’a pas d’importance Véro choisi tagué pour aller plus vite. Ce sera une petite plaque en je ne sais quoi ou en plastique, posée sur le gâteau au lieu d’une écriture au sucre.

On revient porter le gâteau à l’appart et on file rue Nehru chez Adyiar  Ananda Bhavan pour acheter des petites choses pour l’apéro.
Ensuite on va à l’Everest en face de la gare commander des Momos pour ce soir et du riz pour manger avec les crevettes. Le patron enregistre bien la commande pour 20h.

Puis direction Pothys pour faire quelques courses pour le quotidien.

Vers midi on pose toutes nos courses à l’appart.

On commence à regarder les hôtels pour Varanasi parce qu’on ne comprend pas pourquoi Easyway nous a répondu qu’ils n’ont rien à nous proposer dans le cadre de notre budget. Nous on trouve beaucoup de choses entre 2500 et 3000R la nuit. Eux nous propose des tarifs prohibitifs et lorsqu’on regarde les hôtels ou guest house proposés c’est beaucoup moins cher.

On va déjeuner à l’Indian Coffee.
Puis on revient prendre la moto qui est stationnée rue Mission. Un Occidental sur une moto discute avec un autre et gêne la circulation. Pour libérer un peu le passage il recule sa moto dans l’étroite file entre les motos stationnés et un véhicules qui essaye de passer à côté de lui. Je me trouve dans ce passage et comme il me recule dessus je dis ; «Et moi qu’est ce que fais ?». L’Occidental me répond en français, comme un Français : « vous faites comme tout le monde, vous attendez, ici c’est comme ça ».
Je les dépasse sans rien dire. Et je prends ma Red Bullet pour la sortir du stationnement. Véro me dira après, ils ont fait une tête en te voyant avec la Bullet… Et elle se disait pourvu qu’elle démarre et elle a bien démarré. On est parti laissant ces coloniaux parfaitement intégrés à l’Inde,  à leur étonnement.

On passe à l’agence, mais elle est fermée. Elle ouvre à 15h, on reviendra.

Café, coup de fil de nos voyageurs qui sont sur le retour, ils ont apparemment vu tout ce qu’il y avait à voir à Mahabalipuram.

On se repose un peu et dès 15h on va à l’agence. Il y a des personnes qui sont déjà là pour acheter des vols dont l’un prend un vol pour Francfort et Paris  pour 42000R.
On nous dit d’attendre la responsable arrive. Au bout d’un moment on demande si elle va bien venir,  il fait chaud à crever. Finalement changement de version elle ne vient pas elle est à l’agence d’Auroville. On n’est pas très content. On dirait qu’on n’arrive pas à se comprendre. On n’avait pas reçu les mails envoyés et la personne nous a conseillé de regarder dans les spams. En tant que commerciale elle ferait mieux de rester modeste et serviable plutôt que de donner de pareils conseils à Véro.
On a un peu d’explication c’est bien 5000R la nuit dans un guest où les chambres sont de l’ordre de 5m2 et qu’on trouve à 400R sur Internet. Mystère ?  Mais  finalement on obtient une autre explication c’est que l’agence ne peut pas louer de chambres à Varanassi,  lorsque le délai de commande du séjour est inférieur à 6 mois. Ils ne peuvent nous vendre que le vol. Pourquoi ne pas nous avoir dit ça dès notre première visite ?
C’est ainsi que la confiance se perd.

Ok on décide d’aller sur MG Road voir l’agence Atlanta Travels  par laquelle on est arrivé à Pondy.

C’est une agence indienne pas d’ambiguïté. On attend notre tour et on nous donne les explications que l’on souhaitait sur le vol entre Chennai et Varanassi. On va pouvoir comparer et réfléchir on reviendra les voir samedi pour arrêter définitivement le vol et ensuite on recherchera nous mêmes un hôtel.

On rentre à l’appart.
Il est 17h.
Jusque là la moto a parfaitement marché.
Nos guest ne sont toujours pas revenus. Véro prépare les aubergines et les crevettes pour ce soir.

Je vais jeter à la poubelle dans la rue les restes des crevettes pour que les chats ne viennent pas dans la maison et dans l’appart.
Au retour je discute avec Antoine. Il me dit que les distributeurs d’alcool étaient complètement  envahis par les touristes indiens qui viennent fêter l’année à Pondy à cause des taxes sur les alcools. Une bouteille de whisky vendu 2000R ici coûte 3500R à Chennai. Après ces gens vont conduire leur moto, leur voiture pour aller sur la promenade, il va falloir faire attention.

