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lundi 17 mars 2014

Lundi fournaise

Le lycée Français
  
Lever 7h

Il est 18h et je n’ai encore rien écrit. La chaleur ne nous donne pas une grande motivation. Sauf Véro, qui bosse toujours son aquarelle, malgré son mal de jambes.

 Je vais au pain. Je prends de l’eau pour la cuisine.

Rue Mission, le marchand de lait et son copain le mendiant qui a beaucoup de sacs autour de lui ce matin.

La femme aux sacs fouille dans un sac plus grand que les autres, c’est comme si tous ces gens recherchaient, dans des sacs jetés, des trésors.

Par exemple un peu plus loin un homme a récupéré des bouteilles de bière, qu’il va certainement pouvoir négocier contre quelques roupies.

Rue Laporte, l’homme que je confonds avec Beware of dogs entre dans sa maison avec son Berger Allemand.

Rue petit canal une fumée noire monte d’un foyer.

La femme en sari bleu  est là au premier portail de la cathédrale, les mendiants assis sur les marches, la marchande de lait qui s’apprête à partir en montant dans un auto-rickshaw, les mendiantes assises sur les marches du dernier portail.

Pas de noix de coco ce matin devant le lit de la marchande. L’enfant en short et torse nu apporte des bouteilles d’eau qu’il est allé remplir à l’école à côté. Son cartable est posé sur le lit.

Le camion de banana world est encore là.

La petite boutique de thé n’est pas ouverte.

Beaucoup de fournisseurs pour le magasin de fruits et légumes de la rue Ranga Pillai, ça limite la largeur de la rue.

Des bouses écrasées ou intactes.

Calme sur le quai, peu de consommateurs au Cool Cat. Pas de consommateur au Hot Bread.
Au comptoir, je suis seul et je présente mon Boolish et comme tous les matins on me demande si je le veux trancher. Comme tous les matins, je dis oui.

Retour par le quai qui est relativement propre.

Pas de voiture à la station-service.

Un homme attend à l’arrêt de bus, un car livre sa cargaison de voyageurs.

Des hommes boivent leur thé sous la halle.

Du monde rue Surcouf, des parents en scoot ou à moto qui transportent leurs enfants et se rendent au lycée français. Aujourd’hui c’est la reprise. Les scoots arrivent de toute part, rue Laporte, rue Montorsier, rue Capitaine Marius Xavier.

Dans cette dernière rue, il y a un homme avec deux Labrador un blanc et un brun.

Je récupère la bouteille d’eau de cuisine et je monte à l’appart.

Petit dèj.

Véro a toujours mal aux jambes, pour qu’elle puisse mettre ses chaussettes de contention, on va chez le petit cordonnier du quai de Cingee  en face du Lycée français pour lui acheter des nus pieds qui ne soient pas des tongs.
Il me fait aussi un petit passant pour ma ceinture et Véro lui laisse une paire de tong en cuir dont la semelle s’est fendue.

On va rendre un livre à l’AF, mais le lundi la bibliothèque est fermée, on avait oublié.

On passe à la pouponnière pour voir sœur carré parce que la personne des photos, veut apporter une aide à la pouponnière.
Elle n’est pas là.
Véro donne aux personnes présente des choses qui restaient de Tambi. Elle voit que le personnel s’occupe bien des enfants.
On va voir à la réception de l’hôpital ST Joseph de Cluny parce qu’on n’a pas bien compris si sœur carré n’était pas ici ou simplement pas à la pouponnière.
Ils nous expliquent que pour voir les sœurs c’est dans un bâtiment qui est à la fois dans l’enceinte de l’hôpital, et séparé par un petit muret et qui est la maison des sœurs.
Un homme nous y conduit, sonne et nous laisse.
Une sœur apparaît au bout d’un moment, elle est dans un sari de bonne sœur de couleur saumon et elle a une tête de Thaïlandaise avec un gentil sourire.
Elle nous dit que sœur carré n’est pas là, elle est chez l’ophtalmo et qu’elle va revenir vers midi. On lui dit qu’on reviendra à midi.

On passe rue Canteen  et rue Nehru pour voir si le fournisseur de matériel pour artistes a enfin ouvert. Toujours fermé !!!
Véro fait le point avec le marchand de cycles, pour lui ce sera encore fermé toute la semaine.
Elle va voir en face, mais il n’y a rien qui puisse convenir.

On passe à la galerie voir si Abel  aurait du stock pour dépanner Véro.

Il est là, en train de nettoyer le sol de la galerie.
Il a deux tubes qui peuvent aider Véro. Il va essayer de joindre le proprio du magasin pour comprendre et il nous rappellera.

Il est 11h, on retourne à l’appart pour attendre midi.
On regarde les info de TV matin parce qu’on les a en direct. À 11h30 on a le journal de 7h. On est intéressé par la disparition du Boeing parce que dans 15 jours précises nous aussi on prend l’avion et on aimerait bien avoir une explication sur ce qui s’est passé, d’ici là.

