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jeudi 5 janvier 2012

Auroville après le cyclone



Elles ne sont pas extraordinaires ... je peux faire mieux !

La nuit a été chaude. Il faut qu’on demande aux proprios comment marche la clim.

Les voisins du dessous ont fait la fête jusqu’à deux heures du matin.

Le grand prisme rectangulaire qu’est la maison est aéré par deux puits de lumière très grands au moins deux mètres sur deux et qui correspondent avec tous les étages. À chaque étage des fenêtres donnent dans le puits et ainsi on  participe tous à la vie de chacun.

5h30 du matin le muezzin pousse son cri du coq. Ce qui est curieux c’est que l’an dernier on habitait dans le quartier musulman et on ne l’entendait pas. Cette année on est dans le quartier chrétien et on l’entend. Il est vrai que l’an dernier c’est l’église du Sacré Cœur de Jésus qu’on entendait ainsi que la musique lancinante des petits temples hindouistes.

Au coin de la rue, il y a une petite fontaine publique, une femme accroupie y fait sa lessive. Un homme en sarong vient tirer des seaux d’eau pour laver une voiture qui manifestement ne lui appartient pas.

Sur la chaussée il y deux énormes bouses qui me font plus penser à un éléphant qu’à une vache, mais ça ne me semble pas possible dans ce quartier chrétien où il n’y a pas de temple.

Véro qui s’y connaît en matière de clim vient de réussir à mettre en route celle de la chambre. Ce soir, on pourra la mettre et dormir peut-être un peu mieux.

Notre fournisseur d’accès nous dit toujours que nous sommes à zéro et qu’on a donc passé toute notre connexion. On va retourner le voir, en attendant ça marche, on ne se fait pas de souci.

On attaque notre journée par la lessive à étendre. De la terrasse, on aperçoit Prédibane qui est aussi sur sa terrasse. Nous discutons ainsi d’une terrasse à l’autre.

Véro a appelé Abel et nous avons rendez vous chez le graphiste à 10h30.

On attend que la machine à laver se termine pour étendre le linge et partir.

Hier il faisait une chaleur terrible mais le taux d’humidité était telle qu’en deux heures les serviettes de bain n’avaient pas eu le temps de sécher complètement.

Nous sortons un peu en avance parce que j’ai beaucoup d’appréhension pour démarrer la Enfield. C’est toujours un peu compliqué, trouver le point mort, faire arriver plus d’essence en tournant la poignée des gaz, penser à déverrouiller l’arrivée d’essence, trouver le point de compression, et enfin appuyer avec force sur le kick. Rien à voir la Honda où il suffit d’appuyer sur le bouton du démarreur. C’est aussi ce qui fait le charme de cette moto, c’est qu’il faut comprendre comment elle fonctionne si on veut en tirer le meilleur parti.

Je fais tout ça et évidemment elle ne démarre pas. Je recommence plusieurs fois et je n’arrive à rien. Lorsque je suis sur le point d’abandonner alors elle démarre.

On file chez le graphiste en passant par Mission street parce que je ne sais pas trouver la rue autrement. Je m’arrête à l’intersection avec Gandhi road et l’on ne voit pas l’immeuble où se situent les bureaux. J’ai  oublié qu’il fallait couper Gandhi road et aller jusqu’à l’intersection avec Barathi street. On reprend la moto qui démarre sans problème.

Chez le graphiste on apprend qu’il est en panne d’informatique et Abel n’est pas venu, il nous rappellera dès que l’informatique repartira.

Je reprends, je me suis allongé 5mn sur le canapé et je me suis endormi. J’en étais  où ?

Ah oui on quitte le graphiste, la moto démarre bien et on remonte la rue jusqu’à Mission street pour prendre une rue parallèle à celle ci pour aller acheter un éplucheur, une cuvette en plastique et des bols.

C’est à l’usage qu’on s’aperçoit qu’il n’y a pas grand chose dans cet appartement pour tout ce qui est petites fournitures pour le quotidien. Par contre ils gardent des pots vides ou entamés d’anciens locataires. Véro a vite fait de tout mettre sur la plus haute étagère de la cuisine en décidant qu’elle ne voulait plus voir ces horreurs.

On ne trouve pas tout ce qu’on veut mais on trouve un couteau et une planche à découper en plastique propre. Celle qui nous est proposée dans l’appart est noire d’on ne sait quoi et ça aussi ça ne plaît pas du tout à Véro.

