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lundi 24 mars 2014

Nuit torride

Quartier des bijoutiers
  
Nuit torride.

À minuit tout saute, plus d’électricité dans tout le quartier.

La chaleur est intenable.
Un peu de fraîcheur sur le balcon, mais impossible d’y rester à cause des moustiques.
Dans la chambre même phénomène, les moustiques qui vibrent dans les oreilles et la chaleur en plus, pourtant il faut se couvrir au moins du drap.

Impossible de dormir.

Je compte les heures. Je marche dans l’appart. Bien que tout soit ouvert la chaleur stagne.
Toujours l’espoir que ça va revenir, mais ça ne revient pas.

Vers 4h du matin, les moustiques se calment, rassasiés peut-être, je  m’endors jusqu’à 6h.

Véro dort.

J’attends 7h pour me lever.
Je sais déjà que ce matin, je n’irai pas au pain, mais que nous allons prendre la moto pour aller petit déjeuner dans un endroit avec la clim, pour faire baisser notre température.

Je descends prendre de l’eau pour la cuisine et je vois Antoine sur le pas de sa porte tout est ouvert aussi chez lui.

Il s’est déjà renseigné, c’est un transformateur qui est tombé en panne et ils vont le réparer, mais il ne sait pas bien quand. Il espère dans la matinée.


Lorsque Véro se réveille,  on prend la moto et on va déjeuner au Dayli Bread  car on est sur que la clim y fonctionne bien.
Pain aux raisins délicieux, thé et café.

On revient à l’appart  et l’on décide de ne  pas y rester, on a un peu une overdose de chaleur.

On est complètement démuni sans électricité, l’eau à économiser,  pas de pompe pour la monter dans le réservoir, on est coupé du monde, on a chaud.

En plus Véro attendait des réponses sur Internet pour des expos, et on aurait bien aimé avoir le résultat du premier tour des municipales.

Véro veut aller acheter des fournitures de coutures pour les ramener en France, on va chez les fournisseurs des couturiers rue Diagou Mudaliar.

On va boire un thé à la petite boutique de thé dont je vous parle tous les matins à l’angle de Ranga Pillai.
On voit passer une colonie de gens qui nous semblent être des Hijras.

En repartant je passe par le début de la rue Capitaine Marius Xavier pour montrer à Véro le portrait peint et ce lieu étrange qui se situe entre la rue et le quai. Comme moi elle pense construction mais quand elle voit les abris elle s’interroge aussi sur ce que ça peut-être.

On remonte par la rue Laporte jusqu’à la rue Sinna Subraya Pillai afin de rejoindre la rue Ranga Pillai dans sa partie qui est proche d’Anna Salai. 
On va chez un grossiste pour acheter du film plastique pour emballer tout ce qu’on va laisser, du plastique bulle, pour ramener une statuette et des rouleaux de scotch pour faire ces colis et dont Véro se sert pour scotcher ses  aquarelles quand elle peint.

On revient poser le tout à l’appart.

On décide qu’on va aller manger au Vietnam où il nous semble aussi que la clim marche toujours fort.

On voit P dans la rue qui nous dit que lui il n’a pas de problème pour les fans et Internet il a des panneaux solaires sur sa terrasse. Son seul vrai problème,  ce sont les frigos qui fonctionnent sur la ligne électrique qui est coupée.

On passe chez Himalaya et l’on va au Vietnam rue de Bussy en passant par la promenade Goubert car ce lieu est toujours aussi beau quelle que soit l’heure à laquelle on y passe.

Quand on entre au Vietnam il nous semble que la cllim n’est pas terrible et l’on est prêt à ressortir pour aller au Spot Surguru, mais les gens du Vietnam nous propose en plus de la clim de nous mettre un fan. Ça va, on reste.

On prend des rouleaux de printemps en entrée et chacun un plat.
On nous sert d’abord nos plats et ensuite notre entrée.

Ils sont gentils mais ne comprennent pas que la bouffe puisse avoir une hiérarchie, question de civilisation.

On revient à l’appart et dès que j’arrête la moto, Véro voit par la fenêtre un néon qui brille chez Sita.

On espère que ce n’est pas un néon qui marche sur une batterie. En montant l’escalier les lumières s’éclairent.
Dès qu’on franchit la porte de l’appart, on allume tout et tout marche ça y est l’électricité est revenue.

On met la clim dans la chambre pour se faire une sieste au frais.

On boit le café.

Malgré la clim, il me faut presque une heure pour que mon corps commence à se refroidir.

Véro peint et je monte et je démonte des films.

Vers 16h on part faite des courses dans le quartier de Goubert market. Véro en profite pour refaire toutes ses photos ratées de la semaine dernière dans le marché Goubert.

Avant on fait un détour par chez Grinde rue Saint Louis pour acheter du pesto car Véro veut faire des spaghettis avec une omelette.
Elle s’est vexée que je vous dise tous les soirs qu’on mange des noodles. Ses qualités de cuisinière se révoltent à l’idée que vous pouvez penser qu’elle ne sait faire que des soupes de noodles.
Chez Grinde, une jeune Indienne qui parle bien le français veut nous aider sans trop nous coller. Le pesto elle ne voit pas du tout ce que c’est.
Véro cherche et finit par en trouver dans le frigo du magasin. Elle montre à la jeune Indienne pour qu’elle sache que le magasin en vend.
Comme pour les serveurs du Vietnam il ne s’agit pas de savoir simplement parler français, il faut aussi connaître les éléments de civilisation qui la soutiennent. Les entrées avant les plats, le pesto avec les spaghettis en France et en Italie.

Après le marché Goubert on revient en marchant le long de Nehru street et l’on va récupérer le sac de Maria chez Hi Design.

On revient à l’appart.

Antoine nous explique ce qui s’est passé pour que l’électricité revienne aussi vite. Tous les propriétaires de la rue ont donné chacun 100 roupies aux intervenants. La seule qui a fait des difficultés, c’est notre amie qui ne nous voit jamais et à qui, nous dit Antoine, il a fallu arracher les 100 roupies (1,20€). Dans sa boutique elle vend des robes de la créatrice d’Auroville qui coûte la peau du cul, que c’en est une honte de voir des prix pareils ici.

Ces gens pètent plus haut que leur cul nous dit-il.

Ça nous rassure un peu, on ne se fait pas des idées sur leur comportement.


Dîner spaghettis au pesto avec une omelette (l’omelette c’est ce qu’il y a de plus difficile à réussir en cuisine) des bananes en dessert.



Compte à rebours lundi prochain vers 19h, heure française on sera dans l’appartement de Toulouse.

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