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lundi 2 avril 2012

Chennai, dans les starting blocks

Chennai, Pallavaram

Derniière bonne nuit à Pondy avant le long voyage de retour qui va commencer aujourd’hui à 14h.

Balade jusqu’au hot bread dans Pondy qui se réveille. Devant le cabinet du Dr pour les enfants il y a déjà un couple qui attend avec un bébé dans les bras.

La boutique Ibrahim shop est la seule qui soit déjà ouverte.

Ce matin le marchand de fleurs installé sur le trottoir n’est pas là.

Une femme prie devant la grille fermée de la petite chapelle au croisement avec la rue Montorsier.

La vieille mendiante entourée de ses chiens.

Le veilleur de  nuit de chez Benneton

Ce matin tout me semble encore plus désert que les autre matins. C’est le grand calme dans la rue Ranga Poule.

Au Hot bread il n’y a  pas le portier ce matin et je dois ouvrir la porte moi-même.

Le service toujours aussi étonnant de gentillesse.

Chemin du retour, je prends des petites rues à l’ombre car la chaleur est déjà là. Je ressors juste en face de la cathédrale et je vois que toute les grilles sont fermées, il ne doit pas y avoir d’office ce matin.

Un des petits cordonnier ouvre son échoppe. Les femmes de nettoyage des rues sortent de Petit Canal Street avec leur blouson vert sur lequel il est marqué « clean Pondichery ».

Je les aime bien ces femmes qui semblent indépendantes avec leur chariot de seaux en plastique de toutes les couleurs. Je ne sais pas si elle font du  tri, je ne crois pas. L’an dernier elles faisaient des petits tas que ramassait ensuite un véhicule plus important.


Après le petit dèj, on attaque notre matinée par Subam Cargo. Il est 9h30 ça ouvre à 9h30 mais il faut revenir dans une demi-heure. Heureusement on peut laisser nos colis.

On ferme la valise coque qui pèse 18kg et on fonce à la papeterie de l'Asham récupérer le porte marque page que Véro a fait faire et qu'on a oublié d'aller chercher samedi.

On revient par Kalki celui de MS parce qu'il y avait aussi un super petit pull d'été qu'on a oublié d'acheter.

Je pose Véro chez Subam Cargo et je fonce à l'appart récupérer les sacoches et le sac de réservoir de la moto pour filer chez Félix.

Mais à Subam Cargo ils veulent plus de chose pour remplir le carton. Je retourne à l'appart récupérer du papier bulles et on peut faire le carton 10kg.

On fonce chez Félix, il n'est pas là mais il arrive. On l'attend. A côté de nous il y a deux babs qu'on jurerait échappés d'Auroville. Ils nous disent qu'ils sont ici pour vendre leur Bullet à Félix parce qu'ils rentrent en France et Félix est allé chercher l'argent pour les payer.

Félix arrive et traite avec le mec. Pendant ce temps la nana avec la voix de Marge Simpson nous raconte que ça fait trois ans qu'ils font le tour de l'Inde avec leur Enfield et c'est fou comme l'Inde est sale. En plus les routes sont super dangereuses et on ne trouve pas de logement n'importe où. Pour la bouffe c'est pareil, on ne trouve rien à manger sur le pouce. Par exemple eux qui habitent dans les Cévennes quand ils sortent avec leur Harley, ils peuvent acheter n'importe où du pain et du jambon pour se faire des sandwiches et les manger dans un coin propre. Le pire en Inde c'est qu'ils ne font pas la fête, aussi ils vont rentrer en France et partir en Espagne et en Corse pour se remettre à vivre normalement. Je me dis "putain des babas réac". On n'ose pas leur dire ce qu'on a fait avec la bullet et que ça nous a beaucoup plu.
À leur tête de petit vieux encore jeunes, on se rend bien compte qu'ils n'ont pas bu que de l'eau ni fumé que du tabac et qu'ils ont vraisemblablement sniffé pas mal de chose, d'où le manque de fêtes.
Ils font usés jusqu'à la corde. Le marché est conclu avec Félix. Nous ça va vite et on rend la moto et on part tous ensemble, mais chacun de notre côté.

On remonte la rue Barathi, Véro veut faire briller toute son argenterie avant de partir. On attend que l'opération se passe assis à l'ombre sur le trottoir.

On revient par MS pour prendre un auto-rickshaw et aller déjeuner à Io qui est proche de la rue Candappa. Il est midi.

On remonte à l'appart pour terminer la deuxième valise et les sac de cabine.
La valise fait 24kg. Il faut la rouvrir pour mettre quelque chose dans les sacs qui ne sont pas plein. On arrive à 22kg et 8kg pour chaque sac Véro prenant le petit ordi dans son sac à main.

Quelle galère ce poids.

On va chez Prédibane et Christine  pour redonner à Prédibane la clé 3G qu'il nous a passée pendant ces trois mois et qui nous a permis de pouvoir nous connecter à Pondy mais aussi à Rameswaram.

On discute un peu on se dit une nouvelle fois au revoir et on espère bien les revoir en juin lors de leur séjour en France.

On dit au revoir au proprio. Il est 14h le taxi arrive. On charge les valises en en mettant une devant à place du mort.

La proprio nous regarde et on sent qu'elle en a gros de nous voir partir. Ce n'est pourtant pas les conversations que nous avons eues avec eux, on ne les a presque pas vus pendant le séjour. Je crois qu'elle était contente d'avoir dans son appart des gens calmes et propres.

On file sur l'ECR. On manque d'écraser une génisse, puis un motard se jette sous la voiture et le chauffeur l'évite de justesse.

On s'arrête boire un thé.

A 17h on est à l'hôtel Mars, c'est le même que l'an dernier mais ils l'ont retapé. On prend une chambre un peu mieux. Le personnel aussi à l'air plus sympa.

On s'installe puis on va faire un tour dans le quartier qui doit être musulman.
On se balade dans la rue du marché puis dans les petites rues environnantes. C'est vraiment l'Inde crade, bordèlique, à côté Pondy fait l'effet d'une ville civilisée. Les gens sont très gentils et acceptent que Véro les prennent en photo.

On s'achète des gâteaux dans une pâtisserie et on rentre à l'hôtel, il fait nuit. On se commande deux bières on nous donne de la bière sans alcool, quartier musulman c'est sûr.

Le blog est fait Véro va aller le mettre en ligne dans le hall.

