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mardi 23 février 2016

Retour maison Pondy



Lever 7h, ce matin on rend la chambre mais on ne quittera Kumbakonam que cet après-midi. Ce matin on va  retourner faire un tour parce que c’est aujourd’hui  le jour le plus important.

On refait les sacoches, puis on va prendre notre petit déjeuner. On est un  peu en avance pour le café mais pour le reste tout est prêt.

Vers 9h on règle notre note à l’hôtel et on leur demande de garder les sacoches et les casques.

Ce matin la rue principale est fermée dès le début. Il faut trouver une place pour  la moto, tout le monde est dans notre situation.
Impossible de négocier car la rue longe le temple et une queue de croyants commence dès le début de la rue. Les gens suivent  le  mur peint de barres rouges et blanches alternées. Ce mur sépare le monde sacré du monde profane.

Un petit distributeur  de thé nous fait signe de laisser la moto près de sa boutique.
On part à pieds et on suit la rue jusqu’au lieu où l’on a laissé la moto hier. On longe la file des pèlerins.
Des dieux défilent sur des chars tirés  par des hommes.

On arrive au temple de Vishnu et sur la place où il y a le petit marché, là où Véro a acheté hier après midi en trois minutes une nouvelle paire de nus pieds en plastique parce que ceux qu’elle avait ont rendu l’âme.

A  partir de là j’ai tous mes repères pour aller au temple.

Tout va bien, mais au dernier moment barrage de la rue qui  arrive directement au bassin. La rue est réservée au retour. Il faut donc faire un détour. On suit les Indiens qui sont là pour le bain et on y arrive rapidement parce qu’on n’en était pas loin.

Sur l’espace réservé à la sortie du bain c’est la folie, la foule est dense et au milieu de tout ce monde défilent des chars qui transportent des divinités  qui vont être elles aussi trempées dans l’eau  du bassin.

Dans cette foule mouillée on est mouillé nous aussi. Une forte  odeur de piscine s’exhale de cette masse.
 La chaleur, l’humidité et en plus de l’eau la transpiration, on est en nage.
Toujours la même technique, personne ne s’arrête, sauf nous parce que faire des photos en marchant ce n’est pas simple. Les soldats sont indulgents pour nous mais pas pour la foule qui doit avancer et qui nous pousse.
Derrière le char d’une divinité c’est une vague humaine qui suit et  tout le monde est emporté vers le parc à chars de divinités. Pas facile de rester en place. On reste près de la corde qui  interdit l’accès au bassin  et où se tiennent les militaires. Ainsi on peut échapper à cette force humaine qui entraîne tout sur son passage.

Les soldats interdisent tout arrêt. Nous ils nous saluent parce qu’il nous reconnaissent. On se dit que la relève ne semble pas très efficace  puisque ce sont toujours les mêmes qu’hier.

Comme hier on fait une halte à l‘hôtel Grand Rayas pour boire un café.

En ressortant on est emporté par la foule du côté opposé à celui de  notre arrivée, mais la rue que je connais pour revenir sur l’axe principal est barrée, interdiction de passer. Alors on revient à contre sens vers l’hôtel Grand Rayas pour prendre la rue qui le longe et qui est une rue de sortie pour les baigneurs et qu’on a utilisée tout à l’heure dans l’autre sens, jusqu’à ce qu’on nous ait  fait changer de direction.

On rejoint sans problème l’axe. Il y a moins de monde dans les rues par rapport à hier. Les gens semblent être dans les temples ou dans le bassin.

On revient vers la moto. Il y a toujours la queue le long du mur rouge et blanc du temple de Shiva.

La moto n’a pas bougé. On peut faire confiance à un Indien qui donne son  autorisation.

Vers midi à l’hôtel, on charge la moto de ses sacoches. A la réception, ils  mettent un peu de temps à retrouver le coussin de Véro qu’ils  ont posé au sol de l’autre côté du comptoir et le coussin a la couleur du sol.

La moto chargée on la confie à la surveillance du gardien de l’hôtel.

