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dimanche 21 février 2016

Baignade à Kumbakonam



Pas très bonne nuit pour moi à cause du téléphone de Véro qui ne faisait que recevoir des notifications.

On décide de rester une journée de plus  pour au moins aller voir ce qui se passe.

On rencontre Achouguidami qui transporte un couple de Français. Il ne nous a pas reconnus, ce qui paraît normal nous ne nous sommes vus qu’une fois.

Ici ça fait vraiment penser aux beaux hôtels du Sri Lanka, les allées  balayées, les arbres, les pelouses, l’atmosphère chaude et humide.

Vers 10h on par pout Kumbakonam dont nous sommes à environ 10mn du centre.
Tout se passe  comme prévu, les barrages pour voitures laissent passer les motos et nous nous retrouvons bientôt dans le centre.
 La route de Tanjore est barrée au niveau du temple de  Vishnu celui qui donne sur un petit marché et à l’intérieur duquel toute une longue allée permet l’accès au temple c’est à la fois une allée de marchands du temple et de marchands du quotidien, c’est sa particularité.
On laisse la moto juste en face de l’autre côté de la route Tanjore dans une petite rue devant laquelle se dresse une statue dorée qui lève le bras au ciel.
Côté temples, aux angles deux pâtisseries. J’ai suffisamment de repères pour retrouver la moto.

Les charriots géants pour déplacer les dieux sont en place. On fait un petit tour du côté du temple de Vishnu et on traverse la route de Tanjore parce que le bassin sacré qui est le but de toute cette manifestation est de l’autre côté.

Les rues que nous empruntons se remplissent de plus en plus de monde. C’est une cohorte d’hommes, de femmes, de vieux, de  jeunes, de couples, de familles, de prêtres, de défilés de chars promenant des dieux et précédés de tambourins, tous défilent à la queue leu  leu bon enfant, traînant des savates et faisant des selfies.
On est un peu perdus, on demande notre chemin, aux policiers, aux personnes qui nous comprennent parce que là on est dans un monde où l’anglais semble avoir disparu.
On fait quelques allers retours jusqu’à ce que l’on comprenne grâce à un homme jeune qui nous montre une carte faite pour l’évènement, que la ville a été découpée en circuits et que là où nous voulons nous rendre ce n’est pas la route directe, mais le contournement du bassin pour y arriver par le Sud et les gens en sortent en direction du Nord.
On suit le flot.
Sur un coté en particulier les marchants ambulants se sont installés pour vendre toutes sortes de bondieuseries. Pour les gens secs comme nous c’est le côté opposé, mais pour les gens mouillés qui reviennent du temple c’est le bon côté. Les marchands se doutent  bien  que les secs ne  vont pas acheter avant le bain.

Par moment une barrière se dresse devant la foule et il faut changer de direction pour ne pas se heurter au sens unique qui arrive en face. C’est compliqué, mais pour les foules les choses sont toujours simples, il suffit de suivre.

Des artistes  de rues profitent de l’occasion, notamment une petite fille funambules, ses parents assis la regardent et l’aident quand le numéro se termine. Les gens donnent, mettent des pièces et des billets dans un petit panier destiné à cet effet.

La rue se rétrécit et la foule se ressert autour de nous. On transpire, plutôt on ruisselle, Véro a de la transpiration plein les yeux.
Un premier arrêt et la foule se regroupe, se ressert davantage, se presse, se tasse. Personne ne s’affole, les gens semblent comprendre ce qui se passe, il n’y a pas de sensation de panique.  Au loin un feu passe du rouge au vert mais je ne pense pas que ce soit ce signal qui arrête la foule.

En effet c’est un cordon de policier au sens propre et au sens figuré. Lorsque l’avancée se fait c’est parce que les policiers autorisent le passage en soulevant une grosse corde jaune.

On avance et à nouveau, nouvel arrêt dans un nouveau sas, ainsi de suite jusqu’au bassin.

Là surprise c’est que nous devons traverser le bassin pour sortir. Pieds nus évidemment et les chaussures dissimulées dans le sac certainement pour ne pas montrer aux dieux qu’on en met. Avec le sac photo de Véro impossible de rajouter quoi que ce soit à l’intérieur. On peut donc les accrocher au sac.

J’apprécie pas trop cette obligation d’aller à l’eau à cause de ma plaie à la jambe que je traîne depuis Varanasi. Le temps de la réflexion est relativement court parce que ça pousse derrière.  Dans  le bassin justement la foule est bien canalisée par des cordons de gendarmes qui matérialisent le chemin en tenant des cordes ce qui crée des voies parallèles. Comme on est en Inde on peut passer d’une voie à l’autre en passant sous les cordes. Les soldats qui les tiennent sont gentils, mais ont-ils le choix.
La foule dans l’eau est  en nombre limité grâce au système de sas pour la canaliser.
Le fond du bassin a été tapissé de sable et la  hauteur d’eau est aux genoux. Les conditions de sécurité semble avoir été faites  pour le mieux.
Véro qui a trop  chaud s’asperge, l’eau est constamment renouvelée et sa couleur est surtout due au sable en suspension.e sera sans doute pour après demaind'e et qu'elle n' l's constellation,le bassin mbre, puis on vient ddre à découvrir les in il

On ressort de l'autre côté, au pied du grand hôtel et on y va pour boire un coup et se dégager de la foule.
Bonne idée, à l’intérieur il n’y a personne et on déguste en se reposant un lime soda.
On prend aussi le temps de remettre nos chaussures, qui sont toujours attachées au sac photos.

