Les photos sont ici
8h en principe à cette heure-ci,
j’ai déjà un tas de choses à noter, mais ce matin c’est l’heure du réveil.
L’heure du petit dèj. Comme tous
les matins.
On a commencé à récupérer.
Le matin et le reste de la
journée aussi c'est toujours le problème
de la connexion à Internet qui se pose. C’est toujours un peu galère au départ,
heureusement jusqu’à présent on finit toujours par y arriver, mais non sans
peine.
Après lorsque tout fonctionne la
connexion est bonne.
Rétrospectivement Véro s’est fait
peur après sa chute et a eu des difficultés à s’endormir. Elle a réalisé
qu’heureusement elle n’avait pas son appareil photo. La chance aussi c’est
d’être tombé sans qu’une partie de son corps ne s’accroche ou ne se cogne à
tout ce qui menace. J’ai eu avant-hier la même peur rétrospective avec les
buffalos.
Finalement il faut toujours être
sur ses gardes. Marcher est sans doute plus difficile et dangereux que de
conduire la moto.
On descend sur les ghâts et on va
au ghât de Dasashwamedh, comme c’est dimanche on espère qu’il y aura beaucoup
de monde et de familles.
C’est le cas.
Tout de suite on repère des
embarcations chargées de touristes indiens qui
font l’aller et retour entre
cette rive et l’autre.
On descend au niveau de l’eau parmi
tous les gens qui sont en train de faire leurs ablutions ou leurs toilettes.
C’est toujours un peu la foire
d’empoigne entre les bateliers pour nous avoir à leur bord et on se sent un peu
pris en otage. Finalement on monte dans l’embarcation dans laquelle il y a le
plus de personnes et qui nous semble donc la plus apte à partir rapidement,
parce qu’évidemment le batelier ne décide de partir que lorsqu’il a son quota
de passagers.
On se lance dans la traversée.
Une petite barque nous accoste rapidement, c’est la barque magasin qui vend la
nourriture pour mouettes. Beaucoup de passagers indiens en achètent parce
qu’ils sont touristes et parce qu’ils ont des enfants.
Le batelier pousse alors des
cris, ces cris qui ressemblent à des appels et qu’on entend jusque dans notre
chambre dès 6h du matin, ce sont en fait des cris pour attirer les mouettes et
leur dire que l’on va leur mettre de la bouffe.
Elle fonctionne ces connes
adeptes de Pavlov et se précipitent autour de l’embarcation, c’est pour Véro
l’occasion de prendre des photos.
Aujourd’hui c’est la St Valentin,
je dis ça pour les mecs, la traversée du Gange c’est 20 Rs par personne, on
peut même prendre une barque pour les
amoureux avec des ballons de baudruche rouges et blancs, la classe quoi, mon
conseil ne vous emmerdez pas à payer une gondole à Venise.
Je fais une parenthèse pour vous
dire que ce soir là où nous sommes installés comme tous les soirs en face des
chiottes, ça pue méchamment, Véro me dit comme tous les soirs mais ce soir je
le sens plus que d’habitude.
On se met là parce qu’évidemment
à cette table personne ne s’y met ou rarement, donc elle est beaucoup plus
propre que les autres. En effet le personnel du restaurant a une méconnaissance
totale de l’éponge ou du chiffon serpillère qu’utilisent nos garçons de café,
conséquence la bouffe tombée de l’assiette à tendance à rester sur le plastique qui recouvre le tissu de la nappe.
Je pense que comme les bouses
tout ceci s’enlève à l’usage. Pour les bouses chaque passant en emporte un peu
sous ses semelles et il y a du monde, les motos et vélos font de même avec leurs
pneus, tout le monde s’y met quoi.
Ici pour la nappe le soir quand
on a terminé on lave dans la chambre le dessous de l’ordi et de la tablette. Au
fond la propreté ce n’est qu’une question de manière de faire et on n’a pas la
même, donc on s’adapte.
Peut-être qu’il ne faudrait pas
grand chose pour que les habitudes changent. Hier soir des parents refusaient à
leur enfant d’ajouter du sucre sur son pancake. Le serveur est venu seconder
les parents, et il nous a même pris à témoins. Il doit y avoir des campagnes d’information
sur le sucre et les gens essaient de les suivre. Pour la propreté ça pourrait
être pareil.