Demain on se lève à 5h15 et demain soir 19h on est à Roissy si les aiguilleurs du ciel le permettent.



dimanche 1 avril 2012

ça sent le départ !



Ce matin il fait peut-être un peu moins chaud. Je ne suis sûr de rien. Dans la rue, à l’ombre il fait bon.

Autour de la cathédrale, j’entends les hauts parleurs qui diffusent la messe pour tout le quartier. L’église doit être pleine, des fidèles à l’extérieur dans la cour suivent la messe grâce au son. Ils se sont éloignés de la façade ensoleillée pour se mettre à l’ombre des grands arbres près de la rue.
Devant l’immense portail qui ferme la cour, se sont rassemblé tous les mendiants de la ville. Ils attendent patiemment la sortie généreuse des pratiquants.

À Hot bread on me dit merci lorsque je paie mon pain. Je suis tellement heureux de ça, de cette prise en considération que je n’en reviens pas, à chaque fois c’est l’étonnement.

Dans la rue Mission une foule de gens défilent en chantant des cantiques et en portant des rameaux. Je me dis qu’effectivement nous sommes le dimanche avant Pâques.


Après le petit dèj on retourne à Subam Gargo parce qu’on dépasse toujours le poids de 20kg.

En descendant le proprio nous voit et nous dit que compte tenu de tout ce travail que nous avons pour préparer notre départ il va nous préparer un repas pour midi et ce soir de façon à ce que nous n’ayons pas de souci à nous faire de ce côté. C’est un alcoolo, sa femme est toujours enfermée dans son appart, mais ça nous va droit au cœur cette gentillesse gratuite. On accepte bien volontiers.

Subam Gargo est fermé, on les appelle sur les conseils d’un voisin, mais non, nous devons revenir demain matin à 9h30.

On revient à l’appart pour continuer à emballer soigneusement ce qu’on laisse, papier bulle pour tout ce qui casse et feuillet plastique pour le linge.

On remplit la malle et la valise sans problème.

À 12h30 le proprio nous monte le repas. Après déjeuner on se repose mais entre la chaleur et une odeur terrible de soupe au choux ou au massala on se relève et on continue notre déménagement.

Véro m’aide à descendre la malle dans les escaliers. Ce n’est pas qu’elle soit très lourde environ 30kg mais elle est trop volumineuse pour que je la porte seul. On descend marche par marche. Après je m’occupe de descendre le reste.

On a tout entreposé dans le hall d’entrée et nous partons à la recherche d’un véhicule pour le transport.
On pense qu’un vélo avec plateau ferait mieux l’affaire qu’un auto rickshaw. Il y en un  rue Candappa, mais son conducteur dort. En fait on s’aperçoit que c’est dimanche et qu’il est trop tôt 16h pour trouver quelqu’un, on se rabat donc sur deux auto rickshaws.

La malle est la valise dans l’un et le reste dans l’autre.

On débarque chez P&G et on vide les auto rickshaws, puis on range le tout sur des étagère à l’abri des inondations pendant la mousson.

On boit un pot ensemble et on leur souhaite une bonne fin de séjour et eux nous souhaitent un bon voyage.

On revient par le centre pour dire au revoir à Abel mais on s’aperçoit que la galerie est fermée le dimanche.

On rentre à l’appart.

Puis on va chez P&C pour leur dire au revoir aussi.

On passe un grand moment ensemble à discuter de la vie à Pondy, des gens au comportement inattendu et déconcertant qu’on y rencontre.

On se dit à demain parce que nous devons rendre à Predib la clef 3G qu’il nous a prêtée.

Il est tard lorsque l’on passe chez les proprios solder notre compte. Ils nous gardent l’appart pour l’année prochaine.

Puis je rentre la moto pour la nuit.

On finit le repas de midi des proprios.

Dernier soir, à Pondy, dernier envoi peut-être.

Je ne sais pas si demain nous pourrons de notre hôtel mettre le blog en ligne aussi nous tenons à dire :

Merci à tous les acteurs de notre séjour 2012  et plus particulièrement

Merci à Predibane et Christine pour leur amitié, leur accueil et leur gentillesse, qui nous ont permis d’être si bien à Pondy
Merci à Laszlo pour sa courtoisie, son amour de la langue française et aussi pour être un adepte de la lecture sur Kindle,
Merci à Eve dont l’accent naturel et la gouaille nous réjouissent et nous rappellent la France,
Merci à Véronique pour sa sincérité et son engagement au service de tous,
Merci à Prosper et Marie  pour leur amitié spontanée,
Merci à Pascale et Gérard nos complices de sorties à moto,
Merci à Christine la Belge que nous avons retrouvée avec plaisir.

Merci aussi à tous les Frogs pour les sympathiques moments passés ensemble
Merci à tous les lecteurs du blog qui nous donnent l’envie de le réaliser,
Merci aux enfants et petits-enfants qui nous laissent partir.

Merci aux amis Suisses que nous espérons revoir l’an prochain à Pondy et enfin merci à Loulou Misseye, pour qui nous avons eu chaque jour une pensée.

Enfin merci à la Bullet rouge de Félix qui nous a transportés sans traîtrise.



samedi 31 mars 2012

J-2

L’au revoir à Marie et Prosper dans leur QG de campagne.

Il est 21h et je commence seulement le blog.
Il faut dire que ce matin nous avons eu une coupure d’électricité et dans ce cas je ne peux pas  me servir de mon ordi qui n’a plus de batterie.

Je suis allé cherché mon pain chez Hot Bread. J’y suis reçu avec des bonjours monsieur, merci monsieur, au revoir monsieur. Je me pince pour être sûr que c’est vrai. Plus des sourires de bienvenue, dire que ça fait trois mois que je me fais faire la gueule le matin comme si je dérangeais. La qualité du pain n’a plus d’importance face à la qualité de l’accueil du client. J’avoue que j’aime bien  exister et ne pas être simplement pris pour un porte monnaie ambulant.

J’aime Pondy à cette heure. La ville est morte, elle commence seulement à se réveiller. Les rues sont vides quelques véhicules, des gens qui dorment encore sur les trottoirs, des veilleurs de nuit qui lisent le journal du matin.

Cette ville vit le soir et profite du matin pour se reposer. La chaleur est pourtant déjà là. En fait la nuit n’apporte plus de fraîcheur.

