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| Sortie d'école rue Laporte |
Les photos sont ici. Il y en a peu car avec la chaleur ça devient un véritable effort et aussi une réelle difficulté car la lumière est dure, difficile et il y a peu de gens dans les rues et ceux qui sont dehors, marchent à l'ombre ...
Ce matin, il fait toujours aussi
chaud dans la maison et l’on sent bien que ça va recommencer à chauffer pour la
journée.
À peine levé, à peine en petite
activité, et l’on est déjà recouvert de sueur.
Je descends et j’entends des cris
de femme dans la rue. Ce sont les femmes chargées du nettoyage, et parmi elle
il y en a une qui crie et qui sonne en même temps chez le proprio.
Antoine sort et elle s’adresse à
lui toujours avec cette voix criarde dont on ne sait si ce sont des paroles
cordiales ou des engueulades.
Il me vient à l’esprit que
peut-être Antoine paie quelque chose pour le nettoyage ou qu’il donne une
gratification. J’imagine.
Pas d’air ce matin rue Mission,
comme partout d’ailleurs.
Il est plus tôt que d’habitude et
il y a encore moins de monde, mais quand même le marchand de lait et son copain
sont là.
Un homme sort d’une maison en
maillot de corps et en dothi, sur sa maison il y a une plaque avec son nom et
le titre « Inspecteur de police ».
La femme aux sacs n’est pas là.
Je décide de changer d’itinéraire
et de passer par rue Canteen.
Je prends donc à droite dans la
rue Sainte Thérèse puis tout de suite à gauche la rue Canteen. La rue est complètement déserte,
c’est une petite rue par rapport à Mission. Je m’étonne de ne voir personne
endormi ou en train de se réveiller sur les trottoirs parce que ça me semble
beaucoup plus calme.
Il y a aussi moins d’air compte
tenu de l’étroitesse de la rue.
Je traverse la rue Saint Ange, à
gauche la cathédrale, et à droite le canal.
Je passe devant le nouveau
magasin Singaram, le fournisseur beaux-arts.
Il y a dans la rue une petite
odeur de boulangerie.
Je pensais qu’il y aurait toute
une activité matinale du fait de la présence de la fabrique de boulangerie
pâtisserie.
Par contre un peu plus loin en
débouchant sur Ranga Pillai, il y a sur la gauche un mur jaune derrière lequel
il y a un beau bâtiment colonial qui semble à l’abandon, et qui sert d’urinoir.
Même le matin, l‘odeur n’est pas
fraîche.
Je débouche sur la seconde partie
de Ranga Pillai, la moins accueillante avec sa poubelle en rond de ciment qui
déborde sur la rue. Je retrouve les bouses, et une série qui prend le virage du
quai pour m’indiquer la direction de Hot Bread.
Beaucoup de monde ce matin à Hot
Bread des touristes indiens et occidentaux qui prennent leur petit dèj.
Personne à la caisse, ça va vite
c’est même le caissier qui me tranche mon Boolish tellement il n’a rien à
faire.
Je remonte le quai d’Ambour.
Je passe devant Cottage Industrie
d’où sort en marchand vite, une jeune occidentale aux seins moulés dans un
T-shirt et qui se déplacent au rythme de sa marche.
Il y a une équipe de tracteur
benne, qui bosse et nettoie le quai à fond, sauf les bouses qu’elles évitent
avec leur balai.
Je passe la station-service et je
tourne dans la rue Needarajapyar pour retrouver un peu plus loin sur la gauche
la rue Canteen par laquelle je reviens.
Par la rue Sainte Thérèse je
débouche sur la rue Mission et là je vois de l’autre côté de la rue la femme
qui dort là et qui range son tissu de nuit de couleur orange. Je ne l’avais pas
vu à l’aller car en prenant la rue Sainte Thérèse je lui tournais le dos.
Un peu plus loin en face de la
rue Savariayalur il y a un homme qui dort sur le trottoir je ne l’avais pas vu
non plus tout à l’heure en passant,
parce qu’un bus garé là me le dissimulait.
Je repasse devant le marchand de
lait, qui doit s’interroger sur mon parcours.
Rue Candappa, arrive en face de
moi un groupe d’une vingtaine de lycéennes habillées sans uniforme d’école.
Elles sont soit en tenue indienne soit en tenue occidentale et elles doivent se
rendre au Lycée Français. Je me dis que
les épreuves du bac ont peut-être déjà commencé.
Petit dèj.
Aquarelle pour Véro, montage pour
moi.
Il est déjà 13h, on part tout de
suite après chez le changeur pour changer l’argent pour le frigo de sœur carré,
qui est arrivé. Le change est toujours le même ce qui simplifie le calcul.
On part à la pouponnière porter
l’argent, mais la porte est fermée avec un cadenas.
On passe par l’entrée principale
de l’hôpital Saint Joseph de Cluny qui est ouverte.
Décidément cette entrée d’hôpital
me fait bonne impression, tout y est propre.
On se rend dans la résidence des
sœurs.
On sonne.
Une sœur saumon vient nous
ouvrir, moins jolie que celle de la semaine dernière. Je ne comprends pas
pourquoi elle est habillée en saumon alors que sœur carré est en blanc.
On demande à voir sœur carré et
sœur saumon nous dit laquelle parce qu’il y en a deux.
Voilà autre chose.
Véro fait signe que c’est celle
de la pouponnière. C’est bon elle est identifiée.
On nous fait asseoir dans la
salle d’attente dénommée « Parlour n°1 ». Je mets le fan, le dessus
de table en crochet est toujours là. La vitrine à 2m50 aussi, dedans il y a une
mappemonde et aussi quelque chose qui ressemble à une lampe sur pied, il y a
bien d’autres choses qui ne sont pas identifiables vues de dessous.