On sort à peine dans la rue à quelques pas du bassin première interview filmée de la journée pour Véro. Qu’est ce que vous faites là, pourquoi vous êtes venue, d’où venez vous, aimez vous  l’Inde et Kumbakonam.

On revient vers la grand rue qui va en direction de Tanjore et qui traverse toute la ville.
Je sais bien où est la moto, le temple de Vishnu, le petit marché qui communique avec  le temple, la statue dorée.

On est de plus englués par la  foule, ça commence à devenir difficile. On arrive sur la grande rue, il faut aller à droite en direction de Tanjore. On se faufile dans le flot parce qu’on ne va plus dans le même sens que lui et pour cause la rue est barrée interdiction formelle de passer.
Véro commence à s’affoler et même  à paniquer. Oui je sais où est la moto, mais je ne sais pas y aller, avec cette foule qui fausse tous les repères que j’ai parce qu’on est déjà venus souvent ici et qu’on y est même resté quelques jours.

Que faire, faire  demi tour impossible la foule nous contraint à aller dans l’autre sens. Suivre la foule mais pour aller  où.
On doit sembler complètement largués, un homme jeune vient nous demander ce qu’on cherche. On lui explique, la moto, le temple avec le petit marché devant...Il est de Kumbakonam et comprend vite la situation. Il nous dit qu’il faut suivre la foule pour accéder à une autre rue parallèle à la rue de Tanjore et revenir pour faire comme un U. Les explications ne sont pas aussi claires mais grosso modo c’est ce qu’on comprend.

On le suit, il marche vite dans la foule parce qu’il est pieds nus et le sol est brûlant. Il fait parfois de grands écarts pour marcher à l’ombre. Il nous explique que c’est une sorte de circuit pour ceux qui sont venus faire un pèlerinage. Ils doivent passer par des lieux où ils doivent se déchausser. Ils ne peuvent pas avoir leur chaussures à la main pour leur dévotion et une fois dans le circuit ils ne peuvent pas revenir en arrière pour les récupérer s’ils les avaient laissées à l’entrée d’un lieu. Bref tout le monde est pieds nus et se brûlent les pieds.

Pendant ce temps on avance et on doit prendre notre prochaine rue à gauche, la dernière branche du U pour être sur le petit marché au bout duquel est la moto.

Et oui la rue est barrée.
Il faut  négocier, heureusement nous sommes en Inde, la règle c’est la règle, c’est la règle, c’est la règle, vous pouvez passer.

Ouf, je pense à tous ces cons de juristes que j’ai rencontrés pendant toutes ma carrière qui opposaient des règles qui ne servaient qu’à défendre une institution et pas du tout à rendre un service.
Je m’égare,  on est en Inde on est dans la bonne rue et on arrive à la  moto.

On achète un petit encas et une bouteille d’eau pour faire notre repas de midi 48Rs.

Après c’est tout droit jusqu’à l’hôtel où on vient pour nous reposer mais surtout pour nous changer parce qu’on est trempé et malgré la chaleur on ne sèche pas, les vêtements restent imprégnés d’humidité et de transpiration.

On se repose un peu puis on va prendre un goûter, salade de fruits, glace et café 400Rs. Oui ici à l’hôtel on est chez les riches.

Un groupe de Français mange à la table à côté. Ils sont venus aussi pour le festival. Ils voyagent en train et ont dû traîner leur bagages sur 3km avant de pouvoir les charger dans un  auto-rickshaw pour arriver à l’hôtel.
En ville il n’y a que les voitures officielles.


On repart en fin d’après midi.
On laisse  la moto au même endroit.
On se dirige vers le bassin.

Cette fois j’ai pris mes nouveaux repères dans la foule. On va directement au temple sans faire tout le détour pour aller s’y tremper. On a donné ce matin pour le bain, cet après midi c’est pour la lumière du soleil couchant sur le bassin et son incroyable population de baigneurs et baigneuses.
Les rues barrées de ce matin se sont en quelque sorte ouvertes les gens vont dans les deux sens. Une rue semble poser problème mais je crois que nos têtes d’occidentaux nous ont permis de passer par l’étroit passage entre les barrières.
On arrive au bassin dans le sens opposé à ce matin, ce qui fait qu’on est du côté de la sortie.

Les gens de l’armée qui font un boulot extraordinaire n’ont qu’une consigne : que personne ne reste arrêté, il faut toujours que les gens aillent dans le sens du courant de la foule.
Bien sûr pour Véro et les photos c’est l’assouplissement de la règle d’autant qu’en plus elle les prend en photo hommes ou femmes et ils adorent ça et demandent même s’ils sont bien sur la photo.

