Bon anniversaire Géraldine.
Lever 7h bien décidé à quitter
cette hôtel de routards.
On peut aller prendre le petit
dèj à l’hôtel Alka c’est le même proprio.
On prend nos valises, un Indien
nous aide à tout porter et on part pour l’hôtel Alka.
Dans le dédale je me rends compte
que j’aurai su me retrouver.
On est un dans un lieu exceptionnel,
l’enchevêtrement des ruelles, les gens, les bâtiments, mais on ne peut se
laisser distraire à cause de la quantité de merdes de bouses qui parsèment la
rue ce matin ou le matin je ne sais pas mais je pense que c’est tous les jours
comme ça. Du coup les roulettes des bagages ne servent à rien, il faut porter.
On prend notre petit dèj et on
reviendra pour 11h pour la chambre.
De l’hôtel on peut descendre
directement sur les bords du Gange par les gaths.
Là le spectacle si l’on peut dire,
est à la fois simple et étonnant, dépaysant, on est ailleurs, dans un autre
monde, dans un autre siècle.
Des gens se lavent, se sèchent
s’habillent dans une indifférence totale.
Des gens assis dans toutes les
tenus regardent le Gange sur lequel passent des bateaux chargés de touristes
indiens ou des barques modeste avec une ou deux personnes et un rameur.
La lumière est filtrée par une
brume qui enveloppe tout d’un flou qui met de la distance.
Tous ces gens évoluent dans un décor architectural
magnifique.
Des temples ou d’anciens palais s’élèvent comme une falaise au dessus
des dernières marches qui donnent l’accès
au fleuve.
Entre ces bâtiments ou sous les
bâtiments les gaths dévalent vers le fleuve dans des descentes vertigineuses,
comme si le retour devait être impossible..
On m’interpelle beaucoup pour me
raser, là sur les bords du Gange et Véro est obligée de dire qu’elle aime ma
barbe de quelques jours.
La matinée s’avance,
arrivent les occidentaux, les mendiants
et les racoleurs. Il faut s’en débarrasser, c’est pénible, c’est le premier
jour. Pour les jours suivants on aura compris ce qu’il faut leur dire pour
qu’ils se calment.
On revient sur nos pas. On
repasse devant l’hôtel Alka et on va jusqu’au Gath des crémations. Au niveau
des tours roses, on range caméscope et appareil photos, les photos sont
interdites.
On s’avance jusque sur la
descente des morts, il en arrive trois le temps que nous restons. Les gens les
mènent au Gange sur une espèce de civière, les trempent et les ramènent sur les escaliers à côté de nous.
On est parmi les Indiens, parmi la famille dont un membre
prend une dernière photo du mort visage découvert tandis qu’un autre membre lui
soulève la tête.
Posé sur les marches, les vaches
s’approchent des brancards fleuris pour manger les fleurs qui entourent le
corps. Chacun a son rôle.
On fait quelques pas pour laisser en paix ces morts en attente
de crémation et on va voir juste à côté trois bûcher.
Un est prêt à être enflammé. Contrairement à
ce que je pensais les bûchers ne sont pas très haut un mètre environ
l’empilement croisé de trois ou quatre hauteurs
de bois et dessus le corps et sur le corps deux ou trois branches.
Un autre à côté se consume on
voit la tête couverte et les pieds découverts tandis que le corps commence à
être mangé par les flammes.
Un peu plus loin un foyer s’éteint
tout semble en cendre sauf un bout de pied qui semble avoir échappé aux flammes.
Dès qu’on commence à sentir trop
fort le barbecue on retourne par les petites ruelles.
Cette présence de la mort n’est
pas effrayante tant les chose semblent se dérouler naturellement.
Tous les petits commerces sont
ouverts. Les commerçants assis en tailleur dans leur petite boutique
occupent presque tout l’espace et nous interpellent pour nous demander de venir
voir les quelques produits posés devant eux ou suspendus autour d’eux.
On se retrouve dans ce dédale et
on arrive à l’hôtel.
A l’hôtel Alka, surprise de la
chambre qu’on nous propose qui est la même que celle que nous venons de laisser.
La propreté en plus et la clim. Sinon même chose peu de place autour du lit,
rien pour poser les affaires, une table basse et une chaise haute. Impossible
d’accepter, ce n’est pas du tout ce que j’ai retenu sur internet.
