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samedi 13 février 2016

Le jour très vache


Les photos sont ici

Les cloches, les cris, le bruit des bateaux à moteur me sortent petit à petit du sommeil.
Il est l’heure de se lever.
Véro se réveille aussi, toujours avec son mal de gorge.

A 7h00 on embarque pour une balade vers le Sud.
Comme chaque matin c’est une armada de barques sur le Gange. Je réalise que les cris que j’entends de notre chambre ne sont en fait que des appels pour faire venir les mouettes près d’une embarcation de laquelle les passagers leur donnent à manger.
Ce cri doit rebondir sur l’eau et monte vers les bâtiments.

La balade nous mène jusqu’à Harishchandra  ghât, le ghât de la crémation électrique
Evidemment il y a une activité intense au ghât de Dasashwamed où l’on a l’impression que toute l’activité de la ville se concentre.

De ce côté il y a aussi de magnifiques bâtiments qui font le charme de la ville vue du Gange.
Compte tenu de la crue du fleuve les bâtiments on un premier niveau qui peut atteindre une dizaine de mètres et qui n’est en fait qu’un mur. C’est au dessus qu’apparaissent les balcons et le siège de la vie domestique.
Cette hauteur donne l’impression vue du Gange que les habitations sont portées vers le ciel, dans une spiritualité architecturale, un peu si j’ose la comparaison comme une cathédrale.

Chaque maison, chaque palais, chaque construction a sa propre avancée ou son propre recul sur le Gange, ce qui rompt ce qui pourrait être une ligne monotone de constructions et donne du mouvement et de la vie à cette architecture.
 A chaque bâtiment le regard rebondit ou s’enfonce dans un passage pour découvrir une sorte de palais rose comme une maison de Barbie. Puis à coté, c’est l’ocre des murs de soutènement et des appartements du palais suivant.
A certains endroits des cavités aménagées abritent  de petits temples. Elles sont de couleurs criardes et neuves, c’est parce que chaque année elles sont repeintes après la crue du Gange.

Les pèlerins sont tout à leur dévotion ou simplement à leur toilette ou à leur petite lessive. Nettoyage physique, mental et spirituel.

Les Saddhu au réveil de leur nuit pissent abondamment et comme ils ne doivent pas beaucoup boire on sent l’odeur de leur pisse en passant.

Au Ghât de la crémation électrique il n’y a plus au   bord du Gange que les décorations de fleurs que l’eau n’a pas encore emportée et que les vaches n’ont pas mangées.
 Un peu au-dessus dans un bâtiment à colonnes des hommes portent un corps dans un linceul blanc.

On revient, on est dans le sens du courant et je vois que notre rameur peine moins. A Varanasi c’est le seul endroit où le Gange coule vers le Nord, c’est ce qui lui donne cette eau paisible et pour les Indiens toute sa spiritualité.
Des bateaux se chargent de pèlerins pour traverser le fleuve et aller de l’autre côté. On essayera de faire  ça aussi.

Retour à l’hôtel, petit dèj, photos et blog.

On reste  un bon  moment parce qu’on commence à avoir besoin de nous reposer.
Vers 11h on part pour aller acheter les revues parce qu’hier, emporté par le mariage on n’a pas poursuivi notre recherche suite aux indication du libraire de Indica Books. Mais grâce à ses indications on espère trouver rapidement la maison de la presse.

On traverse rapidement les ruelles et en passant on trouve le boulangerie allemande German Backery pour les initiés et on s’arrête pour y acheter une viennoiserie qui n’a de viennoiserie que le nom, pas du tout l’aspect mais un très bon goût. On débouche au niveau de l’entrée du marché sur Dasashwamedh road.
On prend à droite et on tombe sur des mariés en costume de cérémonie qui se rendent dans un petit temple. Apparemment mariage consommé, les mariés marchent ensemble au milieu du groupe qui les entoure.
On remonte la rue dans le sens opposé à la circulation des véhicules, mais Véro préfère car ainsi elle voit venir le sujet.

Au grand croisement on traverse sur le côté droit, malgré l’infini bordel de la circulation tout à coup plus rien (comme le coup de la mer rouge) pour nous laisser traverser, Shiva doit nous avoir à la bonne.

En face donc sur le trottoir le marchand de quotidiens est assis sur le trottoir entouré de ses journaux. Cette activité ne dure que le matin.
Un peu plus loin en pénétrant dans la rue qui prolonge celle d’où nous venons, tout de suite sur la droite, la maison de la presse.
Sur une sorte d’estrade tous les magasines Indiens en Anglais ou en Hindi sont étalés. La vendeuse est debout au milieu de ses revues. Elle ne comprend pas ce que l’on cherche, mais elle essaye de s’intéresser et nous propose des magasines.
Véro fait un choix et l’on retourne sur nos pas.

