| Pichaya devant chez lui |
Je me suis levé à 7h pour
attendre Léon qui doit venir pour 7h30.
Le matin avant que le soleil
n’arrive, il fait bon sur le balcon et dans la rue.
Il y a encore un peu d’air
frais qui circule. Une cloche sonne. Un écureuil court sur un fil électrique.
La rue est encore calme.
Pas de Léon à 7h30, pas de
Léon à 8h.
Véro se lève, elle prend la
relève et je vais chercher le pain chez Baker street. Je remarque de la suprise
dans le regard de la serveuse de me voir toujours là après plus de 8 jours. Je
ne fais pas partie de ses habitués, mais petit à petit j’en deviens un.
On déjeune et on appelle
Léon qui ne répond pas. Au début on a bien une sonnerie, mais après quelques
essais on a un message qui nous dit qu’il n’est pas joignable.
À 9h30 le mécano de Léon
vient pour récupérer la moto. On est embêté parce qu’il ne parle pas anglais et
on essaye de lui montrer ce qui ne va pas. Véro a la bonne idée de dire
appelons Predibane.
Il vient et peut ainsi
expliquer en tamil ce qu’il y a à
faire et aussi faire part de nos craintes parce qu'en reprenant la moto il ne
nous reste plus rien et Léon ne répond pas au téléphone.
Le mécano lui dit que la
moto va passer un contrôle pour être en règle et qu’il va la préparer pour ce
contrôle.
Nous pensons que l’autorité
de Prédibane aura un effet sur eux.
La facilité avec laquelle le
mécano la démarre d’un seul petit coup de kick, me tue. Et puis de la voir
partir dans sa robe rouge avec un autre et me dire que je ne la reverrai
peut-être pas me donne un sentiment de tristesse.
C’est un poids en moins et
la confiance qu’on a mise en Léon n’est pour l’instant pas remise en cause,
mais ce n’est pas facile pour nous. Comme dit Predibane : « c’est
l’Inde ».
Véro prépare la liste des
prix des aquarelles, et les étiquettes avec le nom et le prix à mettre sur
chaque aquarelle.
Nous allons ensuite chez
l’imprimeur pour faire tirer les listes des œuvres, des prix et la fiche de
présentation de Véro en anglais pour montrer tous ses « Awards ». Je
pense particulièrement à celui de Buzet sur Tarn qui va certainement
impressionner tous les acquéreurs.
Il faut dire qu’il y a déjà
deux personnes qui ayant vu l’affiche sur Internet ont mis un mail pour avoir
plus de précisions sur l’aquarelle de l’affiche sur son prix et sur des
dimensions.
Chez l’imprimeur, la
première personne n’arrive pas ouvrir les fichiers.doc. On a l’impression qu’on
va repartir bredouille. Heureusement un homme fait monter la clé sur une autre
machine sur laquelle Word est installé.
La personne prépare tout et
lorsqu’elle montre à Véro, il manque un fichier, elle dit qu’elle ne peut pas
l’ouvrir, donc elle ne fait rien. Heureusement encore le même homme vient et
ouvre le fichier.
Il n’y a plus qu’à imprimer.
C’est fait, Véro paie et demande si on peut massicoter. Ça fait partie du
service et une personne massicote les 32 étiquettes à coller derrière les
aquarelles, toujours ça de moins à faire avec des ciseaux.
On va à la fabrique de
papier parce que Véro veut trouver un cahier pour le livre d'or de l’expo. Elle
en trouve un sympa à la dimension du format de l’invitation qu’elle pourra
ainsi coller dessus.
Coup de fil de Léon qui
s’excuse, mais il est tombé d’un arbre en coupant des branches et ce matin, il
ne pouvait plus plier le genou, c’est pour ça qu’il a envoyé son mécanicien,
lequel mécanicien nous avait dit qu’il était à Chennai. Il dit qu’il nous
redonnera la moto demain après-midi.
On revient en passant par la
boutique Himalaya. Elle est en meilleur état et mieux achalandée mais ce n’est
pas encore ça. Véro prend du liquide pour se désinfecter les mains en fonction
de l’endroit où l’on se trouve pour déjeuner.
