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| Lumière de fin de journée dans l'appartement |
Pas de photos aujourd'hui, on se rattrapera demain !
On a changé de place dans le lit
pour la nuit et de fait on a mieux géré la clim.
On se lève vers 7h30.
Je vais au pain.
Au pied de l’escalier il y a une
grande enveloppe. C’est ainsi qu’Antoine pose le courrier que l’on reçoit. Je me
demande bien à quelle heure passe le facteur.
Je regarde, c’est un courrier qui
vient de France, mais qui n’est pas pour nous. Ce doit être pour la voisine du
premier et je remarque qu’elle s’appelle Michèle.
Le soleil voilé est déjà installé
dans la rue Candappa.
Devant chez le Dr des enfants un
couple assis sur le trottoir, la femme tient un enfant endormi dans ses bras.
Comme trois larrons, le marchand
de lait, son copain, une femme, tous assis sur le trottoir me regarde passer.
En face d’eux de l’autre côté de
la rue Mission un tracteur benne est arrêté et des ballons de baudruche
fleurissent son capot comme si c’était son anniversaire.
Ibrahim store est ouvert.
À l’angle de la rue Laporte un
auto-rickshaw jaune est stationné et il attrape de face la lumière du soleil,
magnifique.
La femme au sac travaille sur
deux grands sacs. Une femme en rouge est assise près d’elle.
Un peu plus loin un homme assis
semble se réveiller de sa nuit, son sac plastique près de lui.
Regroupement de 4 personnes, trois
hommes et une femme devant la rue Petit Canal, conciliabule du matin.
Deux hommes devant la première
petite entrée de la cathédrale et une femme. Un homme qui sort, un Indien lui
donne une pièce.
La petite marchande de lait n’est
plus là.
Les mendiantes comme chaque matin
m’interpellent, prenant dès qu’elles me voient des poses d’agonie.
Une femme dort devant la porte de
la librairie Focus.
La femme aux noix de coco est
assise sur le trottoir à côté de son tas, son téléphone portable collé à
l’oreille.
L’enfant avec son dhoti jaune est
assis sur le lit et semble se réveiller.
Après l’école en face de Mamala
Protéines, un homme racle le caniveau avec une planche de bois, pour le
nettoyer.
Le camion de Banana World s’en
va.
Le petit débit de thé est ouvert.
De longues guirlandes de sachets de thé, de café, de bonbons, pendent au vent.
Rue Ranga Pillai dans la chaleur
déjà.
Une femme, toute ébouriffée se
lève du trottoir sur lequel elle vient de dormir, son sac plastique à la main
et son téléphone portable à l’oreille. Même dans une vie précaire le portable
est indispensable.
Bouses de la veille, qui décorent
la rue.
Le gardien de nuit du Sun Park
s’est fait piquer son fauteuil par un homme. Lui assis sur le trottoir rempli
un grand cahier comme un livre de compte.
Bouse fraîche et odeur
irrespirable à l’angle du quai.
Un nouveau mendiant sur le
trottoir près de Hot Bread.
Il me voit arriver de loin et me
fait de grands gestes avec les bras pour que je ne le loupe pas. Il est assis
et me montre ses jambes qui ne sont plus que des membres morts et raides.
Il a de bons atouts pour
attendrir et pour survivre par rapport à ceux qui mendient sans aucun handicap
physique.
Un seul client au Hot Bread qui
lit son journal.
Pas de queue au comptoir, c’est
le caissier chef, j’ai le compte juste, tout va très vite.
Je ressors.
Un camion benne est garé et
l’équipe des femmes charge de lourdes bassines de détritus dans la benne,
tandis que le chauffeur est affalé sur son volant.
Un homme me frôle à moto et
s’arrête juste devant moi. Il transporte sa femme, sa fille. La femme descend
et entre dans la cour de Cottage Industrie. Lui continue avec sa fille.
Un bus blanc s’arrête à l’arrêt
de bus.
Une femme se traîne à quatre
pattes sous la petite halle.
De l’agitation devant le centre
médical homéopathique d’Etat.
C’est en face du Lycée Français
que la chaleur commence à vraiment se faire sentir et mes glandes sudoripares à
se mettre en route, surtout dans le dos.
Rue Surcouf un homme dort à
l’angle du quai.
J’ai l’impression que le laurier
rose avec ses boutons de fleurs, va finir confit dans la poussière.
La Galery Café est ouverte.
Des pétales jaunes de fleurs
d’acacia recouvrent la rue Capitaine Marius Xavier, même devant la belle
maison, dans la cour de laquelle la grosse BM n’est pas garée.
Au bout à l’angle avec la rue
Candappa un homme ouvre un petit temple suspendu au mur pour y changer les
offrandes.
Rue Candappa.
Petit dèj.
On va voir Pichaya.
Il est là, mais il doit partir
parce qu’il a eu des difficultés avec le Space. Il a été dénoncé comme servant
de l’alcool alors qu’il n’a pas la licence. Son mignon Daya a fait 3 jours de
prison et lui a du payer une caution pour rester libre, mais il doit tout les
jours se présenter au commissariat.
Il part.
On discute un peu avec J un
copain de Pichaya qui est là et qui cherche du boulot sur Pondy dans le cadre
de la rééducation du langage quelle que soit la situation du patient.
Il nous dit qu’il y a sur Pondy
un établissement qui fait un travail exceptionnel dans ce domaine et il
aimerait bien y bosser.
S’il ne peut bosser ici, il
retournera à Bombay où il a un contrat pour travailler dans ce domaine.
Pour l’instant il aide Pichaya
pour essayer de donner un nouveau souffle au Space.