Je reviens aux mouettes, ce sont
donc des oiseaux migrateurs. Lorsqu’on se promène dans la ville il y d’autres
espèces d’oiseaux, des pigeons, des King Fischer et d’autres que je ne sais
nommer et je le regrette, mais sur le Gange pour la bouffe des touristes il n’y
a que les mouettes, le Gange leur appartient.
Comme elles sont posées sur l’eau,
lorsqu’elles ne se battent pas pour la
bouffe, la petite famille qui traverse avec nous, les prend d’abord pour des
canards. Véro leur explique.
Ils ont un bébé d’un an environ une
petite fille qui se met à pleurer dès que nous les martiens on la regarde.
Petit à petit ils lui enlèvent des couches de vêtements, elle a deux bonnets et passe à zéro bonnet ce
qui, avec le soleil qui tape, n’est
peut-être pas le plus intelligent à faire. Ils lui enlèvent aussi son anorak,
mais ils lui laissent son pull et ses chaussettes en laine. La gamine est
trempée de sueur.
Le plus important pour l’instant
pour eux c’est de se prendre en photo
avec nous, ce qu’on comprend, ça ne se reproduira jamais plus tandis que la
gamine ils l’ont pour la vie.
La surprise de l’autre côté c’est
qu’on arrive sur le sable de la partie du lit que le Gange n’occupe pas en ce
moment. C’est une très belle plage, mais sans quai et sans ponton. Autrement
dit il faut sauter dans le Gange pour quitter l’embarcation.
La famille nous a dit qu’ils
venaient faire leurs ablutions et se baigner ici parce que l’eau était plus
propre et plus chaude que de l’autre côté.
Si l’eau est plus propre on peut
donc y aller de toute façon on n’a pas le choix.
Je pense à mon pansement à la
jambe. Malheureusement le Gange n’a pas la même fonction que Lourdes, ici pas question de guérir, c’est plutôt la mort
que l’on vient chercher. Je prends le risque.
On vient de changer de place, je
ne tenais plus en face des chiottes. Je suis allé vérifier sur une autre table que
le plastique sur nappe était suffisamment propre, en passant la main je n’ai
pas entraîné trop de choses. J’ai dit à Véro c’est bon. On respire.
Là où l’on a débarqué c’est
Palavas. Tout y est, des petites cabines en toile pour se changer, de petits
commerces pour l’eau et de la bouffe, des diseurs de bonne aventure installés
sous des tentes, des loueurs de chevaux indiens qui se caractérisent par leurs
oreilles pointues et recourbées, des coiffeurs et des barbiers ambulants.
J’avais écrit des raseurs, ça prêtait à confusion, parce qu’il y a aussi beaucoup de raseurs ambulants.
Ça c’est pour la partie
distraction qui va avec les jeux dans l’eau comme à la piscine ou comme à
Palavas.
Il y a aussi les gens sérieux qui
sont venus pour les ablutions, et il y a aussi ceux qui sont venus pour faire une petite cérémonie personnelle
dédiée au Gange et aux dieux.
Le spectacle est permanent
évidemment et bien que ce soit toujours les mêmes choses, les mêmes rites,
on ne s’en lasse pas parce que ce sont
toujours des gens différents qui font des gestes différents même s’ils essayent
de se concilier les mêmes dieux.
Depuis qu’on est arrivé une
barque d’occidentaux tous vêtus en blanc observent ces rituels païens mais sans
sortir de leur embarcation parce qu’il
leur faudrait mettre les pieds dans l’eau du Gange et bien qu’il soit
venu voir le fleuve sacré impossible pour eux de prendre le risque d’une
maladie de peau. Je pense que parmi eux beaucoup pourraient nous parler avec
force conviction de spiritualité ou d’actions humanitaires pour ces pauvres Indiens
qui se trempent le cul dans une eau pollué.
Au bout d’une demi-heure cartes
photo et vidéo pleines, ils se cassent.
On a un spécimen à l'hôtel, tout
de blanc vêtu aussi, très chic, tout l’hôtel sait déjà qu’il fait de
l’humanitaire avec mère Thérèsa et qu’il
y est allé ce matin à 9h30. Faire de l’humanitaire c’est une chose, le faire
savoir c’est beaucoup plus important.
Re bain de pieds pour accéder à
l’embarcation.
Au retour c’est Véro qui achète
la bouffe pour les mouettes et la distribue à tous les passagers qui sont ravis
et elle s’en donne à coeur joie pour les photos.