On repasse à Nilgiris pour trouver la suite, pas de cuvette mais des produits d’entretien comme il faut acheter pour la bonne. Il manque des chiffonnettes pour l’évier en inox et toujours la cuvette.

Il n’y a plus que la solution de Singapore le magasin où l’on trouve tout si l’on sait chercher soi-même car il n’est pas question de demander aux vendeurs et vendeuses.

Rue Rangapoulé c’est comme d’habitude le grand bordel dans l’anarchie la plus totale et dans la puanteur. C’est à fois la rue d’approvisionnement du marché et la rue dans laquelle se retrouve tout ce qui est périmé. Encore depuis le cyclone il n’y a plus le poisson parce qu’il est interdit de consommer du poisson pendant un certain temps, donc ça sent moins mauvais, mais je sais que Véro ne supporte pas l’odeur je luis dis donc de descendre et de traverser à pied le marché, Singapore est juste de l’autre côté. Pendant ce temps je ferai le tour et la rejoindrai. J’ai aussi peur de caler au milieu de ce capharnaüm. Ce qui ne manque pas d’ailleurs. J’essaye d’amener la moto sur le bord gauche de la chaussée pour prendre le temps de la redémarrer, mais tant qu’il reste quelques cm entre moi et le bord où sont garés des véhicules, tous le monde essaye de passer dans ce minuscule espace.

Je ne m’affole plus pour ce genre de détail, car je sais que dans cette marée humaine je ne suis qu’une goutte d’eau et je passe totalement inaperçu, pas de ridicule à craindre.

Je redémarre et me lance à nouveau dans l’embouteillage mais maintenant il faut que je me faufile pour aller complètement à droite prendre la rue qui contourne le marché. Là évidemment tout le monde essaye de me dépasser par la droite tant que  je n’ai pas réussi à fermer tout espace.

Dans l’autre rue ça va mieux si l’on peut dire, ce n’est plus du tout le même problème simplement des motos stationnées de partout, des marchands dont le magasin déborde sur la route, des véhicules dans tous les sens et même des voitures qui essayent de passer dans des espaces impossibles alors pour résoudre le problème  tout le monde klaxonne et ça résout le problème. Incroyable.

Ça y est j’ai pu tourner sur Nehru street, Singapore est un peu plus haut sur la gauche. La circulation est plus fluide, si ce mot peut-être employé dans ce pays, il ne reste plus qu’à garer la moto.

Nehru street c’est sur toute sa longueur un parking à motos. Tous les engins sont placés perpendiculairement au trottoir et tellement serrés qu’il est impossible de passer entre. Tout contre et le long de la rue des voitures stationnent.

Par chance dans cette enfilade de deux roues il y a une place. Je peux m’y mettre en marche arrière pour pouvoir repartir plus facilement.

Je retrouve Véro qui a trouvé les lingettes mais a oublié la cuvette. Elle ré-escalade la pyramide de fournitures pour trouver quelque chose qui est un mixte entre une cuvette et un seau, mais ça ira.

La patronne toujours imperturbable derrière sa caisse nous fait payer.

La moto démarre. Je me mets le long de la rue, Véro me passe la cuvette que je prend avec la main droite en lâchant la poignée des gaz parce qu’avec la main gauche je tiens l’embrayage, je suis sur la première et je ne maîtrise pas encore le point mort.

On y arrive. Véro tient l’énorme sac de courses entre nous et la cuvette à bout de bras sur le côté.

Retour à l’appart.

On range tout.

On prend l’ordi pour aller chez le fournisseur d’accès, lui montrer que la fonction crédit ne fonctionne pas car nous sommes toujours à zéro.

Il n’est pas là. Son employé l’appelle, c’est soit disant normal parce qu’il n’a encore rien fait, mais il va faire le nécessaire dans la journée, ce n’est pas la peine d’attendre, il suffira de lui dire demain sans avoir besoin de ramener l’ordi.

(Il est 18h10 et j’entends le muezzin.)

Lorsqu’on veut repartir de chez le fournisseur, plus moyen de démarrer la moto. Je m’escrime sous le soleil, au bout d’un moment l’employé du fournisseur d’accès s’il ne peut rien faire pour internet vient voir et veut bien essayer de démarrer la moto. Je le laisse faire volontiers. Il éprouve aussi beaucoup de difficulté mais à force de persévérance il arrive à la démarrer.

On revient à l’appart pour poser l’ordi.

Dans la rue on croise Predibane, Christine et leur fille.