Il ne connaît Pichaya que depuis
le mois de juillet 2013, ce qui explique sa volonté de l’aider.
On verra le résultat l’année
prochaine.
On part pour Auroville où l’on
veut aller voir une entreprise.
Dimanche dernier on avait repéré
le lieu, donc on y accède facilement.
On nous laisse entrer sans
problème dans une sorte de pépinière d’entreprises avec deux ou trois
bâtiments, et l’on nous indique que c’est le dernier bâtiment que nous
recherchons.
Le bâtiment bleu et blanc n’est
pas identifié comme appartenant à une entreprise.
A l’intérieur on constate qu’il y
a plusieurs activités et même semble-t-il un docteur je ne sais pas en quoi.
Dans le couloir, des hommes sur
des machines à coudre, assemblent des chemises.
Enfin on entre dans un espace qui
doit être ce que l’on cherche.
Sur la gauche, un atelier avec
une dizaine d’hommes et de femmes sur des machines et des femmes qui cousent ou
brodent ou font un travail très précis à la main sur des tissus.
Une grande banque de la hauteur
d’une table avec des fauteuils devant et des hommes derrière, dont un
occidental.
Véro donne le but de notre visite
dire bonjour à la patronne de la part de quelqu’un de sa famille, et après un
flottement on nous fait entrer dans une salle derrière, où il y a une équipe de
5 personnes qui semblent composer le bureau d’études.
On nous fait monter à gauche
quelques marches pour accéder au showroom.
La patronne est là, c’est elle
qu’on vient voir, elle est avec une personne qui est peut-être une cliente.
Véro lui explique.
L’accueil est froid pour ne pas
dire qu’on dérange.
La patronne ne s’occupe plus de
nous.
Véro regarde ce qui est exposé.
Sur Internet elle a vu les prix.
C’est cher, mais elle pense que pour le travail, le prix peut être justifié si
les femmes qui font ce travail exceptionnel sont effectivement payées
correctement.
On quitte le showroom sans que
personne ne nous dise rien.
Véro s’attarde un peu pour
regarder le travail manuel d’une femme, c’est un travail qu’on ne sait plus
faire ou qu’on ne veut plus faire en Occident.
Je regarde une sorte de tableau
du personnel sur lequel il y a une liste de tous les jours de congés prévus en
2014.
Une photo de l’équipe, une
vingtaine de personnes.
On sort.
En face il y a un bâtiment qui
doit servir de cantine. Sur la terrasse, des Indiens sont installés et ouvrent
leur lunch box, il est midi.
On va voir le bijoutier qui est à
côté.
Là, ce n’est pas la même chose.
C’est une petite entreprise telle qu’on peut en voir dans Pondy et les prix
sont ceux de l’Inde. On a vu démarrer cette entreprise, il y a 15 ans.
On va déjeuner au restaurant « Naturellement »
fermé dimanche dernier.
Tout se passe bien jusqu'au
moment du dessert où le tiramisu est servi gelé dur comme une pierre et la
mousse de strawberry est un sorbet à la fraise.
Véro demande pourquoi le
tiramissu est tout « frozen », et la personne lui répond avec un certain irrespect que ça se
sert ainsi.
Lorsque je demande l’addition et
précise à la caisse que je paie en cash, je sens alors l’hostilité, on ne fait
pas partie du nid dans lequel nous nous sommes mis.
On part. Cette fois on a compris.
Il n’y a pas de place pour nous.
Coup de blues, et on se promet de
ne jamais revenir à Auroville sauf à Tanto et à Dental centre si besoin.
C'est trop déprimant ...
C'est trop déprimant ...
Hier le pêcheur qui se disait
communiste, on peut dire que sa spiritualité sans dieu, son utopie, pouvait se
nommer solidarité. L’océan lui ayant appris que tout seul, il n’est rien.
Ici la spiritualité sans dieu,
c’est certainement la spiritualité du chacun pour soi. Qu’est ce que ce
rassemblement de gens surtout intéressés par l’argent peut apporter au monde ?
J’exclue le dental centre dont on
a vu les réalisations et pour lequel nous n'avons aucun doutes.
Echapper au fisc dans ce paradis
fiscal, bénéficier du label Auroville, qui sous entend que l’entreprise apporte
du travail à des femmes et des hommes dans le besoin ... On ne comprend vraiment pas
C’est vrai qu’on aurait aimer
trouver sur Internet ou dans une charte d’Auroville, ou dans un article, (puisque le travail vu ce
matin n’est plus réalisable en Occident) que comme il est dit dans un article à propos du brodeur « Jean-François Lesage, qui produit sur place à Chennai, des
broderies exceptionnelles, que ses 155 brodeurs qui pratiquent leur artisanat à
Vastrakala bénéficient d'un régime social exceptionnel pour le sous-continent.
Leur talent est payé 500 euros mensuels (le salaire moyen de 93 % des Indiens
est de 60 euros).
En contrat à durée indéterminée,
ils bénéficient d'une assurance-maladie, d'un fonds de retraite privé, d'un
soutien pour lutter contre l'endettement, et leurs enfants étudient grâce à un
fonds destiné à financer leur scolarité. »
À quoi ça sert, que cette terre
n’appartienne à personne si elle est
réservée à des élus.
Avant d’être trop catégorique et
porter un jugement définitif, peut-être devrions-nous relire ce que disait Sri
Aurobindo ou la Mère sur la manière de servir le Tiramissu.
Retour à l’appart
Café
Repos pour moi.
On récupère des passes chez
l’encadreur.
On fait quelques courses à
Pothys.
Véro se fait masser par Lakshmi
la masseuse pas l’éléphante.
Dîner de noodles et de salade de
fruits.

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