Dans la journée la chaleur n’est pas comme celle du Sahara où, l’on a l’impression de se dessécher, ici on a l’impression de fondre.

Préparation des bagages et du déménagement, ce qu’on emporte, ce qu’on laisse. On commence à remplir la malle.

Vers 11h30 on va dire au revoir à Prosper et à Marie qui partent ce soir pour la France.

A midi on va déjeuner à Tanto à Auroville, puis on revient pour se reposer et pour échapper un peu à la chaleur. Mais il fait même trop chaud pour se reposer. On continue de préparer notre déménagement.

Puis on va en ville pour faire les dernières courses.

On revient, le proprio nous a préparé un pèse personne et on s’aperçoit que nos valises font plus de 20kg malgré les 40kg déjà envoyé.

Heureusement on a droit à 16kg de bagages à main. On répartit donc les charges différemment et on arrive à avoir un poids qui se tient. Peut-être un kg de plus.

On va dîner chez l’Italien au Don Giovanni pour lui dire au revoir car c’est quelqu’un de sympa et qui pratique des prix corrects me semble-t-il.

On revient fatigués et suants de notre marche à pied.
Douche et Ruquier à la télé.

vendredi 30 mars 2012

Déjeuner chez Pichaya et plaaaaaaaaaaage

La manœuvre du bateau


Il a fait très chaud et la chaleur n’a pas quitté l’appartement de toute la nuit.
Je me lève un peu plus tôt parce que ce matin je change de boulangerie et je ne me rends pas bien compte du temps qu’il me faut pour aller à l’autre. On est un peu coincé dans un horaire à cause de la masseuse et je dois réveiller Véro à 8h.

Je marche dans la rue Mission et je me rends vite compte que même à l’air libre il fait déjà chaud.

J’ai l’impression de voir Pondy se réveiller. Des deux roues filent sur la rue et semblent ne pas avancer. En fait ils roulent toujours à la même vitesse mais comme il n’y a pas de circulation j’ai l’impression qu’ils se traînent.

Une armée de femmes en tenue, veste verte sur leur sari, partent dans différentes directions pour récupérer les ordures des rues. Certaines poussent de petite remorques contenant des pots en plastique vides. D’autres traînent ces mêmes pots sur un vélo remorque à plateau. J’ai l’impression qu’elles arrivent toutes par la rue du petit canal.

Quelques-unes sont déjà à l’ouvrage et certaines sont déjà en train de se reposer assises sur le trottoir.

En me rapprochant du centre je vois quelques hommes qui dorment encore sur le trottoir où sur des tables.

Dans Ranga Poule je vois passer Raj sur sa Bullet.

On se retrouve à Hot Bread et il me demande quand nous partons. Je lui dis lundi et il semble surpris. Il achète des viennoiseries pour sa petite famille.

Je prends ma baguette qui est chaude et qui coûte 30 roupies. Le gars qui me sert semble normal et me demande même si je veux la couper comme elle est un peu longue. Je lui dis de me la couper en deux et il me met les deux morceaux dans un sac.

Je reviens par le même chemin. L’armada de femmes de ménage des rues a disparu. J’ai dû les croiser juste au moment du démarrage de la journée.
Un scooter side-car est garé dans la rue.

En arrivant à l’appart je vois la Bullet de Raj devant la porte et le scoot du proprio.

Véro s’est levée ne tenant plus de chaleur dans le lit.

On petit déjeune, la baguette est bonne ferme et craquante ce qui n’était pas toujours le cas avant.

Véro passe au massage pour la dernière fois cette année. Elle aime bien cette masseuse qui masse comme à Bali, c’est à dire tout le corps et en sachant précisément là où ça fait du bien.

On fait le tour de l’appartement pour savoir ce que nous avons encore à envoyer. Une pleine valise à nouveau, elle me semble peser un peu plus lourd que celle d’hier.

Au bout du compte c’est presque pareil, on garde des feuilles d’aquarelle qu’on va essayer de mettre dans la valise.

Encore un colis de 20kg qui part pour la France et qui devrait arriver après Pâques.

On revient à l’appartement. Véro apprend par I qu’elle est sélectionnée pour Ste Féréole en Corrèze au Sud Est de Limoges une expo d’aquarelle où il y aura I, Abel et Ejoumalé.

On va pouvoir organiser nos vacances avec les enfants. On devrait pouvoir comme l’an dernier pouvoir aller passer une semaine du côté de Voiron.

On va à l’Alliance Française rendre les derniers livres et récupérer les 600R de caution.

On passe à l’Orient pour avoir des précisions sur un spectacle de Baratanatyam. Véro pensait que ce serait ce soir mais en fait c’est dimanche soir à 19h.

Comme il est midi on va direct chez Pitch qui nous a invités à déjeuner avant notre départ.
La cuisinière nous dit qu’il est chez le marchand de café. On l’attend. Il fait très très chaud chez lui. Pas d’air peu de ventilateur, on va s’installer sous l’unique qui marche bien. Véro s’allonge sur un canapé et moi je suis à côté d’elle sur un fauteuil. On se croirait chez le psy nous dira Pitch en rentrant.

En attendant on l’attend, moi je m’endors à cause de la chaleur, c’est la sonnerie du téléphone qui me réveille. Véro somnole sur son canapé.

Au bout d’une heure Pitch arrive. On le connaît, c’est normal, c’est l’Inde. Pendant ce temps la cuisinière a préparé tout le repas. Des petits poissons grillés, du riz blanc et du riz au citron, une ratatouille d’aubergines, une salade oignons tomates et des champignons poêlés.

On se régale parce que ça n’a pas le goût indien de massala à tous les niveaux comme dans tous les restaurants indiens.

Pitch doit venir à Bordeaux le 9 mai pour une fête indienne. Il va nous envoyer le programme. Il doit être à Bruxelles le 13 et il nous dit qu’entre les deux il ferait bien un passage par Toulouse pour voir Dylan, Géraldine, leurs enfants et aussi Maria. Il voyage en train. On lui dit que c’est possible, comme il est possible que nous venions à la fête indienne.

Il nous dit qu’il ne fréquente pas les Franco-pondichériens et que s’il n’y avait pas ce passage chez lui des gens qui viennent dans sa guest house il s’ennuierait.

Pitch veut offrir à Véro une des œuvres en remerciement de celles que Véro lui a offertes. On passe de l’autre côté de la rue dans la maison qui lui sert d’atelier et il sort comme il fait toujours tout ce qu’il a peint et qu’il a  pour la plupart oublié.

