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vendredi 28 mars 2014

Plus que des petits instants

Un des petits instants du jour 

Pas de photos aujourd'hui !
Que de la peinture et des valises entassées ...
  
Lever 7h.
Véro a mal au dos et aux jambes et a envie de se mettre en position debout pour échapper à la torture du matelas.

Je vais au pain.

La grille est ouverte. Antoine et sa femme jettent les poubelles de l’immeuble dans la benne d’un tracteur benne arrêté juste devant la maison.

La femme de ménage de Beware of dog qui lave la rue au jet, devant chez elle , baisse son jet vers le caniveau  et me fait un large sourire, comme pour me montrer qu’elle aurait été capable de m’asperger si elle l’avait voulu.
J’aime bien cet instant de complicité avec cette personne qui n’est rien, qui n’existe pas, dans la vie sociale.

Rue Mission je vois au loin un clochard avec un grand sac en plastique blanc qui fouille la poubelle en rond de ciment de la rue Montorsier et qui en extirpe des journaux.

La porte de l’inspecteur est ouverte et j’entends des gens parler à l’intérieur.

À l’angle de la rue Montorsier en face de la poubelle il y a une petite chapelle qui est toujours fermée.
Ce matin une femme habillée comme une infirmière, veste blanche, chemise blanche et pantalon blanc, a passé son visage à travers la grille qui ferme la chapelle et prie.

Le marchand de lait et son complice observent eux aussi toutes ces scènes.

Ibrahim Store est ouvert.

La femme aux sacs est là. Elle est vêtue d’un sari couleur brique, penchée, la tête presque à la hauteur des pieds, on dirait une borne, seuls ses bras, ses mains s’agitent d’un sac à l’autre.

De l’autre côté de la rue un beau Kollam blanc a été dessiné devant la maison Lafontaine.

Après la rue Petit Canal où les habitants sont devenus des ombres dans le contre jour, il y a sur le bord du trottoir, un homme assis sur une natte, sur laquelle il a vraisemblablement passé la nuit, il est entouré des tous ses biens ensachés.
Il regarde le ciel à la verticale et une femme est penchée sur lui, il me semble qu’elle lui met un collyre dans les yeux.

À gauche rue Sainte Thérèse sur le trottoir la couverture orange qui recouvre une femme chaque nuit, mais ce matin à mon étonnement, c’est un homme.

La mendiante est assise contre la première porte d’entrée de la cathédrale, elle a toujours son sari vichy. Il n’y a qu’un clochard.
Je pense que la messe est dite.
La petite marchande de lait est dans ses comptes, son copain conducteur de rickshaw est là, stationné juste devant elle.
Six clochardes de ce côté ce qui m’étonne car ça contredit l’absence des hommes.

En continuant, je les vois arriver, un, deux, trois et le troisième c’est le clochard au déambulateur, c’est moi qui suis en avance sur  l’horaire ce matin.

La femme aux noix de coco n’est pas là. L’enfant est assis sur le lit en tenue d’écolier, chemise blanche et short bleu marine. Il prend une boîte ronde qui contient son petit-déjeuner.

Le gardien d’ING lit son journal, à côté de lui, assis sur le sol, un homme lit une BD de poche.

Rue Ranga Pillail

Dès le croisement une énorme plaque ronde, comme une plaque d ‘égout a été déplacée. La plaque est en béton, elle fait bien trente cm de haut et 1m de diamètre, ça fait comme une roue de char.
Dans l’espace laissé libre, deux hommes sont assis et laisse pendre  leurs jambes dans la bouche.
Autour d’eux sortent des fils multicolores, qui ressemblent à des fils électriques.

Le soleil frappe toujours d’une manière incroyable lorsque je débouche dans cette rue après la rue Mission qui elle est à l’ombre à cette heure.

Deux couples d’Indiens sont assis sur les marches de la boutique Orissa.

Toutes les vitres de l’hôtel Sun Park sont recouvertes de papier journal, deux ouvriers munis d’un  pistolet passent une  couche de vernis sur les boiseries qui entourent les vitres et décorent la façade.

Je tourne à l’angle et je vois que le chantier continue de ce côté allant de l’hôtel jusqu’au Bon Bake.

Un homme assis sur le trottoir lit son journal.

J’entre dans le Hot Bread et je salue un motard qui fait prendre leur petit-déjeuner à ses enfants, avant de les conduire à l’école.
On discute un peu moto. Lui c’est un vrai pro, il organise des sorties jusque dans les Himalayas.