Le planisphère aussi est là
« Go to teach all nations » et à gauche une photo du pape François
qui fait un signe de la main signifiant plus « Salut » que je vous
bénis. Il a un large sourire qui semble nous dire « Amenez le pognon,
c’est tout bon pour nous ».
Pas très sérieux ce pape, mais
rigolo.
Sœur carré arrive toujours
emmitouflé dans son air bougon, mais avec des yeux heureux qui trahissent sa
joie de nous revoir.
On lui explique qu’on a l’argent, mais on veut un reçu et une
photocopie de la facture et comme il y a un peu plus que prévu, il faudra nous
dire précisément ce qu’elle fera du solde, soit elle prend un frigo un peu
mieux, soit elle le dépense pour autre chose.
Elle est d’accord.
Je compte les billets par paquet
de 10 et les donne à Véro qui recompte les paquets de 10 et l’on arrive bien à
trois paquets plus 4 billets. Ce sont des billets de 500 roupies.
Sœur carré ne recompte pas, elle
demande quel nom elle doit mettre sur le reçu. Véro lui dit de mettre son nom,
puisque c’est elle qui remet l’argent, même si ce n’est pas elle qui le donne.
Dans la tête de sœur carré, ça ne
fait pas de doute, et tout cela est bien clair pour elle.
Elle part et l’on attend à
nouveau.
Puis elle revient avec un reçu.
Elle le fait lire à Véro, puis à
moi et demande si c’est OK. C’est OK, il y a toutes les infos concernant
l’établissement et son nom. Un contact peut donc être établi avec elle. C’est
important, parce que malgré la bonne impression, on ne la connaît pas à fond
sœur carré et elle peut faire n’importe quoi de cet argent.
Sœur carré prend le n° de
téléphone de Véro, dès que le frigo sera là elle appellera pour qu’on puisse
revenir faire des photos et elle demande aussi si elle pourrait avoir le mail
de la donatrice pour la remercier. On lui dit qu’on va faire le nécessaire pour
qu’elle ait le mail. Tout ça c’est bon signe quand même, mais on en a vu
d’autres, surtout avec les bouddhistes.
Puis on se lève, et sœur carré
dit à Véro qu’elle sait que ce n’est pas elle qui a donné l’argent, mais
qu’elle la remercie pour ce qu’elle a fait et elle se lâche d’un large sourire
qui rompt un peu la carapace et laisse passer sa joie.
Elle est belle sœur carré quand
elle sourit et en plus elle est bien élevée.
Il est 14h, on va déjeuner au
« café des amis » qui est juste à côté.
Un Français seul nous entreprend,
il est là pour 6 mois, et reste encore jusqu’en mai. Le pauvre, il souffre déjà
de la chaleur, il n’a pas fini.
Car cette année tout le monde dit
que la chaleur est arrivée un mois plus tôt.
Un Indien qui parle parfaitement
le Français et qui est guide et bavard nous raconte entre autre que jamais les
Français n’ont appelé la ville indienne la ville noire. C’est au contraire des
Indiens qu’est venu l’expression « ville blanche » à cause des
bâtiments et puis après à cause des gens qui y vivaient.
Il n’y a pas de racisme ville
noire, ville blanche, c’est une invention moderne, comme de parler de la French
Colony alors que ça n’a jamais été qu’un comptoir.
On le laisse sinon on y serait
encore.
On rentre se reposer, mais il est
trop tard, la fatigue est passée.
On fait un tour à pied pour des
photos et pour les jambes de Véro.
Rue Candappa, rue Sina Subrya
Pillai, rue Laporte.
Arrêt chez le couturier pour
récupérer des ourlets de jeans , rue
Montorsier, Mission et à nouveau rue Candappa.
Il fait toujours horriblement
chaud.
Véro va prendre une douche en
attendant la masseuse.
Coup de sonnette, je pense que
c’est la masseuse.
Je descends, ce sont les enfants
de nos charmants voisins qui tout polis me demandent l’autorisation de monter
sur la terrasse pour récupérer un diabolo qui a été envoyé là par un adulte depuis
Sita.
Je monte jusque sur la terrasse
avec eux. Ils relancent le diabolo à un adulte qui le récupère chez Sita et que
je regarde pour constater qu’il ne formule aucune excuse, aucun remerciement,
qui se ressemble s’assemble.
Les enfants eux par contre,
peut-être par trouille, se confondent en excuses pour le dérangement et en
remerciements. Je leur dis que je suis étonné de leur politesse d’aujourd’hui,
alors qu’ils passent régulièrement à côté de moi sans me voir ainsi que leurs
parents.
Je les raccompagne au
rez-de-chaussée pour leur ouvrir.
Je remonte à l’appart et je n’ai
pas le temps d’expliquer à Véro cette petite aventure, la sonnette retentit de
nouveau, cette fois c’est la masseuse, je redescends et je remonte.
Je suis crevé, par cette chaleur,
je n’ai plus le courage de rien et je regarde à la télé la série débile « Les
marches du Palais » qui passe et rapace ici depuis des années.
Je raccompagne la masseuse
lorsqu’elle repart et en bas, je m’aperçois que j’ai oublié de prendre la clé
de la moto pour la rentrer, je remonte et je redescends.
On mange.
Soupe de noodles et bananes.
Véro n’a plus la force de
cuisiner. Ça peut vous donner une idée de la chaleur.
Les photos sont ici. Il y en a peu car avec la chaleur ça devient un véritable effort et aussi une réelle difficulté car la lumière est dure, difficile et il y a peu de gens dans les rues et ceux qui sont dehors, marchent à l'ombre ...

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