Véro choisit une peinture sur papier. Pitch veut la lui signer et c’est compliqué parce qu’il ressort sa palette pour reprendre de la peinture et faire sa signature.

On le quitte on le remercie et on lui dit à bientôt à Bordeaux ou à Toulouse.

On est abattu par la chaleur. Je dis à Véro il n’y a qu’une chose à faire : passer à la maison poser la peinture, prendre les maillots et filer à l’océan.

Il est 15h.

On passe devant le marchand de pièces détachées spéciales Enfield et on lui achète un catadioptre pour changer celui qui est cassé. 110R le prix est marqué dessus et on apprend que ce n’est pas celui d’origine. En revenant de la plage on passera chez Félix pour le lui faire mettre, comme ça il verra qu’on veut que sa moto soit en état. On paye la pièce et il ne fait pas payer son travail, c’est un bon deal pour une location.

Arrivé à la plage il n’y a personne dans l’eau. Sur la plage seulement une occidentale.

L’océan est houleux, mais les vagues ne sont pas puissantes même si elles montent haut devant nous.

On reste un grand moment dans l’eau jusqu’à ce que d’autres occidentaux arrivent.

Le soleil commence à baisser, on voit sur l’horizon monter les nuages qui vont empêcher cette nuit toute fraîcheur comme la nuit dernière.

Des pêcheurs arrivent et sortent leur bateau de l’eau en le faisant monter sur la plage en soulevant l’avant, puis l’arrière et ainsi de suite et de travers en travers ils arrivent jusqu’à nous pour que l’embarcation ne soit pas touchée par les vagues.

On revient doucement par la petite route qui traverse tout le quartier musulman. Comme hier c’est l’heure du retour des troupeaux de moutons et de chèvres. Les moutons n’ont pas de laine sur le dos et Véro se demande si c’est bien des moutons. Par contre ils bêlent comme un mouton laineux. On en conclue que ni les uns ni les autres n’ont de poils sur les cordes vocales.

Plus près du centre ce sont les vaches et les veaux. Les petits semblent exténués par la chaleur et déshydratés.

Arrêt chez Grinde pour acheter des soupes chinoises pour ce soir, parce qu’on n’a pas le courage de ressortir.

Arrêt chez Félix qui replace le catadioptre et on se met d’accord pour lui rendre la moto le lundi 2 à 9h30

On passe par l’arrière du marché Goubert parce que Véro a envie d’une pastèque. Puis on rentre chez nous par la rue Barathi.

On se pose et on essaye de faire le maximum de courant d’air.

Douche, Véro improvise un repas soupe chinoise, fromage et salade de fruits.

La journée se termine, plus que deux jours à passer ici.

jeudi 29 mars 2012

Que calor

Je n'ai pas fait de photos, alors j'épuise celles que j'ai en stock en plus ...


Je n’ai pas très bien dormi.
Ce matin il fait un peu moins étouffant qu’hier, le ciel est un peu mieux dégagé. Des femmes lavent du linge à la fontaine, un homme fouille dans le container des poubelles, une des femmes qui dorment sur le trottoir balaie l’espaces où ils et elles dorment, comme si c’était devant chez elle.

Deux voitures viennent d’être lavées et sont encore ruisselantes, ici ils ne savent pas qu’il faut essuyer pour éviter les traces de calcaire. Ils font pareil pour la moto et ça laisse plein de traces sur les chromes. Ils font pareil dans la salle de bain, pour eux l’eau lave et il suffit d’asperger, ce qui donne des salles de bain noires de calcaire.

Le lecteur de journaux est en place.

J’entre chez BS. J’attends derrière la caisse, un homme sort de la cuisine et je pense que c’est pour me servir non, il promène un chien blanc.
Une des femmes qui sert vient vers moi et me dit « c’est à vous » je trouve ça drôle parce que je suis tout seul, mais pourquoi pas ils ont peut-être décidé d’être poli et respectueux du rang d’arrivée. Je lui demande une baguette.
Mais non, elle me tend un paquet en me disant « c’est à vous ». Puis elle me donne ma baguette. Je paie précisément mes 39 roupies.

Je ne veux pas croire que le paquet qu’elle m’a remis contienne ce que je pense. Je m’arrête en sortant et je tire une fiche. Je sens bien à l’épaisseur du papier que c’est ce que je pense mais je ne veux pas le croire tant que je n’ai pas lu ce qu’il y a sur le document.

C’est bien ce que je pensais.

On avait demandé à Véro de prévoir une fiche de présentation reprenant l’affiche pour mettre à disposition des clients.
Durant la première semaine nous avions vu que ces fiches étaient prises par les clients.
Aussi en partant pour Ramesvaram nous avons laissé au comptoir le reste des fiches en demandant d’en remettre régulièrement lorsqu’il n’y en avait plus sur l’étagère réservée à cet effet.

Aujourd’hui je me rends compte que le paquet de fiches est intact. Lorsque nous sommes revenus il n’y en avait plus sur l’étagère et Véro avait mis à la place des flyers qui lui restaient pensant que toutes les fiches avaient été distribuées.

En revenant je me demande si je ne vais pas tout jeter en bas dans poubelle parce que je sais que ça va la blesser.

Aujourd’hui on ne peut plus rien faire de toutes ces fiches sinon les jeter.

Je les ramène quand même parce que je n’ai pas le courage de lui mentir par omission et puis ainsi elle saura jusqu’où ces gens sont allés dans leur hypocrisie faisant toujours croire qu’ils étaient concernés, s’en foutant royalement, ne s’en préoccupant vraisemblablement jamais.

Avec un peu d’humanité, ils auraient aussi pu les jeter puisque nous ne demandions rien, non comme des salopards, ils donnent, je l’espère car on est encore là jusqu’à lundi, un dernier coup de couteau à la victime pour être sûr que c’est bien fini.

Ces hypocrites, font en plus tous semblant de croire à une spiritualité universelle, ils nous bassinent avec, ce qui leur permet de faire tous les coups possibles et imaginables puisqu’ils ne sont que les instruments de cette force.
Je souhaite que cette puissance, puisqu’ils y croient leur fera un jour rendre compte de toutes leurs minables hypocrisies. 

