Endormissement difficile parce
que la voisine du dessous n’a pas éteint sa salle de bain qui donne dans le
même puits de lumière que celui de notre chambre et du coup on y voit comme en
plein jour dans la chambre.
8h, j'ouvre la porte du balcon,
le temps est couvert.
Je prends de l’eau de cuisine en
descendant, il y en a encore bien que l’heure soit passée.
Calme plat dans la rue Mission. A
la même heure, ce n’est pas tous les jours pareil, mystère.
A l’angle de la rue Montorsier il
y a une petite chapelle fermée par une grille, une femme se recueil devant.
C’est une Marie quelque chose
mais c’est écrit en Tamoul et je ne peux pas lire.
Le marchand de lait est là. Le
conducteur de l’auto-rickshaw est assis sur le trottoir et discute avec un
homme il me sourit et en plus me fait un petit signe de la main.
Passage des deux roues
klaxonnant.
Une bufflette est arrêtée sur le
trottoir d’en face, son bébé derrière elle tête, elle attend sans impatience.
Rue Petit Canal un homme est assis
sur le parapet qui borde la route.
Un mendiant un peu avant le
portail de la cathédrale, la mendiante habituelle devant et une de ses
collègues de l’autre côté qui me regarde passer en sortant d’un sac ce que je
pense être des provisions. Je la vois tous les jours, c’est une vraie matronne,
qui n’a pas peur de s’en prendre à ceux qui ne veulent pas donner mais depuis
quelque temps elle aussi ne dit plus rien.
Un homme assis lit le journal sur
les escaliers de Church Gate deux autres discutent sur les escalier de Mission
Press Depot.
La marchande de noix de cocos
n’est pas là.
Le portail de l’école
Chidambaranar est cadenassé. Devant, juste en face de Mamala Protein, des chiens
attendent.
Ce matin le camion livreur de
bananes s’intitule Farm Fresh Banana.
La femme aux joues rondes est
assise en face sur le trottoir et il me semble bien qu’elle dit les mots des
mendiants en tendant la main.
Rue Ranga Pillai, il n’y a pas
les bus de Sri Aurobindo Autocare Service, le bureau est ouvert. Il y a un de ces gros minibus blanc marqué sur le
côté Travellers.
Comme d’habitude le quai est
calme.
A l'intérieur du Hot Breads quatre
jeunes hommes, de Bengalore vraisemblablement, se choisissent des viennoiseries
pour leur petit déjeuner et s’installent à la table qui est juste devant la
vitrine qui donne sur le quai.
Comme il n’y a que moi au
comptoir, ça va vite.
Je rentre par le quai. Je croise
les bus scolaires et de travailleurs. Deux élèves de Saint Louis de Gonzac versent
le contenu d’une poubelle dans le bac prévu à cette effet de l’autre côté de la
rue.
Assis sur un siège de l’arrêt de
bus un homme prend des notes sur un carnet.
Une femme regarde la rue
puis se met à discuter avec une autre qui arrive.
Un tempo bleu s’est vidé, il ne reste plus que deux
clientes à l’intérieur, il attend au croisement de la rue Saint Ange.
De loin je vois venir vers moi
l’albinos, il marche les pieds écartés vers l’extérieur, les mains coincées
sous ses aisselles. Je pense que je vais le croiser mais il tourne dans la rue
du Vicomte de Souillac et lorsque j’y
arrive je ne le vois plus que de dos. Je ne le suis pas bien que le pourrais
mais il va si lentement que je ne l’attendrais pas.
Un bus à l’arrêt devant le
pensionnat des élèves infirmières klaxonne et ça fait venir tout une cohorte de
jeunes femmes qui montent à l’intérieur.
Les bassets sont sur leur
terrasse rez-de-chaussée, un seul aboie on ne sait pas pourquoi.
Rue Surcouf deux hommes assis sur
le trottoir se taille une bavette derrière la Lodgy blanche.
Les travaux se poursuivent rue
Capitaine Marius Xavier et aussi rue Candappa ou une petite maison tamoule qui
était en vente l’an dernier a été
détruite et on la remplace par un immeuble de deux étages.
