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| L'entrée du marché Goubert coté Barathi |
Bonne nuit de récupération dans
la fraîcheur de la clim.
Lorsque je sors de la chambre,
j’ai l’impression d’entrer dans une atmosphère dense d’air chaud.
Pas de fraîcheur ce matin lorsque
j’ouvre la porte-fenêtre du balcon.
Je vais au pain.
Des petits tas de déchets sont
prêts à être enlevés.
Rue Mission, une femme attend
avec sa petite fille devant la porte du médecin des enfants.
L’inspecteur de police sort de sa
maison et monte sur sa moto japonaise.
Le marchand de lait et son
copain.
La manageuse de sacs est revenue
dans un sari violet.
Rien de spécial ce matin, ou
c’est moi qui me lasse.
La mendiante et deux mendiants
sur les marches.
Un auto rickshaw enlève la petite
marchande de lait, il ne reste que les cagettes en plastique avec un papier
coincé dedans qui doit représenter la quantité de sachets vendus ou la demande
de rançon si c’est un enlèvement de princesse.
Une seule mendiante de ce côté.
La marchande de noix de coco est
seule solidement installée sur le sol devant son business.
J’ai l’impression qu’avec cette
chaleur c’est un bon business parce qu’il y en a de partout des marchands de
noix de coco, et les Indiens en boivent volontiers pour se désaltérer.
Le lit est parfaitement rangé
ainsi que tout le matériel du quotidien pour lequel il sert aussi de placard.
L’enfant n’est pas là.
Le veilleur de nuit d’ING a étalé
son journal sur le sol, pour le lire sans le tenir.
La petite boutique de thé est
fermée, par contre de l’épicerie à côté, s’échappe une musique indienne qui
envahit la rue.
Le soleil chauffe dur.
Les bouses en place sont déjà
bien écrasées.
Un couple d’indien est assis sur
les marches d’une boutique, sous une enseigne marquée « Orissa ».
Le veilleur de nuit du Sun Park
rempli son cahier de comptes.
J’entre au Hot Bread.
Je prends mon boolish.
Au comptoir il y a une femme avec
un enfant indien. Je l’ai déjà vue ici. À son accent anglais, il me semble que
c’est une Française.
C’est curieux avec cet enfant,
qui lui, est bien indien.
Elle lui prend des viennoiseries pour son goûter à l’école et
elle veut aussi un soda qu’elle veut faire mettre dans une sorte de thermos
qu’elle a apporté.
Je règle mon Boolish.
L’odeur à la sortie, c’est
incroyable, c’est particulier à cet endroit, ce mélange d’odeur de merde, de
pisse, de poussière, de gaz d’échappement.
Je remonte le quai. Dans la cour
de Cottage Industrie il y a des valises qui attendent. Ce nom est peut-être
celui d’un hôtel puisque juste à côté il y a Cottage Restaurant.
Un tracteur benne est stationné.
Deux femmes dans l’arrêt de bus.
Un tempo bleu est arrêté devant,
il est vide et sans conducteur.
Je tourne à droite dans la rue
Saint Ange, là aussi il y a un petit débit de thé qui est ouvert.
Je tourne à gauche dans la rue
Capitaine Marius Xavier.
Tout suite sur la droite il y a
un grand bâtiment peint dans le gris des bâtiments de l’Ashram dans la ville
blanche.
Je me demande si l’Ashram
s’installerait aussi de ce côté du canal, marquant ses bâtiments de cette
couleur comme pour bien montrer tout ce qu’il acquiert petit à petit et que
bientôt tout Pondy lui appartiendra. Je crois que Cottage c’est déjà l’Ashram.
Comme dans les pays despotiques
il y a dans chaque boutique privée ou publique et dans chaque lieu public une
photo de la Grenouille et de son pote Le Sri, on peut penser que la propagande
est en place depuis longtemps pour accepter ce fait que la ville leur
appartient.
Il y a encore quelqu’un devant la
porte métallique qui clôt le terrain, ce n’est pas un gardien, mais quelqu’un
qui semble aussi habiter là.
Ce que j’ai vu jusqu’à présent se
confirme. Ce sont bien de misérables masures qui sont là.
Préoccupé par ce lieu, j’en
oublie de regarder de l’autre côté chez le fabricant de cercueils.
Mon regard reste sur le côté
gauche et il y a des bâtiments qui ressemblent à des toilettes publiques, ça
m’étonne dans ces lieux. Mais c’est bien un bruit de chasse d’eau que j’entends
en passant.
Au robinet de la rue, un homme
est en train de laver un Traveller, minibus pour touristes.
De l’eau coule abondamment d’un
des arrières du bâtiment comme s’il y avait derrière ces murs une industrie qui
rejette son eau dans le tout-à-l’égout.
Je respire au croisement de la
rue Surcouf.
Il y a toujours plein de
pétales jaunes sur la fin de la rue
Capitaine Marius Xavier.
Rue Candappa.
Je ressens la transpiration dans
l’escalier car il n’y a plus d’air pour l’absorber.
Petit dèj.
Aquarelle jusqu’à 13h.
On va déjeuner au banana café ça
fait longtemps qu’on n’y est pas allé à cause de la fadeur des plats qu’ils
nous proposent. C’est l’opposé complet du plat indien de base.
On est avec un aréopage de jeunes
femmes, que des femmes, qui comparent les yogas de l’ashram et d’Auroville.
Café.
On se repose un peu.
On passe à notre agence de voyage
Soundar Travel qui est à la fois à Paris et à Pondy, pour confirmer le vol.
Tout semble bien se présenter,
l’horaire n’a pas changé et nos places sont déjà définies. Et cette année on
est bien reçu par une femme qui fait l’effort de parler français.
On va faire un tour du côté de la
rue Barathi et de la rue Sinna Subraya Pillai on marche et l’on revient par
l’arrière du marché Goubert.
Véro prend des photos, notamment
à la tête de station d’auto rickshaw Goubert Fleur qui est à l’opposée de la
station Goubert Fish.
Véro est secondée par toute une
équipe de conducteurs d’auto rickshaw, qu’elle vient tirer de leur ennui.
Certains lui donnent des conseils
sur le cadrage, certains amènent des personnages pour qu’ils puissent être sur
la photo, même certains scénaristes proposent le déplacement du rickshaw
qu’elle photographie, et lui conseillent
de se positionner de face. Enfin les techniciens lumière font des ombres sur le
sujet sans s’en rendre compte.
Véro me dit, mais c’est fou !
Ils me conseillent pour prendre des photos…
Pourquoi un conducteur d’auto
rickshaw n’aurait pas une passion pour la photo, il y a bien des chirurgiens
dentistes et des économistes qui ont cette passion.
Je suis que ce soir vous allez
trouver que les photos sont bien meilleures.
On revient à l’appart pour le
massage du soir.
On reçoit un coup de fil de sœur
carré. Le frigo est là il faut qu’on vienne demain vers 8h30 pour faire des
photos avec les enfants, avant qu’ils ne partent pour l’école. On dit oui.
Il va falloir que je mette le
réveil à 7h et que j’aille chercher le pain à moto pour que nous soyons à
l’heure. Finalement l’humanitaire, ce n’est pas des vacances.
La masseuse est en retard, mais
l’heure n’a aucune importance.
On dîne d’une soupe de noodles au
pesto, des bananes et des mangues.

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