On reprend Gandhi road et à
hauteur du temple hindou Isvaram Kovil on tourne dans Isvaran Kovil street le
long du temple pour aller voir magasin d’Etat semblable à Nilgiris, mais moins
connu des touristes, que nous a indiqué Christine. C’est aussi un magasin qui
est moins cher nous a-t-elle expliqué, parce que les paquets de 1kg ne pèse en
fait que 960g ce qui fait tout de suite moins cher du kg. C’est une petite
tricherie que se permet ce magasin, comme beaucoup d’autres.
On visite donc le dit
magasin et on prend du jus de fruit parce qu’il y une promo qu’on aime bien :
tu achètes une brique d’un litre de jus de fruit, la deuxième brique est
gratuite. Je ne sais pas où est l’arnaque, mais on te le fait bien remarquer à
la caisse. L’an dernier au Nilgiris je n’avais pas fait attention à cette promo
et pris seulement une brique. Toute le monde à la caisse avait attendu plus ou
moins patiemment, qu’on aille me chercher ma deuxième brique.
On continue de remonter MG road avec
notre scoot vert fluo et je tourne dans Rangapoule street, car Véro a
vu qu’une petite boutique vendait la ficelle blanche qui sert ici à accrocher
les tableaux. On prend un peloton.
On revient se poser un peu à
l’appartement.
Ce matin, on n’a même pas eu
le temps de boire un thé. On se fait un lemon soda.
Puis comme il est 13h on
part pour se rendre chez Pichaya, chez qui on est invité.
Comme d’habitude on arrive
et il n’y a personne sauf le personnel qui ne sait jamais rien.
Pichaya est issu d’une grande famille et il connaît parfaitement son rôle de maître et même s'il n’est pas désagréable
avec son personnel, il sait faire respecter les distances et leur dire que eux et lui, ce
n’est pas la même chose. C’est lui qui commande.
On attend donc à 13h15, on
se donne jusqu’à 13h30 pour patienter. Ça ne nous étonnerait ni l’un ni l’autre
qu’il ait oublié.
Pichaya arrive, il était
parti faire les courses avec un boy.
Il va chercher dans la
chambre à côté de la table du séjour une petite bonne femme cheveux blancs
frisés avec des lunettes aux montures invisibles mais aux verres épais. Elle
est toute de blanc vêtue et est un peu maigrichonne. Elle s’appelle B. on se
salue froidement, c’est une française mais ce n’est pas elle qu’on est venue
voir.
Un homme arrive, elle nous
le présente comme son mari, il s’appelle C. En voyant l’invitation de Véro il
dit qu’il vient de voir l’affiche à Baker street. La communication semble bonne
et efficace.
Pichaya est reparti. C&B
s’installent devant un ordi portable et corrigent un texte rédigé pour je ne
sais quoi.
Elle attend avec
appréhension son avis sur le texte comme une petite souris devant un gros
minet. Lui est péremptoire, cette tournure ne va pas, cette adjectif est
pauvre.
Le mystère s’épaissit
lorsque des bribes de textes nous sont involontairement livrées.
«Le prince dans sa résidence
princière doit épouser une belle princesse… »
On mesure toute l’importance
du mot juste dans une situation pareille.
Véro s’aperçoit qu’elle a eu
un appel et des SMS pour ses aquarelles. Elle rappelle, ce sont des Canadiens
qui partent demain et qui voudraient voir ses aquarelles. Elle leur fixe rendez
vous à 17h à la maison.
Pichaya revient, lui aussi
regarde l’ordi, c’est apparemment un travail pour lui.
B dit qu’elle va mettre la
table parce qu’elle a faim. On encourage vivement cette initiative parce que
nous aussi on a faim.
Je l’aide à mettre le
couvert, puis on s’installe tous autour de la table. Le cuisinier apporte des
papadam, on apprend qu’il vient du Nord de l’Inde.
Puis arrive du riz, des
pommes de terre cuites à l’eau et épicées, du poulet en sauce. Chacun se sert.
Un peintre arrive et Pichaya
lui montre l’invitation de Véro et il dit qu’il a vu l’expo de Véro, l’an
dernier.
Petit à petit la
conversation démarre avec ces gens avec lesquels on ne se sent pas trop
d’atomes crochus. B a une voix et une façon de parler qui font penser à des
expressions de la grand-mère de Véro, pour ceux qui l’ont connue. Lui, C a des traits étonnement
proche d’un oncle de Véro, Dominique M pour ceux qui le connaissent.
Ils viennent cinq mois par
an à Pondy, janvier, février, mars et puis septembre, octobre.
