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mardi 10 janvier 2012

Déjeuner chez Pichaya

Pichaya devant chez lui

 
Je me suis levé à 7h pour attendre Léon qui doit venir pour 7h30.
Le matin avant que le soleil n’arrive, il fait bon sur le balcon et dans la rue.
Il y a encore un peu d’air frais qui circule. Une cloche sonne. Un écureuil court sur un fil électrique.
La rue est encore calme.

Pas de Léon à 7h30, pas de Léon à 8h.

Véro se lève, elle prend la relève et je vais chercher le pain chez Baker street. Je remarque de la suprise dans le regard de la serveuse de me voir toujours là après plus de 8 jours. Je ne fais pas partie de ses habitués, mais petit à petit j’en deviens un.

On déjeune et on appelle Léon qui ne répond pas. Au début on a bien une sonnerie, mais après quelques essais on a un message qui nous dit qu’il n’est pas joignable.

À 9h30 le mécano de Léon vient pour récupérer la moto. On est embêté parce qu’il ne parle pas anglais et on essaye de lui montrer ce qui ne va pas. Véro a la bonne idée de dire appelons Predibane.
Il vient et peut ainsi expliquer en tamil  ce qu’il y a à faire et aussi faire part de nos craintes parce qu'en reprenant la moto il ne nous reste plus rien et Léon ne répond pas au téléphone.
Le mécano lui dit que la moto va passer un contrôle pour être en règle et qu’il va la préparer pour ce contrôle.

Nous pensons que l’autorité de Prédibane aura un effet sur eux.

La facilité avec laquelle le mécano la démarre d’un seul petit coup de kick, me tue. Et puis de la voir partir dans sa robe rouge avec un autre et me dire que je ne la reverrai peut-être pas me donne un sentiment de tristesse.

C’est un poids en moins et la confiance qu’on a mise en Léon n’est pour l’instant pas remise en cause, mais ce n’est pas facile pour nous. Comme dit Predibane : « c’est l’Inde ».

Véro prépare la liste des prix des aquarelles, et les étiquettes avec le nom et le prix à mettre sur chaque aquarelle.

Nous allons ensuite chez l’imprimeur pour faire tirer les listes des œuvres, des prix et la fiche de présentation de Véro en anglais pour montrer tous ses « Awards ». Je pense particulièrement à celui de Buzet sur Tarn qui va certainement impressionner tous les acquéreurs.
Il faut dire qu’il y a déjà deux personnes qui ayant vu l’affiche sur Internet ont mis un mail pour avoir plus de précisions sur l’aquarelle de l’affiche sur son prix et sur des dimensions.

Chez l’imprimeur, la première personne n’arrive pas ouvrir les fichiers.doc. On a l’impression qu’on va repartir bredouille. Heureusement un homme fait monter la clé sur une autre machine sur laquelle Word est installé. 
La personne prépare tout et lorsqu’elle montre à Véro, il manque un fichier, elle dit qu’elle ne peut pas l’ouvrir, donc elle ne fait rien. Heureusement encore le même homme vient et ouvre le fichier.

Il n’y a plus qu’à imprimer. C’est fait, Véro paie et demande si on peut massicoter. Ça fait partie du service et une personne massicote les 32 étiquettes à coller derrière les aquarelles, toujours ça de moins à faire avec des ciseaux.

On va à la fabrique de papier parce que Véro veut trouver un cahier pour le livre d'or de l’expo. Elle en trouve un sympa à la dimension du format de l’invitation qu’elle pourra ainsi coller dessus.
Coup de fil de Léon qui s’excuse, mais il est tombé d’un arbre en coupant des branches et ce matin, il ne pouvait plus plier le genou, c’est pour ça qu’il a envoyé son mécanicien, lequel mécanicien nous avait dit qu’il était à Chennai. Il dit qu’il nous redonnera la moto demain après-midi.

On revient en passant par la boutique Himalaya. Elle est en meilleur état et mieux achalandée mais ce n’est pas encore ça. Véro prend du liquide pour se désinfecter les mains en fonction de l’endroit où l’on se trouve pour déjeuner.

