| Like a movie star |
La nuit a été bonne, j’ai
certainement été détendu par la soirée d’hier.
Je crois aussi que mon rhume
est en train de passer.
Je me lève à 9h et Véro à
10.
On est reposé pour attaquer
la journée.
On décide d’aller faire un
tour au Sunday market parce que Véro a mal au crâne et on n’a plus de
comprimés. Prediban et Christine nous ont indiqué sur MG road à gauche en
sortant de la rue Candappa une petite pharmacie où l’on peut aussi acheter des
koflets à l’unité.
On passe à la maison bleue
pour voir C la belge à qui nous voulons donner des invitations pour le
vernissage.
On entre il n’y a personne.
C’est une vieille maison très belle avec une enfilade de pièces. Nous
traversons jusqu’au jardin. Lorsque nous revenons pour sortir, C est là elle
nous a entendu parler.
Il n’y a que deux locataires
dans cette maison. C’est tout de suite le style de maison qu’on a envie
d’acheter. En principe A&E devraient venir y donner des cours d’aquarelle.
Il y a déjà une masseuse qui exerce ici.
Elle nous dit qu’elle a des
rats et une nuit en se levant elle a failli marcher sur un. Lorsqu’elle en a
parlé le lendemain aux responsables, ils ont surtout plaint le rat d’avoir failli se faire écraser…
On a l’impression que sa
solitude lui pèse et qu’elle est heureuse de parler avec quelqu’un.
On la laisse et on file vers
MG road.
On trouve la pharmacie, le
panacip pour le mal de tête et les koflets Hymalaya, ce sont de petits bonbons
à sucer qui sont efficaces pour les maux de gorges et la toux, c’est une sorte
de bonboncament qui fait plaisir et qui soigne.
Ils nous ont dit aussi qu’à
côté il y avait une petite boulangerie locale où l’on pouvait aussi trouver de
petits pains pour déjeuner ou pour faire des sandwiches. On regarde ce qui est
proposé. Je viendrai demain matin prendre des petits pains pour le petit dèj.
Je dois dire que je trouve un peu exagérée la baguette à 35 roupies (1/2 euros)
comme je trouve exagéré la baguette à plus d’un euro en France.
On remonte le MR road en
regardant tous les étalages des petits vendeurs qui comme chaque dimanche
proposent tout ce que l’on peut souhaiter à des prix intéressants, même s’il
faut faire attention à ce qu’on nous annonce avec nos têtes de touristes.
On cherche une boîte en
plastique pour servir de beurrier. L’an dernier nos 500g de beurre chez le
laitier de Mission street étaient vendu dans une boîte en plastique ronde.
Cette année la plaquette de beurre est emballé dans un carton, qui devient
inutilisable dès qu’on l'a ouvert. Je comprends l’économie et l’écologie, mais
c’est moins pratique.
Avec le carton qui sert de
boîte au beurre Véro essaye des boîtes en plastique. Aucune n’est
satisfaisante, mais on se décide pour l’une qui à bien la longueur et la
largeur mais pas la hauteur. Je pense que le beurre qui est bien malléable avec
la chaleur pourra s’adapter à son récipient.
Nous continuons à remonter
MG road en direction de Mission street, notre objectif étant maintenant d’aller
boire un thé chez le débitant de thé à l’angle de MG road et de la rue
Rangapoullé.
On se retrouve souvent ici
pour prendre un thé sans doute parce que
c’est près du marché Goubert et du Nilgiris.
J’aime bien la façon de
préparer le thé. Le bouilleur de thé penché sur son réchaud à alcool qui
transpire comme une bête et qui doit passer sa vie à préparer ainsi le thé.
J’aime comme il le refroidit en le transvasant de toute la hauteur de son bras d’un récipient dans un
autre. Lorsque ça va être prêt il verse de l’eau bouillante dans les verres qui
ont déjà servi, pour les rincer. Il prend le ticket qu’on a acheté au
responsable de la caisse, Il vide les verres emplis d’eau bouillante et verse
le thé. Je le prends du bout des doigts, tout en haut du verre là où il n’y a
pas de thé et où la chaleur est supportable.
Une mendiante vient nous
solliciter. Véro l’observait depuis un moment. Elle avait pris un verre de thé
et en buvait par petites gorgées, puis soufflant dessus pour le refroidir et en
donne au bébé qu’elle tient dans ses bras.
Véro me dit de lui donner
10R parce qu’elle a l’impression qu’elle en a réellement besoin.
On remonte la rue
Rangapoullé en direction de Nilgiris et on tourne dans Mission street pour voir
si Focus est ouvert comme c’est dimanche. Focus est fermé.
Il est 12h30, on hésite
entre revenir à l’appart où aller manger quelque chose au Surguru. Comme on a
petit déjeuné tard, on n’a pas très faim. On décide quand même d’aller au
Surguru pour éviter d’y revenir dans l’après-midi.
Il n’y a toujours pas
beaucoup de monde et l’on trouve facilement de la place. En fait on aperçoit
Marie une des passagères de
l’avion à l’aller et on s’installe près d’elle.
On la reconnaît à peine
tellement elle a noirci et elle nous même que les gens d’ici lui parle Tamoul.
Elle a pris un massala
dosai, ça nous fait envie et on prend la même chose.
