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jeudi 13 mars 2014

il fait vraiment chaud maintenant.

Lumière de fin de journée dans l'appartement
Pas de photos aujourd'hui, on se rattrapera demain !

On a changé de place dans le lit pour la nuit et de fait on a mieux géré la clim.

On se lève vers 7h30.

Je vais au pain.
Au pied de l’escalier il y a une grande enveloppe. C’est ainsi qu’Antoine pose le courrier que l’on reçoit. Je me demande bien à quelle heure passe le facteur.

Je regarde, c’est un courrier qui vient de France, mais qui n’est pas pour nous. Ce doit être pour la voisine du premier et je remarque qu’elle s’appelle Michèle.

Le soleil voilé est déjà installé dans la rue Candappa.

Devant chez le Dr des enfants un couple assis sur le trottoir, la femme tient un enfant endormi dans ses bras.

Comme trois larrons, le marchand de lait, son copain, une femme, tous assis sur le trottoir me regarde passer.
En face d’eux de l’autre côté de la rue Mission un tracteur benne est arrêté et des ballons de baudruche fleurissent son capot comme si c’était son anniversaire.

Ibrahim store est ouvert.

À l’angle de la rue Laporte un auto-rickshaw jaune est stationné et il attrape de face la lumière du soleil, magnifique.

La femme au sac travaille sur deux grands sacs. Une femme en rouge est assise près d’elle.
Un peu plus loin un homme assis semble se réveiller de sa nuit, son sac plastique près de lui.

Regroupement de 4 personnes, trois hommes et une femme devant la rue Petit Canal, conciliabule du matin.

Deux hommes devant la première petite entrée de la cathédrale et une femme. Un homme qui sort, un Indien lui donne une pièce.
La petite marchande de lait n’est plus là.
Les mendiantes comme chaque matin m’interpellent, prenant dès qu’elles me voient des poses d’agonie.

Une femme dort devant la porte de la librairie Focus.

La femme aux noix de coco est assise sur le trottoir à côté de son tas, son téléphone portable collé à l’oreille.
L’enfant avec son dhoti jaune est assis sur le lit et semble se réveiller.

Après l’école en face de Mamala Protéines, un homme racle le caniveau avec une planche de bois, pour le nettoyer.

Le camion de Banana World s’en va.
Le petit débit de thé est ouvert. De longues guirlandes de sachets de thé, de café, de bonbons,  pendent au vent.

Rue Ranga Pillai dans la chaleur déjà.

Une femme, toute ébouriffée se lève du trottoir sur lequel elle vient de dormir, son sac plastique à la main et son téléphone portable à l’oreille. Même dans une vie précaire le portable est indispensable.

Bouses de la veille, qui décorent la rue.

Le gardien de nuit du Sun Park s’est fait piquer son fauteuil par un homme. Lui assis sur le trottoir rempli un grand cahier comme un livre de compte.

Bouse fraîche et odeur irrespirable à l’angle du quai.

Un nouveau mendiant sur le trottoir près de Hot Bread.
Il me voit arriver de loin et me fait de grands gestes avec les bras pour que je ne le loupe pas. Il est assis et me montre ses jambes qui ne sont plus que des membres morts et raides.
Il a de bons atouts pour attendrir et pour survivre par rapport à ceux qui mendient sans aucun handicap physique.

Un seul client au Hot Bread qui lit son journal.

Pas de queue au comptoir, c’est le caissier chef, j’ai le compte juste, tout va très vite.

Je ressors.

Un camion benne est garé et l’équipe des femmes charge de lourdes bassines de détritus dans la benne, tandis que le chauffeur est affalé sur son volant.

Un homme me frôle à moto et s’arrête juste devant moi. Il transporte sa femme, sa fille. La femme descend et entre dans la cour de Cottage Industrie. Lui continue avec sa fille.

Un bus blanc s’arrête à l’arrêt de bus.

Une femme se traîne à quatre pattes sous la petite halle.

De l’agitation devant le centre médical homéopathique d’Etat.

C’est en face du Lycée Français que la chaleur commence à vraiment se faire sentir et mes glandes sudoripares à se mettre en route, surtout dans le dos.

Rue Surcouf un homme dort à l’angle du quai.
J’ai l’impression que le laurier rose avec ses boutons de fleurs, va finir confit dans la  poussière.

La Galery Café est ouverte.
Des pétales jaunes de fleurs d’acacia recouvrent la rue Capitaine Marius Xavier, même devant la belle maison, dans la cour de laquelle la grosse BM n’est pas garée.

Au bout à l’angle avec la rue Candappa un homme ouvre un petit temple suspendu au mur pour y changer les offrandes.

Rue Candappa.

Petit dèj.

On va voir Pichaya.
Il est là, mais il doit partir parce qu’il a eu des difficultés avec le Space. Il a été dénoncé comme servant de l’alcool alors qu’il n’a pas la licence. Son mignon Daya a fait 3 jours de prison et lui a du payer une caution pour rester libre, mais il doit tout les jours se présenter au commissariat.
Il part.
On discute un peu avec J un copain de Pichaya qui est là et qui cherche du boulot sur Pondy dans le cadre de la rééducation du langage quelle que soit la situation du patient.
Il nous dit qu’il y a sur Pondy un établissement qui fait un travail exceptionnel dans ce domaine et il aimerait bien y bosser.
S’il ne peut bosser ici, il retournera à Bombay où il a un contrat pour travailler dans ce domaine.
Pour l’instant il aide Pichaya pour essayer de donner un nouveau souffle au Space.
Il ne connaît Pichaya que depuis le mois de juillet 2013, ce qui explique sa volonté de l’aider.
On verra le résultat l’année prochaine.

