La nuit a été bonne pour nous
deux dans la chambre avec la clim, mais dès qu’on sort l’appart ne s’est pas
refroidi. Sensation d’entrer dans un four, pourtant la clim est à 25°, il fait
déjà plus de 30° dans l’appart.
Je vais au pain.
Dehors l’air est chaud, le temps
un peu couvert et orageux, pas question de profiter de la fraicheur matinale.
Il fait déjà tellement chaud ce
matin que je marche sur la droite de la rue Mission pour profiter au maximum de
l’ombre.
La petite boutique de pharmacie
ouvre.
Le marchand de lait sur son
trottoir.
L’auto-rickshakw à l’angle de la
rue Laporte mais sans conducteur.
Rue Petit Canal une femme
s’occupe d’un enfant, un tout jeune enfant dans cette odeur de pisse et de merde.
Trois mendiants tiennent leur
place devant la cathédrale. Toujours la même mendiante au milieu du portail et
un et une à chaque extrémité.
Le cordonnier a ouvert sa
boutique et la marchande de noix de cocos est assise.
Toujours la même circulation
abondante des véhicules qui amènent les enfants à l’école.
Tout le monde bosse chez Ashok
Laundry.
Je croise le bus du Sri Aurobindo Autocare Service qui est plein de
passagers. Soit il est en avance soit je suis en retard.
Les derniers chariots de bananes
quittent le Nilgiris.
Rue Ranga Pillai le soleil inonde
la rue, il me semble que la chaleur se fait encore plus dense.
Un marchand ambulant de fruits
s’est installé en face l’hôtel Kaarthik.
Au Hot breads quelques personnes
prennent leur petit déjeuner.
Je pends mon boolish et à la
caisse c’est la nouvelle caissière qui est sympathique. Pour me servir plus
vite elle prend mon boolish de ma main à sa main s’en prendre la précaution de
ne pas le toucher directement avec sa main. En principe devant moi les employés
font ceux qui ne touchent pas le boolish et me le font déposer sur un plateau.
Elle va peut-être se faire
engueuler.
Derrière, devant la machine à
trancher je vois bien qu’ils s’en foutent complètement du plateau et prennent
le boolish avec les mains pour le mettre dans la machine, comment faire
autrement d’ailleurs.
Je reviens par le quai.
Il y a énormément de véhicules
qui viennent vers moi parce que je marche à contre sens de la circulation.
Un couple d’Indien entre au Cottage
Restaurant. Cet endroit est un peu mystérieux il doit être en relation avec
l’Ashram.
La dormeuse de la station service
est réveillée. Elle est assise, sans bouger, elle regarde la vie qui s’écoule
devant elle, on dirait qu’elle médite ou qu’elle cherche à sortir complètement
du sommeil.
Elle doit s’interroger sur cette
vie de merde qu’elle vit, passer la journée à chercher à bouffer, pour revenir
dormir sur ce bout de trottoir entre des sacs au contenu improbable et des
blocs de ciments brisés qui
forment comme un petit muret protecteur.
Bouffer, dormir, dire qu’on en
est tous là, que ce n’est que ça la vie pour vivre, tout le reste après n’est
qu’un passe temps, lorsque repu on attend le soir pour dormir.
Que font donc les milliardaires
qui soit si différent de cette vie ?
Qu’est-ce qui la pousse à vivre
et qu’est ce qui les pousse à vivre
puisque de toute façon riche ou pauvre tout restera là.
Le klaxon des motos et scoot me
rappellent que je marche dans une rue.
Je ne vois pas l’albinos.
Quelques élèvent infirmières
attendent un bus à la sortie de leur pensionnat. Il y a même des filles qui ne
sont pas vêtues de blanc qui semblent loger aussi ici.
Le scoot a pris la place des
bassets et ils sont entassés à l’autre bout de la terrasse.
Rue Surcouf la Lodgy est
stationnée, il y aussi une belle Royale Enfield couleur crème que je n’ai
jamais vue ici.
Rue Capitaine Marius Xavier le
gardien de la belle maison arrive à vélo en face de moi il gare son vélo juste
à côté du portail et le verrouille. Habitude de riches par peur d’être volé, il
copie ses maîtres. Derrière le portail il y a la même femme qu’hier qui doit aussi faire parti du personnel.
Les ouvriers sont à l’œuvre sur
les chantiers de la rue.
