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mardi 16 février 2016

Dans la soie de Benares


Les photos sont ici

Mal de gorge ce matin, c’est moi qui ait repris le virus abandonné en partie par Véro.

La rencontre inattendue d’hier soir. Un couple de l’Aveyron que l’on connaît depuis longtemps et qu’on n’a pas vu depuis longtemps, qui est sur un circuit avec un guide et qui débarque un peu par hasard à l’hôtel Alka, à Varanasi pour une journée.

Lever 8h, avant dernière journée, on a l’impression que l’on aurait encore des tas de choses à faire et que l’on pourrait y rester encore.
Mais le retour à Pondy, n’est pas une corvée, au contraire.

Le temps  est couvert, tout le ciel est pris de l’Est à l’Ouest.

On discute avec L&W qui attendent leur groupe pour partir faire de la barque sur le Gange. Ils ne sont préoccupés par rien parce que le guide organise tout.
Il arrive d’ailleurs avec deux autres couples qui sont du Minervois et de Millau.
Ils partent tous rejoindre le batelier.
Un peu plus tard lorsqu’on quitte l’hôtel on les voit  passer dans leur barque. On reconnaît au loin facilement W qui est un gentil géant.

Dès qu’on quitte l’hôtel il commence à tomber quelques gouttes éparses, rien d’inquiétant.
Compte  tenu du temps on a changé de projet. Véro  voulait aller au Sud faire des photos des laveurs de linge et surtout de leur étendage sur les escaliers des Ghâts et sur toutes barrières qui se présentent.
La lumière n’étant pas au rendez vous on décide d’aller dans le quartier musulman de Kotwali là où la soie est tissée.

Dans Dasashwamedh road on est agressé par tous les conducteurs de rickshaw et d’auto-rickshaw qui veulent tous nous emmener à Assi ou chez un marchand de soie.
Pour leur échapper on marche en direction de Godowlia Crossing, l’éloignement de l’entrée du Chowk nous apporte de la tranquillité et l’on peut demander à un conducteur de rickshaw de nous emmener à Kotwali au cinéma Yamuna.

On refait le parcours que le premier conducteur nous avait fait emprunter, la semaine dernière, c’est à dire en direction du Nord, alors que l’adresse qu’on lui avait indiqué était au Sud.

Peu de temps après nous sommes sur place.

A l’oreille c’est à dire au bruit des métiers à tisser, on s’enfile dans une petite ruelle et on s’enfonce entre les falaises des maisons. Derrière les murs et les fenêtre le bruit  lancinant des métiers qui ne s’interrompt jamais d’une ruelle à l‘autre.

Notre regard est attiré vers le bout d’une rue par des hommes qui tendent une chaîne de soie blanche.
On s’approche et l’on débouche sur une petite place.

La chaîne est tendue depuis un petit atelier qui se tient à l’autre bout d’une autre ruelle. Les hommes déplient des écheveaux de soie. Les fils de soie sont maintenus par des ficelles. Une fois l’écheveau déployé en chaîne des hommes enlèvent les ficelles qui tiennent les fils et l’homme qui est au bout de la chaîne sur la petite place revient vers l’autre extrémité de la chaîne en reformant un écheveau dont les fils ne sont plus attachés.
Cet écheveau passe entre les mains d’un  autre homme qui le trempe dans  une grande bassine et qu’il ressort, un autre homme l’aide à le tordre  pour l’essorer.
L’écheveau essoré est enfilé sur  un morceau de bois qui permet de le plonger dans une cuve comme un fût de pétrole, de liquide bouillant. Le fût est posé sur un feu rougeoyant, un homme avait précédemment mis dans le liquide en ébullition une poudre blanche.
Deux fuseaux suspendus à leur morceau de bois sont plongés puis retirés alternativement puis replongés plusieurs fois.
Cette opération, le mordançage est va permettre à la teinture de se fixer sur la fibre de soie. C’est ce que nous explique le responsable des opérations. Si l’on revient cet après midi vers 16h les écheveaux ayant subis le mordançage seront teints.

On passe ensuite dans une autre maison pour voir un homme assis devant un métier à tisser, qui tisse manuellement la soie, à l’aide d’un métier Jacquard c’est à dire à cartes perforées. Le responsable sait que c’est français et nous en sommes tout fiers.

