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| Soeur carré et les enfants |
Lever 6h, le souci de la mission
humanitaire ou tout simplement le fait d’avoir déjà dormi 8h.
Je prépare tout en attendant
d’aller chercher le pain.
En descendant je prends une
bouteille d’eau pour la cuisine et je la remplis au robinet du rez-de-chaussée.
Antoine arrive sur son scoot
chargé de provisions. Il vient de faire son marché...
Je sors la moto et il me propose
de fermer la grille.
Je remonte la rue Candappa et je
vais jusqu’au quai. Je roule un peu vite pour bénéficier de la fraîcheur
matinale.
Je m’arrête devant Hot Bread, ce
n’est pas encore ouvert et j’attends près de la moto.
Le mendiant au déambulateur vient
me brancher.
Je n’aime pas du tout ce type de
mendicité qui consiste à venir faire chier un occidental sans rien demander aux
Indiens qui comme moi attendent que Hot Bread ouvre.
Lorsqu’il est devant la
cathédrale c’est pour demander l’aumône aux fidèles et il ne fait pas de
différence. Ici il la fait, et je n’aime pas ce racisme qui veut que les
occidentaux soient pleins aux as.
Il finit par se casser car il
sent bien qu’il ne m’impressionne pas du tout, je le connais trop.
Je vois qu’il gagne un coin près
du canal à côté du JVC Café. Compte tenu du bordel que je vois dans ce coin, je
me dis qu’il doit y avoir un nid.
Devant le Hot Bread, il y a un
auto rickshaw avec trois écolières dedans, le conducteur n’est pas là.
Dès que le rideau de fer se
soulève, je vois le conducteur sortir avec un paquet contenant
vraisemblablement des viennoiseries ou des pâtisseries pour le goûter des
demoiselles.
Nous sommes nombreux à pénétrer
parce qu’il y a tous les coursiers des hôtels et des guests houses.
Je ne me presse pas.
Je prends un brown farmer, car
aujourd’hui j’ai les cinq roupies.
Malgré la foule des professionnels
je suis servi rapidement parce que je fais parti des habitués.
Je reviens par l’autre quai et je
prends la rue Surcouf au niveau du Lycée Français.
J’emprunte la rue Capitaine
Marius Xavier tapissée de pétales jaunes.
Au bout à gauche l’homme assis
sur ses marches, à droite la femme elle aussi assise devant chez elle discute
avec un homme assis sur sa moto devant elle.
Rue Candappa.
Le petit dèj
À 8h15 on part pour la pouponnière.
C’est fermé, on passe par
l’hôpital où les entrées sont filtrées pour les Indiens, mais nous avec notre
tête de visa toutes entrées, nous passons sans problème.
On va à la pouponnière où nous
sommes attendus par sœur carré, le personnel, les enfants.
Sœur carré nous donne tout de
suite la facture et nous explique qu’elle a pris un frigo plus grand que celui
qu’elles avaient et qui correspondait à la somme donnée.
Ce frigo vient remplacer l’ancien
qui avait 25 ans d’âge et qui donnait des signes de fatigue et qu’elles
envisageaient de changer.
Ce qui est amusant dans cette
histoire c’est que ça va la conforter dans sa croyance, elle est capable d’y
voir une intervention divine.
Ça ne me dérange pas, c’est son
problème.
Ce qui me dérange quand même,
c’est de me dire qu’elle peut croire qu’on a été instrumentalisés par une
volonté divine.
Ça fait chier de ne pas être
vraiment libre dans la vie.
J’espère que maintenant elle ne
va pas revendre le frigo, pour récupérer l’argent ou qu’elle va nous montrer un
frigo qui ne correspond pas avec la facture qu’elle a très bien pu faire faire
par un commerçant complice et qui viendra la semaine prochaine récupérer le
frigo.
On a déjà tout vu dans ce domaine et même le pire. Alors, c’est pour ça qu’on est toujours sur la réserve.
On a déjà tout vu dans ce domaine et même le pire. Alors, c’est pour ça qu’on est toujours sur la réserve.
