Lever 7h, ce matin on rend la
chambre mais on ne quittera Kumbakonam que cet après-midi. Ce matin on va retourner faire un tour parce que c’est
aujourd’hui le jour le plus important.
On refait les sacoches, puis on
va prendre notre petit déjeuner. On est un
peu en avance pour le café mais pour le reste tout est prêt.
Vers 9h on règle notre note à
l’hôtel et on leur demande de garder les sacoches et les casques.
Ce matin la rue principale est
fermée dès le début. Il faut trouver une place pour la moto, tout le monde est dans notre
situation.
Impossible de négocier car la rue
longe le temple et une queue de croyants commence dès le début de la rue. Les
gens suivent le mur peint de barres rouges et blanches
alternées. Ce mur sépare le monde sacré du monde profane.
Un petit distributeur de thé nous fait signe de laisser la moto
près de sa boutique.
On part à pieds et on suit la rue
jusqu’au lieu où l’on a laissé la moto hier. On longe la file des pèlerins.
Des dieux défilent sur des chars
tirés par des hommes.
On arrive au temple de Vishnu et
sur la place où il y a le petit marché, là où Véro a acheté hier après midi en
trois minutes une nouvelle paire de nus pieds en plastique parce que ceux
qu’elle avait ont rendu l’âme.
A partir de là j’ai tous mes repères pour aller
au temple.
Tout va bien, mais au dernier
moment barrage de la rue qui arrive
directement au bassin. La rue est réservée au retour. Il faut donc faire un
détour. On suit les Indiens qui sont là pour le bain et on y arrive rapidement
parce qu’on n’en était pas loin.
Sur l’espace réservé à la sortie
du bain c’est la folie, la foule est dense et au milieu de tout ce monde défilent
des chars qui transportent des divinités
qui vont être elles aussi trempées dans l’eau du bassin.
Dans cette foule mouillée on est
mouillé nous aussi. Une forte odeur de piscine
s’exhale de cette masse.
La chaleur, l’humidité et en plus de l’eau la
transpiration, on est en nage.
Toujours la même technique,
personne ne s’arrête, sauf nous parce que faire des photos en marchant ce n’est
pas simple. Les soldats sont indulgents pour nous mais pas pour la foule qui
doit avancer et qui nous pousse.
Derrière le char d’une divinité c’est
une vague humaine qui suit et tout le
monde est emporté vers le parc à chars de divinités. Pas facile de rester en
place. On reste près de la corde qui
interdit l’accès au bassin et où
se tiennent les militaires. Ainsi on peut échapper à cette force humaine qui
entraîne tout sur son passage.
Les soldats interdisent tout arrêt.
Nous ils nous saluent parce qu’il nous reconnaissent. On se dit que la relève
ne semble pas très efficace puisque ce
sont toujours les mêmes qu’hier.
Comme hier on fait une halte à l‘hôtel
Grand Rayas pour boire un café.
En ressortant on est emporté par
la foule du côté opposé à celui de notre
arrivée, mais la rue que je connais pour revenir sur l’axe principal est barrée,
interdiction de passer. Alors on revient à contre sens vers l’hôtel Grand Rayas
pour prendre la rue qui le longe et qui est une rue de sortie pour les
baigneurs et qu’on a utilisée tout à l’heure dans l’autre sens, jusqu’à ce
qu’on nous ait fait changer de
direction.
On rejoint sans problème l’axe.
Il y a moins de monde dans les rues par rapport à hier. Les gens semblent être
dans les temples ou dans le bassin.
On revient vers la moto. Il y a
toujours la queue le long du mur rouge et blanc du temple de Shiva.
La moto n’a pas bougé. On peut faire
confiance à un Indien qui donne son autorisation.
Vers midi à l’hôtel, on charge la
moto de ses sacoches. A la réception, ils mettent un peu de temps à retrouver le coussin
de Véro qu’ils ont posé au sol de l’autre
côté du comptoir et le coussin a la couleur du sol.
La moto chargée on la confie à la
surveillance du gardien de l’hôtel.
On va déjeuner. On prend des spaghettis
malgré le prix. Ce séjour nous aura coûté la peau du cul, mais finalement
c’était bien.