Demain j’irai prendre mon pain à Hot Bread même s’il est moins bon, il n’aura  pas le goût du mépris.
J’avoue ne pas avoir  le courage d’annoncer d’autres saloperies à Véro d’ici notre départ.

Après avoir étendu le linge, on prépare et dispose dans la plus grande valise tout ce que nous voulons envoyer par le transporteur qui est rue Montorsier.

Je descends la valise et en bas il y a le proprio qui nous propose une balance pour peser nos valises avant de partir afin d’être tranquille à l’enregistrement.

Chez Subam Cargo l’employé jette un coup d’œil à ce qu’il y a dans la valise et prend le carton adéquat. Celui de 20kg évidemment et c’est presque bon à 1kg près. Comme on n’a pas  tout mis on reviendra demain faire faire un colis plus petit. Je l’espère.

On revient à l’appart pour reposer la valise et boire un coup car ce n’est pas la peine de faire tout ça pour transpirer. On boit un coup d’eau et on repart à la papeterie de l’Ashram pour prendre quelques derniers objets en papier.

On revient par MG road pour voir au carrefour avec Nehru street un marchand de  malles métalliques pour mettre dedans ce qu’on laisse.
Il nous montre tout ce qu’il a et on va même en face au dessus de Goubert market pour voir les plus grands modèles. Dans l’escalier il y a un grosse merde et le vendeur fait bien attention qu’on ne mette pas les pieds dedans sinon sa vente est foutue.

On se décide pour un modèle moyen parce les autres sont vraiment trop gros à transporter.

On charge dans un rickshaw à pédale et il nous amène tout ça jusqu’à la rue Candappa. On le précède avec la moto pour lui montrer le chemin qu’il doit connaître. Quand même on aura réussi a en faire travailler un sans être derrière à le voir souffrir en appuyant sur ses pédales. En route sa chaîne saute, on l’attend.

Avec Véro, on monte la malle au deuxième étage, vide ça va, mais pleine je ferais appel à G.

On décide d’aller déjeuner à l’Aristo.

Il n’y a personne sur la terrasse. A l’intérieur que des Indiens. On dirait que nous sommes les derniers à Pondy.
Véro prend un poulet au citron avec de la ratatouille. Elle trouve ce plat très bon.

On revient prendre la moto qui est garée sur NS et je m’aperçois que je me suis fait éclater le feu arrière. Il était tout neuf, je n’ai plus qu’à le changer. Les ampoules elles fonctionnent toujours.

On passe prendre de la bière, les 4 dernières bouteilles. Puis on va chez l’encadreur chercher des passe partout que Véro lui a commandés.

Avec ça je crois qu’on va avoir tout ce qu’il faut pour finir notre prochain envoi.

On se repose un peu non par fatigue, mais à cause de la chaleur le mieux est de ne rien faire.

Puis Véro se  met à peindre tandis que je rédige.

On part à la plage vers 16h.

Les vagues sont grosses et douces et on en profite. Nous sommes 4 occidentaux sur la plage.
Lorsque nous sortons quelques autre arrivent avec des planches et s’essayent dans la vague. On les regarde en séchant. Le soleil baisse plus vite comme si les jours diminuaient.

On va boire un pot chez Bodhi il y a toujours l’énorme cachalot tibétain couché sur un canapé sur la terrasse. C’est lui qui est le chef et prend les commandes.
On doit attendre qu’il se lève et décide de venir après avoir déployé son calepin de commandes.
On prend deux jus de papaye.

Il fait monter un larbin pour aller au rez-de-chaussée faire les jus. L’homme un Indien nous sert.

Ensuite il faut paye au cachalot qui fait la gueule parce qu’on n’a pas la monnaie.

On ne reviendra pas.

On rentre, on fait des courses à Grinde. Il y a le Nouvel Obs qui parle des pervers narcissiques. Je pense que ceux qui devraient le lire ne le liront malheureusement pas.

On fait du drive in  bananes, Véro n’a même pas besoin de descendre de la moto.

On rentre à l’appart et on prend une douche. Véro prépare le repas dans la chaleur, encore quelques instants et on va aller s’enfermer dans la chambre avec la clim.

mercredi 28 mars 2012

Chaud !

Samedi dernier à la pause repas sur la route

Le ciel est rempli de nuages noirs et blanc ce matin. Il n'y a pas d'air frais. Il n'y a pas d'air du tout.

J'ai un bonjour souriant de notre voisine qui part avec trois enfants sur son scoot.

Un homme se brosse les dents avec un doigt à la fontaine.

Un rickshaw est arrêté avec des enfants dedans. Il attend son chauffeur. Son moteur tourne avec ce bruit caractéristique du piston qui semble frapper lentement comme un marteau sur une pièce métallique tac… tac… tac…

La routine à BS.

Un coq chante tandis que des chiens aboient. Pas de cris de corbeaux, de corneilles, de crow je ne sais comment appeler ces noirs oiseaux au large bec. On dirait qu'ils ont disparu.

Je mets tous les ventilo en marche pour essayer de chasser la chaleur.

Je prépare le petit dèj en attendant Véro.

Ce matin en me coiffant je dois reconnaître que le shampooing pâte brune de Véro aux plantes naturelles me semble d'une étonnante efficacité.

Ce matin on va chez Pitch lui porter le tirage de l'aquarelle qu'il souhaitait avoir et qui a été vendu.
Cette année on ne le reconnaît pas tellement il est gentil et sympathique avec nous par rapport à l'an dernier où il s'était montré quelque peu suffisant comme il  peut aussi l'être.

Il est très content du cadeau de Véro et nous invite à venir déjeuner vendredi. Il nous raconte qu'il a regardé « Polisse » de Maïwen et que ça l'a profondément ému. Il n'a pas bien supporté l'illustration de la pédophilie dénoncée par le film.
Il en fait nous en fait une copie sur notre clé 4G.
Il nous dit qu'il ne pourrait pas avoir d'enfant il ne vivrait plus il aurait trop peur qu'il leur arrive quelque chose. Sa mère a perdu trois enfants.

Il compte venir à Bordeaux début mai et il passera peut-être par Toulouse car il a très envie de revoir Dylan et Géraldine et leurs enfants.

En repartant on achète du poulet pour ce soir.

On revient le poser à l'appart.

On regarde les infos de télé matin parce qu'il est 11h30 donc 7h en France, bien qu'il n'y ait plus que 3h30 de décalage.