On va déjeuner. On prend des spaghettis malgré le prix. Ce séjour nous aura coûté la peau du cul, mais finalement c’était bien.

Pendant qu’on déjeune un guidami arrive avec deux clients et ils s’installent à une table près de la nôtre sur la terrasse.
Ici dès qu’un guide ou guidami arrive la première chose qu’il dit c’est : les toilettes sont au bout de la terrasse. Alors les clientamis se relèvent et vont dans cette direction.

Nous nous partons. La moto comme tous ces jours ci démarre bien sous l’œil attentif des Indiens qui se demandent qui sont ces cinglés qui se déplacent à moto,  mais en plus avec une vieille moto qui n’a même pas de démarreur électrique. Je sens bien à  leur regard que le démarrage au kick va être déterminant pour le respect.
Pas forcément du premier coup, la bullet démarre avec un bruit à la limite du silence et si on n’est pas dessus ou tout à côté on ne l’entend pas. Alors je tourne la poignée des gaz et là, respect.

On reprend la route et le bypass qui contourne Kumbakonam. Tout le long de ce périphérique, il y a des bus stand provisoires pour les bus et des parking pour les voitures et ce à chaque accès vers  la ville. Ce sont là que s’arrêtent tous les pèlerins, les plus fortunés prennent des auto-ricksaw pour la ville, les autres vont à pieds, et c’est au moins à 4km ou 5km du centre.
On réalise la folie et le conditionnement de tous ces gens. C’est ainsi on ne va pas les changer.

Ces installations provisoires faussent la réalité que je connais et je prends une route trop  tôt pour la direction où nous voulons aller. Je le réalise un peu plus loin parce que j’ai suivi la direction de Jayankondacholapuram qui est la commune sur laquelle se trouve le célèbre temple financé par l’Unesco Gangaikoncholapuram.
En fait c’est une route parallèle à celle que nous devions prendre. J’avais bien la géographie des routes en tête et je n’étais donc nullement inquiet je savais qu’à Jayankondacholapuram il suffisait de suivre la direction de Ganagikondacholapuram pour nous retrouver sur la bonne route. On a dû faire 5km en plus mais vraisemblablement on n’a pas perdu de temps parce que  l’autre route est une route pour Chennai avec beaucoup plus de circulation et on a aussi évité le barrage sur la rivière Kollidam sur lequel il n’y a qu’une voie de circulation et donc objet d’embouteillage.

On boit un coup à Valadur, un litre d’eau d’un coup, à deux quand même, ça vous donne une idée de la chaleur encore que sur  la moto la chaleur est supportable..

La route vers Cuddalore, on a quitté la route de Chennai, la circulation est plus raisonnable, mais la route est défoncée suite aux pluies de décembre.
Cuddalore, je rêve d’un bypass pour Cuddalore, c’est une petite ville vraisemblablement entre 500 000 et 1 million d’habitants,  mais surtout qui s’étend sur une dizaine de kilomètres le long de la baie du Bengale. Interminable, avec deux ponts à passer et une circulation impossible.
Ça ne me décourage pas, je sais faire, mais c’est toujours chiant de voir des gens s’infiltrer dans un espace impossible et bloquer toute la circulation, de voir des gens qui ne cèderont jamais le passage, même si c’est plus simple pour tout le monde.

A la fin de Cuddalore c’est l’entrée dans l’état de Pondichéry, 20km avant Pondichéry,  et c’est la route des poivrots.

On arrive on rentre tout de suite la moto. On monte les sacoches dans l’appart. On se ré-installe notamment au niveau informatique parce que c’est quand même agréable d’avoir une connexion internet qui marche bien, ce qui n’était pas toujours le cas à l’hôtel.

La télé marche, l’image est belle, sur trois mois on est parti pour avoir trois semaines de télé mais rien n’est sûr. Ça paraît peut-être con mais c’est agréable d’entendre parler français.

On va dîner au Surguru parce que les réserves sont épuisées. On verra demain pour faire des provisions.

Voilà on est bien fatigué et on  ne va pas traîner.

Les photos sont ici 

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