La voisine du dessous est sur son
balcon.
On petit déjeune.
Puis grosse lessive avant de
partir pour que tout soit propre.
La petite femme de ménage arrive
et nous fait remarquer qu’il y des taches au sol. On ne comprend pas ce qu’elle
nous dit mais c’est en relation avec le sol. C’est vrai hier quelques gouttes
du sac poubelle qui nous ont échappées ont fait des taches sombre parce que
c’était vraisemblablement des gouttes des fruits que nous avions préparés pour
la salade. Ce matin on a bien vu les taches mais sachant qu’elle venait on ne
s’en est pas préoccupé davantage.
Véro ne le prend pas très bien
parce que la seule chose que fait la petite femme de ménage, c’est le sol,
compte tenu de sa hauteur. Tout le reste c’est nous.
On descend et on sonne chez
Antoine pour lui rappeler qu’on part demain et pour lui demander si on peut lui régler les frais de
janvier. Véro en profite pour lui parler de la réflexion de la petite femme de
ménage.
Alors Antoine lui raconte qu’hier c’était le jour du ménage
chez la voisine du dessous et la petite femme de ménage à découvert plein de
sang dans la salle de bain. Elle a tout de suite informé ses patrons parce
qu’elle ne savait pas quoi faire.
D’après ce qu’on comprend
elle a nettoyé et personne n’en n’a
parlé à la voisine.
Tout à coup on est en plein polar.
Je pense compte tenu de la couleur de la
chevelure de la voisine qu’il s’agissait
d’éclaboussures de colorant contre la faïence et sur le sol.
On comprend mieux l’affolement de
la petite femme de ménage en voyant des taches sur le sol chez nous ce qui ne
s’était jamais produit avant.
On va chez Félix pour lui porter
la moto.
Là on rencontre un jeune couple
qui fait le tour de l’Inde à moto. Ils ont acheté une Royal Enfield et ils se
sont donné 6 mois pour faire le tour. Là ils montent sur Hampi on peut les rassurer
sur le délai du trajet. On l’a fait en deux jours et ils se sont donnés trois
jours.
Ils sont chez Félix parce qu’ils
ont un problème avec leur roue arrière et Félix doit leur réparer ça.
On traverse Ana Salai pour aller dans le quartier d’hier de l’autre
côté, pour voir si on trouve le magasin qui vend des téléphones Zen dans cette
partie de la ville.
Evidemment on découvre un
quartier complètement différent, avec des forgerons.
On trouve l’échoppe qu’on cherche
mais ce n’est qu’un réparateur et il ne
vend pas d’étui pour téléphone. Ici les choses sont encore beaucoup séparées et
chacun ne fait qu’une seule chose dans sa vie professionnelle.
On reviens chez Félix, il a voulu changer le carburateur mais ça ne
fonctionnait pas quand même. Il est parti et il revient.
On va au magasin Vijay Ganapathi
pour acheter des brosses à ongles.
Lorsqu’on revient Félix est à
nouveau parti et il va revenir, mais la moto est prête. On dit au revoir aux
jeunes motards et on leur souhaite bonne route.
On va à la poste pour poster des
cartes postales. Surprise à l’entrée assis sur les escaliers de la poste,
l’albinos. Véro le reconnaît et me confirme que c’est bien quelqu’un qui est albinos.
La demoiselle des postes n’est
pas à son bureau et comme elle est la seule à pouvoir vendre des timbres on
attend. Peut-être que c’est une pause pipi, mais tout est rangé et sous clé.
Enfin elle revient et on peut acheter nos timbres.
On sort, pas de boîte de colle
dans la cour. On revient à l’intérieur, aujourd’hui la boîte de colle est en
face du bureau de la préposée à la vente
des timbres ce qui est logique. Mais pas de petites branches pour prendre la
colle, Véro se débrouille avec un morceau de papier. Ainsi elle ne s’en met pas
trop sur les doigts.
