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| Sur la terrasse du Café de la Promenade |
Lever 7h30.
On profite de la fraîcheur car on
sait ce qui nous attend de l’autre côté de la porte.
Une atmosphère de sortie de four.
Je remplis la bouteille d’eau
pour la cuisine, il est près de 8h et il n’y a presque plus de pression.
La femme de ménage nettoie la
grille d’entrée. Elle ne me voit pas ou fait celle qui ne me voit pas. Je lui
dis bonjour et sa tête d’esclave résignée devient un magnifique sourire comme
un bonheur qui tout à coup se greffe sur son visage.
De vieille femme elle redevient
jeune.
Rue mission, le marchand de lait
et son copain.
La femme aux sacs n’est pas là.
Elle est peut-être partie en WE.
Magnifique Kolam blanc devant la
maison La fontaine.
Une voiture de police s’apprête à
rentrer dans l’évêché. Elle s’arrête, des hommes en civil descendent et vont se
positionner aux côtés d’une grosse voiture blanche qui suit et derrière elle un
faux minibus Mercedes sur lequel il est marqué « Traveller » et duquel
descendent des soldats en tenue de
combat, pistolet-mitrailleur au poing.
Je ne sais pas qui est dans la
voiture, mais ça semble être un gros poisson.
La femme au sari bleu est assise
contre le battant du petit portail de la cathédrale. Elle n’a pas l’air d’aller
très fort. Un mendiant est assis sur les marches.
Une mendiante de l’autre côté et
personne d’autre.
La marchande de noix de coco est
là avec son enfant qui semble se préparer pour l’école. Il est bien habillé,
mais ce n’est pas un uniforme d’écolier.
Le petit débit de thé et la
petite épicerie sont ouverts Rue Ranga Pillai.
Le soleil frappe déjà si fort que
c’est comme s’il m’empêchait d’avancer, un peu le même effet que peut faire un
vent de face.
Une bouse bien rangée sur le
côté.
Le quai.
Le Hot bread, deux jeunes indiens
prennent leur petit-déjeuner. Je prends mon Boolish.
Je remonte le quai.
Une équipe de tracteur benne
nettoie le quai devant Cottage Industrie.
Il y a du monde à la
station-service c’est le WE qui commence.
Personne à l’arrêt de bus, un
tempo s’arrête et se vide de ses passagers.
Je prends la rue Saint Ange et
tout de suite à droite la rue Capitaine Marius Xavier. J’aurais pu remonter la
rue Saint Ange jusqu’à la cathédrale et revenir par rue Missions. Mais j’aime
bien la fin de la rue Capitaine Marius Xavier entre la rue Laporte et la rue
Candappa. Je trouve que cette partie a le charme d’un petit campo, la rue
s’élargit comme une petite place et puis
continue en se rétrécissant, après la rue Montorsier, la belle maison,
de la verdure, de la fraîcheur.
En attendant dans sa première
partie, elle fait plutôt penser à la rue d’un faubourg douteux.
Des hommes sortent l’un après
l’autre d’un portillon métallique qui
donne sur un vaste espace entre la rue et le quai.
Je suis étonné parce que je
n’avais jamais remarqué ce lieu et j’ai l’impression qu’il y a là derrière
quelque chose qui pourrait être proche d’un bidonville dissimulé. Je n’ose pas
entrer pour voir.
Un peu plus loin sur la droite là
où disparaît le petit canal, c’est à dire l’autre bout de la rue Petit Canal,
il y a le fabricant de cercueils.
La mode semble être aux cercueils
métalliques si j’en juge par l’empilement qu’il y a dans la rue. Des tôles très
brillantes qui forme la caisse. Le luxe c’est le cercueil vitrine, il y en a un
justement, qui permet de voir tout le corps.
Un peu plus loin sur la gauche
un long mur borde la rue et sur la
droite des arrières de bâtiments.
Le mur sert bien sûr de
pissotière. Il y a aussi un point d’eau près duquel un homme lave une Innova
grise.
Après la rue Laporte j’arrive sur
l’élargissement formé avec la rue Surcouf. Les immeubles sont peints, il y a
une petite maison verte, et en face la Gallery Café. Ce coin a beaucoup de
charme.