On reprend Gandhi road et à hauteur du temple hindou Isvaram Kovil on tourne dans Isvaran Kovil street le long du temple pour aller voir magasin d’Etat semblable à Nilgiris, mais moins connu des touristes, que nous a indiqué Christine. C’est aussi un magasin qui est moins cher nous a-t-elle expliqué, parce que les paquets de 1kg ne pèse en fait que 960g ce qui fait tout de suite moins cher du kg. C’est une petite tricherie que se permet ce magasin, comme beaucoup d’autres.

On visite donc le dit magasin et on prend du jus de fruit parce qu’il y une promo qu’on aime bien : tu achètes une brique d’un litre de jus de fruit, la deuxième brique est gratuite. Je ne sais pas où est l’arnaque, mais on te le fait bien remarquer à la caisse. L’an dernier au Nilgiris je n’avais pas fait attention à cette promo et pris seulement une brique. Toute le monde à la caisse avait attendu plus ou moins patiemment, qu’on aille me chercher ma deuxième brique.

On continue de remonter MG road avec notre scoot vert fluo et je tourne dans Rangapoule street, car Véro a vu qu’une petite boutique vendait la ficelle blanche qui sert ici à accrocher les tableaux. On prend un peloton.

On revient se poser un peu à l’appartement.

Ce matin, on n’a même pas eu le temps de boire un thé. On se fait un lemon soda.

Puis comme il est 13h on part pour se rendre chez Pichaya, chez qui on est invité.

Comme d’habitude on arrive et il n’y a personne sauf le personnel qui ne sait jamais rien.
Pichaya est issu d’une grande famille et il connaît parfaitement son rôle de maître et même s'il n’est pas désagréable avec son personnel, il sait faire respecter les distances et leur dire  que eux et lui, ce n’est pas la même chose. C’est lui qui commande.

On attend donc à 13h15, on se donne jusqu’à 13h30 pour patienter. Ça ne nous étonnerait ni l’un ni l’autre qu’il ait oublié.

Pichaya arrive, il était parti faire les courses avec un boy.

Il va chercher dans la chambre à côté de la table du séjour une petite bonne femme cheveux blancs frisés avec des lunettes aux montures invisibles mais aux verres épais. Elle est toute de blanc vêtue et est un peu maigrichonne. Elle s’appelle B. on se salue froidement, c’est une française mais ce n’est pas elle qu’on est venue voir.

Un homme arrive, elle nous le présente comme son mari, il s’appelle C. En voyant l’invitation de Véro il dit qu’il vient de voir l’affiche à Baker street. La communication semble bonne et efficace.
Pichaya est reparti. C&B s’installent devant un ordi portable et corrigent un texte rédigé pour je ne sais quoi.
Elle attend avec appréhension son avis sur le texte comme une petite souris devant un gros minet. Lui est péremptoire, cette tournure ne va pas, cette adjectif est pauvre.
Le mystère s’épaissit lorsque des bribes de textes nous sont involontairement livrées.
«Le prince dans sa résidence princière doit épouser une belle princesse… »

On mesure toute l’importance du mot juste dans une situation pareille.

Véro s’aperçoit qu’elle a eu un appel et des SMS pour ses aquarelles. Elle rappelle, ce sont des Canadiens qui partent demain et qui voudraient voir ses aquarelles. Elle leur fixe rendez vous à 17h à la maison.

Pichaya revient, lui aussi regarde l’ordi, c’est apparemment un travail pour lui.
B dit qu’elle va mettre la table parce qu’elle a faim. On encourage vivement cette initiative parce que nous aussi on a faim.

Je l’aide à mettre le couvert, puis on s’installe tous autour de la table. Le cuisinier apporte des papadam, on apprend qu’il vient du Nord de l’Inde.
Puis arrive du riz, des pommes de terre cuites à l’eau et épicées, du poulet en sauce. Chacun se sert.
Un peintre arrive et Pichaya lui montre l’invitation de Véro et il dit qu’il a vu l’expo de Véro, l’an dernier.

Petit à petit la conversation démarre avec ces gens avec lesquels on ne se sent pas trop d’atomes crochus. B a une voix et une façon de parler qui font penser à des expressions de la grand-mère de Véro, pour ceux qui l’ont connue. Lui, C a des traits étonnement proche d’un oncle de Véro, Dominique M pour ceux qui le connaissent.

Ils viennent cinq mois par an à Pondy, janvier, février, mars et puis septembre, octobre.