Ils ont fait le Sud de
l’Inde avec une moto, une Apache bien sûr et son rêve à lui serait de conduire
une Enfield ce qu’il n’a jamais osé faire.
On l’invite à venir chez les
FROG’s et à participer à la prochaine sortie Enfield qui est prévue sans certitude le
11 février.
Puis on se quitte, ils
habitent dans le quartier musulman tout près de chez nous de l’autre côté de
Bussy.
On a trouvé Pichaya en
meilleur état que l’an dernier et plus accueillant et plus attentif aux autres.
Il tient à ce qu’on dise à Dylan qu’il y avait lorsqu’ils sont venus un homme
qui jouait du saxo et qui vivait avec sa famille dans son jardin. Il nous dit
que Dylan les connaissait bien. Il veut qu’on dise à Dylan qu’il est allé en
France et que ses deux enfants y sont morts de méningite.
On va lui dire au revoir
dans sa chambre, il est allongé sur son lit parce qu’il s’est fêlé des côtes en
tombant de scooter.
On rentre et on se repose.
Puis Véro consulte ses
mails, la personne de Mayotte qui lui a demandé des renseignements sur
l’aquarelle de l’affiche dit qu’elle ne prendra pas cette aquarelle, mais
qu’elle sûre qu’elle va se vendre, elle dit aussi qu’elle suivra le travail de
Véro sur son site.
On attend nos Canadiens, on
sonne, je descends rapidement les deux étages, fausse alerte c’est quelqu’un
qui pensait qu’une voiture blanche garée devant chez lui nous appartenait.
Un peu plus tard, on sonne à
nouveau. Je descends rapidement c’est C la Belge de la maison bleue à côté.
C’est une maison louée par
une Française qui veut en faire un lieu culturel, mais pour l’instant tout ça
reste au plan des idées.
Abel et Ejoumalé devrait y
donner des cours mais pour l’instant personne n’est au courant.
Elle est venue pour mettre
une affiche parce que l’inauguration de ce lieu c’est samedi 14 ainsi tous les
invités pourraient la voir.
On dit du mal du célèbre
portraitiste belge qu’elle ne porte pas dans son cœur non plus.
Puis elle s’en va.
Le téléphone de Véro sonne
c’est la Canadienne qui est dans la rue et qui demande s’il n’est pas trop tard
pour voir les aquarelles.
Je vais les chercher pour
leur ouvrir la grille d’entrée.
Il y a une Canadienne
d’origine indienne et une Irlandaise d’origine irlandaise à ce qu’on peut voir
de la couleur de sa peau.
C’est la Canadienne qui est
intéressée parce qu’elle donne des cours, de danse égyptienne et l’aquarelle de
l’affiche de Véro l’inspire beaucoup.
En fait elle regarde toutes
les aquarelles parce que la Canadienne aime les aquarelles. Puis elle se fixe
sur les 4 danseuses.
C’est un cadeau qu’elle veut
faire et elle veut montrer les aquarelles
par Internet avant de se décider. Véro donne l’adresse de son site.
Elle va envoyer l’adresse
immédiatement à Québec, mais il est là bas 6h30 du matin et il faut leur
laisser le temps de se réveiller.
Elle pense appeler Véro dans
la soirée pour lui dire celle qu’elle prend.
Elles partent.
Véro appelle Abel pour
savoir où elle peut trouver des tubes pour envoyer l’aquarelle roulée. Abel dit
qu’ils utilisent des tubes en PVC léger coupé à la bonne dimension.
Il est tard Véro va au bout
de la rue nous commander des pizzas
au Vénéto pour ce soir.
Un quart d’heure après je
vais les chercher, avant je vais rentrer le scoot. Il y a en bas Antoine le
proprio qui garde la grille ouverte parce qu’il y a des gens qui viennent pour
la télévision.
Je lui dis que j’ai un scoot
parce que la moto est en révision. Il me répond que c’est bien parce qu’elle
fait beaucoup de bruit. Il va être déçu parce que ça ne va rien changer dans la
mesure où justement elle fait un bon bruit.
Je récupère les pizzas et
nous buvons une bière pour fêter par anticipation l’hypothétique vente à la
Canadienne qui paierait d’un coup tous les frais de l’expo.
Voilà c’était une journée
cool, mais on est bien crevé quand même et je pense qu’on ne va pas se faire
prier pour s’allonger même s’il faut attendre un peu l’appel de la Canadienne.
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