| Remontée du toboggan sous la statue Gandhi |
Ce matin ce sont les
corbeaux qui me réveillent, ils sont déchaînés et ils sont juste au-dessus de
nous. D’autres oiseaux piaillent aussi, piaillent est faible c’est un
piaillement avec amplificateur.
Il est 7h du matin, je me lève.
Les voisins n’ont pas fait la fête cette nuit mais discuté normalement
c'est-à-dire en hurlant jusqu’à minuit. Puis soudain d’un coup, ils doivent
tomber sur le lit : plus rien.
La nuit c’est aussi le bruit
des pipis à chaque étage car grâce au puits de lumière nous participons à tous
les sons, puis celui de la chasse d’eau. La journée on est épargné des voix des
habitants et du bruit de la ville grâce au bruit des ventilos.
Ce matin le temps est tout
dégagé, je pressens que la journée va être chaude.
La petite bonne a déjà
nettoyé le trottoir devant la
maison. Je la salue et je sors.
A la petite fontaine
publique, des femmes sont à leurs toilettes. L’une en jupon orange, et haut
noir, s’enveloppe de l’immense tissu qui lui sert de sari. Une autre accroupi
se lave le visage.
Une femme verse au coin de
la rue tous les détritus de la journée d’hier. C’est ainsi, il y a toujours
quelque part un endroit au croisement de deux rues où tout le monde vient jeter
ce qu’il a à jeter. D’autres laissent plus simplement devant chez eux de petits
sacs de courses. Les vaches et les oiseaux en font leur lieu de repas et
écartent tout sur la chaussée jusqu’à ce que l’équipe municipale passe
régulièrement ramasser tout ça.
Pourquoi choisir une moto si
susceptible ?…demande Aneth dans les commentaires du blog.
Un motard pourrait répondre
pourquoi choisir une femme si susceptible, une motarde pourrait répondre
pourquoi choisir un homme si susceptible. Toute autre réponse ne servirait en
fait, qu’à dissimuler que ce n’est qu’une affaire sentimentale.
La Royale Enfield Bullet est
une moto anglaise pour l’Inde des années 1930-1940. Les Indiens continuent la
fabrication et entretiennent les plus anciennes. Ils disent que là ou les
Japonais font des motos qui fontvoooooooooooeeeeeeeeeeeeemmmm et roulent vite,
eux ils continuent à faire une
moto qui fait broum broum broum…, qu’on reconnaît déjà à l’oreille avant de
l’avoir vue et qui avance sans se speeder, à voir :
La sieste est finie et elle
a été bonne parce que bien que n’ayant rien à faire de particulier ce matin on
a fait quand même pas mal de chose.
Au pied de l’escalier ce
matin, devant le portail pour
sortir de la maison on croise nos
propriétaire, il est 9h30, on part, après quelques difficultés pour
réveiller la Enfield.
Ils nous arrêtent pour nous
dire qu’ils vont sortir le matelas et le mettre sur le balcon qui est plein sud
pour qu’il sèche. Je demande en douce à Véro ce qu’elle a pu faire comme
cochonnerie sur ce lit pour que le matelas ait besoin de sécher. Ils nous
explique que la matelas a été mouillé dans la nuit de jeudi à vendredi dernier
lors du cyclone. En effet il y a un fenêtron qui ne ferme pas au dessus du lit.
Comme nous sommes arrivés ce même vendredi dans la soirée, ils n’ont pas eu le
temps de le faire sécher. Ils ont fait le lit pour nous et depuis on dort
dessus. C’est sympa pour nous. Aujourd’hui où la journée s’annonce belle, ils
ont décidé de le faire sécher. C’est vrai que le premier soir il était un peu
humide mais comme ça faisait 37h qu’on avait quitté la maison ça ne nous a pas
trop perturbés. Depuis avec le fan et la chaleur il a largement eu le temps de
sécher sinon on s’en serait rendu compte depuis une semaine qu’on couche
dessus.
On leur dit OK faite ce que
vous voulez, Véro en profite pour leur dire qu’ainsi on va changer les draps et
qu’ils nous en passent une paire puisque c’est prévu dans la location.