Rue Candappa l’Innova anthracite
arrive juste et le conducteur se gare le plus près possible certainement de là
où va arriver son maître.
Moi qui ne transpire pas beaucoup
je me rends compte qu’après cette marche je commence à être en nage et il est
8h30.
On petit déjeune.
On prend le temps de faire ce
qu’il faut faire, lavage des draps, Véro reprend son acrylique d’hier.
Il fait terriblement chaud, les
ventilos ne servent pas à grand chose. Dehors le ciel est toujours orageux.
Vers 11h on part pour le marché
Goubert chez Aroule.
On gare la moto à l’ancienne
prison et dans un passage étroit, le pot d’échappement d’une moto indienne
frôle ma jambe et par réflexe je l’avance et tape dans je ne sais quoi, qui
m’enlève la croûte de ma plaie à la jambe. Je saigne.
Véro veut faire refaire un
pantalon acheté à Auroville et dont la couleur n’a pas tenu.
Elle choisit le tissu et quand
Aroule voit d’où vient le pantalon il les traite de voleurs.
En sortant du marché on prend des
bananes parce qu’elles sont bonnes et à prix très raisonnable.
On va rue Barathi récupérer les
boucles que Véro a aussi faites refaire.
Puis on va garer la moto Rue
Ranga Pillai en face de Pazamudhir.
De là on va rue Canteen chez
Singaram pour récupérer des tubes d’acryliques qu’il a reçus.
On va déjeuner au Surguru. C’est
le menu WE donc bons nans et palak paneer et butter masala paneer.
Le gars qui prend la commande
semble content de voir qu’il a à faire à des connaisseurs.
Passage chez Pazamudhir pour acheter
des fruits pour la salade. Puis Véro va à pieds rue Mission acheter une papaye
tandis que je récupère la moto et que je
la rejoins.
Retour à l’appart avec notre
chargement.
On récupère tout de suite les
draps sur la terrasse pour ne pas laisser le temps aux corbeaux de chier dessus,
ce qu’ils ont déjà fait sur une chemise de nuit de la voisine du dessous.
Café et repos dans notre chambre
réfrigérée.
On ne se repose pas longtemps car
on commence à récupérer de nos voyages et de notre rhume...
Préparation de la salade de
fruits et panne d’électricité, la chaleur est atroce dans la cuisine qui est la
pièce la moins aérée.
Puis Véro peint.
Pendant ce temps je mets à jour
les comptes.
Lorsque je veux sauvegarder mes
fichiers des films de Kumbakonam je ne trouve plus mon caméscope.
Depuis notre retour je ne m’en
suis pas occupé.
Je ne le trouve dans aucune
pièce, sur aucune étagère, sur aucune table.
Je me souviens qu’à notre départ
je l’avais à la ceinture et j’ai voulu le mettre dans le sac photo et Véro m’a
dit qu’il y avait de la place dans une sacoche et que je pouvais le mettre là.
Je descends dans la rue pour
faire les sacoches de la moto et effectivement il est dans une des deux
sacoches.
Ça fait 4 jours qu’il est dans
cette sacoche ouverte. Preuve que personne ne vient fouiller dans les sacoches
lorsqu’on gare la moto.
On a toujours eu le sentiment que
les Indiens n’étaient pas des voleurs dans l’âme, on en a la preuve
aujourd’hui.
Vers 17h on va à l’Intach parce
qu’il y a une expo de peinture, c’est le vernissage.
On arrive vers 17h30 on est les
seuls, on regarde des œuvre qui ont
quelques chose notamment au niveau de l’utilisation des couleurs, ce sont vraisemblablement
des encre et de l’aquarelle.
Ce qui est aussi intéressant
c’est de voir la maison de l’intach qui est une ancienne maison tamoule mélangée
avec une architecture coloniale. Ça fait rêver.
On rencontre l’amie qui nous
avait indiqué le vernissage, on la laisse aller voir.
On va chez Grindé acheter du
chocolat et une crème pour Véro.
Puis on passa maison Colombani où
il y a une expo d’un photographe qui a pris de vieux intérieurs de Pondichery.
On a son bouquin que les enfants nous
ont offert et on avait déjà vu son expo il y a deux ans à Aurodhan.
On rentre.
Véro prépare le repas :
Salde de tomates, avocats,
fromage et pain et salade de fruits avec des mangues et des figues.
Super.
Ce soir pas de télé, connexion de
merde pour Internet, tout va bien.
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