Dans un autre lieu deux hommes fabriquent les cartes perforées qui serviront pour d’autres motifs.

Un peu plus loin en suivant une ruelle  on arrive dans une maison où dans une pièce une machines cylindrique d’environ deux mètre de diamètre sur deux mètres de hauteur enroule en écheveau les fils de soie qui sont dévidés de bobines. Deux hommes font fonctionner cette machine et surveille que l’enroulement des fils se passe bien, que le fil ne s’embrouille pas. C’est exactement le principe de la « tournette » mot pour lequel  j’ai des difficultés à trouver une définition en relation avec la soie, mais  qui permettait  de constituer les écheveaux.

On ressort, pendant tout ce temps le bruit obsédant les machines mécaniques ne nous a pas quittés.
On va donc voir ces métiers qui fonctionnent sans arrêt. Dans la pièce il y a deux métiers et deux hommes les font fonctionner. En fait ils regardent le déroulement de la chaîne et suive le dessin qui se forme grâce là encore, à des cartes perforés placées et qui se déplient au dessus de la machine.

Enfin dans un autre lieu on assiste à la mise en place des fils colorés de la chaîne avant de lancer le métier.

Le quartier musulman pour nous occidentaux nous apparaît comme un vrai quartier indien. Des enfants et des chèvres partout. Des hommes qui parlent entre eux debout sur les places. Des femmes voilées de noirs qui passent sans jamais s’arrêter. Des jeunes sur des motos qui  chahutent  entre eux.
Les maisons serrées les unes contre les autres, parpaing contre parpaing, pas de crépi. Tout est sordide, pisseux, couvert de poussière sans esthétique, sans beauté. Tout est gris, noir, sans couleur.
Et pourtant les gens sont gentils, ils rient, vivent. Les enfants jouent avec rien. Les petites filles pouffent de rire entre copines.
Dans les ruelles des charrettes à bras, transportent ce qui est nécessaire à la vie du quartier, des légumes, du bois.
Les chèvres tiennent les rues, les places, à la recherche de ce qui se mange.

Pas de touristes, rien à vendre. On  nous offre le thé dans une maison  pleine de soierie, pas de vente forcée, pas de boutique, seulement des gens qui travaillent sur des machines infernales même si elles produisent à la fin de belles soieries pour les riches du monde..

On revient en demandant pour nous retrouver, où se trouve le cinéma Yamuna. Tout le monde connaît le cinéma en Inde.

Là on prend un moyen de transport que l’on n’a vu qu’ici, une sorte de tricycle tiré par une demi-moto à l’avant et une caisse avec deux banquettes à l’arrière.

L’engin nous ramène à Godowlia Crossing. De là on va à pieds à Monalisa café pour déjeuner.
On prend des pizzas, sans sel ce qui est bon pour le cœur, puis on revient à l’hôtel et au fur et à mesure de notre retour, il pleut de plus en plus fort. Les dalles au sol deviennent de plus en plus glissantes.
On arrive à l’hôtel un peu trempé malgré l’étroitesse des rues.
On se repose. Puis on s’installe sur la terrasse de l’hôtel à l’abri d’une sorte de pergola sous laquelle tout le monde s’est  réfugié.

On prend un petit 4h : pancake chocolat et thé et on se met aux photos et au blog.

La pluie par moment se transforme en déluge. On appelle nos amis qui sont avec leur  guide pour leur dire que nous n’irons pas au restau où nous devions nous retrouver, même si la pluie s’arrête les ruelles seront trop glissantes. On ne veut pas prendre de risque la veille du départ.

On prend donc position sur une table avec l’intention  de la garder toute la soirée.

Dîner dans le froid de cheese pulao et d’une bière.

Demain la météo annonce le retour du soleil. On a jusqu’à 16h pour faire les photos que Véro n’a pas pu faire aujourd’hui.


tention  de la garder toute la    soiréec l'é rendez vous hier soir sont avec leur  guide pour leur dire que nous n'lent sur les

Demain pas de blog retour à Pondy, minuit Chennai et 3h du matin Pondy.

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