Un homme ouvre la porte
métallique d’un garage qui a été transformé en pièce de vente pour Gallery Café
et qui apporte de la lumière par une grande grille métallique.
Voilà, j’arrive rue Candappa.
Un auto-rickshaw attend des
enfants qui vont à l’école.
Il y a deux enfants du même
âge, l’un tout encostumé pour l’école et
fier de l’être et l’autre habillé comme un enfant de milieu modeste.
Le premier monte dans le rickshaw
qui démarre. Le second reste avec un homme sur la chaussée.
Tout de suite je pense au Sahara,
à ces enfants qu’on voyait dans les maisons et qui étaient soit disant des
cousins éloignés, mais qui en fait, étaient les esclaves de la maison.
La femme de ménage est toujours
là avec son sourire d’être humain, heureux qu’on se rende compte de son
existence.
Petit-dèj
Courses chez Pothys, mais juste
avant on prend un thé devant chez Pothys évidemment.
On revient poser tout ça à
l’appart.
La femme de ménage est là
justement, avec son sourire radieux.
On repart, Véro est toujours à la
recherche d’un haut pour aller avec le pantalon qu’elle a acheté hier.
On se gare pile devant chez
Titanic rue Ambalathadaiyar Madam. Rien chez Titanic, rien chez Kalki
Véro abandonne et on fait les
deux magasins Hidesign pour le sac de Maria.
Dans les deux, beaucoup d’Indiens
qui achètent des sacs en cuir. Manifestement ils roulent la caisse et ne
semblent pas manquer d’argent. Ce ne sont pas les ploucs de Pondy, mais des
Indiens des grandes villes en tenue occidentale.
Il est près de midi et la seule
chose qu’on ait trouvée dans les magasins c’est la fraîcheur de la clim.
On décide d’aller déjeuner au
Spot Surguru car on sait que là ils n’hésitent pas sur la clim.
On prend un Thali Spécial
Surguru. C’est ce qui permet de mieux choisir ce qu’on veut manger à côté du
riz blanc.
Une petite soupe pour commencer
comme dans le Gers, puis le thali avec tous ses petits plats qu’on mélange au
riz selon notre goût. À la fin, une glace.
On revient à l’appart pour le
café et pour se reposer.
La chaleur est terrible et l’on
n’a pas envie de bouger.
Cependant Véro se met à peindre.
Puis vers 17h on va sur la
promenade Goubert car on est samedi et il va y avoir du monde.
C’est le cas.
Il y a même deux Sadhus assis sur
la murette du quai. Véro veut les prendre en photo mais je n’ai pas de monnaie.
J’achète un verre en carton contenant des morceaux de pastèque.
Je viens m’asseoir à côté d’eux
et ils essayent de me faire comprendre qu’ils ne veulent pas d’argent mais de
quoi manger.
Mais on ne sait pas quoi leur
acheter. On leur demande si parmi les marchands sur la plage il y a quelque
chose qu’ils aimeraient, mais non on n’arrive pas à se comprendre vraiment..
Je leur laisse 10 roupies chacun
et celui qui est près de moi me pose sa main sur la tête en disant « God
bless you ». On les laisse, j’espère que le God va pas trop me blesser,
avec les dieux il vaut mieux se méfier.
On fait toute la longueur de la
promenade dans la lumière qui baisse et puis on revient, là c’est fini plus de
lumière, il n’est que 17h30.
Près du café deux images ont été
mises l’une datant du XIXème siècle et représentant le café comme bâtiment du
port et la jetée qui a maintenant disparue et un bateau à vapeur au bout de la
jetée. Et en dessous une autre image, le café aujourd’hui, c’est très sympa de
voir ces deux images dans le temps.
Dans la rue de Bussy il y a aussi
le même type d’image une ancienne et une récente, pour la récente ils ont dû
prendre même pas un photographe
stagiaire tellement elle est moche. C’est dommage car l’idée était bonne.
On revient et on s’arrête au
petit marché qui fait l’angle de la rue Bussy et MG road. Véro veut acheter des
bananes pour compléter sa salade de fruits qu’elle a préparée en début
d’après-midi.
Ce soir, on a l’impression qu’il
fait meilleur. Plus d’air, une chaleur moins étouffante.
Soupe de noodles et salades de
fruits avec des mozambis

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