On va dans le quartier Colas
Nagar rue du Dr Ambedkar, pour trouver un magasin de poulets morts qui
ressemble à une boucherie occidentale avec des poulets présentés comme dans une
boucherie occidentale. L’expérience de l’an dernier de Véro « vous voulez
4 cuisses ma petite dame attendez deux minutes le temps de tuer deux poulets
devant vous », lui a suffit.
Pas de chance le magasin est
fermé, il ouvre demain. C’est juste en face de Pichaya Manet un copain de
Dylan, on va donc le saluer.
Il est là, il nous accueille
avec un large sourire et nous reproche de ne pas être venu le saluer l’an
dernier avant de partir. Il faut dire à notre décharge qu’il n’avait pas eu un
comportement très clair l’an dernier, il avait proposé d’exposer Véro dans sa
boîte «L’Espace », puis ne donnait jamais d’éléments concrets et c’est
comme ça que Véro c’est retrouver à exposer à Promenade.
Il nous offre le café et
l’on discute. Il a perdu au moins 20kg depuis l’an dernier où il était un peu
bouffi. Véro pense régime moi je suis un peu moins optimiste. Il nous dit qu’en
ce moment les pêcheurs ne sortent plus, on ne comprend pas pourquoi, si c’est
par crainte ou par absence de poissons suite au cyclone.
On passe par l’Alliance
Française reprendre notre carte de membre temporaire pour 3 mois, 500R. Ils
nous expliquent que la bibliothèque qui est à l’étage face à l’océan ne
rouvrira pas ses portes avant un mois, le temps de récupérer un maximum de
livres. Les deux grands arbres dans la cour intérieure ont terriblement
souffert et perdu plus de la moitié de leur hauteur. Il ne reste que quelques
feuilles sur des troncs déchiquetés.
Grosses difficultés pour
redémarrer la Enfield. Un Français s’approche qui semble s’y connaître et qui
compatit devant la difficulté, mais il connaît les Enfield et sait que c’est
ainsi, il n’y a pas matière à se moquer parce que même les plus expérimentés
peuvent se trouver dans cette situation. Je ne sais si c’est le fait d’entendre
parler de son mauvais caractère, aussitôt elle démarre.
On va voir l’avancement des
travaux chez l’encadreur. Véro a appelé Abel ce matin pour les maquettes
d’affiche et de flyer, c’est dans
une semaine aujourd’hui et il est temps de faire circuler un peu d’information.
Comme on est tout prêt, on
repasse à l’expo pour laquelle nous sommes allés au vernissage pour voir s’il y
a une liste de prix, Véro veut se faire une idée du prix de vente des
aquarelles présentées. Le jour du vernissage il n’y avait pas de liste de prix
et aujourd’hui ils sont entrain de la rentrer dans l’ordinateur pour la sortir
propre on est trois jours après le vernissage et toujours pas de liste de prix.
Ça fait pas très sérieux. Un responsable prête à Véro le brouillon qu’il est en
train d’utiliser pour entrer les prix dans l’ordi.
Véro a ainsi une idée des
prix pratiqués ici.
Pour continuer dans ce thème
et comme on a le temps, je lui propose d’aller voir une belle galerie qui se
trouve un peu au-delà de la ville blanche vers le village des pêcheurs, la
galerie Aurodhan.
On passe chez notre loueur
de mob pour lui retenir un scoot ou une mob, de dimanche soir à mardi, lorsque
Léon va venir récupérer la moto pour un dernier contrôle. On va surtout lui
demander de faire fonctionner les clignotants, le feu de stop et de mettre des
rétroviseurs, bien que personne ne tienne compte d’un clignotant ou d’un stop
et qu’il importe peu de savoir qui arrive par derrière parce le temps de
regarder dans le rétro et tout est possible à l’avant et qu’il vaut mieux regarder ce qui arrive
devant, mais enfin cela nous rassure culturellement.
Chez Aurodhan, les œuvres
exposées sont d’un autre niveau.
C’est en fait un petit hôtel haut de gamme et confidentiel dans un quartier qui
ne paie pas de mine, un quartier populaire et de pêcheurs. On comprend que les
clients de l’hôtel sont aussi les clients de la galerie.
C’est le problème que
risquent de rencontrer A et E pour leur galerie. La rue est signalée dans tous
les guides et ils ont un hôtel en face.