Midi on retourne à la pouponnière.

On sonne chez les sœurs et c’est sœur carré qui vient.  Elle, à la différence de l’autre est tout habillée de blanc. On lui avait dit qu’on allait revenir.
Elle nous reconnaît.
Je l’aime bien, parce que, pour une bonne sœur, elle ne nous la fait pas cucul et bondieuseries. Elle est plus dans le registre ours sympathique, mais fait gaffe quand même.
On lui explique.
Une aide ponctuelle de la part de la personne pour laquelle nous sommes déjà venus  pour faire les photos.

Elle nous fait entrer dans une pièce qui est en fait une salle d’attente meublée par 5 ou 6 fauteuils en plastique blancs de jardin et une petite table ronde, recouverte d’un napperon fait au crochet, rien que de le voir avec son aspect laineux j’ai la nausée.
Il fait trop chaud dans la pièce, je mets le fan.

C’est un petite pièce, très haute de plafond.
Il y a un planisphère qui représente le monde et sur laquelle il y a un titre en gros caractères « Go, teach the world ». Tout un programme.
A environ 2m50 du sol il y a une vitrine avec des choses dedans qu’on ne voit pas évidemment.

Comme le temps d’attente est long, on appréhende que ça se passe comme au Sri Lanka, c’est dire que l’administration de l’orphelinat prépare une liste interminable des besoins et ça nous fait chier parce qu’on a déjà donné. Aller courir les magasins pour satisfaire ces demandes, on n’en a pas envie, pas plus qu’on a envie d’acheter, de véhiculer et de distribuer 800kg de bouffe comme on l’a fait pour des Tamouls du Sri Lanka à la fin de la guerre.
Ces actions là, on n’en veut plus, ça ne sert à rien.

Sœur Carré réapparaît et n’a qu’une question : Quel est votre budget ?

Comme nous pensons qu’il ne faut pas se lancer dans des opérations trop onéreuses pour des gens qu’on ne connaît pas, même s’il y a des enfants, on dit environ 10 000 roupies soit 120€.

Elle repart.
On attend à nouveau.

Puis elle revient, s’assied dans un des fauteuils et dit : En fait on a besoin d’un frigo c’est entre 14 000 et 15 000 roupies. Environ 180€
Sacrée sœur carré, toujours aussi directe, moi je pense qu’elle est du nord de l’Europe, Hollandaise peut-être ou bien Australienne ou de culture anglo saxonne pour être aussi directe. Véro la voit plus basanée, plus mélangée, Indienne peut-être. On ne sait plus vraiment voir ce genre de différence.

On lui dit qu’on va voir, ce n’est pas nous qui voulons financer, on ne sert que d’intermédiaire, on va en faire part à la personne qui veut aider la pouponnière et on lui donnera la réponse.

Par rapport à notre expérience, c’est une demande réaliste, car ici un frigo, c’est comme un placard pour protéger un tas d’aliments des fourmis par exemple, le lait des bébés, le sucre et tout ce qu’on laisserait tout simplement sur une étagère, mais qui ici doit être dans un frigo.

Sœur carrée qui y croit, nous dit qu’elle ne sera pas là le WE prochain les 21,22,23, 24. On lui dit que de toute façon nous on part le 30. On lui dit qu’il faudra nous remettre un reçu pour l’argent et ensuite une copie de la facture du frigo. Ça ne semble pas lui poser de problème.

On la laisse

On va déjeuner à Kafé Express qui est rue Dumas. La salle de restaurant est très moderne et climatisée. On y mange des parotas qui ne sont pas mauvaises, mais difficile à digérer, c’est ce dont se souviendra Véro cet après-midi, mais trop tard.

Retour à l’appart.
Repos.
Aquarelle.



Puis on sort pour faire un tour sur la promenade Goubert. Il fait encore chaud et l’on revient par la ville Blanche, Parc Barathi, rue Dumas puis rue Surcouf.
Sur le quai on passe chez le cordonnier récupérer les chaussures de Véro.

On traverse le canal et l’on prend la rue Laporte. Le couturier a fini le travail que Véro lui a donné.

On revient par la rue Montorsier.

Avant de monter à l’appart, on prend la moto pour aller chez Hidesign voir s’ils ont le sac pour Maria. Non, mais l’homme confirme bien à Véro qu’il l’appellera dès qu’il l’aura.

Retour à l’appart.
Les info TV5 de 18h, puis complément d’enquête avec George Clooney, sur la spoliation des Juifs par les Allemands pendant la dernière guerre. Je pensais qu’on parlerait de la famille qui tient BMW et qui a échappé on ne sait comment au procès de Nuremberg, mais non, c’est toujours oublié.


Dîner

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