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samedi 8 mars 2014

Encore une journée de récupération et ça repart !

Chez l'encadreur

Comme j'ai peint, juste quelques photos que je mets dans le corps de l'article du jour

Lever 7h.
C’est Véro qui se lève en premier, elle a bien dormi et moi aussi.
Elle met en route une lessive.

Ce matin, je me sens suffisamment en forme pour aller au pain à Hot Bread.

Le soleil est déjà dans la rue Candappa.

La femme de ménage de Beware of Dogs balaie les feuilles tombées dans la rue pendant la nuit.

À l’angle des panneaux qui affichaient une propriété en anglais sont maintenant écrits en Tamoul. Les tôles qui servaient de barrières sont maintenant en murs de briques préfabriqués avec au bout une porte en tôle cadenassée.

Je ne sais pas pourquoi, mais ces informations maintenant traduites en tamoul à propos de cette propriété nous donnent à Véro et à moi un sentiment confus.

Le marchand de lait et son ami clochard muni de deux sacs, est là. Il sert un client posé sur son scoot.

La femme aux sacs s’active d’un tas de sacs à l’autre. Il y a entre les deux empilements un couple nouveau qui semble aussi avoir pris possession des lieux.

Rue petit canal un trou a été creusé à la place du lit entreposé, du coup il n’y a plus personne de ce côté du canal, tout le monde s’est réinstallé de l’autre côté.

Un prêtre vêtu de blanc me double en scoot et pénètre dans le jardin de l’évêché.
Un peu plus loin assis sur le trottoir le mendiant au déambulateur est assis et se met sur les épaules un châle. C’est vrai qu’il ne fait pas si chaud ce matin.

Un seul mendiant sur les marches de la cathédrale, quelques femmes assises au niveau de la petite marchande de lait, qui debout discute avec un conducteur d’auto rickshaw, elle a ses cheveux lâchés dans le dos, sans natte simplement regroupé ensemble par un élastique. Elle est mignonne comme ça, mais quand je passe face à elle, elle a un visage étonnamment ingrat.

Un homme est assis et semble se réveiller sur les marches de la boutique Church Gate.

Un tracteur benne traverse la rue Mission et l’on dirait un petit train parce qu’il tire deux bennes.

La femme aux noix de coco est là seule derrière son tas de noix et je vois qu’elle a installé, sur le trottoir derrière les noix, un lit. Ça doit rapporter le commerce de noix de cocos.

Deux voitures dorment sous leur bâche de nuit anti-poussière.

Trois chiens attendent devant Mamala Puram.

Un gendarme en blanc, képi rouge passe à scoot.

Le débit de thé à l’angle de la rue Ranga Pillai est fermé.

Le soleil me vient en pleine face et je ne vois que des ombres venir vers moi.

Les bouses sont déjà bien écrasées.

Le veilleur de nuit du Sun Park lit le journal installé dans la rue sur un fauteuil en plastique.

À l’angle du quai toujours cette odeur pestilentielle.

Sur les marches à la place du clochard un homme assis lit le journal, au Cool Cat même scénario, tous les gens attablés lisent les nouvelles dans la  presse. Les élections indiennes c’est pour ce mois-ci.

Une famille et des couples d’Indiens déjeunent au Hot Bread. Il n’y a personne à la caisse et c’est le caissier en second qui gère ce matin.

Je repars avec mon pain tranché.

C’est le côté droit du quai qui est maintenant défoncé, le côté gauche est à peine refermée par de la terre.

Sur la partie droite, il ressort par intermittence des câbles multicolores pour l’électricité, je suppose, alors que de l’autre côté ce sont toujours d’énormes tubes noirs qui vont servir je pense à la distribution d’eau.

On se serre les uns et les autres pour se faire un petit passage avec les bus, les voitures, les auto rickshaws, les tempos et les motos.

Je regarde venir vers moi sur le quai une superbe volkswagen  conduite par une femme ce qui m’étonne beaucoup et je manque presque la rue Surcouf tellement je suis surpris.

Je ne devrais pas parce que hier soir en rentrant de la promenade Goubert par cette même rue Surcouf, avec Véro nous avons vu sortir d’un portail un peu avant le Lycée Français une modeste Ferrari « coupé », conduite par un Indien.
Ce qui justifie toujours la présence des associations humanitaires qui en vivent. Les Indiens font des choix politiques qui les regardent en donnant priorité à l’argent plutôt qu’à la démocratie. En France même si on ne nous le dit jamais et même si on essaye toujours de nous dire le contraire, on n’est pas très loin de ces choix-là.

Rue Capitaine Marius Xavier, la rue est propre devant le portail de la belle maison, les trois voitures, dont une grosse BM, sont garées sous une sorte de préau. Au bout de la rue un tracteur benne. La femme habituelle est assise sur les marches devant sa maison, elle parle à un homme en face d’elle. Il est appuyé sur la moto qui est elle-même appuyée sur sa béquille latérale.
En face aussi assis sur les marches devant sa maison un homme est posé les bras croisés.

Un homme qui tient son Berger Allemand en laisse parle avec une des nettoyeuses de la poubelle en rond de ciment.
J’ai l’impression qu’il lui dit des choses pas sympathiques, c’est difficile à savoir parce que cette langue est dure pour une oreille française. Je ne pense pas que ce soit M. Beware of dogs, parce qu’il ne me salue pas.

Dans la rue Candappa, plusieurs hommes assis chacun devant sa maison, lisent leur journal.

Je regarde pour voir si j’aperçois les voisines du dessous sur leur balcon et je ne vois personne.
Depuis notre retour on ne les a pas vues et l’on se dit qu’elles sont peut-être parties.


