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mercredi 26 mars 2014

Le frigo qui réchauffe les coeurs

Soeur carré et les enfants
  
Lever 6h, le souci de la mission humanitaire ou tout simplement le fait d’avoir déjà dormi 8h.

Je prépare tout en attendant d’aller chercher le pain.

En descendant je prends une bouteille d’eau pour la cuisine et je la remplis au robinet du rez-de-chaussée.

Antoine arrive sur son scoot chargé de provisions. Il vient de faire son marché...

Je sors la moto et il me propose de fermer la grille.

Je remonte la rue Candappa et je vais jusqu’au quai. Je roule un peu vite pour bénéficier de la fraîcheur matinale.

Je m’arrête devant Hot Bread, ce n’est pas encore ouvert et j’attends près de la moto.

Le mendiant au déambulateur vient me brancher.
Je n’aime pas du tout ce type de mendicité qui consiste à venir faire chier un occidental sans rien demander aux Indiens qui comme moi attendent que Hot Bread ouvre.
Lorsqu’il est devant la cathédrale c’est pour demander l’aumône aux fidèles et il ne fait pas de différence. Ici il la fait, et je n’aime pas ce racisme qui veut que les occidentaux soient pleins aux as.

Il finit par se casser car il sent bien qu’il ne m’impressionne pas du tout, je le connais trop.
Je vois qu’il gagne un coin près du canal à côté du JVC Café. Compte tenu du bordel que je vois dans ce coin, je me dis qu’il doit y avoir un nid.

Devant le Hot Bread, il y a un auto rickshaw avec trois écolières dedans, le conducteur n’est pas là.
Dès que le rideau de fer se soulève, je vois le conducteur sortir avec un paquet contenant vraisemblablement des viennoiseries ou des pâtisseries pour le goûter des demoiselles.

Nous sommes nombreux à pénétrer parce qu’il y a tous les coursiers des hôtels et des guests houses.
Je ne me presse pas.
Je prends un brown farmer, car aujourd’hui j’ai les cinq roupies.
Malgré la foule des professionnels je suis servi rapidement parce que je fais parti des habitués.

Je reviens par l’autre quai et je prends la rue Surcouf au niveau du Lycée Français.
J’emprunte la rue Capitaine Marius Xavier tapissée de pétales jaunes.
Au bout à gauche l’homme assis sur ses marches, à droite la femme elle aussi assise devant chez elle discute avec un homme assis sur sa moto devant elle.

Rue Candappa.

Le petit dèj

À 8h15 on part pour la pouponnière.

C’est fermé, on passe par l’hôpital où les entrées sont filtrées pour les Indiens, mais nous avec notre tête de visa toutes entrées, nous passons sans problème.

On va à la pouponnière où nous sommes attendus par sœur carré, le personnel, les enfants.

Sœur carré nous donne tout de suite la facture et nous explique qu’elle a pris un frigo plus grand que celui qu’elles avaient et qui correspondait à la somme donnée.
Ce frigo vient remplacer l’ancien qui avait 25 ans d’âge et qui donnait des signes de fatigue et qu’elles envisageaient de changer.
Ce qui est amusant dans cette histoire c’est que ça va la conforter dans sa croyance, elle est capable d’y voir une intervention divine.
Ça ne me dérange pas, c’est son problème.
Ce qui me dérange quand même, c’est de me dire qu’elle peut croire qu’on a été instrumentalisés par une volonté divine.
Ça fait chier de ne pas être vraiment libre dans la vie.

J’espère que maintenant elle ne va pas revendre le frigo, pour récupérer l’argent ou qu’elle va nous montrer un frigo qui ne correspond pas avec la facture qu’elle a très bien pu faire faire par un commerçant complice et qui viendra la semaine prochaine récupérer le frigo.
On a déjà tout vu dans ce domaine et même le pire. Alors, c’est pour ça qu’on est toujours sur la réserve.
Dans ces histoires d’aide, il faut toujours tout envisager, on n’est jamais sûr de rien, il n’y a que le temps qui nous dira si on s’est fait avoir ou non. Mais le temps, en principe on ne l’a pas, on s’en va toujours.
Mais là, on a envie d’avoir confiance car sœur carré inspire la confiance.

On est libre d’aller où bon nous semble dans la pouponnière.

C’est l’heure des biberons pour les plus petits, bains dans l’évier en porcelaine blanche pour les plus grands, ceux qui vont à l’école sont déjà prêts, ils sont bien habillés, avec des affaires propres.
Une petite fille s’accroche à mon pantalon et je dois la prendre dans mes bras elle doit avoir deux ans et c’est un poids plume par rapport à Tamby.
Je circule avec elle au milieu des enfants qui ne nous considèrent pas comme des étrangers, mais simplement comme des grands.
Je vois la pièce cuisine et je me dis qu’elle n’est pas bien plus grande que la nôtre ici.
Pour une heure proche du lever, ça ne sent presque pas la pisse, les enfants semblent être tenus très propres.


Sœur carré bat le rappel.

Tout le monde s’approche dans un espace étroit comme un couloir qui mène vers deux autres grandes pièces contenant divers objets, mais presque vide.

C’est dans cet espace étroit qu’à été mis le fameux frigo. En fait il n’est pas  plus grand qu’un frigo normal.
Sœur carré tient à l’ouvrir pour nous montrer qu’il est abondamment provisionné.

Elle, le personnel, et tous les enfants se mettent dans ce coin noir. Je donne ma poupée à une femme pour qu’elle soit aussi  sur la photo.
Véro a peu de recul, heureusement le très grand angle permet de les voir tous, mais le flash lui, ne sait pas que l’objectif est un très grand angle et il n’éclaire pas partout.
Enfin Véro fait avec.