On remonte par le Ghât Dasashwamedh pour aller chercher la ruelle
Bengali Tola Lane pour aller déjeuner.
Au passage Véro fait deux magasins.
On s’installe dans un restau où
on ne ressens pas un accueil
accueillant, on remet nos chaussures et on s’en va.
On va déjeuner au restau d’hier
soir qui s’appelle en fait Mona Lisa Cafe German Backery.
On a de nouveau un bon
accueil bien que ça semble être un repaire
d’Israéliens. C’est aussi une question
que nous pose une femme du restau. Le patron lui, dit plus Shalom que Namasté.
Peut importe on mange bien. Le
patron est tout fier de nous faire un très bon expresso avec un percolateur
espagnol qui lui a coûté la peau du cul, mais il en est content.
On revient à l’hôtel pour nous
reposer. Pas très longtemps en fait. Véro va beaucoup mieux et sent sa forme
revenir.
On reprend la Bengali Tola Lane, on fait encore quelques magasins, parce
comme je l’ai déjà dit c’est un peu Bali.
C’est aussi Bali parce qu’à
chaque passage un homme me propose de la marijuanna ou du hash, à chaque fois
je lui dis non et à chaque fois il recommence mais n’insiste pas.
Par contre auprès de gens plus
jeunes j’ai vu un dealer leur courir après et leur montrer la came avec
insistance.
Les nouveaux babs sont surtout
des asiatiques, c’est ça qui est frappant. On se dit que pour les occidentaux
ce sont les petits enfants des soixante huitards qui recommencent le trip.
Au passage on prend chacun une
part de cake honey et nuts au Mona Lisa Cafe et on continue jusqu’au bout de ce
passage.
Là on arrive sur une artère plus
grande où il y a des ricksahw. On veut aller au Durga Temple mais impossible de
trouver avec le plan du Routard. On demande donc à un rickshaw de nous y
emmener. Le premier demande 100 Rs, on fait affaire avec un autre qui demande 50 Rs. Le prix doit donc être autour
de 20 ou 30 Rs mais on n’a pas les moyens de pouvoir discuter davantage. Ce qui
est regrettable parce que quand les prix montent pour nous, ils monteront pour tous les occidentaux et
inévitablement pour les autochtones.
Durga Temple, rouge dans le
soleil couchant, une petite merveille. A
l’intérieur une folie religieuse comme on peut l’observer quelque fois à
Chidambaran.
Comme on n’est pas entré par la
porte principale, Véro a pu faire des photos sans que personne à l’intérieur ne
lui dise rien.
En effet lorsqu’on est allé à la
porte principale pour voir l’entrée du temple, un homme nous a dit pas de
photos, mais on était déjà ressorti.
De là on a suivi des rue qui
fuyait vers l’Est, au passage on a aperçu un magnifique kiosque en marbre blanc
de style Mogol. Deux temples magnifiques qui nous ont fait penser à l’architecture
du Cambodge, rien à voir avec l’architecture des temples du Sud.
On est arrivé à Assi Ghât.
Deux kilomètres de ghâts pour
arriver à Mir Ghât.
Une nouvelle fois on rencontre la
même faune de touristes, de sadhus, de loueurs de barques, de barbiers et de
raseurs.
Arrivée à Dasashwamedh Gath là où
a lieu tous les soirs la Puja spectacle pour la foule des pèlerins et des
curieux.
On regarde les prêtre acteurs et
danseurs qui vont officier dans le boys
band de ce soir et Véro reconnaît parmi eux un ami d’amis qu’elle a vu en photo
chez ces amis. Elle franchit l’espace qui sépare les artistes des spectateurs
et se fait connaître par cet homme très gentil au demeurant et qui veut nous
offrir tout de suite une place d’honneur parmi les invités.
Véro lui explique qu’on ne peut
pas rester ce soir, mais demain. Lui explique qu’il n’officie que le samedi et
le dimanche, alors il veut à tout prix nous laisser son numéro de téléphone
pour le cas ou on aurait une quelconque difficulté.
Très gentil le gars pour un
prêtre en représentation.
On rentre à l’hôtel et on
s’installe sur la terrasse en face des chiottes comme je l’ai déjà dit.
On dîne chacun d’un plat de pâtes
tambouille sauf blanche ou sauce tomate.
Le restau de l’hôtel est quand
même pas terrible par rapport à ce qu’on peut trouver dans Bengali Tola Lane.
On continue photos et blog. La
connexion marche super ce soir.
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