Petit dèj, je retrouve un peu d’appétit à manger des choses bonnes le matin.

On se récapitule un peu la journée, rien d’important, passer voir l’encadreur et acheter du café, mais avant aller à l’AF pour rendre des bouquins et en prendre d’autres.

J’ai le courage de me raser ce que je n’avais pas eu depuis notre retour.
On étend la lessive.

On va avec la moto à l’AF

Cette année on est bien accueilli par l’un des gardiens qui nous dit bonjour en français, on a vraiment  l’impression d’être dans un lieu un peu français. Ce directeur aura au moins su obtenir ça.
L’accès aux deux étages de la bibliothèque me crève et j’attends Véro, à l’air sur la terrasse. C’est  l’air marin qui souffle et c’est agréable.

Je regarde sur une terrasse avoisinante, trois occidentaux qui se prennent un bain de soleil, des cinglés, deux mecs et une nana.

Les trous dans la rue refaite sont tellement énormes du fait de la disparition des pavés, qu’ils ont remis des pavés en vrac dans ces mêmes trous, casse gueule assuré.

On va boire un thé en face de chez Pothys où ils sont finalement plus gentils que ceux de Gandhi road.

Puis on reprend la rue Barathi pour aller chez l’encadreur. Je gare la moto.
Les travaux de Véro seront terminés la semaine prochaine.

On va à pied au marché Goubert. Je ne sais si c’est du fait des élections prochaines, mais la rue Barathi derrière le marché Goubert est devenue une rue normale large avec les motos bien garées et sur laquelle on circule bien.
Jusqu’à ces derniers temps c’était une partie de rue qui faisait un mètre de large avec circulation dans les deux sens, au milieu de rangées de motos et de commerçants déballant leurs produits à même le sol. Impossible d’y passer à certaines heures, là maintenant, on croirait un boulevard.

On traverse le marché de fleurs et de légumes, on passe à côté de chez Aroule et l’on file chez le torréfacteur qui torréfie son café sur place. J’en prends demi-kg.



Comme on n’est pas loin nous allons jusqu’à Jaya Emporium c’est le bazar le plus important de Pondy pour voir ce qu’on pourrait ramener aux enfants.


En cherchant bien et en se salissant les mains on fini par trouver des choses qui leur feront peut-être plaisir, au moins au moment de la surprise. Après….

On revient en remontant Nehru street le long du marché Goubert où il y a aussi plein de choses à dénicher.

On reprend la moto et l’on rentre.

Je n’en peux plus ça a  été un peu long pour moi. Je me pose sur le canapé du salon un moment on boit un verre d’eau et l’on repart déjeuner à l’Aristo.

Je laisse la moto près du magasin Casablanca. Véro veut acheter deux petits sacs en tissus à des gypsies qui arpentent tout le jour ce secteur de Nehru street,  trois se précipitent, c’est presque l’émeute.
Véro prend deux sacs, mais on n’a pas l’appoint et elles pas la monnaie. Donc Véro n’en prend qu’un et le règle comptant. Du coup elles nous poursuivent pour qu’elle prenne l’autre et tout à coup, si elle le prend elles ont la monnaie.

On les lâche. On passe devant l’Indian Coffe House qui est toujours en travaux et qui s’apprête à ouvrir la semaine prochaine, comme il y a quinze jours.
On aimerait quand même bien le voir ouvert avant notre départ.

On traverse la rue pour aller à l’Aristo, je me tape à nouveau les deux étages, mais ça va mieux.
Comme je n’ai pas très faim je veux prendre un fish tika et un nan et Véro veut un onglet à l’échalote.
Pas de tandoori aujourd’hui donc pas de fish tika. J’aurai bien aimé parce que ça ne faisait pas beaucoup à manger et que c’est sec et du coup ça m’encourageait.
Véro me conseille un poulet rôti au citron.

Ça va, je le mange et Véro se régale avec son délicieux onglet me dit-elle.

Retour à l’appart pour le café et le repos.

Puis Véro peint. Ça la fatigue et l’énerve de devoir peindre selon un thème, elle n’aime pas ça du tout.
Je lui dis de faire comme elle le sent et elle me dit : mais ça ne ressemblera pas à la fleur.
Je lui dis, « tu t’en fou pour toi c’est comme ça, c’est toi qui peint, on n’a pas à te dire comment faire », et s’ils ne sont pas contents on n’y va pas.
On n’impose pas des choses aux artistes, ils font et on aime où on n’aime pas, c’est tout.
Sinon c’est de l’artisanat tu as une bonne technique un bon coup de crayon et tu fais quelque chose qui fait plaisir aux autres, ce n’est plus de l’art, c’est simplement pour rassasier leur côté, terroir et tradition.
Elle essaye de faire entre les deux et ça la fatigue.
J’espère qu’elle finira par m’écouter, sinon ce n’est plus elle.



Bon on part faire un tour à moto.
Pharmacie pour moi, peinture pour Véro, arrêt mangues jaunes mûres chez le marchand de fruits et légumes, recherche d’un orphelinat Saint Joseph de Cluny près de l’hôpital.
Dans ce quartier il y a  le couvent, l’ouvroir, les écoles, l’hôpital, et une pouponnière « Home children » qui pourrait correspondre à ce que cherche une amie de Véro sur Facebook, qui a été recueillie enfant dans ce lieu.

Il est tard la lumière est parti, on reviendra demain matin pour faire  une photo.

On rentre.


Dîner, soupe de noodles, salade tomates concombres yaourt, salade fruits avec notamment bananes roses, mangues jaunes délicieuses, rien que ça nous ferait revenir à Pondy.

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