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vendredi 12 février 2016

Le mariage de Varanasi


Les photos du mariage sont ici

Ce matin réveil à 6h, il y a déjà tout un raffut sur les ghâts, des cris dont je ne comprends pas s’ils correspondent à des engueulades, à des appels, à des prières, peut importe ça me réveille. Un peu tôt pour  le bateau qu’on a prévu pour 7h.

Je reste sous  la couverture et je réalise combien on est bien, il fait frais presque froid, les fenêtres sont ouvertes  et il fait bon sous la couverture.
Ces nuits fraîches nous permettent de récupérer des fatigues du jour.

Véro se réveille  aussi, bien dormi mais toujours mal à la gorge, difficile de faire la différence pour l’instant entre virus et pollution.

Le batelier est bien à l’heure. Il nous emmène au bateau. Là, il nous indique que ce ne sera pas lui ce matin mais un autre qui va ramer.
Pour nous ça ne change rien pourvu qu’il ait bien compris ce qu’on veut.

Le soleil a commencé de poindre dans la brume et monte lentement.

On part au Nord, et notre rameur nous emmène paisiblement jusqu’au pied de la grande mosquée.
Il est un peu plus bavard et lui son truc c’est la montée du Gange en période de mousson et il nous explique tout au long jusqu’où l’eau est montée sur différents bâtiments.
Il comprend vite que Véro est là pour des photos et s’arrête de ramer lorsqu’elle prend une photo.
Il nous dit aussi que les touristes ne viennent ici que pour la balade en bateau le matin et le soir, le ghât des cérémonies, le temple d’or, le château de l’autre côté du fleuve et ils repartent. Il est étonné qu’on puisse rester autant de temps ici en tant que touriste.

Il nous explique  que c’est son cousin qui a partagé son boulot parce qu’actuellement il y a peu de touristes occidentaux et donc moins de boulot pour les bateliers.
Il nous dit que les mouettes que l’on voit ne sont pas des oiseaux d’ici, mais des oiseaux qui viennent d’Australie pour passer l’hiver.

Pour nous et pour Véro la balade du matin est très agréable la lumière est douce sur tous les bâtiments et sur tous les ghâts. C’était la bonne heure, les façades s’éclairaient petit à petit, les reflets arrivaient dans l’eau et la vie sur les bords du Gange semblait plus intime, plus familiale.








Il est presque 20h et il faut qu’on s’y mette on est tombé dans une sorte de guet-apens, un mariage.

Enfin ce matin au retour de notre navigation on prend  notre petit déjeuner et on attaque déjà, photos et blog.

Puis vers 10h on se met en route vers le Nord. Je vous confesse mon erreur, hier soir en regardant le Routard j’ai vu qu’il y avait sur la carte représentant Varanasi et le Gange, dans le fleuve une petite flèche qui indiquait qu’il  coulait vers le Nord. Ce qui n’est pas logique mais ce qui doit être vrai.
On descend donc par Mir Ghat et on se dirige vers le Nord.
On regarde la vie qui se déroule sur les berges et qui est toujours la même et toujours différente.
Lorsqu’on arrive au niveau des grandes tours roses un homme nous rappelle qu’on ne peut pas faire de photo au ghât de la crémation Manikarnika, ce qu’on avait déjà oublié photographier des morts n’étant pas notre préoccupation première.
A ce niveau il y a un panneau indicateur que nous invite à monter voir Nepal Temple, c’est pour nous une manière d’éviter Manikarnika.

On monte, c’est un petit temple qui la réplique de celui de Katmandou nous a dit notre batelier du matin.
Il y a quelques aquarellistes qui colorient leur dessin du temple.
Il faut donner 20 Rs chacun pour rester et visiter le temple qui n’a qu’une petite cavité dans laquelle est une statue de Shiva. Un homme nettoie cet espace en chantant  sans arrêt « Om Shiva »

On sort du temple par la porte du haut de façon à  suivre les ruelles qui sont derrière Manikarnika Ghat.

Un homme nous  dit que l’on peut aller faire des photos parce qu’aujourd’hui il y a  une équipe de la BBC qui a obtenu l’autorisation et que Véro peut avoir une accréditation pour aller avec eux.
Véro et elle a raison, ne voit pas du tout l’intérêt d’aller faire du voyeurisme en photographiant le mort de près.
On passe notre chemin.

