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| Le lycée Français |
Lever 7h
Il est 18h et je n’ai encore rien
écrit. La chaleur ne nous donne pas une grande motivation. Sauf Véro, qui bosse
toujours son aquarelle, malgré son mal de jambes.
Je vais au pain. Je prends de l’eau pour la
cuisine.
Rue Mission, le marchand de lait
et son copain le mendiant qui a beaucoup de sacs autour de lui ce matin.
La femme aux sacs fouille dans un
sac plus grand que les autres, c’est comme si tous ces gens recherchaient, dans
des sacs jetés, des trésors.
Par exemple un peu plus loin un
homme a récupéré des bouteilles de bière, qu’il va certainement pouvoir
négocier contre quelques roupies.
Rue Laporte, l’homme que je
confonds avec Beware of dogs entre dans sa maison avec son Berger Allemand.
Rue petit canal une fumée noire
monte d’un foyer.
La femme en sari bleu est là au premier portail de la cathédrale,
les mendiants assis sur les marches, la marchande de lait qui s’apprête à
partir en montant dans un auto-rickshaw, les mendiantes assises sur les marches
du dernier portail.
Pas de noix de coco ce matin
devant le lit de la marchande. L’enfant en short et torse nu apporte des
bouteilles d’eau qu’il est allé remplir à l’école à côté. Son cartable est posé
sur le lit.
Le camion de banana world est
encore là.
La petite boutique de thé n’est
pas ouverte.
Beaucoup de fournisseurs pour le
magasin de fruits et légumes de la rue Ranga Pillai, ça limite la largeur de la
rue.
Des bouses écrasées ou intactes.
Calme sur le quai, peu de
consommateurs au Cool Cat. Pas de consommateur au Hot Bread.
Au comptoir, je suis seul et je
présente mon Boolish et comme tous les matins on me demande si je le veux
trancher. Comme tous les matins, je dis oui.
Retour par le quai qui est
relativement propre.
Pas de voiture à la station-service.
Un homme attend à l’arrêt de bus,
un car livre sa cargaison de voyageurs.
Des hommes boivent leur thé sous
la halle.
Du monde rue Surcouf, des parents
en scoot ou à moto qui transportent leurs enfants et se rendent au lycée
français. Aujourd’hui c’est la reprise. Les scoots arrivent de toute part, rue
Laporte, rue Montorsier, rue Capitaine Marius Xavier.
Dans cette dernière rue, il y a
un homme avec deux Labrador un blanc et un brun.
Je récupère la bouteille d’eau de
cuisine et je monte à l’appart.
Petit dèj.
Véro a toujours mal aux jambes,
pour qu’elle puisse mettre ses chaussettes de contention, on va chez le petit
cordonnier du quai de Cingee en face du
Lycée français pour lui acheter des nus pieds qui ne soient pas des tongs.
Il me fait aussi un petit passant
pour ma ceinture et Véro lui laisse une paire de tong en cuir dont la semelle
s’est fendue.
On va rendre un livre à l’AF,
mais le lundi la bibliothèque est fermée, on avait oublié.
On passe à la pouponnière pour
voir sœur carré parce que la personne des photos, veut apporter une aide à la
pouponnière.
Elle n’est pas là.
Véro donne aux personnes présente
des choses qui restaient de Tambi. Elle voit que le personnel s’occupe bien des
enfants.
On va voir à la réception de
l’hôpital ST Joseph de Cluny parce qu’on n’a pas bien compris si sœur carré
n’était pas ici ou simplement pas à la pouponnière.
Ils nous expliquent que pour voir
les sœurs c’est dans un bâtiment qui est à la fois dans l’enceinte de
l’hôpital, et séparé par un petit muret et qui est la maison des sœurs.
Un homme nous y conduit, sonne et
nous laisse.
Une sœur apparaît au bout d’un
moment, elle est dans un sari de bonne sœur de couleur saumon et elle a une
tête de Thaïlandaise avec un gentil sourire.
Elle nous dit que sœur carré
n’est pas là, elle est chez l’ophtalmo et qu’elle va revenir vers midi. On lui
dit qu’on reviendra à midi.
On passe rue Canteen et rue Nehru pour voir si le fournisseur de
matériel pour artistes a enfin ouvert. Toujours fermé !!!
Véro fait le point avec le
marchand de cycles, pour lui ce sera encore fermé toute la semaine.
Elle va voir en face, mais il n’y
a rien qui puisse convenir.
On passe à la galerie voir si
Abel aurait du stock pour dépanner Véro.
Il est là, en train de nettoyer
le sol de la galerie.
Il a deux tubes qui peuvent aider
Véro. Il va essayer de joindre le proprio du magasin pour comprendre et il nous
rappellera.
Il est 11h, on retourne à
l’appart pour attendre midi.
On regarde les info de TV matin
parce qu’on les a en direct. À 11h30 on a le journal de 7h. On est intéressé
par la disparition du Boeing parce que dans 15 jours précises nous aussi on
prend l’avion et on aimerait bien avoir une explication sur ce qui s’est passé,
d’ici là.