On part pour Auroville où l’on veut aller voir une entreprise.
Dimanche dernier on avait repéré le lieu, donc on y accède facilement.

On nous laisse entrer sans problème dans une sorte de pépinière d’entreprises avec deux ou trois bâtiments, et l’on nous indique que c’est le dernier bâtiment que nous recherchons.
Le bâtiment bleu et blanc n’est pas identifié comme appartenant à une entreprise.
A l’intérieur on constate qu’il y a plusieurs activités et même semble-t-il un docteur je ne sais pas en quoi.

Dans le couloir, des hommes sur des machines à coudre, assemblent des chemises.

Enfin on entre dans un espace qui doit être ce que l’on cherche.
Sur la gauche, un atelier avec une dizaine d’hommes et de femmes sur des machines et des femmes qui cousent ou brodent ou font un travail très précis à la main sur des tissus.  

Une grande banque de la hauteur d’une table avec des fauteuils devant et des hommes derrière, dont un occidental.

Véro donne le but de notre visite dire bonjour à la patronne de la part de quelqu’un de sa famille, et après un flottement on nous fait entrer dans une salle derrière, où il y a une équipe de 5 personnes qui semblent composer le bureau d’études.
On nous fait monter à gauche quelques marches pour accéder au showroom.

La patronne est là, c’est elle qu’on vient voir, elle est avec une personne qui est peut-être une cliente.
Véro lui explique.
L’accueil est froid pour ne pas dire qu’on dérange.
La patronne ne s’occupe plus de nous.
Véro regarde ce qui est exposé.

Sur Internet elle a vu les prix. C’est cher, mais elle pense que pour le travail, le prix peut être justifié si les femmes qui font ce travail exceptionnel sont effectivement payées correctement.

On quitte le showroom sans que personne ne nous dise rien.

Véro s’attarde un peu pour regarder le travail manuel d’une femme, c’est un travail qu’on ne sait plus faire ou qu’on ne veut plus faire en Occident.

Je regarde une sorte de tableau du personnel sur lequel il y a une liste de tous les jours de congés prévus en 2014.
Une photo de l’équipe, une vingtaine de personnes.
  
On sort.

En face il y a un bâtiment qui doit servir de cantine. Sur la terrasse, des Indiens sont installés et ouvrent leur lunch  box, il est midi.

On va voir le bijoutier qui est à côté.
Là, ce n’est pas la même chose. C’est une petite entreprise telle qu’on peut en voir dans Pondy et les prix sont ceux de l’Inde. On a vu démarrer cette entreprise, il y a 15 ans.

On va déjeuner au restaurant « Naturellement » fermé dimanche dernier.
Tout se passe bien jusqu'au moment du dessert où le tiramisu est servi gelé dur comme une pierre et la mousse de strawberry est un sorbet à la fraise.
Véro demande pourquoi le tiramissu est tout « frozen », et la personne  lui répond avec un certain irrespect que ça se sert ainsi.
Lorsque je demande l’addition et précise à la caisse que je paie en cash, je sens alors l’hostilité, on ne fait pas partie du nid dans lequel nous nous sommes mis.

On part. Cette fois on a compris. Il n’y a pas de place pour nous.

Coup de blues, et on se promet de ne jamais revenir à Auroville sauf à Tanto et à Dental centre si besoin.
C'est trop déprimant  ... 

Hier le pêcheur qui se disait communiste, on peut dire que sa spiritualité sans dieu, son utopie, pouvait se nommer solidarité. L’océan lui ayant appris que tout seul, il n’est rien.

Ici la spiritualité sans dieu, c’est certainement la spiritualité du chacun pour soi. Qu’est ce que ce rassemblement de gens surtout intéressés par l’argent peut apporter au monde ?

J’exclue le dental centre dont on a vu  les réalisations et pour lequel nous n'avons aucun doutes.

Echapper au fisc dans ce paradis fiscal, bénéficier du label Auroville, qui sous entend que l’entreprise apporte du travail à des femmes et des hommes dans le besoin ... On ne comprend vraiment pas 

C’est vrai qu’on aurait  aimer  trouver sur Internet ou dans une charte d’Auroville,  ou dans un article, (puisque le travail vu ce matin n’est plus réalisable en Occident) que comme il est dit dans un article à propos du  brodeur « Jean-François Lesage, qui produit sur place à Chennai, des broderies exceptionnelles, que ses 155 brodeurs qui pratiquent leur artisanat à Vastrakala bénéficient d'un régime social exceptionnel pour le sous-continent. Leur talent est payé 500 euros mensuels (le salaire moyen de 93 % des Indiens est de 60 euros).
En contrat à durée indéterminée, ils bénéficient d'une assurance-maladie, d'un fonds de retraite privé, d'un soutien pour lutter contre l'endettement, et leurs enfants étudient grâce à un fonds destiné à financer leur scolarité. »


À quoi ça sert, que cette terre n’appartienne à personne si  elle est réservée à des élus.

Avant d’être trop catégorique et porter un jugement définitif, peut-être devrions-nous relire ce que disait Sri Aurobindo ou la Mère sur la manière de servir le Tiramissu.


Retour à l’appart
Café 
Repos pour moi.

On récupère des passes chez l’encadreur.
On fait quelques courses à Pothys.

Véro se fait masser par Lakshmi la masseuse pas l’éléphante.

Dîner de noodles et de salade de fruits.


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