| Dans le temple de Tiruvendi Puram |
Il est 18h30 et j’attaque
seulement le blog et en plus après une journée excellente mais nous sommes l’un
et l’autre sur les rotules.
On n’a pas perdu de temps ce
matin et après le petit-déjeuner je suis allé faire le plein du réservoir et
l’on est parti.
Pour la première fois on mis
nos casques ; Hier soir on a fait une répétition pour le réglage de la
jugulaire et pour trouver comment les attacher au porte bagages pour ne pas les
porter lorsqu’on s’arrête.
Je vérifie sur le plan
comment prendre la route de Cuddalore c’est très facile, on est du bon côté de
Pondy.
Sortir n’est pas un problème
si l’on fait exception de la circulation qui est toujours aussi
déconcertante pour un occidental.
On est sur la route du Sud,
la route de la côte, la route des vacances en quelque sorte.
Ariankupam son grand virage
à angle droit et son église Notre Dame de la Santé. Chaque fois qu’on s’y est
arrêté c’était fermé.
On passe le premier pont qui
nous fait entrer dans Cuddalore. On s’arrête assez rapidement pour boire un
thé, consulter le guide pour se remette en mémoire ce qu’il y a à voir. C’est
la partie anglaise de la ville.
On repart en direction de la
plage et du village de pêcheurs. On s’arrête un moment sur la plage qui est
très belle et l’océan calme ce matin donne envie de se baigner.
On marche entre les
chaumières du village. Beaucoup d’entre elles ont été détruites. Ici on voit
encore les marques anciennes du tsunami et les marques récentes du cyclone.
Les gens évidemment sont
extrêmement gentils et très étonnés de nous voir.
On revient par une vaste
esplanade près de laquelle se trouve la cathédrale. On ne s’y arrête pas.
On rejoint la grande route
pour aller dans le vieux Cuddalore, qui est à environ 3km de ce nouveau
Cuddalore.
On quitte la grande route en
prenant une rue sur la gauche qui nous mène vers le port.
Ce qu’on découvre c’est un
c’est un petit port à l’abri de la lagune et à l’estuaire de la rivière. C’est
un petit port pittoresque où il y a un chantier naval. On y voit quelques
bateaux en construction, des squelettes de bateau en bois et on pense à Alain
qui aimerait certainement participer à cette construction. Il y a surtout des
ouvriers en activité pour remettre d’autres bateaux en état, ce sont de grandes
barques pontées qui servent pour le cabotage le long de la côte. On passe un
grand moment avec les employés qui travaillent ici et qui sont tout heureux de
voir des gens qui s’intéressent à ce qu’ils font. Des équipes à l’ombre d’un
hangar jouent aux cartes.
On passe devant une petite
église du XVIIIème qui est une des plus anciennes de la région. Puis devant des
entrepots construits eux aussi au XVIIIème et qui ne semblent pas avoir été
modifiés depuis cette époque.
On cherche un restaurant en
allant un peu plus loin sur la route de Chidambaran. Il y a beaucoup d’usines
de produits chimiques qu’on reconnaît à l’odeur.
On fait demi tour et on nous
indique le Dévi Hôtel pour avoir quelque chose de correct pour manger. C’est en
effet un restaurant qui a bel aspect, salle avec air conditionné, tables en
marbres avec banquettes en plastiques, imitation cuir.
En fait c’est un restaurant
hôtel pour Indiens. Le plat du jour est servi sur une feuille de bananier, les
mets sont apportés dans de petits plats métalliques et le garçon verse leur
contenu sur la feuille et emporte la cuillère. On réussit à en sauver deux.
Manger du poulet simplement avec une cuillère et sans avoir le droit de se
servir de sa main gauche demande malgré tout de la dextérité. Comme ils savent
qu’on mange comme des cochons, ils nous apportent des serviettes en papier. En
plus ce qui est incompréhensible pour eux c’est qu’on se lave les mains avant
de manger alors qu’on mange avec une cuillère sans toucher les aliments. Eux mangent
avec la main droite et ne se lavent cette main qui a servi pour le repas
qu’après.
Je dis à Véro que je trouve
les noodles bonnes malgré la quantité de piment. Elle me répond que c’est du
riz. Je n’avais jamais vu du riz aussi long. Mais finalement elle avait
certainement raison parce qu’on voit sur la note qu’on a mangé poulet byriani.