Dans ces histoires d’aide, il
faut toujours tout envisager, on n’est jamais sûr de rien, il n’y a que le
temps qui nous dira si on s’est fait avoir ou non. Mais le temps, en principe
on ne l’a pas, on s’en va toujours.
Mais là, on a envie d’avoir confiance car sœur carré inspire la confiance.
Mais là, on a envie d’avoir confiance car sœur carré inspire la confiance.
On est libre d’aller où bon nous
semble dans la pouponnière.
C’est l’heure des biberons pour
les plus petits, bains dans l’évier en porcelaine blanche pour les plus grands,
ceux qui vont à l’école sont déjà prêts, ils sont bien habillés, avec des
affaires propres.
Une petite fille s’accroche à mon
pantalon et je dois la prendre dans mes bras elle doit avoir deux ans et c’est
un poids plume par rapport à Tamby.
Je circule avec elle au milieu des
enfants qui ne nous considèrent pas comme des étrangers, mais simplement comme
des grands.
Je vois la pièce cuisine et je me
dis qu’elle n’est pas bien plus grande que la nôtre ici.
Pour une heure proche du lever,
ça ne sent presque pas la pisse, les enfants semblent être tenus très propres.
Sœur carré bat le rappel.
Tout le monde s’approche dans un
espace étroit comme un couloir qui mène vers deux autres grandes pièces
contenant divers objets, mais presque vide.
C’est dans cet espace étroit qu’à
été mis le fameux frigo. En fait il n’est pas plus grand qu’un frigo normal.
Sœur carré tient à l’ouvrir pour
nous montrer qu’il est abondamment provisionné.
Elle, le personnel, et tous les
enfants se mettent dans ce coin noir. Je donne ma poupée à une femme pour
qu’elle soit aussi sur la photo.
Véro a peu de recul, heureusement
le très grand angle permet de les voir tous, mais le flash lui, ne sait pas que
l’objectif est un très grand angle et il n’éclaire pas partout.
Enfin Véro fait avec.
Sœur carré nous explique qu’elle
veut maintenant une photo de la donatrice pour la coller sur la porte du frigo.
Je la vois bien en pied, avec une
auréole sur la tête ce serait parfait, mais pas facile à réaliser.
Sœur carré va lui demander
elle-même par mail et aussi lui dire de venir, maintenant elle en a trop fait
pour rester chez elle.
Elle nous donne son mail pour que
nous lui envoyions les photos. Elle a l’air très Internet la bonne sœur, elle
doit avoir une connexion satellite, pour Dieu, c’est plus facile.
Véro fait encore quelques photos
des enfants en groupe avec la sœur.
Enfin elle saute au cou de Véro
pour l’embrasser tellement elle est contente, moi elle me sert la main comme un
homme et elle nous dit à l’année prochaine, elle veut nous revoir.
Pour l’instant elle est heureuse
la sœur, et du coup, tout le monde est heureux, le personnel et les enfants qui
nous disent tous gentiment au revoir du haut de l’escalier qui mène à la
pouponnière.
C’est dans la cour qu’on réalise
combien il faisait chaud dans les pièces du haut, on est en nage.
On reprend la moto pour aller au
café des amis, mais il n’est pas encore ouvert.
Véro prend des photos d’une femme
qui coupe les branches d’un flamboyant au 18 de la rue Romain Rolland. Elle va
récupérer les fleurs et les vendre pour les offrandes au temple.
On va au Daily Bread boire un
capuccino en fait on est tellement en nage, qu’on hésite avec une bière, mais
ils n’en font pas.
On repart par la rue Capitaine
Marius Xavier Véro prend des photos de l’image intitulée « Globe
Trottoir ».
On regarde par la porte ouverte
de l’enclos qui contient des masures, on s’avance, il n’y a que des hommes,
mais Véro me fait remarquer qu’il y a des saris qui sèchent.
On a toujours autant
d’incompréhension devant ce lieu qui ressemble à un bidonville dissimulé, à un
squat ...
