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mercredi 10 février 2016

Matin et soir sur le Gange



Lever 6h, c’est pas des vacances.
Véro s’est endormie avec mal de tête et se réveille avec mal de tête.
Moi je ne dors pas très bien, ce changement de chambre quotidien ne m’aide pas à m’installer pour bien dormir.

Le batelier est là qui nous attend à la porte de l’hôtel.
Le prix annoncé hier au soir a tout simplement doublé, « morning time ». On négocie et on obtient une petite réduc à mi chemin de nos deux prix.

On est seuls sur une barque que notre batelier fait avancer à la rame à la française, c’est à dire dos tourné au sens de la marche. C’est pas courant à l’étranger de voir des gens faire avancer une embarcation de cette manière. La particularité quand même c’est qu’il n’est pas au milieu de la barque mais à un bout. Les rames sont attachées à un piton de bois qui  sort de la coque, et la palme de la rame est un morceau de planche cloué sur le manche. Ça avance pareil.

Nous sommes surpris par la quantité de gens qu’il y a déjà sur les ghats et dans les barques. A la rame on va de notre hôtel au ghat des lumières et des cérémonies, le Dasashwamedh. Les plus courageux ont déjà commencé à se baigner  dans la Gange.

Il est encore tôt et les éclairages électriques parasitent la première lumière du jour.

Dans cette clarté brumeuse les barques vont et viennent.
Dans cette atmosphère du jour qui tarde à arriver, le balai horizontal des embarcations et  les silhouette fantomatiques  des palais qui commencent à apparaître à  la lumière du jour ont quelque chose de vénitien.

 Des mouettes posées sur l’eau, s’envolent et se dispersent autour des bateaux.

Sur le fleuve ou sur les ghats des prières ou psalmodies montent et arrivent jusqu’aux embarcations.
Le soleil rouge commence à apparaître de l’autre côté du fleuve.

Finalement une heure ça passe vite.

On revient par le ghat des crémations Manikarnikaa,  tous les feux sont éteints et le sol est de couleur cendre.

On laisse notre batelier et on lui donne rendez vous à 17h30 à l’hôtel pour la cérémonie de ce soir. Le prix sera le même : « evening time ».

On marche sur les ghats en regardant tous les pèlerins faire leurs  ablutions du matin. Ils pénètrent prudemment dans le fleuve, parce que sous l’eau les marches glissantes continuent. Souvent ils sont réunis par groupe d’hommes ou de femmes.
Bien que très pudiques ils se changent là,  leur nudité simplement dissimulée sous une serviette nouée autour de la taille.
Les femmes enlèvent discrètement le top qui leur couvre le haut du corps et se recouvrent les épaules d’un châle ou du sari.
Après s’être prudemment avancés, et assurés de la stabilité de leurs  pieds sur le sol. Ils ou elles  se mouillent précautionneusement puis ils s’accroupissent dans l’eau,  se mettent la tête sous l’eau et la ressorte aussitôt. Le rituel est fait.
Ils ou elles reviennent au bord et s’habillent à nouveau.

D’autres au bord de l’eau font brûler des bâtons d’encens et lancent sur le Gange de petite bougies que le courant emporte.

Les embarcations passent lentement  à contre jour et l’on dirait les barques égyptiennes qui naviguent du monde des vivants vers le monde des morts pour leur résurrection, ou la barque de Charon traversant le Styx pour aller aux enfers.

Ici tout est barque et fleuve et tout se mêle, la vie et la mort, les croyants et les mécréants les Indiens et les Occidentaux, les plus démunis et les plus riches, on finit par ne plus savoir  qui est qui, la gentillesse des Indiens efface nos différences.

Toute cette vie ici sur les ghats et sur le fleuve ne fait que nous parler de la mort comme d’une chose naturelle.

On revient à l’hôtel prendre le petit dèj, « comme hier » dit le serveur café au lait et pancakes bananes.

Véro s’occupe des photos du matin et moi du blog, puis pendant qu’elle termine sur la terrasse je règle et je vais dans la chambre pour préparer nos bagages en vue du nouveau changement  de chambre.

Lorsque tout est prêt, que les fichiers du matin ont été sauvegardés, on passe à la réception et là il y a encore quelqu’un de nouveau qui n’a pas entendu parler de nous. Il téléphone donc au patron.

C’est bon, on nous montre une nouvelle chambre qui semble un peu plus grande, qui possède un meuble dans lequel on peut mettre nos vêtements et dessus les ordis. Il y a une fenêtre qui donne sur Meer Ghat. Super on est content et on s’installe.

Ensuite on va déjeuner on part par les petites ruelles qui nous sortent du Chowk et nous mènent sur Dasawamedh Road. On cherche un magasin pour acheter un savon et une boîte à savon que nous avons oubliés dans le premier guest.

Ce sont surtout des boutiques pour touristes à  la sortie du Chowk, ils nous attendent et pressé par deux démarcheurs je ne vois pas que je marche dans  un bouse fraîche, aujourd’hui  du pied droit, hier c’était du pied gauche. Je suis en colère et l’on me propose tout de suite une fontaine pour que je nettoie ma chaussure.

De jeunes occidentaux tiennent un chien en laisse et les autres chiens s’attroupent et aboient après eux. Il y a du monde sur la rue et je pense qu’ils ne risquent rien. Hier au Ghat Manikarnikaa de la crémation des gens aussi avaient des chiens en laisse et tous les chiens des ghats venaient sur eux en aboyant. Ils avaient certainement peur de ces nouveaux venus sur leur territoire.