W&D arrivent chargés, ils ont fait des courses et c’était les soldes.

On boit une bière en parlant de leur journée, de leur visite de Mahabalipuram.

Puis les amis de W&D qu’on a invités pour la soirée arrivent et Véro et moi on va à l’Everest prendre notre commande pour ce soir, des momos (raviolis tibétain) et du riz.

On revient et on prend l’apéro avec du whisky que W&D ont acheté, de l’Arum fusion, très bon whisky indien classé parmi les meilleurs du monde.

Repas de crevettes, de momos, de riz et d’aubergine.
Dessert gâteau au chocolat du Hot Breads, notre amie L a raison il y est meilleur que celui de Zuka.

On part vers 11h pour faire un tour sur la promenade. C’est déjà la folie au niveau de la circulation rue de Bussy. Heureusement après le canal la rue à été fermée à la circulation et d’importantes forces de police font respecter avec fermeté la consigne.

Rue La Bourdonnais on fait un saut au Space pour saluer Pichaya.

On continue notre route jusqu’à la promenade. Tout Pondy semble vouloir aller sur la promenade. Bien qu’il ne soit pas encore minuit beaucoup d’Indiens viennent nous serrer la main en disant « Happy New Year ».

Sur la promenade ce sont surtout des hommes qui marchent de long en large. Certains groupes sautent et poussent des hurlements. Les femmes elle sont assises sur le bord sur la petite murette qui sépare la promenade de la plage.

On va ainsi jusqu’à la statue de Gandhi. En face dans l’espace ouvert on voit qu’une structure métallique est en train d’être montée en prévision du festival de Yoga qui commence lundi.

On s’assied sur les marches pour attendre minuit. Un homme nous prend en photos, part et puis revient plusieurs fois toujours pour nous prendre en photos.

Il y a de plus en plus de monde sur cet espace devant la statue de Gandhi.

Lorsque l’heure approche on se lève et l’on va vers la foule et on attend debout jusqu’à l’heure qui nous fait basculer en 2016.

Sous une demi lune horizontale c’est un hurlement qui monte de la foule et les embrassades et poignées de mains s’enchaînent sans discontinuer avec l’inévitable « Happy New Year »

Pas d’Occidentaux ici, ils sont dans les grands hôtels et grands restaurants où ils se sont payés un menu spécial au tarif expat.

Je manque  de me faire entarter avec de la crème chantilly.

On revient sur nos pas en direction de l’appart.

Tout le long les embrassades, poignées de mains, « Happy New Year » continuent.

On repasse par le Space pour souhaiter la bonne année à Pichaya et à son équipe. On boit une bière et on revient à l’appart.

Pendant le trajet on a perdu les amis de W&D.
Nous il nous reste la vaisselle et puis dodo.

Happy New Year !



Les photos sont ici

mercredi 30 décembre 2015

La visite à Jacques au Dental Center.

Jacques le passionné.


Véro et moi nous nous réveillons vers 6h45.

On va ensemble au pain.

Il fait frais et la lumière est comme Véro la souhaite.

On prend la rue Mission et ses acteurs habituels.

A la place des décorations de Noël la petite boutique ouvre pour vendre des fleurs. Cette activité existait déjà dans la rue l’an dernier.

Rue Petit Canal endormie sauf la femme en loques toujours en hyper activité auprès de sacs contenant certainement des trésors.

Rue Sainte Thérèse la famille dort. Un petit enfant essaye de s’allonger à nouveau entre deux adultes.

Devant la cathédrale quelques mendiantes et surtout la petite marchande de lait discute avec un conducteur d’auto-rickshaw, tous les deux sont assis sur les marches à côté de la pile de caissettes  contenant les sachets de lait.

De l’autre côté de Mission, en face de Church Gate une femme dort encore.

La marchande de noix de cocos n’est pas là. Ashok Landry ouvre.

Les chariots des quatre saisons chargés de bananes se mettent en route.