On peut disposer des
toilettes. C’est toujours le problème des balades ici.
On veut pénétrer à
l’intérieur des terres, une petite dizaine de km pour aller voir le temple de
Tiruvendi Puram dédié à Vishnou.
Pour quitter Cuddalore il
faut emprunter une route qui est barrée au niveau de la voie ferrée et l’on ne
peut pas y passer.
Lorsqu’on ne peut pas
passer, c’est pour un Indien comme un défi. Il faut faire un passage blindé
pour que l’Indien ne passe pas. Dès l’instant où il y a un petit espace, il
passe. Un Indien seul ça n’existe pas. Donc c’est par centaines qu’il passe où
il est interdit de passer, à pied, à moto, mais pour les voitures c’est
vraiment impossible. Hommes femmes enfants deux roues se faufilent entre des
obstacles mis volontairement pour empêcher le passage, à l’indienne tout le
monde passe sans se préoccuper des autres.
Véro descend de la moto et
moi je suis le mouvement des autres motos qui essayent de passer. Il ne faut
pas se manquer, impossible de reculer pour manœuvrer. Si l’on manque son tour
c’est des dizaines d’Indiens qui arrivent en face qui se faufilent. Le terrain
n’est pas plat, la porte pour passer est plus étroite que le guidon. Ce n’est
qu’en avançant que je me rends compte des difficultés, en plus ça monte pour
arriver à hauteur de la voie ferrée. Je m’en sors bien. Je ne cale pas, je n’ai
pas besoin de manœuvrer, je mets les gaz et la moto grimpe la côte. Le bruit
fait son effet et les gens s’écartent.
Je respire, mais il y a
devant moi un nouvel obstacle la barrière qui est baissée et sous laquelle il
faut passer. Première barrière, la moto peut passer mais pas moi dessus. Je la
pousse en me baissant le plus possible avec le casque en plus.
Je passe.
Deuxième barrière, le
passage est moins évident, la moto ne passe pas avec ses rétros. Je dois
baisser au maximum ses rétros et je passe d’abord un puis l’autre et enfin la
moto, puis moi. J’en ai marre, mais devant moi se dresse le dernier obstacle
même passage délicat que pour l’entrée mais auquel il a été ajouté un énorme
trou. Il faut passer au bord sur un étroit passage où il y toujours autant de
monde dans les deux sens.
Je fais ronfler le moteur et
les gens s’écartent. Je suis sorti. Je récupère Véro qui est écroulée de rire
suite à cette aventure incroyable.
On roule sur une petite
route jusqu’au temple.
C’est un vieux temple, pas
très grand. On crée l’étonnement. Tout le monde est très gentil avec nous et se
laisse prendre volontiers en photo. Il y a des petits veaux qui se promènent
dans le temple et qui partagent avec les dévots des noix de coco.
Des familles entières sont
étalées dans ce lieu où il fait frais. Certains discutent, d’autres dorment.
Des femmes, des enfants, des
ados ont les cheveux rasés et le crâne enduit d’une matière jaune.
Devant le temple, un
escalier descend jusqu’à la rivière.
On revient à Cuddalore pour
trouver un temple JaÏn Tirupapuliyur. On a quelques difficultés pour le
trouver. Lorsqu’on le trouve ce n’est pas l’heure de le visiter. On se dit
qu’on reviendra d’autant qu’il y dans la même rue un temple dédié à Shiva, et à
côté un Amma Koil, temple de la mère.
On prend le chemin du retour
parce qu’il est 17h et qu’on souhaite être à Pondy avant la nuit. On sort de
Cuddalore par une autre route que celle par laquelle on est arrivé. On passe à
côté de centaine de petits immeubles HLM complètement déglingués et on se
demande s’ils sont encore utilisés, on espère que non.
On passe tout près d’un gué
et compte tenu de la lumière à cette heure et de la beauté du lieu, on ne peut
s’empêcher de s’arrêter quelques instants. On sait qu’on va revenir voir les
temples, et emprunter ce gué qui nous mènera certainement quelque part.
On reprend la grand route
pour Pondy. La circulation est toujours aussi démente.
On arrive à Pondy avec le
crépuscule.
On est vidé et on vide une
bouteille de bière pour se redonner du courage, puis on commande des pizzas.
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