Ils ont fait le Sud de l’Inde avec une moto, une Apache bien sûr et son rêve à lui serait de conduire une Enfield ce qu’il n’a jamais osé faire.

On l’invite à venir chez les FROG’s et à participer à la prochaine sortie Enfield qui est prévue sans certitude le 11 février.

Puis on se quitte, ils habitent dans le quartier musulman tout près de chez nous de l’autre côté de Bussy.

On a trouvé Pichaya en meilleur état que l’an dernier et plus accueillant et plus attentif aux autres. Il tient à ce qu’on dise à Dylan qu’il y avait lorsqu’ils sont venus un homme qui jouait du saxo et qui vivait avec sa famille dans son jardin. Il nous dit que Dylan les connaissait bien. Il veut qu’on dise à Dylan qu’il est allé en France et que ses deux enfants y sont morts de méningite.

On va lui dire au revoir dans sa chambre, il est allongé sur son lit parce qu’il s’est fêlé des côtes en tombant de scooter.

On rentre et on se repose.

Puis Véro consulte ses mails, la personne de Mayotte qui lui a demandé des renseignements sur l’aquarelle de l’affiche dit qu’elle ne prendra pas cette aquarelle, mais qu’elle sûre qu’elle va se vendre, elle dit aussi qu’elle suivra le travail de Véro sur son site.

On attend nos Canadiens, on sonne, je descends rapidement les deux étages, fausse alerte c’est quelqu’un qui pensait qu’une voiture blanche garée devant chez lui nous appartenait.

Un peu plus tard, on sonne à nouveau. Je descends rapidement c’est C la Belge de la maison bleue à côté.
C’est une maison louée par une Française qui veut en faire un lieu culturel, mais pour l’instant tout ça reste au plan des idées.
Abel et Ejoumalé devrait y donner des cours mais pour l’instant personne n’est au courant.

Elle est venue pour mettre une affiche parce que l’inauguration de ce lieu c’est samedi 14 ainsi tous les invités pourraient la voir.

On dit du mal du célèbre portraitiste belge qu’elle ne porte pas dans son cœur non plus.

Puis elle s’en va.

Le téléphone de Véro sonne c’est la Canadienne qui est dans la rue et qui demande s’il n’est pas trop tard pour voir les aquarelles.

Je vais les chercher pour leur ouvrir la grille d’entrée.

Il y a une Canadienne d’origine indienne et une Irlandaise d’origine irlandaise à ce qu’on peut voir de la couleur de sa peau.
C’est la Canadienne qui est intéressée parce qu’elle donne des cours, de danse égyptienne et l’aquarelle de l’affiche de Véro l’inspire beaucoup.
En fait elle regarde toutes les aquarelles parce que la Canadienne aime les aquarelles. Puis elle se fixe sur les 4 danseuses.
C’est un cadeau qu’elle veut faire et elle veut montrer les aquarelles  par Internet avant de se décider. Véro donne l’adresse de son site.
Elle va envoyer l’adresse immédiatement à Québec, mais il est là bas 6h30 du matin et il faut leur laisser le temps de se réveiller.
Elle pense appeler Véro dans la soirée pour lui dire celle qu’elle prend.

Elles partent.

Véro appelle Abel pour savoir où elle peut trouver des tubes pour envoyer l’aquarelle roulée. Abel dit qu’ils utilisent des tubes en PVC léger coupé à la bonne dimension.

Il est tard Véro va au bout de la rue nous commander des pizzas  au Vénéto pour ce soir.

Un quart d’heure après je vais les chercher, avant je vais rentrer le scoot. Il y a en bas Antoine le proprio qui garde la grille ouverte parce qu’il y a des gens qui viennent pour la télévision.
Je lui dis que j’ai un scoot parce que la moto est en révision. Il me répond que c’est bien parce qu’elle fait beaucoup de bruit. Il va être déçu parce que ça ne va rien changer dans la mesure où justement elle fait un bon bruit.

Je récupère les pizzas et nous buvons une bière pour fêter par anticipation l’hypothétique vente à la Canadienne qui paierait d’un coup tous les frais de l’expo.

Voilà c’était une journée cool, mais on est bien crevé quand même et je pense qu’on ne va pas se faire prier pour s’allonger même s’il faut attendre un peu l’appel de la Canadienne.
 

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