A l’angle de la rue Mission et Ranga Pillai une femme est assise sur le trottoir, je crois reconnaître celle qui dort sur le trottoir à côté du Hot Breads, mais ce n’est pas elle et ce qui est curieux c’est que je déjà fait cette confusion l’an dernier.

Exception pas de bouses ce matin dans Ranga Pillai sauf à l’arrivée sur le quai.

Près du Hot Breads il y a bien la femme sur le trottoir. Ce qui me trompe c’est que ces deux femmes ont un visage rond ce qui n’est pas très courant.

Au Hot Breads, c’est le responsable qui est à la caisse, la petite caissière arrive un peu après nous. Elle est vêtue de rose et me fait un sourire dès qu’elle me reconnaît attendant que mon pain soit tranché.

On revient par le quai. La Renault Kwid dont j’oublie de parler tous les matins est toujours garée devant le Cottage Industrie. Elle a une ressemblance avec la Clio, de toute façon chez Renault elle ne peut ressembler à aucune autre voiture
Une femme dort toujours sur le trottoir avant la station service.
Je regarde la nouvelle installation pour gonfler les pneus. L’appareil de mesure est au niveau des pompes, le tuyau a été enterré sur environ deux mètres afin de laisser passer les voitures qui veulent prendre de l’essence. Le tuyau sans  manomètre ressort de terre et est accroché à une potence, il faudra avoir de bons yeux pour voir l’aiguille de la pression près des pompes et faire des allers retours pour ajuster la pression. Je me demande combien de temps ça va durer.

On croise des livreurs de bonbonnes de gaz, forçant comme des bêtes sur les pédales de leur vélo.

Ce matin c’est par la rue Surcouf que sont passés les buffalos, les bouses s’étalent jusqu’à la rue Capitaine Marius Xavier.

Devant la belle maison ils ont refait un kolam et encadré le portail de troncs bananiers avec leurs régimes de bananes comme si une fête se préparait.

On prend notre petit déjeuner en attendant que W&D se lèvent.

A 9h le taxi nous attend pour nous emmener visiter le Dental Center d’Auroville. Hier Véro a pu obtenir un rendez-vous avec le responsable qui nous attend pour 10h
Comme on a prévu large on est sur place à 9h30. On attend un peu et on est rapidement reçu. Véro et moi avons déjà visité le centre.
On est reçu par Jacques le fondateur qui au début essaye de jauger un peu ces deux personnes qu’on a amenées avec nous.
On parle assis sur des banquettes installées à la réception. Petit à petit le courant passe.

 Des clientes arrivent, elles ont pris rendez-vous pour des soins.

 Il s’établit lentement mais sûrement une relation qui nous laisse espérer de la part de notre guide qu’il va nous montrer toute son œuvre, mais ce n’est pas gagné.

On se déplace pour voir les pièces de travail et notamment les installations. Dans les années 1970 notre guide fondateur de cette Dental Clinic prodiguait les soins sur des fauteuils de jardin. Il nous explique que c’était d’abord pour les gens qui étaient venus à Auroville bâtir cette utopie où la terre n’appartient à personne.
C’est la souffrance physique que lui procurait cette activité qui l’a fait réfléchir et remettre tout à plat. Le point zéro comme il dit.
Du Japon il a pris ce que l’on a sous les yeux, une installation ultra sophistiquée et simple pour le bien être du chirurgien dentiste.

Comme Véro et moi on connaît la suite on trouve qu’il prend son temps et c’est aussi je pense pour observer les réactions de ses nouveaux venus.

Dans cette installation ergonomique Beach, le patient est allongé totalement à l’horizontal et le dentiste travaille dans des conditions optimales pour éviter tous problèmes de douleurs au dos, aux épaules, dues  à de mauvaises positions.
Il nous explique aussi qu’avec cette méthode il a un nombre d’outils réduit.

Dans une des  salles  la patiente de tout à l’heure est allongée et l’on voit le dentiste assis à sa tête et l’assistante assise elle aussi.

On passe dans la troisième salle même installation. En face de ces trois salle de travail il y a de petits bureaux  avec une banquette pour les patients et un siège en face pour le dentiste, une table les sépare. Il nous explique qu’avant tous soins les patients sont reçus dans cette pièce afin de leur donner une explication précise sur ce qui va lui être fait et afin de répondre à leurs interrogations. Le but est que pendant les soins le patient soit en confiance et sache précisément ce qu’on est en train de lui faire.
Tant pis nous dit-il s’il faut passer du temps pour ces explications car ce temps est regagné pendant la phase de soins.