Midi on retourne à la
pouponnière.
On sonne chez les sœurs et c’est
sœur carré qui vient. Elle, à la
différence de l’autre est tout habillée de blanc. On lui avait dit qu’on allait
revenir.
Elle nous reconnaît.
Je l’aime bien, parce que, pour
une bonne sœur, elle ne nous la fait pas cucul et bondieuseries. Elle est plus
dans le registre ours sympathique, mais fait gaffe quand même.
On lui explique.
Une aide ponctuelle de la part de
la personne pour laquelle nous sommes déjà venus pour faire les photos.
Elle nous fait entrer dans une
pièce qui est en fait une salle d’attente meublée par 5 ou 6 fauteuils en
plastique blancs de jardin et une petite table ronde, recouverte d’un napperon
fait au crochet, rien que de le voir avec son aspect laineux j’ai la nausée.
Il fait trop chaud dans la pièce,
je mets le fan.
C’est un petite pièce, très haute
de plafond.
Il y a un planisphère qui
représente le monde et sur laquelle il y a un titre en gros caractères
« Go, teach the world ». Tout un programme.
A environ 2m50 du sol il y a une
vitrine avec des choses dedans qu’on ne voit pas évidemment.
Comme le temps d’attente est
long, on appréhende que ça se passe comme au Sri Lanka, c’est dire que
l’administration de l’orphelinat prépare une liste interminable des besoins et
ça nous fait chier parce qu’on a déjà donné. Aller courir les magasins pour
satisfaire ces demandes, on n’en a pas envie, pas plus qu’on a envie d’acheter,
de véhiculer et de distribuer 800kg de bouffe comme on l’a fait pour des
Tamouls du Sri Lanka à la fin de la guerre.
Ces actions là, on n’en veut
plus, ça ne sert à rien.
Sœur Carré réapparaît et n’a
qu’une question : Quel est votre budget ?
Comme nous pensons qu’il ne faut
pas se lancer dans des opérations trop onéreuses pour des gens qu’on ne connaît
pas, même s’il y a des enfants, on dit environ 10 000 roupies soit 120€.
Elle repart.
On attend à nouveau.
Puis elle revient, s’assied dans
un des fauteuils et dit : En fait on a besoin d’un frigo c’est entre 14
000 et 15 000 roupies. Environ 180€
Sacrée sœur carré, toujours aussi
directe, moi je pense qu’elle est du nord de l’Europe, Hollandaise peut-être ou
bien Australienne ou de culture anglo saxonne pour être aussi directe. Véro la
voit plus basanée, plus mélangée, Indienne peut-être. On ne sait plus vraiment
voir ce genre de différence.
On lui dit qu’on va voir, ce
n’est pas nous qui voulons financer, on ne sert que d’intermédiaire, on va en
faire part à la personne qui veut aider la pouponnière et on lui donnera la
réponse.
Par rapport à notre expérience,
c’est une demande réaliste, car ici un frigo, c’est comme un placard pour
protéger un tas d’aliments des fourmis par exemple, le lait des bébés, le sucre
et tout ce qu’on laisserait tout simplement sur une étagère, mais qui ici doit
être dans un frigo.
Sœur carrée qui y croit, nous dit
qu’elle ne sera pas là le WE prochain les 21,22,23, 24. On lui dit que de toute
façon nous on part le 30. On lui dit qu’il faudra nous remettre un reçu pour
l’argent et ensuite une copie de la facture du frigo. Ça ne semble pas lui
poser de problème.
On la laisse
On va déjeuner à Kafé Express qui
est rue Dumas. La salle de restaurant est très moderne et climatisée. On y
mange des parotas qui ne sont pas mauvaises, mais difficile à digérer, c’est ce
dont se souviendra Véro cet après-midi, mais trop tard.
Retour à l’appart.
Repos.
Puis on sort pour faire un tour
sur la promenade Goubert. Il fait encore chaud et l’on revient par la ville
Blanche, Parc Barathi, rue Dumas puis rue Surcouf.
Sur le quai on passe chez le
cordonnier récupérer les chaussures de Véro.
On traverse le canal et l’on
prend la rue Laporte. Le couturier a fini le travail que Véro lui a donné.
On revient par la rue Montorsier.
Avant de monter à l’appart, on
prend la moto pour aller chez Hidesign voir s’ils ont le sac pour Maria. Non,
mais l’homme confirme bien à Véro qu’il l’appellera dès qu’il l’aura.
Retour à l’appart.
Les info TV5 de 18h, puis
complément d’enquête avec George Clooney, sur la spoliation des Juifs par les
Allemands pendant la dernière guerre. Je pensais qu’on parlerait de la famille
qui tient BMW et qui a échappé on ne sait comment au procès de Nuremberg, mais
non, c’est toujours oublié.
Dîner


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