On rencontre le patron, un
Indien fort sympathique qui ressemble à un géant, la taille, la corpulence, le
sourire et la trouille devant cette masse humaine. On lui demande le prix d’une
peinture acrylique sur papier d’un format de 50/50 encadré, sur un fond bleu, un
éléphant bleu un peu BD arrive en volant du coin haut et droit et l’on sent
qu’il va traverser l’espace devant lui avec bonheur. C’est 20000R (300€), une
fortune pour ici. Comme il voit que nous sommes intéressés et que nous lui
avons précisé que nous venons régulièrement voir sa galerie, il nous ouvre une
petite porte et nous dit que nous pouvons monter dans les étages pour voir les
œuvres accrochés aux murs, ou posées sur des meubles de collection. On prend le
temps de tout visiter, puis on va le saluer dans son bureau. Il est en
compagnie du directeur de l’Alliance Française que nous connaissons mais qui ne
nous connaît pas, sauf peut-être lorsque Véro lui donne sa carte. On lui dit
quand même que nous venons de prendre notre adhésion et on a enfin une
explication sur le fait que nous ne recevons pas l’information sur internet.
C’est parce qu’elle est réservée nous dit-il aux 700 adhérents à l’année et
qu’ils ne veulent pas gérer un fichier des adhérents temporaires comme nous. Je
ne vois pas du tout le pb mais lui doit certainement le voir.
Il y a aussi une femme qui
est chanteuse et danseuse et qui va chanter ce soir ici à l’Aurodhan, le patron
nous invite à venir c’est à 19h et c’est gratuit nous dit-il.
Nous les laissons et je suis
pris d’une quinte de toux terrible qui inquiète l’hôtesse de la galerie qui
s’empresse de m’apporter un verre d’eau.
On traverse toute la
promenade en direction du Bar des Arts où nous avons décidé de déjeuner. Au
niveau de la statue de Gandhi il y tout un groupe de pèlerins vêtus de rouge.
Des femmes en sari font du toboggan au pied de la statue de Gandhi. On
s’arrête, Véro prend des photos.
Au bar des Arts il y a une
expo qui est intéressante et Véro peut ausssi se rendre compte des prix des
peintures acrylique sur papier. On n’a finalement pas envie d’y déjeuner et on
va au Club manger un steak au bleu et on rentre en passant pas Shagy street
notre rue de l’an dernier. C’est vrai que le quartier où l’on est fait moins
les uns sur les autres à observer ce que les uns et les autres font. On voit
aussi que notre ancien proprio à certainement loué son rez-de-chaussée pour une
boutique de souvenirs tenue par un cachemiri. La petite famille qui vivait là
dans la rue a dû se trouver un autre emplacement.
Voilà je suis revenu à l’heure
de la sieste qui après cette matinée à ne rien faire a été la bienvenue.
Encore faut-il que nous
refassions notre lit, tirer le matelas lourd comme une vache morte du balcon
jusqu’à la chambre. Véro n’arrive pas à le soulever, je le tire seul et elle
m’aide à le replier pour passer les portes. Le voilà posé sur le sommier en
bois. Le drap housse correspond à un lit de 140 alors que c’est un lit de 160.
Il va falloir aller à nouveau lui demander un drap. Pour se reposer on pose un
drap de dessus.
Pendant que je décris cette
partie de la journée Véro s’est mise à peindre. Il fait chaud et les 5
ventilateurs tournent à fond la caisse, ce n’est pas désagréable cet air qui
passe sur nous, j’en ai même parfois la chair de poule.
On se fait un lemon soda en
attendant l’heure où Pondy se réveille.
Véro va voir pour les draps
et revient avec aussi une housse pour matelas. Ce n’est pas la simple housse
avec 4 élastiques, mais une housse style portefeuille dans laquelle il faut
enfiler ce matelas de 160 lourd comme une vache morte.
Après pas mal d’effort, on y
arrive, mais la housse est mise sens dessus en dessous parce qu’en plus il y a
un sens. Déhoussage et rehoussage même problème, mais de l’autre côté du lit
parce qu’on n’a pas compris sur le coup qu’il fallait aussi retourner la
housse. Déhoussage et rehoussage cette fois-ci c’est bon on est en nage. Le
drap housse ressemble à un drap housse comme un drap qui n’est pas housse, on
va faire avec sinon c’est la prise de tête.