On est Inde, à Auroville bien sûr, mais ça fait quand même penser à des situations que tout le monde à connu, dans le fauteuil la bouche ouverte le dentiste vous dit : on va faire ça, c’est pas pris en charge par la sécu,  et vous ne pouvez que répondre : hein, hein !  ce qui pourrait être une interrogation mais qui pour le dentiste veut dire «  oui » et quand vous pouvez à nouveau parler c’est fait.

Prise en charge de la personne, notre guide commence à amorcer ce qui fait que nous l’aimons et aimons cet endroit.
Les personnes c’est tout le monde, les Indiens, les Aurovilliens,  les occidentaux, les Tamouls et les populations des villages qui s’élèvent à environ 25000 personnes.

On quitte le côté clinique pour entrer dans une salle où le matériel sophistiqué des cabinets est remplacé par des tables ordinaires équipées d’un minimum de chose, un repose tête fait d’une simple plaque qui prolonge la table dans son horizontalité et une sorte de récipient légèrement creux pour poser des instruments.

Parce que c’est là le génie de ce type et ce qui nous avait conquis c’est qu’il a découvert qu’on pouvait donner des soins de base aux gens des villages, sans le sacro saint fauteuil dentaire,  mais une simple table sur laquelle le patient s’allonge et un minimum de technologie.
Pas pour tous les soins évidemment, mais pour tout ce qui concerne la prévention en particulier, en formant des femmes des villages pour essayer de limiter les interventions graves qui elles se traitent à la Dental Clinic.

C’est pour lui et pour nous une révolution qui lui permet d’avoir des équipes opérationnelles dans chaque village.

Comme c’est un vrai utopiste depuis au moins 45 ans ce qu’il veut c’est zéro soins dentaires, il ne veut plus rien faire. On va avoir du mal à vendre ça aux médecins occidentaux.
En Occident on peut se poser la question de savoir pourquoi avec toute notre technologie on n’est pas capable de faire faire de la prévention par de simples gens formés.
Bien sûr maintenant qu’il est en confiance on ne l’arrête plus, il nous présente son équipe, des femmes compétentes et impliquées qui sont prêtes à faire passer le message à qui le veut.

On discute encore longuement de ces réalisations enthousiasmantes et aussi des différentes pratiques de soins utilisées à Auroville

Le temps passe. On y va.
Je crois que tout le monde est content le responsable ou l’inventeur de ce type de soins qui tend vers le moins possible de technologie et le maximum d’efficacité en faisant confiance aux individus et nous qui sommes comme d’habitude épatés par cette simplicité qui s’adresse à tout le monde.

On va déjeuner à Serenity Beach, puis on revient rue Candappa, boire le café et nous reposer et digérer toutes ces informations.
Véro et moi on part marcher sur la promenade.
 De très jeunes enfants vendent des moulinet à bulles au pied de la statue de Gandhi alors que tout commerce est interdit. Les parents pensent peut-être qu’on ne dira rien à ces enfants. Un adulte indien essaye de négocier le prix pour deux moulins, la petite fille n’est pas d’accord et essaye de lui en reprendre un, mais rien n’y fait, et le policier arrive avec son képi rouge et demande aux enfants de partir. Il leur fait signe de retourner dans l’espace derrière le Promenade où ont été cantonnés les vendeurs.
Un ado marche sur la plage avec quatre ou cinq sachets roses de barbe à papa sans doute pour les vendre sans se faire voir.
L’interdiction de tout commerce est un véritable crève cœur pour des gens qui gagnaient leur vie ici sur cette promenade et ne peuvent plus le faire. Sans doute une idée impitoyable d’un énarque indien qui aura vendu le projet d’une promenade propre, tant pis pour ceux qui en vivaient.


 On revient à 18h pour la masseuse.

On a remis le matelas à ressorts mais au lieu de le mettre directement sur la planche qui sert de sommier on l’a mis sur le matelas indien pour que les mouvements de l’un et de l’autre soient amortis et non pas amplifié par le bois.

Essai cette nuit, Véro espère mieux dormir.

On va ensemble dîner à l’Aristo pour profiter de la terrasse et de l’air qui souffle et qui nous rafraîchit.

On revient et dodo.