Les photos sont ici
Mal de gorge ce matin, c’est moi
qui ait repris le virus abandonné en partie par Véro.
La rencontre inattendue d’hier
soir. Un couple de l’Aveyron que l’on connaît depuis longtemps et qu’on n’a pas
vu depuis longtemps, qui est sur un circuit avec un guide et qui débarque un
peu par hasard à l’hôtel Alka, à Varanasi pour une journée.
Lever 8h, avant dernière journée,
on a l’impression que l’on aurait encore des tas de choses à faire et que l’on
pourrait y rester encore.
Mais le retour à Pondy, n’est pas
une corvée, au contraire.
Le temps est couvert, tout le ciel est pris de l’Est à
l’Ouest.
On discute avec L&W qui
attendent leur groupe pour partir faire de la barque sur le Gange. Ils ne sont
préoccupés par rien parce que le guide organise tout.
Il arrive d’ailleurs avec deux
autres couples qui sont du Minervois et de Millau.
Ils partent tous rejoindre le
batelier.
Un peu plus tard lorsqu’on quitte
l’hôtel on les voit passer dans leur
barque. On reconnaît au loin facilement W qui est un gentil géant.
Dès qu’on quitte l’hôtel il
commence à tomber quelques gouttes éparses, rien d’inquiétant.
Compte tenu du temps on a changé de projet.
Véro voulait aller au Sud faire des
photos des laveurs de linge et surtout de leur étendage sur les escaliers des
Ghâts et sur toutes barrières qui se présentent.
La lumière n’étant pas au rendez
vous on décide d’aller dans le quartier musulman de Kotwali là où la soie est
tissée.
Dans Dasashwamedh road on est agressé
par tous les conducteurs de rickshaw et d’auto-rickshaw qui veulent tous nous
emmener à Assi ou chez un marchand de soie.
Pour leur échapper on marche en
direction de Godowlia Crossing, l’éloignement de l’entrée du Chowk nous apporte
de la tranquillité et l’on peut demander à un conducteur de rickshaw de nous
emmener à Kotwali au cinéma Yamuna.
On refait le parcours que le
premier conducteur nous avait fait emprunter, la semaine dernière, c’est à dire
en direction du Nord, alors que l’adresse qu’on lui avait indiqué était au Sud.
Peu de temps après nous sommes
sur place.
A l’oreille c’est à dire au bruit
des métiers à tisser, on s’enfile dans une petite ruelle et on s’enfonce entre
les falaises des maisons. Derrière les murs et les fenêtre le bruit lancinant des métiers qui ne s’interrompt
jamais d’une ruelle à l‘autre.
Notre regard est attiré vers le
bout d’une rue par des hommes qui tendent une chaîne de soie blanche.
On s’approche et l’on débouche
sur une petite place.
La chaîne est tendue depuis un
petit atelier qui se tient à l’autre bout d’une autre ruelle. Les hommes
déplient des écheveaux de soie. Les fils de soie sont maintenus par des
ficelles. Une fois l’écheveau déployé en chaîne des hommes enlèvent les
ficelles qui tiennent les fils et l’homme qui est au bout de la chaîne sur la
petite place revient vers l’autre extrémité de la chaîne en reformant un
écheveau dont les fils ne sont plus attachés.
Cet écheveau passe entre les
mains d’un autre homme qui le trempe
dans une grande bassine et qu’il ressort,
un autre homme l’aide à le tordre pour
l’essorer.
L’écheveau essoré est enfilé
sur un morceau de bois qui permet de le
plonger dans une cuve comme un fût de pétrole, de liquide bouillant. Le fût est
posé sur un feu rougeoyant, un homme avait précédemment mis dans le liquide en ébullition
une poudre blanche.
Deux fuseaux suspendus à leur
morceau de bois sont plongés puis retirés alternativement puis replongés
plusieurs fois.
Cette opération, le mordançage est
va permettre à la teinture de se fixer sur la fibre de soie. C’est ce que nous
explique le responsable des opérations. Si l’on revient cet après midi vers 16h
les écheveaux ayant subis le mordançage seront teints.