On va déjeuner à Io pour ne pas aller trop loin, parce qu'on doit aller prendre le café chez P&G afin de récupérer du poivre moulu pour mettre dans notre colis.

On apporte déjà tous les guides et cartes que nous avons pour le cas où ils feront des balades après notre départ. On apporte aussi des romans.

On prend le café tout en discutant.

On revient à l'appart et on se repose un peu en attendant de pouvoir appeler K pour lui dire au revoir et à l'année prochaine, c'est elle qui s'occupe de l'expo de Promenade.

On va chez Apple pour voir s'ils pourraient changer le haut parleur interne de l'iPhone  qui a du péter parce que Véro ne peut plus entendre ses interlocuteurs qu'en mettant le haut parleur externe.

Ils ne peuvent pas le faire immédiatement ça peut prendre une semaine. On verra donc à notre retour à Toulouse. En tout cas on a trouvé le coin des vendeurs de matos informatique et le magasin d'accessoires pour motos Rexine, c'est sur le même bvd  Kamaraj Salai.

On va voir K elle n'est pas encore arrivée à sa maison en construction et on l'attend un peu. La maison commence vraiment à prendre forme mais il reste encore énormément de finitions à faire. La mosaïque de la salle de bain est très réussie.

Elle discute avec Véro sur sa conception de l'art et elles sont du même d'avis, et comme Véro était d'accord avec Pitch ce matin, sur le fait qu'il faut oser y aller, se dépasser.

Il fait nuit   lorsque l'on revient à l'appart. J'ai pris l'habitude de conduire de nuit comme les Indiens en se montrant très prudent en allant seulement à la vitesse que permet la visibilité quitte à presque faire du sur place lorsque je ne vois rien à cause des phares qui arrivent en face.

Sur MS devant le temple il y a des chariots qui vont certainement cette nuit promener des dieux dans la ville.

Véro prépare le repas, poulet nouille et mangue.

Vu  le programme TV5 « TROU STORY » on va aller bouquiner.

mardi 27 mars 2012

Plaaaaaaaaaaaaaaaage !

Serenity beach !!!!!!!!!


Bien dormi encore cette nuit, il est presque 8h.

Je sors pour aller chercher le pain. Lavage de voitures en série ce matin dans la rue Candappa. Personne à la fontaine, pas de lecteur de journaux. Le scoot « Jesus » est bien garé dans la rue qui va à Bussy.

A BS, les Japonaises sont revenus décorer les murs, on me donne mon pain et je donne mes 39R, tout est redevenu normal.

Il fait déjà chaud ce matin, pas d’air. Véro s’est levée. Les ventilos tournent à fond.

Petit dèj, arrivée de la masseuse.

La femme de ménage vient, plutôt la fille du ménage tellement elle a l’air jeune et elle repart presque aussitôt on pense que c’est parce que Véro est sous la douche, puis elle revient un peu plus tard.

On regarde la télé en attendant l’heure à laquelle je dois aller chez l’ostéo, puis la télé s’arrête et elle ne repartira jamais. Ce n’est pas la réception qui s’est perdue comme cela arrive régulièrement là j’ai l’impression que c’est la télé elle-même qui est naze.

On commence à répartir les affaires en posant dans les valises ce qu’on va envoyer par colis, ce qu’on va prendre avec nous dans les valises et ce qu’on va laisser ici.

Je vais chez l’ostéo. La semaine dernière j’avais une jambe qui avait un cm de plus que l’autre et il avait remis tout ça en place et aujourd’hui j’ai toujours une jambe qui a un cm de plus que l’autre, ça a repoussé pendant la semaine. Il me dit lui-même qu’il a lu un article de médecin comme quoi l’ostéopathie c’est comme un placebo. Je préfère ne rien dire. Je verrai bien par moi-même lequel des deux à raison.
Heureusement on parle de choses plus sérieuses, il est aussi un peu motard comme tout le monde ici.


Lorsque je reviens, on va déjeuner au Surguru, parce qu’en sortant on pourra faire quelques courses à Nilgiris et ensuit revenir pour nous reposer et enfin aller nous baigner. Programme chargé.

Au Surguru Véro qui en a marre des goûts indiens se commande des frites, un sandwich au fromage et un lassi. Mois je prends un massala dosai comme d’habitude.

Les frites sont bien frites, servies un peu froide et à l’huile. Le sandwich pain braisé à la poêle à frire est d’une qualité hors norme comme étouffe chrétien.

On revient à l’appart pour nous reposer. On ne fait pas grand chose mais il fait hyper chaud et ça suffit à expliquer à ceux qui nous trouverons un peu paresseux.

On part pour la plage en passant toujours par la petite route qui borde l’ECR.

L’océan a de belles vagues mais elles sont douces et on peut jouer dedans sans risque.
On discute avec de jeunes français qui suivent un stage d’audiovisuel ici à Pondy pendant un mois et demi. Ils sont déjà allé à Madurai et font le reste du stage ici jusqu’à fin avril.

On boit un jus de papaya au Bodhi, le serveur est plus préoccupé par sa partie de carom que par la clientèle. C’est dommage parce que c’est assez réussi comme lieu en bord de plage avec terrasse pour boire un coup, mais on sent bien que ce n’est tenu que par des mecs et que déjà bien que ça vienne d’ouvrir, tout se dégrade.

On revient par la petite route. On arrive trop tôt à l’appart le proprio n’a pas encore sorti son scoot et je ne peux rentrer la moto. Grosse sieste certainement ce qui veut dire qu’il a dû picoler plus que d’habitude ce matin. Notre proprio bon catholique est alcoolo. Ce n’est pas très gênant parce qu’il se tient devant nous mais il vaut mieux le voir tôt le matin.

Douche avec un nouveau shampooing aux herbes acheté tout à l’heure par Véro sans rien dedans de dangereux. Une sorte de pâte brune qui sort du tube et qui ne mousse pas.

Véro prépare le dîner ce soir, je ne sais pas ce que c’est.

Je découvre salade composée, fromage, mangues et bananes, bière.

L'aquarelle de ce matin. Un mi-chemin entre figuratif et abstrait.


lundi 26 mars 2012

Démontage et emballage



Dans la fureur de la ville. Une journée qui raconte une part intime, infime de la cité indienne. entre fureur des klaxons, silences des regards, espaces de vies, Pondicherry la Belle se livre un peu. 