Marie est une personne
atypique, accent de titi parisien avec une voix typiquement asiatique. Son père
est d’une famille de Saïgon, sa mère de Pondichery, où elle est née rue de la
Compagnie puis elle est partie pour Madagascar son père était fonctionnaire
pour le gouvernement français et enfin après l’indépendance de Madagascar,
Paris.
Je trouve qu’elle est à elle
seule un peu de l’histoire de France, de cette France qui savait à l’époque
sortir de chez elle et qui donnait à ses hommes et ses femmes la nationalité
française parce que ses parents étaient français et elle aussi. Je sais bien
que tout n’était pas idyllique, mais son parcours, je le trouve émouvant.
Elle nous dit qu’elle est
retournée à Saïgon parce que c’est aussi son histoire, qu’elle revient à Pondy
pour la dernière fois parce qu’elle y est née et que sa mère y est morte.
Et à son âge elle va finir
sa vie en France comme un retour au pays qui n’est qu’une part de tous les pays
qu’elle porte en elle, et du coup je me demande comment on peut-être
nationaliste.
Elle est allée au cimetière
français qui est nous dit-elle dans un état catastrophique après le cyclone. Il
y avait beaucoup d’arbres et beaucoup sont tombés. Pour l’instant rien n’a été
fait et elle n’a pas pu retrouver la tombe de sa famille dans l’enchevêtrement
d’arbres brisés.
Véro lui donne une
invitation pour le vernissage.
On repart avec elle pour lui
montrer où est la boutique d’Auroville dans Nehru street.
On croise le célèbre
portraitiste belge que l'on salue.
La boutique d’Auroville est
fermée et Véro décide de l’emmener à Casablanca qu’elle ne connaît pas.
Puis nous nous séparons.
Marie retourne se reposer chez elle, rue sainte Thérèse.
Nous, nous revenons par MG
road et le Sunday Market.
A la maison je fais un café
et on va se reposer.
Vers 16h30 on ressort pour
profiter de la lumière de fin d’après-midi. Il y a quelques jours nous n’étions
ressortis qu’à 17h et déjà il était trop tard pour la lumière.
On enfile la rue Candapa
jusqu’au Canal, on prend à gauche et à droite sur le premier pont pour
traverser le canal. On voit les petites boutiques que nous ont indiquées
Predibane et Christine hier au soir pour se faire faire des chaussures à un
tarif plus intéressant que chez celui qui est signalé dans les guides. Il y a
deux boutiques et je crois que c’est la deuxième.
On prend la rue Surcouf qui borde le lycée français. Les cours
reprendront demain le 9, ils auraient dû reprendre le 5, mais il a fallu
sécuriser le Lycée suite au cyclone.
Il faut dire que des arbres
ne sont pas tombés mais ils ont pris dans la rue une telle inclinaison qu’on
peut se demander s’il n’est pas dangereux de les laisser ainsi. On longe le
côté de Notre Dame des Anges. Les échafaudages qui la dissimulaient l’an dernier
ont été enlevés, mais dans la cour tout autour de l’église gisent d’énormes
arbres, qui part chance ne sont pas tombés contre elle.
Rue Dumas sur le terrain des
joueurs de pétanques des hommes et des enfants tirent un arbre tombé sur le
terrain de boule afin de dégager celui-ci pour que les parties reprennent en
fin d’après midi après la sieste. C’est le côté marseillais de la ville.
Indiens et occidentaux jouent avec tout le sérieux possible.
On aborde la promenade
Goubert par la rue de la Caserne. Le planton justement devant la caserne qui
doit s’ennuyer nous appelle pour nous faire un signe d’amitié.
La lumière est bonne et on
se dirige vers la statue de Gandhi qui sert toujours de toboggan aux enfants,
aux femmes et aux homme. Véro l’appelle le tobogandhi, c’était inévitable.
On se faufile parmi les
petits marchands de la plage et l’on s’offre une petite assiette de salade de
fruits.
Véro prend des photos, avec
un peu de chance vous allez les voir si elle les trouve irréprochables.
On longe la promenade
Goubert du Nord au Sud. On retrouve enfin notre marchand de cacahuètes grillés.
On prend chacun un cornet et on s’assied parmi les indiens sur les rochers
noirs qui bordent la plage et protègent la côte de la voracité de l’océan. Au
loin sur la gauche les derniers piliers du ponton qui servait à décharger les
marchandises et à débarquer les passagers
lorsque le comptoir était en activité.
La lumière a disparu et l’on
revient vers notre appartement en passant par la rue Sufren pour vérifier si l’on
a bien enregistré les infos de Predibane et Christine concernant RF. On trouve
la maison Beausoleil Compagnie des Indes il semble que ce soit ici. On a plus
d’hésitations pour JP&MM la maison surélevée dans la même rue, il y a une
maison blanche surélevée, mais on va finir par la trouver.
On revient par la rue Bussy
pour traverser le canal, puis mullah street et enfin la rue Candapa.
J’ai sorti la moto ce matin
mais je ne l’ai pas fait démarrer et je n’ai pas envie de m’y essayer juste
pour la rentrer, aussi je la cadenasse et elle va passer la nuit dans la rue
juste devant la maison.
Véro a déjà par Internet une
première demande de renseignement pour acheter l’aquarelle qui est sur
l’affiche de l’expo. C’est bon signe et avec démarrage vendredi 13 on assure.
Repas du soir on finit les
restes d’hier, poulet champignons olives et gâteau au chocolat de Choco là.
On n’en revient pas de la
qualité du vin que l’on prend en appéro.
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