Le patron Raj voit que nous ne
sommes pas très content, après le coup d’hier soir pas de chambre et aujourd’hui
toujours une chambre de routards.
Surtout, c’est rien pour Véro pour traiter les photos et rien pour moi pour
écrire le blog.
On laisse nos affaires. En se
disant même si ça paraît impossible de trouver autre chose dans cette ville
sans repère encore suffisamment précis.
On enfile toute les petites
ruelles et on finit par arriver à la ville avec voitures et toutes sortes de
véhicules dont des rickshaws qui ressemblent à ceux que dessine Hergé dans
Tintin et le Lotus Bleu. Les passagers sont presque droits.
On entre tout de suite dans un
restau indien et l’on mange un thali. On ne prend pas le thali du Sud qui est
proposé comme une spécialité.
On est assis auprès d’Indiens qui
semblent venir de tous les états de l’Inde les femmes ne sont plus habillés
uniquement en sari mais dans des tenues que l’on ne connaît pas et qui les
rendent très belles aussi. Certaines on carrément des têtes d’occidentales,
seuls leurs habits les différentient.
On revient à l’hôtel nous installer
dans notre chambre. On remplit le registre et le patron voit qu’on vient de
Pondichery, il nous dit alors qu’il connaît Anita et de lui donner le bonjour
de la part de Raj. C’est une amie on n’y manquera pas et on espère que cette
connaissance commune va l’encourager à nous donner une chambre correcte pour
demain.
On s’installe et on constate que
la connexion internet ne fonctionne pas dans la chambre.
On s’endort de fatigue.
Lorsqu’on se réveille, ça va
mieux, on descend avec notre matériel sur la terrasse et face au Gange éclairé par une lumière de fin d’après midi, Véro
attaque ses photos et moi le blog.
C’est agréable mais la connexion ne
fonctionne pas longtemps.
On retourne donc faire un tour sur les ghats où il y a une cérémonie comme ils
disent.
Plein de petits autels ont été
installés sur le bord du Gange et la foule des indiens, des touristes indiens,
des pèlerins indiens, les vaches indiennes qui viennent se mettre devant les
spectateurs comme pour les priver de spectacle, les démarcheurs indiens qui se
font assez accrocheurs ce soir et les
occidentaux s’installent pour regarder ce qui va être la cérémonie. Côté terre
les escaliers sont noirs de monde. Côté Gange c’est noir de bateaux surchargés
tout le monde est là pour voir la
cérémonie.
Les prêtres sont beaux et vêtus
avec élégance et recherche. Commence un concert avec les beaux prêtres qui
suivent le rythme d’abord en tapant des mains puis en se trémoussant et en se
dandinant en faisant voltiger des encensoirs qui diffusent dans l’air une fumée
blanche qui les entoure comme les froufrous des danseuses de cancan. Techno et
boys band les hindous se sont mis au goût du jour pour les cérémonies.
Il y a même des touristes qui
crient parce qu’on les empêche de voir
la totalité du spectacle, c’est dire que c’est crédible.
On s’éloigne de ce cirque
organisé et on prend la direction du
ghat des crémations.
C’est plus calme de ce côté. Un
homme qui offre des flammes au Gange dans l’obscurité, loin des lumières de la
fête.
Un aquarelliste qui a étalé sur
un plan incliné près de l’hôtel ses aquarelles de Varanasi. Ecole
indienne : je copie ce que je vois.
Au ghat de le crémation une
dizaine de bucher se consument et percent la nuit qui s’est abattue de ce côté
de Varanasi. C’est toujours beau des feux dans la nuit. Sur le Gange les
petites bougies pour les morts se sont regroupées et forment un ilot de lumière
qui suit avec lenteur le courant.
On revient à l’hôtel Alka pour dîner
et profiter de la connexion internet qui devrait être meilleure à partir de 20h d’après le patron.
Dîner Macroni au fromage et aux champignon sauce blanche.
Naïvement on a traduit Macroni par macaroni on espère être dans le vrai.
Et les macronis sont de grosses coquillettes.
Une bière.
Un pull quand même il fait frais
sur la terrasse
Internet marche bien.
J'espère que vous allez vous plaire à Varanasi, pour moi c'est chaque fois un grand bonheur de trainer sur les ghat ..
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