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vendredi 21 mars 2014

Le sourire de soeur carré

Sortie d'école rue Laporte
Les photos sont ici. Il y en a peu car avec la chaleur ça devient un véritable effort et aussi une réelle difficulté car la lumière est dure, difficile et il y a peu de gens dans les rues et ceux qui sont dehors, marchent à l'ombre ...


Ce matin, il fait toujours aussi chaud dans la maison et l’on sent bien que ça va recommencer à chauffer pour la journée.
À peine levé, à peine en petite activité, et l’on est déjà recouvert de sueur.

Je descends et j’entends des cris de femme dans la rue. Ce sont les femmes chargées du nettoyage, et parmi elle il y en a une qui crie et qui sonne en même temps chez le proprio.
Antoine sort et elle s’adresse à lui toujours avec cette voix criarde dont on ne sait si ce sont des paroles cordiales ou des engueulades.

Il me vient à l’esprit que peut-être Antoine paie quelque chose pour le nettoyage ou qu’il donne une gratification. J’imagine.

Pas d’air ce matin rue Mission, comme partout d’ailleurs.

Il est plus tôt que d’habitude et il y a encore moins de monde, mais quand même le marchand de lait et son copain sont là.

Un homme sort d’une maison en maillot de corps et en dothi, sur sa maison il y a une plaque avec son nom et le titre « Inspecteur de police ».

La femme aux sacs n’est pas là.

Je décide de changer d’itinéraire et de passer par rue Canteen.
Je prends donc à droite dans la rue Sainte Thérèse puis tout de suite à gauche la  rue Canteen. La rue est complètement déserte, c’est une petite rue par rapport à Mission. Je m’étonne de ne voir personne endormi ou en train de se réveiller sur les trottoirs parce que ça me semble beaucoup plus calme.
Il y a aussi moins d’air compte tenu de l’étroitesse de la rue.
Je traverse la rue Saint Ange, à gauche la cathédrale, et à droite le canal.

Je passe devant le nouveau magasin Singaram, le fournisseur beaux-arts.
Il y a dans la rue une petite odeur de boulangerie.
Je pensais qu’il y aurait toute une activité matinale du fait de la présence de la fabrique de boulangerie pâtisserie.

Par contre un peu plus loin en débouchant sur Ranga Pillai, il y a sur la gauche un mur jaune derrière lequel il y a un beau bâtiment colonial qui semble à l’abandon, et qui sert d’urinoir. Même le matin,  l‘odeur n’est pas fraîche.

Je débouche sur la seconde partie de Ranga Pillai, la moins accueillante avec sa poubelle en rond de ciment qui déborde sur la rue. Je retrouve les bouses, et une série qui prend le virage du quai pour m’indiquer la direction de Hot Bread.

Beaucoup de monde ce matin à Hot Bread des touristes indiens et occidentaux qui prennent leur petit dèj.  

Personne à la caisse, ça va vite c’est même le caissier qui me tranche mon Boolish tellement il n’a rien à faire.

Je remonte le quai d’Ambour.
Je passe devant Cottage Industrie d’où sort en marchand vite, une jeune occidentale aux seins moulés dans un T-shirt et qui se déplacent au rythme de sa marche.

Il y a une équipe de tracteur benne, qui bosse et nettoie le quai à fond, sauf les bouses qu’elles évitent avec leur balai.

Je passe la station-service et je tourne dans la rue Needarajapyar pour retrouver un peu plus loin sur la gauche la rue Canteen par laquelle je reviens.

Par la rue Sainte Thérèse je débouche sur la rue Mission et là je vois de l’autre côté de la rue la femme qui dort là et qui range son tissu de nuit de couleur orange. Je ne l’avais pas vu à l’aller car en prenant la rue Sainte Thérèse je lui tournais le dos.

Un peu plus loin en face de la rue Savariayalur il y a un homme qui dort sur le trottoir je ne l’avais pas vu non plus tout  à l’heure en passant, parce qu’un bus garé là me le dissimulait.

Je repasse devant le marchand de lait, qui doit s’interroger sur mon parcours.

Rue Candappa, arrive en face de moi un groupe d’une vingtaine de lycéennes habillées sans uniforme d’école. Elles sont soit en tenue indienne soit en tenue occidentale et elles doivent se rendre au Lycée Français.  Je me dis que les épreuves du bac ont peut-être déjà commencé.

Petit dèj.

Aquarelle pour Véro, montage pour moi.

Il est déjà 13h, on part tout de suite après chez le changeur pour changer l’argent pour le frigo de sœur carré, qui est arrivé. Le change est toujours le même ce qui simplifie le calcul.

On part à la pouponnière porter l’argent, mais la porte est fermée avec un cadenas.
On passe par l’entrée principale de l’hôpital Saint Joseph de Cluny qui est ouverte.
Décidément cette entrée d’hôpital me fait bonne impression, tout y est propre.
On se rend dans la résidence des sœurs.
On sonne.
Une sœur saumon vient nous ouvrir, moins jolie que celle de la semaine dernière. Je ne comprends pas pourquoi elle est habillée en saumon alors que sœur carré est en blanc.

On demande à voir sœur carré et sœur saumon nous dit laquelle parce qu’il y en a deux.
Voilà autre chose.
Véro fait signe que c’est celle de la pouponnière. C’est bon elle est identifiée.
On nous fait asseoir dans la salle d’attente dénommée « Parlour n°1 ». Je mets le fan, le dessus de table en crochet est toujours là. La vitrine à 2m50 aussi, dedans il y a une mappemonde et aussi quelque chose qui ressemble à une lampe sur pied, il y a bien d’autres choses qui ne sont pas identifiables vues de dessous.
Le planisphère aussi est là « Go to teach all nations » et à gauche une photo du pape François qui fait un signe de la main signifiant plus « Salut » que je vous bénis. Il a un large sourire qui semble nous dire « Amenez le pognon, c’est tout bon pour nous ».
Pas très sérieux ce pape, mais rigolo.

