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samedi 6 février 2016

le festival de Kathirkamam.


Les photos sont ici

Lever 8h.

Chaque matin j’ouvre la porte fenêtre qui donne sur le balcon pour faire entrer l’air. Depuis cette année je vois que notre bel  acacia qui nous  fait un jardin  suspendu dépérit. Les petits écureuils ne viennent plus dessus, ni les corbeaux curieux qui venaient voir là ce qui se passait dans l’appartement.
Ses feuilles ont séché et sont devenues noires, sur tout un côté les branches ont aussi noirci.

Je vais au pain.
Le premier kolam de la rue Misson est déjà dessiné et le marchand de lait n’est plus là.
Seul le chauffeur de l’auto-rickshaw est là à côté de son véhicule et me salue d’un sourire et d’un dodelinement de la tête.
Ce que j’aime bien dans leur sourire lorsqu’il est sincère c’est que c’est un sourire de tout le visage et des yeux, c’est un sourire de toute la personne, souligné par le dodelinement de la tête qui ajoute à la sympathie.

Rue Petit Canal, la pouilleuse sort en portant des sacs aussi sales qu’elle et elle me suit mais de l’autre côté de la route.

Devant les écoles c’est toujours le trafic incroyable de livraison d’enfants.

Une seule  mendiante au portail de la cathédrale, elle me paraît endormie où inanimée.
Les autres ont disparu.
La disparition c’est ce qui caractérise toujours les pauvres ici ou en France. Un jour ils ne sont plus là et ils ne nous manquent pas. Sauf que moi ils me manquent. Je pense toujours au Jésus de l’an dernier ou à la collectionneuse de sacs de la rue Mission de l’année précédente. Je sais que c’est l’albinos qui aura disparu l’année prochaine et il me manquera aussi.

La marchande de noix de cocos n’est pas là et son tas a beaucoup diminué.

Ashok Laundry tout le monde bosse.

En face le gardien de nuit est assis sur  son fauteuil. Ça fait longtemps que je le vois en allant au pain. Il est vieux et porte un bonnet pour le protéger du froid. Le magasin qu’il  semble surveiller a une enseigne qui dit « Head massage and feet reflexologie ». Cette annonce m’a  toujours laissé perplexe. Qu’il garde » Fabindia » juste à côté je comprendrais, mais là ça sent l’arnaque à plein nez.

Il  y  a le camion de Bananas World stationné. La femme aux joues rondes est assise sur le trottoir.

Rue Ranga Pillai  des véhicules à pédales, rikshaws ou vélos avec immense plateau à l’arrière sont stationnés.

Après la rue Canteen il y a deux bus de Sri Aurobindo Autocare Service qui commencent à se remplir.
Devant l’hôtel  Kaarthik beaucoup de monde, des hommes et surtout  des femmes dans de  beaux saris de fêtes. Je pense que tous ces gens sont là pour un mariage.

Je trouve toujours le quai vide dès que j’y accède et tous les magasins sont encore fermés. Le peu de vie qu’il y a est au Cool Cat.

Je croise, qui sort du hot Breads, un vieil homme chargé pour un guest de venir chercher  les croissants, ce matin il a mis sur la tête le fichu en laine de forme rectangulaire et qui est noué sous le menton avec un lacet de laine.

Dans le Hot Breads un homme dans la salle prend son café. Je suis servi assez rapidement. Pendant qu’on me tranche le pain la caissière indienne arrive. Je remarque qu’elle dit : « Bonjour Monsieur » au responsable qui  est déjà là. Elle encaisse vite mon pain sans rien me dire ni me voir.

Je reviens par le quai, qui me semble toujours vide même de trafic.

Ce qui est amusant c’est qu’il  suffit que je passe la rue Ranga Pillai pour que le trafic recommence. Les deux roues dans tous les sens et qui klaxonnent abondamment.

La dormeuse de la station service dort encore.

Quelques personnes sont assises sous l’arrêt de bus.

En face de la petite hall sous le canal  qui est un peu un bidonville, du  côté ou je  marche, il y a assis sur le trottoir un enfant et sa mère. C’est deuxième matin que je les vois et je pense qu’ils  attendent le bus qui doit emmener l’enfant à l’école.

L'albinos est de l’autre côté de la rue sur cette partie qui est sur le canal et qui ressemble à un kiosque fermé ou il me semble qu’il  doit y avoir des douches et des toilettes. Il est de dos et ses mains semble remonter son pantalon  qui aurait tendance à tomber du fait de sa maigreur.

Juste après je suis devant l’entrée du Chest Hospital et bien qu’il soit notifié sur le portail que l’entrée est interdite à tout véhicule, une voiture est stationnée dans la cour et une femme en  sort. Elle aussi me tourne le dos, elle est énorme  et de chaque côté du top sous le sari pendent d’énormes masses de chair.

J’ai d’un coup en raccourci deux Indes différentes qui ne se côtoient jamais.

Les bassets sont calmes derrière leur grillage.

La Renault Lodgy est à nouveau stationnée rue Surcouf.

Rue Capitaine Marius Xavier une femme s’attaque à un tas de sable, remplissant avec une pelle-pioche une brouette métallique à deux roues qui sera roulée par un homme derrière les hautes palissades de tôles ondulées.

Rue Candappa.

On prend notre petit déjeuner.

Lessive, vaisselle, café, et l’on se met en route pour aller au bureau de Vijay récupérer les cartes.
En passant on pose le linge à repasser au repasseur de la rue Montorsier et j’emprunte la rue Laporte jusqu’à Ana Salai.
Lorsque je débouche sur le boulevard, il y a une manif avec des centaines de drapeaux rouges marteaux et faucilles, de l’authentique, qui hurle des slogans incompréhensibles pour nous.

