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samedi 22 mars 2014

Marche à l'ombre

Sur la terrasse du Café de la Promenade
  
Lever 7h30.
On profite de la fraîcheur car on sait ce qui nous attend de l’autre côté de la porte.
Une atmosphère de sortie de four.

Je remplis la bouteille d’eau pour la cuisine, il est près de 8h et il n’y a presque plus de pression.

La femme de ménage nettoie la grille d’entrée. Elle ne me voit pas ou fait celle qui ne me voit pas. Je lui dis bonjour et sa tête d’esclave résignée devient un magnifique sourire comme un bonheur qui tout à coup se greffe sur son visage.
De vieille femme elle redevient jeune.

Rue mission, le marchand de lait et son copain.
La femme aux sacs n’est pas là. Elle est peut-être partie en WE.
Magnifique Kolam blanc devant la maison La fontaine.

Une voiture de police s’apprête à rentrer dans l’évêché. Elle s’arrête, des hommes en civil descendent et vont se positionner aux côtés d’une grosse voiture blanche qui suit et derrière elle un faux minibus Mercedes sur lequel il est marqué « Traveller » et duquel descendent des soldats en tenue  de combat, pistolet-mitrailleur au poing.
Je ne sais pas qui est dans la voiture, mais ça semble être un gros poisson.

La femme au sari bleu est assise contre le battant du petit portail de la cathédrale. Elle n’a pas l’air d’aller très fort. Un mendiant est assis sur les marches.
Une mendiante de l’autre côté et personne d’autre.

La marchande de noix de coco est là avec son enfant qui semble se préparer pour l’école. Il est bien habillé, mais ce n’est pas un uniforme d’écolier.

Le petit débit de thé et la petite épicerie sont ouverts Rue Ranga Pillai.

Le soleil frappe déjà si fort que c’est comme s’il m’empêchait d’avancer, un peu le même effet que peut faire un vent de face.

Une bouse bien rangée sur le côté.

Le quai.

Le Hot bread, deux jeunes indiens prennent leur petit-déjeuner. Je prends mon Boolish.

Je remonte le quai.

Une équipe de tracteur benne nettoie le quai devant Cottage Industrie.
Il y a du monde à la station-service c’est le WE qui commence.

Personne à l’arrêt de bus, un tempo s’arrête et se vide de ses passagers.
Je prends la rue Saint Ange et tout de suite à droite la rue Capitaine Marius Xavier. J’aurais pu remonter la rue Saint Ange jusqu’à la cathédrale et revenir par rue Missions. Mais j’aime bien la fin de la rue Capitaine Marius Xavier entre la rue Laporte et la rue Candappa. Je trouve que cette partie a le charme d’un petit campo, la rue s’élargit comme une petite place et puis  continue en se rétrécissant, après la rue Montorsier, la belle maison, de la verdure, de la  fraîcheur.

En attendant dans sa première partie, elle fait plutôt penser à la rue d’un faubourg douteux.
Des hommes sortent l’un après l’autre d’un portillon métallique qui  donne sur un vaste espace entre la rue et le quai.
Je suis étonné parce que je n’avais jamais remarqué ce lieu et j’ai l’impression qu’il y a là derrière quelque chose qui pourrait être proche d’un bidonville dissimulé. Je n’ose pas entrer pour voir.

Un peu plus loin sur la droite là où disparaît le petit canal, c’est à dire l’autre bout de la rue Petit Canal, il y a le fabricant de cercueils.
La mode semble être aux cercueils métalliques si j’en juge par l’empilement qu’il y a dans la rue. Des tôles très brillantes qui forme la caisse. Le luxe c’est le cercueil vitrine, il y en a un justement, qui permet de voir tout le corps.

Un peu plus loin sur la gauche un  long mur borde la rue et sur la droite des arrières de bâtiments.
Le mur sert bien sûr de pissotière. Il y a aussi un point d’eau près duquel un homme lave une Innova grise.

Après la rue Laporte j’arrive sur l’élargissement formé avec la rue Surcouf. Les immeubles sont peints, il y a une petite maison verte, et en face la Gallery Café. Ce coin a beaucoup de charme.

