Les photos sont ici
Les cloches, les cris, le bruit
des bateaux à moteur me sortent petit à petit du sommeil.
Il est l’heure de se lever.
Véro se réveille aussi, toujours
avec son mal de gorge.
A 7h00 on embarque pour une
balade vers le Sud.
Comme chaque matin c’est une
armada de barques sur le Gange. Je réalise que les cris que j’entends de notre
chambre ne sont en fait que des appels pour faire venir les mouettes près d’une
embarcation de laquelle les passagers leur donnent à manger.
Ce cri doit rebondir sur l’eau et
monte vers les bâtiments.
La balade nous mène jusqu’à
Harishchandra ghât, le ghât de la
crémation électrique
Evidemment il y a une activité
intense au ghât de Dasashwamed où l’on a l’impression que toute l’activité de
la ville se concentre.
De ce côté il y a aussi de
magnifiques bâtiments qui font le charme de la ville vue du Gange.
Compte tenu de la crue du fleuve
les bâtiments on un premier niveau qui peut atteindre une dizaine de mètres et
qui n’est en fait qu’un mur. C’est au dessus qu’apparaissent les balcons et le
siège de la vie domestique.
Cette hauteur donne l’impression
vue du Gange que les habitations sont portées vers le ciel, dans une spiritualité
architecturale, un peu si j’ose la comparaison comme une cathédrale.
Chaque maison, chaque palais,
chaque construction a sa propre avancée ou son propre recul sur le Gange, ce
qui rompt ce qui pourrait être une ligne monotone de constructions et donne du
mouvement et de la vie à cette architecture.
A chaque bâtiment le regard rebondit ou
s’enfonce dans un passage pour découvrir une sorte de palais rose comme une
maison de Barbie. Puis à coté, c’est l’ocre des murs de soutènement et des
appartements du palais suivant.
A certains endroits des cavités aménagées
abritent de petits temples. Elles sont
de couleurs criardes et neuves, c’est parce que chaque année elles sont
repeintes après la crue du Gange.
Les pèlerins sont tout à leur
dévotion ou simplement à leur toilette ou à leur petite lessive. Nettoyage
physique, mental et spirituel.
Les Saddhu au réveil de leur nuit
pissent abondamment et comme ils ne doivent pas beaucoup boire on sent l’odeur
de leur pisse en passant.
Au Ghât de la crémation
électrique il n’y a plus au bord du Gange
que les décorations de fleurs que l’eau n’a pas encore emportée et que les
vaches n’ont pas mangées.
Un peu au-dessus dans un bâtiment à colonnes
des hommes portent un corps dans un linceul blanc.
On revient, on est dans le sens
du courant et je vois que notre rameur peine moins. A Varanasi c’est le seul endroit
où le Gange coule vers le Nord, c’est ce qui lui donne cette eau paisible et
pour les Indiens toute sa spiritualité.
Des bateaux se chargent de
pèlerins pour traverser le fleuve et aller de l’autre côté. On essayera de
faire ça aussi.
Retour à l’hôtel, petit dèj,
photos et blog.
On reste un bon
moment parce qu’on commence à avoir besoin de nous reposer.
Vers 11h on part pour aller
acheter les revues parce qu’hier, emporté par le mariage on n’a pas poursuivi
notre recherche suite aux indication du libraire de Indica Books. Mais grâce à
ses indications on espère trouver rapidement la maison de la presse.
On traverse rapidement les
ruelles et en passant on trouve le boulangerie allemande German Backery pour
les initiés et on s’arrête pour y acheter une viennoiserie qui n’a de
viennoiserie que le nom, pas du tout l’aspect mais un très bon goût. On
débouche au niveau de l’entrée du marché sur Dasashwamedh road.
On prend à droite et on tombe sur
des mariés en costume de cérémonie qui se rendent dans un petit temple.
Apparemment mariage consommé, les mariés marchent ensemble au milieu du groupe
qui les entoure.
On remonte la rue dans le sens
opposé à la circulation des véhicules, mais Véro préfère car ainsi elle voit
venir le sujet.
Au grand croisement on traverse
sur le côté droit, malgré l’infini bordel de la circulation tout à coup plus
rien (comme le coup de la mer rouge) pour nous laisser traverser, Shiva doit
nous avoir à la bonne.
En face donc sur le trottoir le
marchand de quotidiens est assis sur le trottoir entouré de ses journaux. Cette
activité ne dure que le matin.
Un peu plus loin en pénétrant
dans la rue qui prolonge celle d’où nous venons, tout de suite sur la droite,
la maison de la presse.