Je suis devant, mais Véro veut s’arrêter pour prendre des photos avec son téléphone.

On regarde passer la manif, d’abord les femmes avec chacune leur drapeau rouge, puis les hommes de même. La révolution certes mais homme et femme séparés. Il y a toujours des limites à l’utopie.

Lorsque la manif est passée c’est pas la même chose avec la circulation car c’est le bordel habituel multiplié par dix  et la Bullet n’aime pas du tout les embouteillages, alors elle cale pour montrer sa mauvaise humeur. Mais elle redémarre avec bonne volonté.

J’essaie les petites rues  parallèles mais  tout le monde a eu la même idée donc on cale à nouveau.

Je passe sur la réserve et là ça fonctionne un peu mieux. Je reviens sur Ana Salai et on dégage dès qu’on peu  sur Karamaj Salai pour aller chez Vijay.

On récupère les cartes qui  sont superbes. Cette année Véro a fait mettre ses portraits et ils rendent bien.

On revient par Karamaj Salai et avant Ana Salai on prend la rue Antoniadar où il y a tous les marchands d’accessoires pour téléphones portables. Véro veut acheter un étui. Mais bien qu’on ait à faire à des gens très gentils, ils lui disent qu’ils n’ont pas ce qu’elle cherche, mais ils l’aident à comprendre mieux le fonctionnement de son téléphone.
Pendant tout ce temps un chien  aboie et en face de la boutique un clochard avec tout son fourbi se brosse les dents consciencieusement avec une brosse. Je dis avec une brosse parce que les indiens se brossent aussi  les dents avec  un morceau de bois particulier destiné à cet effet.
A le voir, concentré je me dis soit il a de super belles dents, soit il a terriblement mal et le fait de frotter le soulage.

On revient par Nehru Street et Mission pour aller déjeuner au Farm Fresh de la rue Sainte Thérèse.
On est un peu pressés parce  que L doit venir  à 13h nous donner 2000Rs pour D&W qui on fait partir en colissimo des documents depuis la France dès leur retour.

On prend un café et on attend, L ne tarde pas à arriver avec une copine qui s’appelle F qui vient pour la première fois en Inde et qui va repartir le 18, jour de  notre retour. On ne la verra donc plus c’est dommage car elle avait l’air sympa et franche, mais c’est une amie de Véro sur FB.

Vers 16h on part pour le quartier de Kathirkamam sur la route du lac Oustéri. Un ami photographe de Véro lui a signalé qu’il y avait une grosse fête aujourd’hui dans ce quartier.

La route du lac est carrément barrée...
On  laisse la moto et on passe à pieds les barrières métalliques jaunes gardés par des gendarmes en képi rouge.

Sur plus d’un kilomètre s’étalent sur la route toutes sortes de petits commerces caractéristiques de l’Inde. On marche au  milieu d’une  foule de badauds et de croyants. Ces derniers vont entre deux temples et l’on ne comprend pas bien où ils se sont fait mettre des sortes d’aiguilles d’acupuncture sur la face et sur les épaules. Ce qui est sûr c’est qu’ils vont d’un temple à l’autre. Certains sont habillés normalement d’autres sont torse nu et porte des colliers de fleurs de  jasmin. Certaines aiguilles plantés dans les sourcils  font comme  une dentelle devant leurs yeux.
En plus des petits commerces il y a deux espaces d’attraction avec manèges pour les enfants et pour les grands et aussi un chapiteau de magicien et un de diableries. Le mot chapiteau ne traduit pas bien la réalité c’est plutôt une baraque en toile, montée à la va vite sur une structure de bois.

On se promène de long en large dans cette foule bon enfant, qui nous accepte. Nous sommes les seuls occidentaux  qu’ils aient vu aujourd’hui. Les hommes en képi surveille notre présence dans le parc d’attraction qui est en réalité une décharge en  partie nivelée pour pouvoir mettre les manèges et afin que rien ne nous arrive.

Les gens « piqués » si je peux dire sont même fiers d’être pris en photo  par Véro.

Des hijras remercient Véro d’un Madam pour les avoir photographiées.

Dans cette foule dense se faufile quand même des motos qui n’ont pas respecté les barrières et même des voitures. Après tout c’est une route que des gens peuvent emprunter  pour rentrer chez  eux.

C’est toujours un peu la surprise ce genre d’évènement et surtout la fermeture des routes, mais personne ne s’affole tant que c’est la police qui gère  l’interdiction.



On revient par le même chemin, rue Nehru on prend la rue Barathi pour récupérer les bracelets de Véro et la moto cale encore. Comme on est tout prêt de chez Félix, on y va.

Il constate qu’il y a un problème, mais il faut que le moteur de la moto soit froid pour qu’il  résolve ce problème. On lui apportera demain matin vers 11h il n’en aura  que pour une demi-heure indienne. Il faudra qu’on trouve quelque chose à faire mais dans la rue de Félix il y depuis cette année des gens qui  font des broderies sur tissus. Véro prendra son appareil  et ainsi le temps passera.

On rentre à l’appart. Bière car on est crevé. Cette semaine on ne voulait pas trop en faire pour réserver nos forces pour Varanasi, mais finalement il y a toujours quelque chose qui vient rompre le risque d’ennui..

Véro attaque ses photos et moi le blog.

Soupe chinoise et salade de fruits.



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