On veut retrouver la ruelle que  nous avons suivie après le mariage. Je sais où nous en sommes sortis pour arriver sur Dasashwamedh road.
On arrive donc bien sur la bonne rue mais on la prend dans le mauvais sens, heureusement parce que Véro peut faire sa photo « baiser de vache ». Donc en suivant cette direction on revient un peu plus haut sur Dasashwamedh road.

Demi tour, et on prend une première rue à droite. On tombe sur une sorte d’autel improvisé où a été installée une déesse dde taille humaine, richement vêtue, décorée de guirlandes électriques, un prêtre officie dans la rue avec deux ou trois croyants qui l’écoutent.

On finit dans une rue pleine de bouses qui ressemble à une écurie et qui nous oblige à faire demi-tour.

On revient donc dans la bonne rue Bengali Tola Lane, que l’on prend dans le bon sens. C’est une rue particulière ce que nous avions remarqué hier  soir avec tout une faune d’occidentaux et d’orientaux tendance Corée, Japon, Chine. La rue avec ses boutiques et cette faune nous fait retrouver une atmosphère balinaise telle qu’on peut la trouver à Kuta la propreté en moins.

On s'arrête au restaurant Spicy Bites qui offre toutes les cuisines du monde, mais dans la salle nous sommes les seuls occidentaux, les autres sont plus japonisants.
Pas très commode avec le personnel et même exigeant avec des comportements un peu Corée du Nord.
La nourriture est bonne, les chiottes propres et le prix correct, bonne adresse même si elle est indiquée sur le Routard ce que nous découvrons au retour.

On continue ce cheminement.

On s’arrête au Shiva Cafe et German Backery pour prendre chacun une part de cake au miel et aux amandes qu’on mange en marchant et qui est très, très bon, presque à faire demi-tour pour en prendre une autre part.

En route un Sadhu qui arrive vers nous avec un micro cithare au grand manche nous joue un air pour nous amadouer, avec la musique en moins les paroles étaient les suivantes :

Namasté
Namasté
One Picture
One Picture
Fifty roupies
Fifty roupies

Et reprise d’une manière lancinante.
Il nous fait rire et il rit lui aussi de lui même, on se croise en riant.

On va jusqu’à Hanuman Ghât et l’on s’assied sur un mur à l’ombre d’un arbre dominant le Gange.

Véro se sent fatiguée et on décide de revenir par le même chemin pour ne pas être écrasés par le soleil sur les Ghâts, il est environ 13h30.

Tout à coup Véro se sent mal, un mal de bide qui la saisit. On retourne rapidement vers le restaurant Spicy Bite ou les chiottes étaient propres. Première étape, je bois un café pendant le temps du soulagement.

Deuxième étape l’hôtel Alka.

Puis on se repose parce qu’on en a besoin. Véro dort presque deux heures.

Vers 16h30 on s’installe sur la terrasse pour boire un lassi et s’attaquer aux photos. Ils ont encore changé le mot de passe  et la tablette bloque. On perd bien une heure à tenter de la connecter. Personne ne comprend et soudain ça marche.

Véro se met aux photos et moi au blog.

Vers 19h30 on part dîner dans un des restau de Bengali Tola Lane.
Dans la première petite ruelle que nous empruntons, Véro glisse, glisse et tombe. Elle se relève tout va bien. Elle ne réalise pas encore, un homme passe près d’elle et lui dit : « rassurez vous ce n’est pas de la merde mais du vomi ».
Du coup ça nous fait rire. On continue et au premier robinet public lavage de la chaussure.

Suite à une info du Routard nous voulions aller au Lotus Lounge, la super adresse de Varanasi. En fait c’est fermé on ne demande pas depuis combien de tant parce que le Routard 2016 perdrait de sa fiabilité.
On revient dîner au Siva Cafe et German Backery.
On mange bien pour un prix très raisonnable, dans la salle ce ne sont que des gens jeunes et moins jeunes qui refont le monde avec sérieux grâce à leur grande connaissance de l’Inde.

Ces gens pensent que c’est l’Inde de ce côté de Dasashwamedh, alors que toutes les boutiques indiennes se sont adaptées à cette clientèle.

On revient finir les photos et le blog. Véro regarde son genou, il est juste écorché.

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