Sur une sorte d’estrade tous les
magasines Indiens en Anglais ou en Hindi sont étalés. La vendeuse est debout au
milieu de ses revues. Elle ne comprend pas ce que l’on cherche, mais elle
essaye de s’intéresser et nous propose des magasines.
Véro fait un choix et l’on
retourne sur nos pas.
On veut retrouver la ruelle que nous avons suivie après le mariage. Je sais
où nous en sommes sortis pour arriver sur Dasashwamedh road.
On arrive donc bien sur la bonne
rue mais on la prend dans le mauvais sens, heureusement parce que Véro peut
faire sa photo « baiser de vache ». Donc en suivant cette direction
on revient un peu plus haut sur Dasashwamedh road.
Demi tour, et on prend une
première rue à droite. On tombe sur une sorte d’autel improvisé où a été
installée une déesse de taille
humaine, richement vêtue, décorée de guirlandes électriques, un prêtre officie
dans la rue avec deux ou trois croyants qui l’écoutent.
On finit dans une rue pleine de
bouses qui ressemble à une écurie et qui nous oblige à faire demi-tour.
On revient donc dans la bonne rue
Bengali Tola Lane, que l’on prend dans le bon sens. C’est une rue particulière
ce que nous avions remarqué hier soir avec
tout une faune d’occidentaux et d’orientaux tendance Corée, Japon, Chine. La
rue avec ses boutiques et cette faune nous fait retrouver une atmosphère
balinaise telle qu’on peut la trouver à Kuta la propreté en moins.
On s'arrête au restaurant Spicy
Bites qui offre toutes les cuisines du monde, mais dans la salle nous sommes
les seuls occidentaux, les autres sont plus japonisants.
Pas très commode avec le
personnel et même exigeant avec des comportements un peu Corée du Nord.
La nourriture est bonne, les
chiottes propres et le prix correct, bonne adresse même si elle est indiquée
sur le Routard ce que nous découvrons au retour.
On continue ce cheminement.
On s’arrête au Shiva Cafe et
German Backery pour prendre chacun une part de cake au miel et aux amandes
qu’on mange en marchant et qui est très, très bon, presque à faire demi-tour
pour en prendre une autre part.
En route un Sadhu qui arrive vers
nous avec un micro cithare au grand manche nous joue un air pour nous amadouer,
avec la musique en moins les paroles étaient les suivantes :
Namasté
Namasté
One Picture
One Picture
Fifty roupies
Fifty roupies
Et reprise d’une manière
lancinante.
Il nous fait rire et il rit lui
aussi de lui même, on se croise en riant.
On va jusqu’à Hanuman Ghât et
l’on s’assied sur un mur à l’ombre d’un arbre dominant le Gange.
Véro se sent fatiguée et on
décide de revenir par le même chemin pour ne pas être écrasés par le soleil sur
les Ghâts, il est environ 13h30.
Tout à coup Véro se sent mal, un
mal de bide qui la saisit. On retourne rapidement vers le restaurant Spicy Bite
ou les chiottes étaient propres. Première étape, je bois un café pendant le
temps du soulagement.
Deuxième étape l’hôtel Alka.
Puis on se repose parce qu’on en
a besoin. Véro dort presque deux heures.
Vers 16h30 on s’installe sur la
terrasse pour boire un lassi et s’attaquer aux photos. Ils ont encore changé le
mot de passe et la tablette bloque. On
perd bien une heure à tenter de la connecter. Personne ne comprend et soudain
ça marche.
Véro se met aux photos et moi au
blog.
Vers 19h30 on part dîner dans un
des restau de Bengali Tola Lane.
Dans la première petite ruelle
que nous empruntons, Véro glisse, glisse et tombe. Elle se relève tout va bien.
Elle ne réalise pas encore, un homme passe près d’elle et lui dit :
« rassurez vous ce n’est pas de la merde mais du vomi ».
Du coup ça nous fait rire. On
continue et au premier robinet public lavage de la chaussure.
Suite à une info du Routard nous
voulions aller au Lotus Lounge, la super adresse de Varanasi. En fait c’est
fermé on ne demande pas depuis combien de tant parce que le Routard 2016 perdrait
de sa fiabilité.
On revient dîner au Siva Cafe et
German Backery.
On mange bien pour un prix très
raisonnable, dans la salle ce ne sont que des gens jeunes et moins jeunes qui
refont le monde avec sérieux grâce à leur grande connaissance de l’Inde.
Ces gens pensent que c’est l’Inde
de ce côté de Dasashwamedh, alors que toutes les boutiques indiennes se sont
adaptées à cette clientèle.
On revient finir les photos et le
blog. Véro regarde son genou, il est juste écorché.
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