Bonne nuit, la fraîcheur est revenue en fin de nuit.
Je vais chercher le pain. Le voisin qui se prend pas pour n’importe qui, ne me voit pas et s’affaire sur son scoot qui met toujours du temps à démarrer.

Devant la fontaine il y a un rickshaw, un vrai, à pédales, et son conducteur discute avec des femmes.

Le lecteur de journaux et son copain qui ne lit pas.

J’entre dans BS et je vois tout de suite E qui, bien que derrière le comptoir, ne me voit pas, décidément je suis invisible ce matin.

C’est redevenu pour le décor un magasin indien. Les niches non éclairées font comme des grottes obscures. Je dois dire que jusqu’à l’expo de Véro, je n’avais jamais réalisé que l’on pouvait y aller autrement que par défaut quand tout le reste était pris, tellement c’est sombre.

Je prends la queue devant le comptoir. Un gars derrière me passe le paquet de certificats d’authenticité qu’on a oublié hier soir. Je suis reconnu. Hier il me disait ; j’aimais bien lorsque j’étais à la caisse voir la grande aquarelle devant moi, c’était bien.

Plus rien ne bouge, comme si tout à coup avec mon entrée tout est devenu silencieux.

Quand vient mon tour on me demande ce que je veux. Ça fait plus d’un mois qu’on me sert chaque jour la baguette sans que je ne demande rien. Je dis une baguette et ça semble soulager tout le monde. Chacun se précipite à me trouver une baguette parce qu’il n’y en pas sur l’étagère, je pense que je vais devoir prendre un pain aux céréales. Mais aux pieds de E il y a le sac en papier avec les baguettes. Elle en sort une et la donne au gars qui me la donne et je pose comme chaque jour mes 39R sur la caisse. Je sors.

Je me demande bien ce qui a pu se passer avant mon arrivée pour avoir créé une telle gêne.

Je reviens.

Rajette nous a concocté une fragrance de petit dèj indien telle que je mets vite en route tous les ventilos pour chasser l’émanation.

Véro a reçu un mail sympa de A et c’est donc une aventure qu’on va oublier.

Après le petit dèj, on passe voir Abel qui veut toujours louer une Enfield pour essayer et qui veut qu’on passe avec lui chez Félix. Il a peur que Félix lui refuse la location sans notre caution.

Marché Goubert, aubergines, bananes et crevettes. Odeurs, chaleur et vacarme.

On revient à l’appart et on décide d’aller déjeuner au visitor center d’Auroville parce que Véro y a vu quelque chose qu’elle veut offrir.

Au restaurant, on prend des lasagnes aux champignons et Véro les trouve très bonnes.

On revient se reposer.

Puis on attaque la préparation des aquarelles en vue du déménagement. On les sort toutes de leur cadre pour pouvoir les ramener en France. On laissera les verres et les cadres ici pour les recycler l’année prochaine.

Une fois l’opération séparation terminée, on part chez l’encadreur pour lui faire préparer des passes à ramener. Puis on va chez l’imprimeur faire faire un tirage d’une aquarelle que voulait Pitch et qui a été vendue. Comme il tenait à cette aquarelle, il l’a demandée sous forme de repro.

Ensuite on passe chez le vendeur de plastique pour lui acheter du papier bulle. 15m ça fait un énorme paquet que Véro assise en amazone sur la moto porte sur ses genoux. On a l’air du parfait couple indien. Il faut que je garde beaucoup de distance sur le côté avec les piétons ou les véhicules pour ne pas les accrocher.

Arrivée rue Candappa, on fait rire les voisins et le proprio qui est devant sa porte.
Ils  n’ont pas dû voir tous les jours des locataires comme nous.

Véro prépare les crevettes et le repas.



dimanche 25 mars 2012

Je décroche


Floral Inspiration
..thanks to Véronique Piaser-Moyen, a gorgeously talented watercolourist who’s flower peices have me floating! Her travels to Sri Lanka and India have inspired me to replicate my own experiences through art, once I return from my own travels next year. More of her beautiful images found here.
Love Dakota x
Trouvé ce soir en faisant mon "balayage" trimestriel sur Google. Lire qu'on inspire, voilà qui fait un bien fou !

Cette nuit dormi comme un bébé, je me lève même après Véro ce qui est exceptionnel. Il est 8h30.

Je vais chercher le pain, personne à la fontaine il est tard. Le lecteur de journaux a terminé de lire et ce matin il me voit et me dit bonjour. Plus loin sur Ellaman Kovil un homme pisse dans le caniveau. À côté un scoot rouge sur lequel il y a un autocollant « Jésus ».

Plus de pain de la première fournée je prends une baguette au céréales. Pour le dernier jour l’affiche de Véro est déployée dehors.

Je reviens, même parcours, les petits tas de pétales jaunes dans la rue Candappa..

On attaque la dernière semaine. Je crois qu’on est tous les deux contents de rentrer. Les enfants nous manquent. On va voir Gwen à Paris et puis Dylan et toute sa petite famille. On revient pour les vacances de Pâques et on va pouvoir prendre les petits.
Maria son cheval et son chat.

Ce matin l’ordi a pris une heure d’avance, passage à l’heure d’été en France. Sauf qu'il est à l'heure indienne …

Pour nous heureusement ça ne change pas vu qu’on n’est pas en avance sur notre journée bien qu’on n'ait rien à faire jusqu’à 19h, heure à laquelle on va décrocher chez BS.

Véro appelle C  car elle lui a dit qu’elle connaissait par une copine un coiffeur sur MG dont elle était contente.

On part donc à pied parce que ce n’est pas loin et parce que c’est Sunday market.

Evidemment ils peuvent prendre Véro tout de suite, c’est dimanche il n’y a personne. Véro se lance et a à faire avec un coiffeur qui semble comprendre ce qu’elle veut et effectivement à la sortie,  il a fait sur les conseils de Véro  ce qu’il était possible de faire pour rattraper sa coupe destroyed.

On remonte Sunday market, il fait chaud. On s’arrête chez le marchand de coquillages qui est toujours devant la Bank of India.
Il nous reconnaît.
Et quand il voit Véro il sait que ce qu’il expose ne convient pas. Alors de dessous sa table expo ils sort des cartons qui ont bien 20 ans d’âge. La première couche de carton a presque complètement disparu et on est à la couche carton ondulé qui commence elle aussi à avoir beaucoup souffert. Tout ça est fermé et tient avec un lien de plastique noir qui doit lui aussi avoir ses 20 ans d’âge. Il dénoue consciencieusement le  lien.