On passe ensuite dans une autre
maison pour voir un homme assis devant un métier à tisser, qui tisse
manuellement la soie, à l’aide d’un métier Jacquard c’est à dire à cartes
perforées. Le responsable sait que c’est français et nous en sommes tout fiers.
Dans un autre lieu deux hommes
fabriquent les cartes perforées qui serviront pour d’autres motifs.
Un peu plus loin en suivant une
ruelle on arrive dans une maison où dans
une pièce une machines cylindrique d’environ deux mètre de diamètre sur deux
mètres de hauteur enroule en écheveau les fils de soie qui sont dévidés de bobines.
Deux hommes font fonctionner cette machine et surveille que l’enroulement des
fils se passe bien, que le fil ne s’embrouille pas. C’est exactement le
principe de la « tournette » mot pour lequel j’ai des difficultés à trouver une définition
en relation avec la soie, mais qui
permettait de constituer les écheveaux.
On ressort, pendant tout ce temps
le bruit obsédant les machines mécaniques ne nous a pas quittés.
On va donc voir ces métiers qui
fonctionnent sans arrêt. Dans la pièce il y a deux métiers et deux hommes les
font fonctionner. En fait ils regardent le déroulement de la chaîne et suive le
dessin qui se forme grâce là encore, à des cartes perforés placées et qui se
déplient au dessus de la machine.
Enfin dans un autre lieu on
assiste à la mise en place des fils colorés de la chaîne avant de lancer le
métier.
Le quartier musulman pour nous
occidentaux nous apparaît comme un vrai quartier indien. Des enfants et des
chèvres partout. Des hommes qui parlent entre eux debout sur les places. Des
femmes voilées de noirs qui passent sans jamais s’arrêter. Des jeunes sur des
motos qui chahutent entre eux.
Les maisons serrées les unes
contre les autres, parpaing contre parpaing, pas de crépi. Tout est sordide,
pisseux, couvert de poussière sans esthétique, sans beauté. Tout est gris, noir,
sans couleur.
Et pourtant les gens sont
gentils, ils rient, vivent. Les enfants jouent avec rien. Les petites filles
pouffent de rire entre copines.
Dans les ruelles des charrettes à
bras, transportent ce qui est nécessaire à la vie du quartier, des légumes, du
bois.
Les chèvres tiennent les rues,
les places, à la recherche de ce qui se mange.
Pas de touristes, rien à vendre.
On nous offre le thé dans une
maison pleine de soierie, pas de vente
forcée, pas de boutique, seulement des gens qui travaillent sur des machines infernales
même si elles produisent à la fin de belles soieries pour les riches du monde..
On revient en demandant pour nous
retrouver, où se trouve le cinéma Yamuna. Tout le monde connaît le cinéma en
Inde.
Là on prend un moyen de transport
que l’on n’a vu qu’ici, une sorte de tricycle tiré par une demi-moto à l’avant
et une caisse avec deux banquettes à l’arrière.
L’engin nous ramène à Godowlia Crossing.
De là on va à pieds à Monalisa café pour déjeuner.
On prend des pizzas, sans sel ce
qui est bon pour le cœur, puis on revient à l’hôtel et au fur et à mesure de
notre retour, il pleut de plus en plus fort. Les dalles au sol deviennent de
plus en plus glissantes.
On arrive à l’hôtel un peu trempé
malgré l’étroitesse des rues.
On se repose. Puis on s’installe
sur la terrasse de l’hôtel à l’abri d’une sorte de pergola sous laquelle tout
le monde s’est réfugié.
On prend un petit 4h :
pancake chocolat et thé et on se met aux photos et au blog.
La pluie par moment se transforme
en déluge. On appelle nos amis qui sont avec leur guide pour leur dire que nous n’irons pas au restau
où nous devions nous retrouver, même si la pluie s’arrête les ruelles seront
trop glissantes. On ne veut pas prendre de risque la veille du départ.
On prend donc position sur une
table avec l’intention de la garder
toute la soirée.
Dîner dans le froid de cheese
pulao et d’une bière.
Demain la météo annonce le retour
du soleil. On a jusqu’à 16h pour faire les photos que Véro n’a pas pu faire
aujourd’hui.
Demain pas de blog retour à
Pondy, minuit Chennai et 3h du matin Pondy.
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