Je prends mon Boolish, c’est la petite serveuse qui me le tranche, je paie au caissier principal et je prends le chemin du retour.

Un tracteur benne et son équipe s’active.

Le Cottage, la station-service, l’arrêt de bus deux jeunes filles attendent.
Un bus argenté arrive lâche ses occupants, l’une d’entre elles monte, pas l’autre.

Je ne tourne pas rue Saint Ange car mon idée est de voir à quoi ressemble le lieu mystérieux, vu de ce côté.

Il y a d’abord quelques constructions, des maisons, le centre de soins Popeline, et un long mur jaune qui doit faire au moins deux mètres de haut et m’empêche de voir à l’intérieur.
Par contre je vois bien le toit des masures qui vient s’adosser au mur, ce n’est pas très visible si on n’est pas attentif.
À ma surprise, je vois un vieil homme sur le mur, sur le bord du toit des masures, il est tout  accroupi comme ceux qui pissent dans les rues, et semble vouloir sauter.

Ça n’est pas pour désembrouiller l’affaire.
En plus de ce côté, il y a aussi une grande porte métallique verrouillée par un cadenas.

Je continue et je croise beaucoup d’infirmières vêtues de blanc, comme celle de la petite chapelle, qui se dirigent vers l’hôpital.

Rue Surcouf un ruban de bouses, d’un bout à l’autre la rue, se termine au niveau de la rue Capitaine Marius Xavier par un point finale, bouse ronde et bien formée.

La rue, heureusement recouverte de pétales jaunes et ponctuée de petits tas de pétales mis ensemble pour être ramassés.

Rue Candappa, un homme assis sur le trottoir lit son journal posé à même le sol entre ses jambes écartées.

Le tracteur benne est parti, la femme de ménage de beware of dog est rentrée, il y  a cependant la femme de ménage de Sita qui balaie la rue et envoie les saletés dans le caniveau.

Petit dèj

On finit notre dernière salade de fruits en l’agrémentant d’un yaourt.

Véro démarre son cours d’aquarelle. Je prépare des vidéos et les charge sur Facebook.

Je vais d’un coup de moto chez l’encadreur commander des passes pour les dernières aquarelles peintes.
Je passe chez French Internet, qui a déménagé rue Mollah, pour faire imprimer le courrier de dénonciation de notre connexion Internet que nous allons porter cet après-midi.
Depuis la rue Laporte, c’est la première fois que je viens dans son nouvel espace et il me dit qu’il se souvient de moi.
Il est très gentil et très honnête.

Je reviens à l’appart.

Il fait très chaud ce matin, Véro m’a dit que la météo annonçait 35° pour le WE. Le problème ce n’est pas tant le niveau de température que son amplitude, ici le 35° ça tient du matin au soir et c’est crevant.

Aujourd’hui on a l’impression que le fan ne brasse que de l’air chaud.

On va déjeuner au Hot Chips en face de Pothys pour ne pas perdre de temps.
On prend chacun un cheese fried rice. Et l’on revient à l’appart.

Café, repos pas très long parce qu’on a pas mal de choses à faire d’ici à ce soir.

On continue la préparation du stockage de ce qu’on laisse et des valises avec ce qu’on ramène.

On commence à y voir clair.

Vers 16h, on retourne chez l’encadreur pour d’autres passes, puis on va chez Airtel pour la déconnexion d’Internet après notre départ. Pas de problème.

On revient vers Nilgiris pour prendre un rendez-vous chez l’épilateur. Demain matin 10h.

On va rue Barathi pour voir pour une paire de boucles d’oreille.

Lorsqu’on revient prendre la moto Véro se fait agresser par une vache vindicative. Elle donne un  coup de tête qui vient frapper le sac à dos de Véro.
Puis tout de suite après la vache s’en prend à des Indiennes qui se mettent à hurler. La vache indifférente aux cris poursuit sa route.
Comme quoi la non violence n’est pas enseignée à toutes les vaches, il faudra revoir ce problème avec l’ashram.

On revient en passant par chez l’encadreur.
On attend 5mn devant chez lui et un chien comme un mendiant ordinaire vient se planter à côté de nous pour demander de la nourriture.

L’encadreur, qui aime bien Véro nous demande quand nous pensons revenir on lui dit certainement autour de la mi-décembre.

On rentre à l’appart.

Je finis le blog bien que la journée ne soit pas terminée, ce soir on est invité par des amis ce qui est rare car on connaît finalement assez peu de gens ici, et il serait trop tard d’attendre notre retour pour mettre le blog en ligne.

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