La rue est interdite aux voitures mais ça n’empêche pas une incroyable densité de véhicules et notamment de rickshaws.
On trouve une boîte à savon et on continue jusqu’au croisement Godowlia crossing on prend à droite Godowilia  road.
La circulation est folle et le bruit assourdissant, c’est une vraie ville indienne dans laquelle nous marchons parmi tous les Indiens qui marchent entre tous les véhicules possibles et imaginables.
Dans une pharmacie on trouve notre savon, qui rentre bien  dans la boîte que nous avons achetée.

On fait demi-tour.
On pénètre dans le Chowk par une grande allée qui va au marché et mène aussi je crois à Vishwanath temple.

On suit un panneau qui indique un  restaurant le Mengu Cafe, restaurant japonais.
C’est un lieu  très très propre tenue par un Indien et sa femme japonaise et cuisinière, ce qu’on y mange est très très bon loin des éternels sushis. Poulet au riz, mélange de légumes, sorbet de mangue.

On revient à l’hôtel se reposer. On a nos repères et on se retrouve bien, contrairement à certains indiens qui semblent perdus dans ce dédale. En chemin on rencontre le manager de l’hôtel qui a un  sourire qui vous donne l’impression  qu’il est content et étonné de nous voir. Je mets toujours un peu de temps à remettre ce sourire lorsque je le vois parce qu’il donne à son propriétaire une tête d’enfant de 14 ans.
Ce dédale de rue rappelle aussi Venise surtout lorsqu’on aime marcher dans Venise et se perdre dans les ruelles pour découvrir de magnifiques places.

Repos dans notre nouvelle chambre.

Lassi sur la terrasse et travail des photos et du blog en attendant 17h30 notre batelier pour la navigation du soir.

Il est à l’heure et nous aussi. On part en direction du ghat des crémations.
On passe devant, les feux sont toujours là qui éclaire le crépuscule et les scènes  des porteurs qui apportent d’autres cadavres.
Depuis le fleuve Véro peut prendre des photos. Ce qu’elle  fait.

Macoundi rame au delà et on se rend compte que ce côté est très beau aussi. Il y a moins de monde sur le bord, mais les gens se baignent aussi dans le Gange. L’architecture est belle aussi de ce côté avec un magnifique palais et une mosquée un peu plus loin d’une architecture ancienne qu’on ne retrouve plus que dans les mosquées comme celles d’Istanbul.

Véro sait maintenant ce qu’elle a envie de faire, c’est de remonter ou descendre le fleuve, (je n’arrive pas à comprendre de quel côté il coule), pendant une heure à 7h du matin pour que la lumière corresponde bien à son attente.

On revient on fait un stop devant les crémations puis, on informe Macoundi qu’on veut acheter des petites bougies à mettre sur le Gange. Il se rapproche du bord là où il laisse son embarcation. Il appelle et un petit garçon vient avec un panier plein de bougies entourés de fleurs, posées dans un  récipient qui va leur permettre de flotter longtemps.

Le môme annonce un prix et Macoundi lui dit qu’il  ne faut pas exagérer avec nous, aussitôt le prix tombe de moitié.

Véro achète 7 bougies pour ses chagrins à elle et  répondre aux demandes que les amis lui ont faites. Jean Luc, Geoffrey, Eric, Martine, Jean François, Mark, et les Autres pour tous ceux qui n’ont pas demandé et pour tous ceux dont on sait qu’ils auraient sans doute aimé qu’on se souvienne d’eux pour reprendre un peu de vie sur le Gange.

On va à la cérémonie c’est aussi plein qu’hier sur terre et sur le Gange. Les mêmes Ephèbes réalisent leur numéro.
C’est quand même curieux, ce n’est pas une cérémonie, ce n’est pas un spectacle, ce n’est pas la fête de la bière, les Indiens ne sont pas bourrés, ce n’est pas Goa,  les Russes ne sont pas là, ce sont surtout des anglo saxons, des Australiens et aussi  des asiatiques Japonais ou Sud Coréens ou Chinois que l’on rencontre. Varanasi baigne dans une atmosphère étrange comme une forme de détachement des choses matérielles, la crasse, la merde, les morts tout cela est bien présent dans le quotidien et c’est sans doute ce qui nous surprend de voir tout ce qui est nous et que l’on sait si bien dissimuler. C’est peut-être ça qui laisse les gens ébahis et qui crée cette atmosphère d’étrangeté.

On revient rapidement à l’hôtel parce que le spectacle de la cérémonie n’a rien d’emballant, tous les soirs le même mais tous les soirs devant d’autres foules.

On fixe rendez vous à Macoundi pour vendredi matin à 7h.

A l’hôtel comme on fait parti des meubles trois jours qu’on est là, ce ne sont plus les mêmes personnes autour de nous. Ce sont toujours les mêmes gens calmes et raisonnables. Leur seul occasion de s’énerver s’il y en a une, c’est de parvenir à fermer le cadenas indien qui verrouille la porte.
C’est tout une expérience, il faut avoir les deux mains libres, le cadenas ne se ferment que si  la clé est dans la serrure, ensuite il faut tourner la clé à laquelle est attachée une lourde plaque métallique qui porte le numéro de la chambre et qui si on s’y prend mal fait ressortir la clé de la serrure.

On dîne  ici  un peu par obligation comme internet ne fonctionne bien que sur la terrasse. Il fonctionne pas trop mal dans la nouvelle chambre, mais c’est mieux de pouvoir travailler sur une vraie table avec un vrai fauteuil.

On se prend une petite bière en apéro et moi un riz frit avec du fromage, et Véro des nans avec un paneer masala. Il faut bien se nourrir.
plus dans la mosquées modernes uées modernes e palais et une mosquée un peu plus loin qui ressemble aux mosquées im

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