A l’intérieur tout est emballé dans des bout de papier. Pour les coquillages les plus précieux il y a même une couche supplémentaire de plastique bulle.
Et il étale devant nous tout ce qu’il a de plus beau.

Je ne connais pas les noms, mais certains sont magnifiques et ça se voit au premier coup d’œil et le prix va en augmentant avec ceux qui attirent le plus le regard. La gamme est large pour les  prix de 10 à 800R pour les plus gros.

Véro en choisit quelques-uns pour un montant de 440R et il nous fait un discount à 490R. C’est très sympa de sa part, mais on lui fait remarquer que le montant total est de 440. C’est vrai qu’avec la chaleur, ses calculs rapides, il doit baiser quelques touristes comme ça.
Il est très gentil et on n’a pas envie de s’engueuler mais on ne lâche pas et tout à coup il semble comprendre et nous propose un discount à 400R. On est d’accord. On paie.
Il nous propose encore deux coquillages qui font 800R pour seulement 600. C’est très intéressant mais il faut savoir s’arrêter sinon on achèterait tout.

On va boire un thé. Ils ont amélioré leur extérieur avec des tables hautes métalliques sur lesquelles on peut poser notre verre en restant debout.

Puis on va à Nilgiris acheter des pâtes pour ce soir parce qu’après le décrochage chez BS on n’aura peut-être pas le courage d’y retourner ni d’aller ailleurs pour dîner.

On revient à l’appart. Je dois monter une bombonne d’eau. C’est lourd mais encore faisable.

La machine a lavé le linge sans manifester de colère et sans s’arrêter avant le rinçage. On va l’étendre sur la terrasse.

On décide d’aller déjeuner au restaurant français près de Serenity Beach. Mais il est toujours en cours de reconstruction après le cyclone et ne fonctionne toujours pas. Ils veulent bien nous dépanner avec un riz aux légumes.

On s’installe et un Français que nous avons déjà rencontré la première fois que nous sommes venus s’installe à la table à côté et nous discutons.
En fait il a besoin de discuter parce qu’il vit ici dans une chambre du restaurant et ne doit pas voir grand monde avec qui parler. Il nous dit que ça fait une semaine qu’il n’y a pas eu un client.

On parle de chose et d’autres.
Notamment bien sûr de Royal Enfield parce qu’il nous a vu hier avec P&G avec les motos.
Il est intrigué par les grandes affiches qu’on voit et qui montrent des gens et des enfants torturés. Ce qu’il a appris c’est que c’était une campagne menée par le parti national tamoul et ça concerne le Sri Lanka. Les gens lui disent que ça se passe maintenant.

Il ne connaît pas le Sri Lanka on lui raconte ce qui se passait là bas il y a encore deux ans. On lui dit qu’on est surpris que ces scènes de tortures se déroulent maintenant. Mais c’est vrai que nous ne savons pas quoi penser non plus de ce qui se passe dans ce pays aujourd’hui qui est devenu une dictature soutenue par la Chine.
Malheureusement personne n’en parle et au contraire toute la presse dans sa rubrique voyage présente ce pays comme le nouvel endroit où il faut aller.

En fait il n’a pas loué de maison comme il en avait l’intention. Ici le loyer est de l’ordre de 7000R par mois, mais il faut verser une caution de 70000 et il ne s’est pas caché qu’il n’avait pas les moyens de le faire.

D’ici qui est à environ 5km de Pondy il va tous les matins prendre un petit dèj à Pondy à pied en passant par les petites rues comme on le fait maintenant.

Il va la plupart du temps au Hot Bread et quelquefois à Baker Street parce que c’est meilleur, mais beaucoup plus cher.
Il a vu l’expo de Véro qu’il a trouvé bien. Il ne comprend pas qu’on puisse l’enlever parce qu’il trouvait que ça allait bien, ça donnait une dimension posée à ce lieu de bouffe rapide.

On mange une crêpe à la banane.

Puis on le laisse ici et nous on revient à l’appart pour se reposer. On n’a pas envie de faire grand chose pour se garder des forces pour le décrochage.

Véro peint.

On regarde les infos de 18h sur TV5 et à 18h30 on se rend à BS. On peut attaquer il n’y a pas beaucoup de client.

Au niveau personnel il y a toujours ce gars intelligent et normal qui sert et qui nous dit « si vous avez besoin d’aide demandez moi »

Une autre personne nous dit mais qu’est ce que vous faites c’était très beau et on ne va plus rien à voir que les murs.
On lui dit qu’on aurait bien tout laissé mais on n’a pas eu de proposition en ce sens.
Elle n’était pas du tout au courant que nous devions enlever aujourd’hui comme les mêmes n’étaient pas au courant le jour de l’installation. On les a tenus à l’écart de tout ça.

E la responsable s’éclipse discrètement en faisant celle qui ne nous voit pas enlever les aquarelles.

Une Anglaise qui étudie l’aquarelle demande à Véro si ses danseuses sont bien peintes à l’aquarelle. Elle n’en revient pas et demande des conseils.

En une heure, tout est terminé.

Véro avant de partir veut dire au revoir à la responsable, mais on nous confirme qu’elle vient de partir. Qu’en penser ?  On peut tout imaginer, mais je crois qu’on avait forcé les portes de « son » entreprise et elle ne l’a jamais admis. C’était mal barré. Elle est enfin débarrassée de ces deux cons que son boss lui avait imposés pour changer la déco de « son » magasin pendant un mois. Elle ne reverra pas Véro et moi j’y vais trop tôt le matin pour la voir.

On prend un auto-rickshaw, on le charge et on lui fait déposer tout ça rue Candappa.
On décharge et on monte le tout au second étage. Souvent les gens me demandent si je fais du sport et je réponds « surtout jamais de sport ». Ils ne comprennent pas. Dix fois deux étage, c’est un peu comme 20 étages, ça suffit largement, pas besoin de rajouter autre chose.

Je suis content que cette histoire BS se termine. Il y avait quelque chose de malsain qui s’est traduit par des agressions sur le livre d’or.
Je redeviens un client anonyme de BS comme tout le monde jusqu’à lundi en huit. Véro n’y pense plus et on repart vers autre chose.

Repas du soir soupe de noodle et délicieuses mangues.

Ce soir rien à la télé, lecture.