Derrière Manikarnika Ghat de chaque côté des ruelles ce n’est qu’empilement de bois, certainement une fortune en bois. Les Indiens peuvent mourir tranquille.

Un Indien qui arrive d’Assi Ghat demande à Véro de le prendre en photo parce qu’il n’est jamais sur les photos qu’il fait et pour  cause. Véro le prend devant un temple  qui est cousin de la tour de Pise sur les bords du fleuve et dont les crues ont dû saper les fondations.

On marche en participant discrètement à la vie des Indiens qui  se baignent ou qui se sèchent sur les escaliers.
Dans l’eau c’est une telle joie qu’on se croirait dans une piscine publique en été.
Ils sont contents d’être là et de se baigner.
Certains plus sérieux adoptent des attitudes de yogis mais avec une certaine maladresse ce qui les rend normaux.

On arrive au pied d’une façade qui était le palais d’un maharadja ou d’un puissant peu importe au fond.
Les guides comme le Routard se simplifie la vie, il ne parle pas de ce côté et disent qu’il n’y a rien à voir à Varanasi si ce n’est le spectacle sur  les Ghâts. En fait il reste  beaucoup de palais ou des bâtiments considérés comme tels et on a aucune information pour les situer dans l’histoire de Varanasi.

La porte qui donne sur le ghât est ouverte. On entre. On a le spectacle d’un escalier de pierres qui montent presque à la verticale et sur une hauteur impressionnante.
A des enfants qui montent aussi, ce qui est toujours rassurant, je demande ce qu’il y a là-haut. « Temple » me répondent-ils.
On y va.
On souffre, surtout Véro avec son mal de gorge qui me dit : « heureusement qu’il y a toujours quelque chose d’intéressant sinon je serais restée couchée ».
En haut de l’escalier il y a effectivement un temple.
Mais il y a aussi d’autres espaces et notamment une grande pièce avec des piliers qui donne sur le fleuve.
C’est haut et même très haut je ne voudrais pas dire une bêtise mais il  y a bien une hauteur de 50 mètres si je compare à la longueur de l’appartement d’Antoine qui fait 30 mètres.
Au bord le garde fou est matérialisé par une ficelle ou des bambous horizontaux.

En bas les baigneurs ne sont pas très gros.

On en ressort par la porte qui donne à l’arrière sur les ruelles et on se heurte comme d’habitude à cette vie de ruelle, les  vaches, les motos, les gens qui vaquent à leurs occupations.

Un  peu plus loin on  redescend sur les ghâts, en fait on se retrouve juste à l’autre bout de la façade  du palais.
On continue.
C’est toujours  le même spectacle, mais avec plus de familles ou de groupes qui sont venus à Varansi uniquement pour le Gange.

On arrive au pied de la mosquée que l’on voulait voir de près.

On se refait une escalade d’escalier pour arriver sur la petite place où se trouve la mosquée.
C’est un monument protégé par le gouvernement. Elle est encore très belle avec sa couleur terre cuite. Elle a perdu ses minarets dans les années 1920. Il n’y a presque personne les croyants étaient là ce matin vers 9h30.

On revient par les petites ruelles. Il y fait bon, frais. Des rayons de lumière éclairent les rues perpendiculaires au ghât.
On traverse tout un quartier de pâtissiers et de confiseries, un quartier de bijoutiers, un quartier d’habits de cérémonie et de képis pour musiciens.
On croise des porteurs qui portent sur un  brancards décorés de tissus et de fleurs un corps.
Je me dis qu’on ne doit pas être très loin  du ghât des crémations. Depuis un moment on marche sans aucun  repère sauf celui  des rayons du soleil qui se faufilent dans les venelles et nous indique le Sud.
Puis ce sont de plus en plus de commerces divers jusqu’à ce qu’on arrive dans la rue qui mène au Ghat des lumières Dashashwamedh. De là on sait où l’on est et on retourne à notre hôtel. Ça fait 3h30 qu’on marche sans s’en rendre compte tellement le spectacle nous absorbe.

On déjeune et on se repose.

Vers 16h on part pour une courte balade pour voir si on trouve des magasines rédigés en Hindi. (pour des collages pour Véro)
On descend sur la rue principale, on demande à différentes personnes ce qu’on cherche et de l’un à l’autre on finit par arriver rue Dananpura à un magasin  Book Stock qui a beaucoup  de livres. En fait c’est plus une librairie qu’une  maison de la presse. On y trouve une BD  en français sur l’histoire de la ville de Varanasi. On l’achète avec deux autres publication qui pourront intéresser Véro dans la cadre de ses collages.
Je n’ai pas encore payé qu’on entend un bruit de tambour et de cloches, je dis à Véro va voir pendant que je règle.