Voilà on va pouvoir se
coucher ce soir.
On fait un saut à Nilgiris
parce qu’avec tout ça on n’a plus de boisson fraîche soda pour le lemon soda et
bière pour le soir pour Véro.
On revient Véro prépare le
repas. Elle se coupe avec le couteau neuf qui coupe évidemment par rapport à
ceux qui sont ici. Un petit pansement par sécurité.
On va pouvoir aller voir la
chanteuse.
On y arrive trop tôt, il y a
eu un mort et les gens sont en retard. Le patron qui nous a invité ce matin
nous ditde revenir vers 19h15
Malgré l’obscurité on se
balade dans le village des pêcheurs, ceux qui ont certainement le plus
souffert, car n’ayant presque rien ils ont tout perdu. Certains avaient appuyé
le toit en palme de leur maison contre un mur, tout s’est écroulé et il ne
reste que le toit de palmes posé sur le sol.
On revient, on est presque
en retard du coup tout le monde est rassemblé et la chanteuse démarre
immédiatement.
Comme dirait Véro c’est
chiant au niveau du chant et
compassé au niveau du public comme les membres d’une secte assemblée. C’est le
public genre, j’ai trouvé. Il n’y a plus rien à dire. Et du coup on n’ose plus
partir. On est une vingtaine.
La chanteuse elle est je
trouve plutôt sympathique. Différemment des danseuses de baratanatiam elle est
vêtu avec simplicité dans des couleurs sable qui me font penser aux disciples
de Jésus tels qu’on peut les représenter.
Elle est munie d’un
instrument à une corde qu’elle tient de la main droite. C’est un instrument
formé de deux tige de bois reliées entre elles par une hanche qui tient la corde.
Les tiges s’écartent l’une de l’autre comme pour former les deux côté d’un
triangle et sont fixées ainsi que la corde sur une sorte de récipient en terre
qui a une forme de vase. La danseuse tient l’instrument par une tige et fait
vibrer la corde avec un doigt. Autour de sa taille est accroché un tambourin
formé d’une base en terre arrondi comme un bol sur lequel est posée la peau. À
ses chevilles, elle a deux maillons ovales d’une chaîne qui serait énorme et
qui tintent lors de ses déplacements. J’ai l’impression que ce sont les restes
d’une chaîne d’esclave qui aurait été rompue.
Elle porte de longs cheveux
noirs avec des mèches rasta qui lui descendent jusqu’au mollet et qui flottent
lorsqu’elle danse en tournant.
C’est un peu une femme
orchestre et sa voix n’est qu’un instrument complémentaire des trois autres.
Elle me fait penser à une
villageoise ou à une indienne bohémienne qui va de village en village, chanter
les douleurs et les joies des gens plongés dans la servitude de la vie.
Je crois que ce n’est fait
pas pour des spectateurs occasionnels comme nous. Elle chante pour les dieux,
pour attirer leur attention, pour qu’ils se rappellent que l’humanité existe et
qu’elle a besoin de compassion. Nous, nous ne sommes pas concernés par ses
chants et nous n’avons même pas à les écouter.
On quitte rapidement la
séance alors que tout le monde est encore dans l’extase de la communion
lyrique, comme à Toulouse où les toulousains restent à la fin du film pour voir
se dérouler l’ensemble du générique, parce qu’on leur a dit que c’était bien de
faire ça parce qu’à Paris ils le font.
La Enfield du coup en
démarre bien mais cale un peu plus loin lorsqu’un camion veut emprunter notre
route sans tenir compte de notre présence. Redémarrage un peu soucieux mais finalement
elle n’y met pas trop de mauvaise volonté.
Je retrouve la conduite de
nuit que je déteste tant mais pas le choix.
Le repas est prêt la salade
a un peu congelé dans le frigo qui marche un peu trop fort on essaye de le
régler, on verra demain.
Pour dîner j’ai posé le plat
de fruits sur mon ordi et maintenant il y a plein de fourmis qui courent
partout sur le clavier et l’écran.
Vero est sous la douche, je
vais lui passer le relais.
Ce soir apparemment c’est
boîte de nuit chez les voisins du dessous, la nuit s’annonce chaude,
heureusement on a la clim et les boules Quies.
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