Lorsqu’on sort l’albinos et sa douleur sont toujours
là.
On remonte la rue Ranga
Pillai parce que Véro veut aller cher
Aroule pour trouver un haut à mettre avec un pantalon rose saumon.
Chez Aroule c’est toujours le défilé des touristes qui ne font
que passer à Pondy. Dès qu’ils arrivent les vendeuses abandonnent les clients
en cours et les ramènent vers la boutique. Une femme cherche un châle,
immédiatement 50 châles lui sont
présentés. On comprend que ce sont les meilleurs client, ceux qui ne vont pas
chercher à comprendre le prix, ceux qui résonnent encore en euro dans leur tête. Tout leur paraît bon marché.
Véro trouve ce qu’elle cherche.
Comme la moto est garé rue Ranga
Pillai on décide d’aller déjeuner à l’Aristo qui est le restau le plus proche.
En face Véro trouve dans le grand
magasin de vêtements un châle assorti à sa nouvelle tenue.
On est les seuls à l’Arsito et on
prend du poulet à la moutarde, quelque chose d’un peu occidental parce qu’on se
dit qu’à Varanassi on n’est peut-être
pas prêt d’en manger. Comme il y a des musulmans pour tisser la soie on
trouvera sûrement du poulet mais en byriani.
On revient en passant par
l'ancien bus stand mais on ne trouve pas le magasin d’accessoires de téléphone
qu’on nous a indiqué.
On passe à la pharmacie où le pharmacien
parle français pour lui prendre de l’ibuprofène 400.
Le bilan c’est que la moto
fonctionne bien mais le problème du ralenti ne semble pas beaucoup avoir
évolué.
L’appart, café, repos
Véro ne digère pas très bien le
repas de midi et elle a même des maux d’estomac. Ici c’est toujours difficile
de trouver un restaurant fiable tous les jours.
Elle prend du maalox et du
spasfon.
On va voir sur Ana Salai d’autres
magasins d’accessoires de téléphone pour essayer de trouver un étui.
On en fait trois sur Ana Salai et
ensuite toutes les boutiques qui vont de
la rue Laporte à la rue de Bussy et qui se partagent entre téléphone mobiles et
CD.
C’est de l’autre côté rue Sinna Suppraya
Pillai qu’un commerçant comprend qu’il
pourrait adapter un étui d’une autre marque. Il trouve quelque chose qui
peut faire l’affaire, seul l’ouverture pour l’optique de l’appareil photo ne
correspond pas tout à fait. Il dit à Véro que si elle le prend il va lui agrandir l’ouverture et ça ne posera
pas de problème. C’est ce qu’il fait et Véro a ainsi un vrai étui indien.
On revient juste pour 18h. En
entrant on s’aperçoit que la petite femme de ménage qui est dans le hall nous
fait la gueule, elle a dû se faire faire une remarque.
La masseuse arrive dans la
foulée.
Je mets la télé parce que je veux
voir le match France Italie à 19h45, ce
soir évidemment la télé ne fonctionne pas très bien, le son est très
difficilement audible mais pour l’image
ça peut aller.
La télé ici c’est toujours comme
ça dès l’instant où quelque chose peut nous intéresser il n’est pas évident que
la réception soit bonne. Il faut s’y faire. Peut-être que pour le direct ce
sera meilleur.
En raccompagnant la masseuse je
croise dans l’escalier une toute jeune femme inconnue qui monte sur la terrasse
étendre du linge. Voilà peut-être une des explications du sang, parce que selon
la petite femme de ménage c’était du sang des règles et Antoine et Sylvie lui
ont expliqué qu’à 70 ans ce n’était plus possible, mais comme elle prend des
colloc elle a peut-être trouvé cette jeune femme. Ce qui expliquerait aussi la
lumière cette nuit dans la salle de bain.
On peut dire que depuis hier il
se passe des choses étranges dans l’appartement du dessous, dommage qu’on parte
demain on ne pourra pas délirer sur le mystère du premier étage.
Putain le match … et dire qu'ils
sont payés pour ça !
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