Dans le bain c’est, je ne sais pas à quoi le comparer, comme on ne va jamais en vacances à la mer en  France pendant les grandes migrations de l’été, je n’ai pas d’élément de comparaison.
Je demande à Véro qui me dit des fonds baptismaux géants. C’est vrai qu’il y a des panneaux avec le nom d’un dieu et là à ce panneau il y a un chargé de l’arrosage ou du baptême, quelqu’un qui jette sur la foule de grands seaux d’eau.
Pourquoi faut-il que toute les religions passent par l’eau ?
Ici les gens viennent parce que tous les 12 ans compte tenu de la position  des constellation,  le bassin devient en quelque sorte une résurgence de l’eau du Gange qui va laver tout le monde de tous les pêchés.

Ils sortent, ils escaladent les escaliers du bassin comme des insectes qui auraient échappé à la noyade.
Je vois arriver au haut des  marches, des hommes et des femmes, les traits tirés, le regard fatigué, les  cheveux défaits dégoulinants, les habits pleins d’eau collant sur la peau et le tissus tiré par le poids de l’eau.
Hagards et hagardes ils suivent, ils n’ont plus rien d’autre à faire.
Ensuite les  gens se changent à même le trottoir, pour les femmes des lieux ont été aménagés.

On fait le tour du bassin pour profiter jusqu’au dernier rayon du soleil. C’est interdit d’aller dans le sens où nous voulons aller. Pas négociable. On suit la foule qui en sort et on fait le chemin à l’inverse d’elle,  à contre courant. Peut-être par lassitude face à notre ténacité on nous laisse passer.

De ce côté on ne peut pas trop s’approcher du bord des escaliers. Une équipe de photographe accrédités peut passer.
Le 6D nous sauve la mise, c’est vrai que maintenant Véro est prise au sérieux, avec cet appareil, de petite amatrice de photos elle est devenue pro.
Un membre de l’équipe lui demande si elle veut faire des photos et  elle dit oui mais elle n’a pas l’accréditation.
Il dit ça fait rien on va dire que vous êtes là parce qu’on va vous interviewer.
Deuxième interview filmée de Véro et dans la  foulée moi aussi. Il faut improviser un discours sur le pourquoi on est ici, d’où on vient, on aime l’Inde et Kumbakonam...

On est ainsi libre d’aller jusqu’à  l’autre bout du bassin là où les gens entrent dans l’eau. On croise le groupe qui déjeunait à l’hôtel tout à l’heure eux aussi ont pris un  guidami.

Le dernier rayon du soleil disparaît sur les gens qui continuent d’aller dans le bassin. Interminable cohorte qui  se déverse depuis ce matin et peut-être même depuis des jours et qui demain va être multiplié peut-être par dix ou  cent. 10 millions de personnes attendues sur quelques jours, ça fait du monde.
J’ai lu il y a quelques  jours qu’un salon d’aquarelle était fier d’avoir eu 8000 personne en  trois semaines, c’est sûr qu’on n’est pas à la même échelle.

On revient par le même chemin. On est stoppés parce qu’un groupe de baigneurs arrivent d’une autre rue. Une fois qu’ils sont passés on peut y aller.
C’est très bien organisé. Les soldats sont gentils ce qui est amusant c’est qu’ils sont en tenue mais pieds nus ou en tongs..
En fait ils se remplacent dans le bassin  et sont ainsi prêts à changer de poste où à intervenir dans l’eau s’il y avait un problème.

Une équipe vient de sortir de l’eau, ils sont mouillés jusqu’aux fesses. Dans la foule ou  plutôt dans les foules pour essayer de savoir laquelle  suivre ce matin on essayait  de suivre les secs étant surs qu’ils allaient au bassin, alors que les mouillés en revenaient. Sans plan et sans boussole il faut apprendre à découvrir les indices qui permettent de s’orienter.

La lune est sortie, elle pour ainsi dire pleine, mais pour les gens c’est demain, le grand alignement des planètes qui n’arrive que tous les 12 ans et qui fait bénéficier aux croyants toutes les faveurs du ciel et des dieux et des prêtres qui au passage de l’évènement doivent faire un maximum de blé comme les hôteliers de la ville qui  ont tous doublé leur prix.

Pas de problème cette fois pour accéder à la moto.

On revient à l’hôtel avec la nuit noire et même si c’est un court  trajet c’est toujours une épreuve de conduire avec les phares dans la gueule, les bus  qui roulent à droite, les gens qui  traversent n’importe comment, les piétons, les chiens invisibles.

Le temps que Véro charge ses photos on se fait servir un fresh  lime soda à la chambre, puis on vient dîner avec l’ordi et la tablette parce que la connexion  du restaurant est bien meilleur que celle de la  chambre.

Ce soir menu économique, byrianni et bière quand même.

Je termine le blog et Véro prépare ses photos.

Véro me dit que la connexion se fatigue et qu'elle n’est pas sûr de pouvoir télécharger les photos.

Demain on rentre on arrivera en fin d’après midi fatigués, le blog et les photos  ce sera sans doute pour après demain.


 as pour la canaliser.rdes. Les soldats qui les tiennent sont gentils mais ont-ils le chos. Comme on est en Inde on peut passer


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