Sœur carré nous explique qu’elle veut maintenant une photo de la donatrice pour la coller sur la porte du frigo.
Je la vois bien en pied, avec une auréole sur la tête ce serait parfait, mais pas facile à réaliser.
Sœur carré va lui demander elle-même par mail et aussi lui dire de venir, maintenant elle en a trop fait pour rester chez elle.

Elle nous donne son mail pour que nous lui envoyions les photos. Elle a l’air très Internet la bonne sœur, elle doit avoir une connexion satellite, pour Dieu, c’est plus facile.

Véro fait encore quelques photos des enfants en groupe avec la sœur.

Enfin elle saute au cou de Véro pour l’embrasser tellement elle est contente, moi elle me sert la main comme un homme et elle nous dit à l’année prochaine, elle veut nous revoir.

Pour l’instant elle est heureuse la sœur, et du coup, tout le monde est heureux, le personnel et les enfants qui nous disent tous gentiment au revoir du haut de l’escalier qui mène à la pouponnière.

C’est dans la cour qu’on réalise combien il faisait chaud dans les pièces du haut, on est en nage.

On reprend la moto pour aller au café des amis, mais il n’est pas encore ouvert.

Véro prend des photos d’une femme qui coupe les branches d’un flamboyant au 18 de la rue Romain Rolland. Elle va récupérer les fleurs et les vendre pour les offrandes au temple.

On va au Daily Bread boire un capuccino en fait on est tellement en nage, qu’on hésite avec une bière, mais ils n’en font pas.

On repart par la rue Capitaine Marius Xavier Véro prend des photos de l’image intitulée « Globe Trottoir ».
On regarde par la porte ouverte de l’enclos qui contient des masures, on s’avance, il n’y a que des hommes, mais Véro me fait remarquer qu’il y a des saris qui sèchent.
On a toujours autant d’incompréhension devant ce lieu qui ressemble à un bidonville dissimulé, à un squat ...


On revient à l’appart.

Antoine est là et on lui raconte notre matinée parce que ce matin, il nous a vu partir tôt et il nous dit que sa femme va de temps en temps à la pouponnière s’occuper des enfants. Lui il ne peut pas parce qu’à chaque fois, ça le fait pleurer.
Ça c’est une bonne chose que Sylvie connaisse ce lieu on pourra toujours lui demander si elle est au courant de l’histoire du frigo.

On voit sortir par la grille une personne que l’on connaît et qui est sympa, mais qui apparemment fréquente notre voisine.
Ça nous inquiète.
Elle nous dit qu’Ejoumalé est chez la voisine.

Puis on le voit descendre avec sa petite fille et la voisine. Il ne savait pas qu’on habitait là dit-il.
Il est venu apporter des livres que la voisine lui a achetés. C’est certainement pour ses bonnes œuvres pour aider un pauvre Indien, et pour cela elle a mis une quantité étonnante de rouge à lèvre, qui donne immédiatement la nausée à une personne normale, parce que ça ne va pas du tout avec ses rides.
Compte tenu de l’état de ses lèvres, on dévisage aussi Ejoumalé …

Ce qui importe pour l’instant c’est la petite fille d’Ejoumalé qui est une véritable beauté. il en est fier, et nous dit qu’il a recommencé, il y a 4 mois, un autre bébé pour la rentrée.

On dit au-revoir à Ejoumalé, on le reverra fin juin début juillet à Gaillon  pour l’expo Aquarel’Eure.


On prend notre repassage qu’on porte cher le repasseur et l’on va à la galerie ou l’on a rendez-vous avec Abel.
On lui apprend un peu la nouvelle concernant la femme d’Ejoumalé, il s’en doutait, mais il nous dit qu’il en avait entendu parler par des amis, jamais par Ejoumalé.
Ça semble bien confirmer ce qu’on voit depuis un an, un éloignement d’Abel et Ejoumalé.
On dit au revoir à Abel qu’on reverra comme Ejoumalé à Gaillon fin juin début juillet pour l’expo Aquarel’Eure.


On va chez Pothys. MG road, rue Sainte Thérèse, on traverse Ana Salai ce qui est toujours sportif.

Quelques courses, on limite maintenant pour aller seulement jusqu’à dimanche.

On fait faire un double de clé, rue Sinna, pour le cadenas de la malle qu’on laisse ici. Ce sera prêt dans une demi-heure, on repassera.

On revient à l’appart, on fait une pause et l’on retourne chercher notre clé.
Il faut l’ajuster longuement avant qu’elle ouvre réellement le cadenas, puis on va à l’Aristo pour déjeuner.
On se gare rue Ranga Pillai en face du marchand de fruits et légumes, en revenant on prendra des mangues.

On voit que l’Indian Café n’est toujours pas ouvert, ce sera pour l’année prochaine.

On s’installe à l’Aristo, il y a un groupe de 4 personnes, des touristes français qui lisent à haute voix le Routard sur Auroville. Finalement ils n’ont pas envie d’y aller.

En repartant on prend des mangues, des kiwis et des pommes pour le craquant de la salade dit Véro.

Café, repos.

Aquarelle, montage et blog.

On ne ressort pas, on en a déjà fait suffisamment de choses ce matin, et puis le temps est couvert et il fait particulièrement lourd.

Je vais à pied chez le repasseur.
Véro m’avait dit 5 pièces, mais en fait il y en avait 6. Je paie pour 6 et je reviens en espérant que la 6ème ce soit bien à Véro.
J’en profite pour rentrer la moto.
Véro vérifie, oui tout est à elle.

J’ai encodé des films, que je vais essayer de mettre sur Facebook pour le plaisir de se souvenir de notre trip à moto et filmé avec une Gopro.



Dîner soupe de noodles et salade de fruits.

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