Predibane me donne de bons conseils pour démarrer la Enfield. Toujours la mettre sur la béquille centrale, se mettre debout à côté du côté droit, pour appuyer sur le kick avec le pied droit afin d’avoir plus de force, avant vérifier que tout ce qui est électrique soit éteint, vérifier le point mort en appuyant avec le pied tout en débrayant sur le levier qui est au dessus de celui des vitesse et qui permet mis tout en bas d’être au point zéro, mettre l’aiguille de compression bien au milieu du cadran et appuyer sur kick. Avec lui la moto démarre. J’ai bien compris la leçon et dorénavant je crois que je vais savoir la démarrer comme il faut.

En même temps ils nous disent que le frère de Prédibane se marie le 26 janvier et que nous sommes invités. Nous sommes très heureux et en plus notre mois de janvier s’organise.

Samedi 7 nous les invitons chez nous.

Vendredi 13 vernissage de l’expo de Véro à Promenade

Samedi 14 inauguration de nouvelles installations chez Predibane et Christine

Dimanche 15 inauguration de la galerie d’Abel et Ejoumalé

Vendredi 20 c’est notre anniversaire de mariage

Jeudi 26 mariage.

Une sortie dans la semaine du 29 janvier au 7, 8 février semble possible.


La matinée a été éprouvante, on part déjeuner à Auroville.

Sur la route de Chennai ce sont toujours les mêmes dégâts que dimanche dernier.

On pénètre dans Auroville et on s’arrête dans un restaurant qu’on connaît pour déjeuner, parce que Véro se rappelle qu’ils ont une mousse au chocolat étonnante.

Pour la diététique on mange une salade, puis après une mousse au chocolat.

On pénètre au cœur d’Auroville et tout le long sur le bord de la route d’énormes arbres couchés ont été mis là pour rétablir la circulation.

On retourne chez D&C qui ont une maison. Ils ne sont pas là. Extérieurement la maison ne semble pas avoir souffert. Tout autour la végétation est dévastée mais seulement par endroits comme le fait un orage dans un champ de blé. Je ne sais pas s’ils ont encore de l’électricité les poteaux sont couchés et les fils à terre.

On fait un tour, et c’est partout la même chose des arbres couchés, brisés. Comme la végétation est dense ça ne fait pas le même effet qu’à Pondy car il reste aussi beaucoup d’arbres et de végétaux qui ne semblent pas avoir soufferts. On se dit qu’il faudra nettoyer tout ça, ça prendra du temps mais après la végétation qui a échappé au cyclone sera toujours là.

Le matrimandir ne semble pas avoir souffert.

On s’arrête pour boire un coup au Visitors Center, ce qu’on remarque surtout c’est l’absence de touristes. Ce lieu très couru est déserté.

Véro regarde dans les boutiques si elle ne trouverait pas une robe qui pourrait convenir pour le mariage. Elle n’a pas très envie d’acheter un sari qui ne servirait que pour cette occasion. Mais toutes les robes qui semblent se tenir ne sont faites que pour des grosses.
On s’arrête à la fresh farm prendre de la confiture et du fromage

On revient par la petite route de la palmeraie. Elle a été dégagée, sur le bord déjà des troncs de palmiers débités. Il reste encore beaucoup de palmiers debout mais on en voit aussi beaucoup allongés dans la palmeraie. C’est difficile de se faire une idée, mais on voit bien que les dégâts sont importants.

On s’arrête chez le graphiste, son informatique est repartie et Véro peut lui donner son accord pour la maquette de sa carte professionnelle qu’elle va faire tirer en 2000 exemplaires.

On fait un arrêt au Daily bread pour boire un lemon soda et manger ce qu’on appelle en France une tête de nègre et ici un négresco, une meringue au chocolat.

On rentre à l’appart. Vous avez remarqué que je ne vous parle plus du démarrage de la Enfield, depuis la leçon de Predibane, elle démarre bien.

Véro n’arrive plus à joindre Abel qui semble plus préoccupé par l’ouverture de sa galerie que par l’expo de Promenade, c’est humain.

Il est bientôt 7h et on ne va tarder à dîner aubergine tomates.

2 commentaires:

  1. C'est vraiment super ce blog!! je me régale!!l'impression de voyager aussi!Merciii!

    Aneth

    ps: pourquoi choisir une moto si susceptible? ;0)

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  2. J'ai l'impression d'être partie en votre compagnie et de retrouver la chaleur, la moiteur, les odeurs, les couleurs de l'an dernier... Merci pour tous ces petits et grands bonheurs. Et bonne expo!

    Nicole-Bleu Nature

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