Sœur carré arrive toujours emmitouflé dans son air bougon, mais avec des yeux heureux qui trahissent sa joie de nous revoir.
On lui explique qu’on a  l’argent, mais on veut un reçu et une photocopie de la facture et comme il y a un peu plus que prévu, il faudra nous dire précisément ce qu’elle fera du solde, soit elle prend un frigo un peu mieux, soit elle le dépense pour autre chose.
Elle est d’accord.
Je compte les billets par paquet de 10 et les donne à Véro qui recompte les paquets de 10 et l’on arrive bien à trois paquets plus 4 billets. Ce sont des billets de 500 roupies.

Sœur carré ne recompte pas, elle demande quel nom elle doit mettre sur le reçu. Véro lui dit de mettre son nom, puisque c’est elle qui remet l’argent, même si ce n’est pas elle qui le donne.
Dans la tête de sœur carré, ça ne fait pas de doute, et tout cela est bien clair pour elle.

Elle part et l’on attend à nouveau.
Puis elle revient avec un reçu.
Elle le fait lire à Véro, puis à moi et demande si c’est OK. C’est OK, il y a toutes les infos concernant l’établissement et son nom. Un contact peut donc être établi avec elle. C’est important, parce que malgré la bonne impression, on ne la connaît pas à fond sœur carré et elle peut faire n’importe quoi de cet argent.

Sœur carré prend le n° de téléphone de Véro, dès que le frigo sera là elle appellera pour qu’on puisse revenir faire des photos et elle demande aussi si elle pourrait avoir le mail de la donatrice pour la remercier. On lui dit qu’on va faire le nécessaire pour qu’elle ait le mail. Tout ça c’est bon signe quand même, mais on en a vu d’autres, surtout avec les bouddhistes.

Puis on se lève, et sœur carré dit à Véro qu’elle sait que ce n’est pas elle qui a donné l’argent, mais qu’elle la remercie pour ce qu’elle a fait et elle se lâche d’un large sourire qui rompt un peu la carapace et laisse passer sa joie.
Elle est belle sœur carré quand elle sourit et en plus elle est bien élevée.

Il est 14h, on va déjeuner au « café des amis » qui est juste à côté.

Un Français seul nous entreprend, il est là pour 6 mois, et reste encore jusqu’en mai. Le pauvre, il souffre déjà de la chaleur, il n’a pas fini.
Car cette année tout le monde dit que la chaleur est arrivée un mois plus tôt.

Un Indien qui parle parfaitement le Français et qui est guide et bavard nous raconte entre autre que jamais les Français n’ont appelé la ville indienne la ville noire. C’est au contraire des Indiens qu’est venu l’expression « ville blanche » à cause des bâtiments et puis après à cause des gens qui y vivaient.
Il n’y a pas de racisme ville noire, ville blanche, c’est une invention moderne, comme de parler de la French Colony alors que ça n’a jamais été qu’un comptoir.
On le laisse sinon on y serait encore.

On rentre se reposer, mais il est trop tard, la fatigue est passée.

On fait un tour à pied pour des photos et pour les jambes de Véro.
Rue Candappa, rue Sina Subrya Pillai, rue Laporte.
Arrêt chez le couturier pour récupérer des ourlets de  jeans , rue Montorsier, Mission et à nouveau rue Candappa.

Il fait toujours horriblement chaud.
Véro va prendre une douche en attendant la masseuse.

Coup de sonnette, je pense que c’est la masseuse.
Je descends, ce sont les enfants de nos charmants voisins qui tout polis me demandent l’autorisation de monter sur la terrasse pour récupérer un diabolo qui a été envoyé là par un adulte depuis Sita.
Je monte jusque sur la terrasse avec eux. Ils relancent le diabolo à un adulte qui le récupère chez Sita et que je regarde pour constater qu’il ne formule aucune excuse, aucun remerciement, qui se ressemble s’assemble.
Les enfants eux par contre, peut-être par trouille, se confondent en excuses pour le dérangement et en remerciements. Je leur dis que je suis étonné de leur politesse d’aujourd’hui, alors qu’ils passent régulièrement à côté de moi sans me voir ainsi que leurs parents.
Je les raccompagne au rez-de-chaussée pour leur ouvrir.
Je remonte à l’appart et je n’ai pas le temps d’expliquer à Véro cette petite aventure, la sonnette retentit de nouveau, cette fois c’est la masseuse, je redescends et je remonte.

Je suis crevé, par cette chaleur, je n’ai plus le courage de rien et je regarde à la télé la série débile « Les marches du Palais » qui passe et rapace ici depuis des années.

Je raccompagne la masseuse lorsqu’elle repart et en bas, je m’aperçois que j’ai oublié de prendre la clé de la moto pour la rentrer, je remonte et je redescends.

On mange.

Soupe de noodles et bananes.

Véro n’a plus la force de cuisiner. Ça peut vous donner une idée de la chaleur.

Les photos sont ici. Il y en a peu car avec la chaleur ça devient un véritable effort et aussi une réelle difficulté car la lumière est dure, difficile et il y a peu de gens dans les rues et ceux qui sont dehors, marchent à l'ombre ...

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