Pendant qu’on déjeune un guidami
arrive avec deux clients et ils s’installent à une table près de la nôtre sur
la terrasse.
Ici dès qu’un guide ou guidami
arrive la première chose qu’il dit c’est : les toilettes sont au bout de
la terrasse. Alors les clientamis se relèvent et vont dans cette direction.
Nous nous partons. La moto comme
tous ces jours ci démarre bien sous l’œil attentif des Indiens qui se demandent
qui sont ces cinglés qui se déplacent à moto, mais en plus avec une vieille moto qui n’a
même pas de démarreur électrique. Je sens bien à leur regard que le démarrage au kick va être
déterminant pour le respect.
Pas forcément du premier coup, la
bullet démarre avec un bruit à la limite du silence et si on n’est pas dessus
ou tout à côté on ne l’entend pas. Alors je tourne la poignée des gaz et là,
respect.
On reprend la route et le bypass
qui contourne Kumbakonam. Tout le long de ce périphérique, il y a des bus stand
provisoires pour les bus et des parking pour les voitures et ce à chaque accès
vers la ville. Ce sont là que s’arrêtent
tous les pèlerins, les plus fortunés prennent des auto-ricksaw pour la ville,
les autres vont à pieds, et c’est au moins à 4km ou 5km du centre.
On réalise la folie et le
conditionnement de tous ces gens. C’est ainsi on ne va pas les changer.
Ces installations provisoires
faussent la réalité que je connais et je prends une route trop tôt pour la direction où nous voulons aller.
Je le réalise un peu plus loin parce que j’ai suivi la direction de Jayankondacholapuram
qui est la commune sur laquelle se trouve le célèbre temple financé par l’Unesco
Gangaikoncholapuram.
En fait c’est une route parallèle
à celle que nous devions prendre. J’avais bien la géographie des routes en tête
et je n’étais donc nullement inquiet je savais qu’à Jayankondacholapuram il
suffisait de suivre la direction de Ganagikondacholapuram pour nous retrouver
sur la bonne route. On a dû faire 5km en plus mais vraisemblablement on n’a pas
perdu de temps parce que l’autre route
est une route pour Chennai avec beaucoup plus de circulation et on a aussi
évité le barrage sur la rivière Kollidam sur lequel il n’y a qu’une voie de
circulation et donc objet d’embouteillage.
On boit un coup à Valadur, un
litre d’eau d’un coup, à deux quand même, ça vous donne une idée de la chaleur
encore que sur la moto la chaleur est
supportable..
La route vers Cuddalore, on a
quitté la route de Chennai, la circulation est plus raisonnable, mais la route
est défoncée suite aux pluies de décembre.
Cuddalore, je rêve d’un bypass
pour Cuddalore, c’est une petite ville vraisemblablement entre 500 000 et 1
million d’habitants, mais surtout qui s’étend
sur une dizaine de kilomètres le long de la baie du Bengale. Interminable, avec
deux ponts à passer et une circulation impossible.
Ça ne me décourage pas, je sais
faire, mais c’est toujours chiant de voir des gens s’infiltrer dans un espace impossible
et bloquer toute la circulation, de voir des gens qui ne cèderont jamais le
passage, même si c’est plus simple pour tout le monde.
A la fin de Cuddalore c’est
l’entrée dans l’état de Pondichéry, 20km avant Pondichéry, et c’est la route des poivrots.
On arrive on rentre tout de suite
la moto. On monte les sacoches dans l’appart. On se ré-installe notamment au
niveau informatique parce que c’est quand même agréable d’avoir une connexion
internet qui marche bien, ce qui n’était pas toujours le cas à l’hôtel.
La télé marche, l’image est
belle, sur trois mois on est parti pour avoir trois semaines de télé mais rien
n’est sûr. Ça paraît peut-être con mais c’est agréable d’entendre parler
français.
On va dîner au Surguru parce que
les réserves sont épuisées. On verra demain pour faire des provisions.
Voilà on est bien fatigué et on ne va pas traîner.
Je vous admire !! mais aussi je vous envie.
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