On revient à l’appart.
Antoine est là et on lui raconte
notre matinée parce que ce matin, il nous a vu partir tôt et il nous dit que sa
femme va de temps en temps à la pouponnière s’occuper des enfants. Lui il ne
peut pas parce qu’à chaque fois, ça le fait pleurer.
Ça c’est une bonne chose que
Sylvie connaisse ce lieu on pourra toujours lui demander si elle est au courant
de l’histoire du frigo.
On voit sortir par la grille une
personne que l’on connaît et qui est sympa, mais qui apparemment fréquente
notre voisine.
Ça nous inquiète.
Elle nous dit qu’Ejoumalé est
chez la voisine.
Puis on le voit descendre avec sa
petite fille et la voisine. Il ne savait pas qu’on habitait là dit-il.
Il est venu apporter des livres
que la voisine lui a achetés. C’est certainement pour ses bonnes œuvres pour
aider un pauvre Indien, et pour cela elle a mis une quantité étonnante de rouge
à lèvre, qui donne immédiatement la nausée à une personne normale, parce que ça
ne va pas du tout avec ses rides.
Compte tenu de l’état de ses
lèvres, on dévisage aussi Ejoumalé …
Ce qui importe pour l’instant
c’est la petite fille d’Ejoumalé qui est une véritable beauté. il en est fier,
et nous dit qu’il a recommencé, il y a 4 mois, un autre bébé pour la rentrée.
On dit au-revoir à Ejoumalé, on
le reverra fin juin début juillet à Gaillon
pour l’expo Aquarel’Eure.
On prend notre repassage qu’on
porte cher le repasseur et l’on va à la galerie ou l’on a rendez-vous avec
Abel.
On lui apprend un peu la nouvelle
concernant la femme d’Ejoumalé, il s’en doutait, mais il nous dit qu’il en
avait entendu parler par des amis, jamais par Ejoumalé.
Ça semble bien confirmer ce qu’on
voit depuis un an, un éloignement d’Abel et Ejoumalé.
On dit au revoir à Abel qu’on
reverra comme Ejoumalé à Gaillon fin juin début juillet pour l’expo
Aquarel’Eure.
On va chez Pothys. MG road, rue
Sainte Thérèse, on traverse Ana Salai ce qui est toujours sportif.
Quelques courses, on limite
maintenant pour aller seulement jusqu’à dimanche.
On fait faire un double de clé,
rue Sinna, pour le cadenas de la malle qu’on laisse ici. Ce sera prêt dans une
demi-heure, on repassera.
On revient à l’appart, on fait
une pause et l’on retourne chercher notre clé.
Il faut l’ajuster longuement
avant qu’elle ouvre réellement le cadenas, puis on va à l’Aristo pour déjeuner.
On se gare rue Ranga Pillai en
face du marchand de fruits et légumes, en revenant on prendra des mangues.
On voit que l’Indian Café n’est
toujours pas ouvert, ce sera pour l’année prochaine.
On s’installe à l’Aristo, il y a
un groupe de 4 personnes, des touristes français qui lisent à haute voix le
Routard sur Auroville. Finalement ils n’ont pas envie d’y aller.
En repartant on prend des
mangues, des kiwis et des pommes pour le craquant de la salade dit Véro.
Café, repos.
Aquarelle, montage et blog.
On ne ressort pas, on en a déjà
fait suffisamment de choses ce matin, et puis le temps est couvert et il fait
particulièrement lourd.
Je vais à pied chez le repasseur.
Véro m’avait dit 5 pièces, mais
en fait il y en avait 6. Je paie pour 6 et je reviens en espérant que la 6ème
ce soit bien à Véro.
J’en profite pour rentrer la
moto.
Véro vérifie, oui tout est à
elle.
J’ai encodé des films, que je
vais essayer de mettre sur Facebook pour le plaisir de se souvenir de notre
trip à moto et filmé avec une Gopro.
Dîner soupe de noodles et salade
de fruits.

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