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| Le collège Calvet |
Aujourd’hui c’est le printemps,
mais nous nous sommes au plus fort de l’été.
La chaleur nous décourage
d’avancer, mais on avance quand même.
Enfin ce soir je n’ai encore rien
écrit et il faut que je m’y mette.
On a passé la journée à
ruisseler, quoi qu’on fasse et même si on ne faisait rien.
Ce matin, le fond de l’air est
déjà chaud.
Je fais ma promenade quotidienne
pour aller au pain.
Tous les acteurs sont là.
Le nouveau, c’est un homme qui
s’éveille sur le trottoir de la rue Savariyalu, il est assis sur sa natte de
nuit et je vois bien qu’il revient doucement sur terre.
Un autre homme dort devant la
librairie Focus.
Je sors de la fraîcheur de Hot
bread et l’horrible odeur de fauve me prend à la gorge puis ça va mieux, on s’y
fait.
Au croisement de la rue Saint
Ange, deux nouveaux trous énormes avec des tuyaux dedans. La tranchée a aussi
été prolongée.
Ça ne s’améliore pas, mais la
circulation est fluide.
Rue Surcouf un groupe de jeunes
indiens autour d’un téléphone portable.
Le petit dèj
Puis on repart pour la clinique
Ayurvédique pour avoir le traitement de Véro pour ses jambes.
Arrivée sur place on voit la
femme médecin qui discute avec les gens de la réception et qui vient nous dire
que l’informatique est toujours en panne et qu’on ne pourra délivrer le
traitement de Véro que demain.
Véro lui dit qu’elle ne reviendra
pas, faut pas exagérer.
On n’a rien payé. Tant pis pour
eux.
On va boire un thé chez un petit
débiteur que l’on connaît de l’année dernière sur Patel Salai.
On prend notre verre de thé et
comme les habitués on s’assied sur le trottoir au bord de la petite rue.
Les autres consommateurs
discutent entre eux et certains lisent les journaux. Puis ils partent tous et
nous aussi.
On va voir deux magasins, mais
ils ne sont pas ouverts.
On revient prendre la moto et
l’on va rue Canteen en passant par la promenade Goubert au niveau de l’hôtel
Promenade on prend la direction du parc Barathi, puis on passe devant la poste,
on traverse le canal et l’on est dans la rue Ranga Pillai, première rue à
droite c’est la rue Capitaine Marius Xavier et la deuxième c’est rue Canteen.
Le marchand de beaux-arts est
ouvert. Véro va le voir. Finalement il a une partie de la marchandise ici, dont
le papier et dans son nouveau local les tubes pour l’aquarelle.
Véro prend là, ce qui est encore
en dépôt ici.
Une affiche annonce son
déplacement au 122 rue Canteen.
Puis on va au 122 rue Canteen.
Véro informe Abel du changement et lui donne la nouvelle adresse qu’il ne
connaissait pas du tout.
En fait cette nouvelle adresse
est à l’opposée des explications que Véro avait comprises hier.
C’est près de la rue Sainte Ange, celle qui mène à la
cathédrale.
C’est aussi à côté d’une
boulangerie pâtisserie « industrielle » d’où sortent régulièrement des
plateaux de pâtisseries que des hommes portent à bout de bras et qui embaument
régulièrement la rue.
Je suis assis sous un arbre en
attendant Véro et je regarde les gens passer. Il y a un enfant qui conduit deux
aveugles.
Il est devant, le premier aveugle
a une main sur son épaule droite et le second se tient au premier. L’enfant
marche sans rien dire en évitant les obstacles pour lui, en évitant voitures et
motos et les deux autres suivent sans problème.
On discute avec une personne qui
passe et que l’on connaît et qui est sympa.
Elle est comme nous et supporte
de moins en moins bien « le temps béni des colonies » que l’on
ressent ici.
Elle aussi s’étonne de voir des
enfants de résidents élevés dans le mépris des autres.
Ça fait du bien de voir que
d’autres s’en rendent compte.
Ensuite on va rue Ranga Pillai
chez le marchand de fruits et légumes.
On revient à l’appart et l’on va
déjeuner chez Zaffron un vrai nom de Comédia del Arte, sur Anna Salai.
C’est un restaurant musulman
spécialisé dans les brochettes. L’intérieur est bien et propre.
On y mange malheureusement comme
dans tous les restaurants indiens.
On ne mange plus à midi que pour
nous nourrir. On n’a plus d’envie de cette nourriture, si on n’en a jamais eu
envie d’ailleurs.
On revient boire un café et nous
reposer.
Mais même pour se reposer il fait
trop chaud.
Véro se met à l’aquarelle et moi
au montage, mais la chaleur nous décourage de faire quoi que ce soit.
Comme il y a de l’air dans la
rue, on décide de sortir.
On marche dans Mission, à l’ombre
des maisons. Il y a un peu d’air ce qui rend l’atmosphère moins étouffante que
dans l’appart.
Véro fait des photos, c’est la
sortie des classes et l’on va ainsi jusqu’à Patel Salai et on retourne voir les
magasins de ce matin.
En route on s’arrête au Lycée
Calvet qui est ouvert et on entre dans la cour de ce beau bâtiment colonial.
Les enfants nous parlent
français : « bonjour », « comment tu t’appelles » et
finalement s’étonnent que nous leur répondions en français. Ils me demandent si
je parle vraiment français.
Il y a ici un programme de
formation des enfants à la langue française comme première langue et Anglais
deuxième langue.
Je suis très étonné de n’en avoir
jamais entendu parler.
On dirait que dans cette ville,
chacun vit dans son monde et que ces mondes ne se mélangent pas.
Les magasins sont climatisés et
Véro regarde toutes les affaires. En entrant il fait froid, mais au bout d’un
moment il fait juste bon.
Lorsqu’on ressort, c’est la
canicule comme on dirait en France.
On revient par rue Mission, on
achète une glace au marchand de glace qui est en face du lycée Calvet, position
stratégique à la sortie des classes.
On revient en prenant le frais à
Diva, puis à Casablanca et enfin à Fabindia. Véro cherche un haut pour aller
avec le pantalon qu’elle a acheté, ainsi ça nous fait des moments de
récupération et de fraîcheur pour ses jambes.
À chaque fois qu’on se retrouve
dans la rue, on se demande quelle température il peut faire, c’est assez
incroyable.
Le soleil s’est couché. C’est déjà
ça.
On voit sur Internet que la
banque a reçu l’argent pour le frigo de
sœur carrée.
On va y passer demain, elle va
être contente.
On dîne salade composée de
tomates de concombre et de yaourt avec du pain. Salade de fruits.
On va vite aller dans la chambre
profiter de la clim.

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