Un homme ouvre la porte métallique d’un garage qui a été transformé en pièce de vente pour Gallery Café et qui apporte de la lumière par une grande grille métallique.

Voilà, j’arrive rue Candappa.
Un auto-rickshaw attend des enfants qui vont à l’école.
Il y a deux enfants du même âge,  l’un tout encostumé pour l’école et fier de l’être et l’autre habillé comme un enfant de milieu modeste.
Le premier monte dans le rickshaw qui démarre. Le second reste avec un homme sur la chaussée.
Tout de suite je pense au Sahara, à ces enfants qu’on voyait dans les maisons et qui étaient soit disant des cousins éloignés, mais qui en fait, étaient les esclaves de la maison.



La femme de ménage est toujours là avec son sourire d’être humain, heureux qu’on se rende compte de son existence.

Petit-dèj

Courses chez Pothys, mais juste avant on prend un thé devant chez Pothys évidemment.

On revient poser tout ça à l’appart.

La femme de ménage est là justement, avec son sourire radieux.

On repart, Véro est toujours à la recherche d’un haut pour aller avec le pantalon qu’elle a acheté hier.

On se gare pile devant chez Titanic rue Ambalathadaiyar Madam. Rien chez Titanic, rien chez Kalki
Véro abandonne et on fait les deux magasins Hidesign pour le sac de Maria.
Dans les deux, beaucoup d’Indiens qui achètent des sacs en cuir. Manifestement ils roulent la caisse et ne semblent pas manquer d’argent. Ce ne sont pas les ploucs de Pondy, mais des Indiens des grandes villes en tenue occidentale.

Il est près de midi et la seule chose qu’on ait trouvée dans les magasins c’est la fraîcheur de la clim.
On décide d’aller déjeuner au Spot Surguru car on sait que là ils n’hésitent pas sur la clim.

On prend un Thali Spécial Surguru. C’est ce qui permet de mieux choisir ce qu’on veut manger à côté du riz blanc.
Une petite soupe pour commencer comme dans le Gers, puis le thali avec tous ses petits plats qu’on mélange au riz selon notre goût. À la fin, une glace.


On revient à l’appart pour le café et pour se reposer.

La chaleur est terrible et l’on n’a pas envie de bouger.

Cependant Véro se met à peindre.


Puis vers 17h on va sur la promenade Goubert car on est samedi et il va y avoir du monde.
C’est le cas.
Il y a même deux Sadhus assis sur la murette du quai. Véro veut les prendre en photo mais je n’ai pas de monnaie. J’achète un verre en carton contenant des morceaux de pastèque.

Je viens m’asseoir à côté d’eux et ils essayent de me faire comprendre qu’ils ne veulent pas d’argent mais de quoi manger.
Mais on ne sait pas quoi leur acheter. On leur demande si parmi les marchands sur la plage il y a quelque chose qu’ils aimeraient, mais non on n’arrive pas à se comprendre vraiment..
Je leur laisse 10 roupies chacun et celui qui est près de moi me pose sa main sur la tête en disant « God bless you ». On les laisse, j’espère que le God va pas trop me blesser, avec les dieux il vaut mieux se méfier.

On fait toute la longueur de la promenade dans la lumière qui baisse et puis on revient, là c’est fini plus de lumière, il n’est que 17h30.

Près du café deux images ont été mises l’une datant du XIXème siècle et représentant le café comme bâtiment du port et la jetée qui a maintenant disparue et un bateau à vapeur au bout de la jetée. Et en dessous une autre image, le café aujourd’hui, c’est très sympa de voir ces deux images dans le temps.

Dans la rue de Bussy il y a aussi le même type d’image une ancienne et une récente, pour la récente ils ont dû prendre même  pas un photographe stagiaire tellement elle est moche. C’est dommage car l’idée était bonne.


On revient et on s’arrête au petit marché qui fait l’angle de la rue Bussy et MG road. Véro veut acheter des bananes pour compléter sa salade de fruits qu’elle a préparée en début d’après-midi.

Ce soir, on a l’impression qu’il fait meilleur. Plus d’air, une chaleur moins étouffante.
  

Soupe de noodles et salades de fruits avec des mozambis

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