Lorsque je la rejoins elle est en train de prendre des photos d’un mariage qui se déplace à pieds dans cette rue dont le trafic est dense.

Le groupe de marcheurs est composé de deux ou trois tambours, de femmes  super bien habillées mais avec leur longs cheveux lachés, deux hommes sont aussi dans ce groupe et derrière sur un cheval blanc tout décoré de fleurs, le marié et un jeune garçons eux aussi habillés dans des costumes de cérémonies et couverts de fleurs.

Il est 17h on décide de marcher avec eux bien qu’il aillent dans une direction opposée à celle de notre hôtel.
Véro parle avec le photographe officiel  qui lui dit que l’on va chez la mariée dans environ deux kilomètres.
On décide de les accompagner.
Par moment le groupe s’arrête et les femmes et filles se mettent à danser comme des diablesses, un homme en chemise se joint à elle en gesticulant et un autre homme en costume noir donne le signe de l’arrêt de la danse et de la remise en marche.

En tête du cortège il y a un vieille homme avec un bonnet à pompon, une barbe blanche, un anorak, et un dhoti brun. Il semble  aussi avoir un rôle mais tout cela nous échappe.

Au bout d’un moment après avoir bien fait chier la circulation, on tourne à gauche dans une petite rue. Et l’on va ainsi de ruelles en ruelles, en s’arrêtant, en dansant, toujours avec les tambours qui annoncent notre arrivée.
Soudain le groupe s’arrête en face de nous dans la petite rue, un groupe de buffalos est en face.
Les tambours s’arrêtent. Véro est devant et moi je suis derrière,  je suis le cheval. Véro, le photographe, les danseuses, les femmes  passent doucement le long des buffalos. Au dernier moment le cheval et ses cavaliers sont tirés dans un petit espace pour qu’ils libèrent complètement la rue. Moi je suis sur la droite et je me dissimule derrière une étagère pour me protéger au passage. Les buffalos  s’avancent et tout à coup se mettent à courir. Je réalise alors que l’étagère va voler en l’air qu’ils ne vont pas prendre la peine de la contourner. Je monte sur les marches du magasins derrière moi, mais les buffalos  sont déjà là, l’étagère vole et me retombe sur la jambe. Simplement une petite coupure. J’ai eu chaud.
Les gens du mariage qui ont vu ce qui s’était passé sont embêtés pour moi. Ils me propose de l’eau pour me laver la jambe.
Je les rassure, ça va. Véro  me dit que c’est superficiel et qu’avec un pansement ce soir tout rentrera dans l’ordre.
On continue  notre chemin  dans les ruelles et on s’arrête enfin devant une maison  décorée avec des guirlandes lumineuses. C’est la maison de la mariée.
  malgré la circulation des motos, des piétons, la rue est barrée par les danseuses et les tambours.
Ça dure. Puis on sort la mariée tout emballée et portée comme un saucisson rouge qu’on a hissée jusqu’au marié pour qu’il pose la main sur le tissus pour s’assurer de la présence de la promise.
On fait demi-tour, le cheval  fait demi-tour ce qui n’est pas simple dans cette ruelle étroite.

A quelque mètres il y a  un temple, le marié et l’autre cavalier sont descendus du cheval qui est emmené on ne sait où.

Dans le temple tout le monde s’installe. Au bout d’un moment on nous sert une collation et on attend la mariée.

Véro et le photographe officiel peuvent aller chez la mariée. Véro me dit que dans un coffre il y a les cadeaux offerts par le marié et qu’un homme, le père sûrement, fait le décompte des saris et des bijoux.

Tout ça traîne en  longueur, on décide de rentrer. Malgré tous les détours, pour le retour c’est tout droit par une petite rue où l’on rencontre plein d’occidentaux au look caractéristique, ce qui nous confirme qu’il y a aussi ici tout un monde de la dôpe.

On dîne d’une soupe à l’hôtel et on prépare les photos et le blog. Véro  décide de ne traiter ce soir que les photos du mariage.

On verra quand on mettra en ligne parce que tout ça, ça fait beaucoup dans une journée 800 photos et 9000 depuis le début du séjour.



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