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| Quartier des bijoutiers |
Nuit torride.
À minuit tout saute, plus
d’électricité dans tout le quartier.
La chaleur est intenable.
Un peu de fraîcheur sur le
balcon, mais impossible d’y rester à cause des moustiques.
Dans la chambre même phénomène,
les moustiques qui vibrent dans les oreilles et la chaleur en plus, pourtant il
faut se couvrir au moins du drap.
Impossible de dormir.
Je compte les heures. Je marche
dans l’appart. Bien que tout soit ouvert la chaleur stagne.
Toujours l’espoir que ça va
revenir, mais ça ne revient pas.
Vers 4h du matin, les moustiques
se calment, rassasiés peut-être, je
m’endors jusqu’à 6h.
Véro dort.
J’attends 7h pour me lever.
Je sais déjà que ce matin, je
n’irai pas au pain, mais que nous allons prendre la moto pour aller petit
déjeuner dans un endroit avec la clim, pour faire baisser notre température.
Je descends prendre de l’eau pour
la cuisine et je vois Antoine sur le pas de sa porte tout est ouvert aussi chez
lui.
Il s’est déjà renseigné, c’est un
transformateur qui est tombé en panne et ils vont le réparer, mais il ne sait
pas bien quand. Il espère dans la matinée.
Lorsque Véro se réveille, on prend la moto et on va déjeuner au Dayli
Bread car on est sur que la clim y
fonctionne bien.
Pain aux raisins délicieux, thé
et café.
On revient à l’appart et l’on décide de ne pas y rester, on a un peu une overdose de
chaleur.
On est complètement démuni sans
électricité, l’eau à économiser, pas de
pompe pour la monter dans le réservoir, on est coupé du monde, on a chaud.
En plus Véro attendait des
réponses sur Internet pour des expos, et on aurait bien aimé avoir le résultat
du premier tour des municipales.
Véro veut aller acheter des
fournitures de coutures pour les ramener en France, on va chez les fournisseurs
des couturiers rue Diagou Mudaliar.
On va boire un thé à la petite
boutique de thé dont je vous parle tous les matins à l’angle de Ranga Pillai.
On voit passer une colonie de
gens qui nous semblent être des Hijras.
En repartant je passe par le
début de la rue Capitaine Marius Xavier pour montrer à Véro le portrait peint
et ce lieu étrange qui se situe entre la rue et le quai. Comme moi elle pense
construction mais quand elle voit les abris elle s’interroge aussi sur ce que
ça peut-être.
On remonte par la rue Laporte jusqu’à
la rue Sinna Subraya Pillai afin de rejoindre la rue Ranga Pillai dans sa
partie qui est proche d’Anna Salai.
On va chez un grossiste pour
acheter du film plastique pour emballer tout ce qu’on va laisser, du plastique
bulle, pour ramener une statuette et des rouleaux de scotch pour faire ces
colis et dont Véro se sert pour scotcher ses
aquarelles quand elle peint.
On revient poser le tout à
l’appart.
On décide qu’on va aller manger
au Vietnam où il nous semble aussi que la clim marche toujours fort.
On voit P dans la rue qui nous
dit que lui il n’a pas de problème pour les fans et Internet il a des panneaux
solaires sur sa terrasse. Son seul vrai problème, ce sont les frigos qui fonctionnent sur la
ligne électrique qui est coupée.
On passe chez Himalaya et l’on va
au Vietnam rue de Bussy en passant par la promenade Goubert car ce lieu est
toujours aussi beau quelle que soit l’heure à laquelle on y passe.
Quand on entre
au Vietnam il nous semble que la cllim n’est pas terrible et l’on est prêt à
ressortir pour aller au Spot Surguru, mais les gens du Vietnam nous propose en
plus de la clim de nous mettre un fan. Ça va, on reste.
On prend des
rouleaux de printemps en entrée et chacun un plat.
On nous sert
d’abord nos plats et ensuite notre entrée.
Ils sont
gentils mais ne comprennent pas que la bouffe puisse avoir une hiérarchie,
question de civilisation.
On revient à
l’appart et dès que j’arrête la moto, Véro voit par la fenêtre un néon qui
brille chez Sita.
On espère que
ce n’est pas un néon qui marche sur une batterie. En montant l’escalier les
lumières s’éclairent.
Dès qu’on
franchit la porte de l’appart, on allume tout et tout marche ça y est
l’électricité est revenue.
On met la clim
dans la chambre pour se faire une sieste au frais.
On boit le
café.
Malgré la clim,
il me faut presque une heure pour que mon corps commence à se refroidir.
Véro peint et
je monte et je démonte des films.
Vers 16h on
part faite des courses dans le quartier de Goubert market. Véro en profite pour
refaire toutes ses photos ratées de la semaine dernière dans le marché Goubert.
Avant on fait
un détour par chez Grinde rue Saint Louis pour acheter du pesto car Véro veut
faire des spaghettis avec une omelette.
Elle s’est vexée
que je vous dise tous les soirs qu’on mange des noodles. Ses qualités de
cuisinière se révoltent à l’idée que vous pouvez penser qu’elle ne sait faire
que des soupes de noodles.
Chez Grinde,
une jeune Indienne qui parle bien le français veut nous aider sans trop nous
coller. Le pesto elle ne voit pas du tout ce que c’est.
Véro cherche et
finit par en trouver dans le frigo du magasin. Elle montre à la jeune Indienne
pour qu’elle sache que le magasin en vend.
Comme pour les
serveurs du Vietnam il ne s’agit pas de savoir simplement parler français, il
faut aussi connaître les éléments de civilisation qui la soutiennent. Les entrées
avant les plats, le pesto avec les spaghettis en France et en Italie.
Après le marché
Goubert on revient en marchant le long de Nehru street et l’on va récupérer le
sac de Maria chez Hi Design.
On revient à
l’appart.
Antoine nous
explique ce qui s’est passé pour que l’électricité revienne aussi vite. Tous
les propriétaires de la rue ont donné chacun 100 roupies aux intervenants. La
seule qui a fait des difficultés, c’est notre amie qui ne nous voit jamais et à
qui, nous dit Antoine, il a fallu arracher les 100 roupies (1,20€). Dans sa
boutique elle vend des robes de la créatrice d’Auroville qui coûte la peau du
cul, que c’en est une honte de voir des prix pareils ici.
Ces gens pètent
plus haut que leur cul nous dit-il.
Ça nous rassure
un peu, on ne se fait pas des idées sur leur comportement.
Dîner
spaghettis au pesto avec une omelette (l’omelette c’est ce qu’il y a de plus
difficile à réussir en cuisine) des bananes en dessert.
Compte à rebours
lundi prochain vers 19h, heure française on sera dans l’appartement de
Toulouse.

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