Les photos du mariage sont ici
Ce matin réveil à 6h, il y a déjà
tout un raffut sur les ghâts, des cris dont je ne comprends pas s’ils
correspondent à des engueulades, à des appels, à des prières, peut importe ça
me réveille. Un peu tôt pour le bateau
qu’on a prévu pour 7h.
Je reste sous la couverture et je réalise combien on est
bien, il fait frais presque froid, les fenêtres sont ouvertes et il fait bon sous la couverture.
Ces nuits fraîches nous
permettent de récupérer des fatigues du jour.
Véro se réveille aussi, bien dormi mais toujours mal à la
gorge, difficile de faire la différence pour l’instant entre virus et pollution.
Le batelier est bien à l’heure.
Il nous emmène au bateau. Là, il nous indique que ce ne sera pas lui ce matin
mais un autre qui va ramer.
Pour nous ça ne change rien
pourvu qu’il ait bien compris ce qu’on veut.
Le soleil a commencé de poindre
dans la brume et monte lentement.
On part au Nord, et notre rameur
nous emmène paisiblement jusqu’au pied de la grande mosquée.
Il est un peu plus bavard et lui
son truc c’est la montée du Gange en période de mousson et il nous explique
tout au long jusqu’où l’eau est montée sur différents bâtiments.
Il comprend vite que Véro est là
pour des photos et s’arrête de ramer lorsqu’elle prend une photo.
Il nous dit aussi que les
touristes ne viennent ici que pour la balade en bateau le matin et le soir, le
ghât des cérémonies, le temple d’or, le château de l’autre côté du fleuve et
ils repartent. Il est étonné qu’on puisse rester autant de temps ici en tant
que touriste.
Il nous explique que c’est son cousin qui a partagé son boulot
parce qu’actuellement il y a peu de touristes occidentaux et donc moins de
boulot pour les bateliers.
Il nous dit que les mouettes que
l’on voit ne sont pas des oiseaux d’ici, mais des oiseaux qui viennent d’Australie
pour passer l’hiver.
Pour nous et pour Véro la balade
du matin est très agréable la lumière est douce sur tous les bâtiments et sur
tous les ghâts. C’était la bonne heure, les façades s’éclairaient petit à petit,
les reflets arrivaient dans l’eau et la vie sur les bords du Gange semblait
plus intime, plus familiale.
Il est presque 20h et il faut
qu’on s’y mette on est tombé dans une sorte de guet-apens, un mariage.
Enfin ce matin au retour de notre
navigation on prend notre petit déjeuner
et on attaque déjà, photos et blog.
Puis vers 10h on se met en route
vers le Nord. Je vous confesse mon erreur, hier soir en regardant le Routard
j’ai vu qu’il y avait sur la carte représentant Varanasi et le Gange, dans le
fleuve une petite flèche qui indiquait qu’il
coulait vers le Nord. Ce qui n’est pas logique mais ce qui doit être
vrai.
On descend donc par Mir Ghat et
on se dirige vers le Nord.
On regarde la vie qui se déroule
sur les berges et qui est toujours la même et toujours différente.
Lorsqu’on arrive au niveau des
grandes tours roses un homme nous rappelle qu’on ne peut pas faire de photo au
ghât de la crémation Manikarnika, ce qu’on avait déjà oublié photographier des
morts n’étant pas notre préoccupation première.
A ce niveau il y a un panneau
indicateur que nous invite à monter voir Nepal Temple, c’est pour nous une
manière d’éviter Manikarnika.
On monte, c’est un petit temple
qui la réplique de celui de Katmandou nous a dit notre batelier du matin.
Il y a quelques aquarellistes qui
colorient leur dessin du temple.
Il faut donner 20 Rs chacun pour rester
et visiter le temple qui n’a qu’une petite cavité dans laquelle est une statue
de Shiva. Un homme nettoie cet espace en chantant sans arrêt « Om Shiva »
On sort du temple par la porte du
haut de façon à suivre les ruelles qui
sont derrière Manikarnika Ghat.
Un homme nous dit que l’on peut aller faire des photos
parce qu’aujourd’hui il y a une équipe
de la BBC qui a obtenu l’autorisation et que Véro peut avoir une accréditation
pour aller avec eux.
Véro et elle a raison, ne voit pas du tout l’intérêt d’aller faire du voyeurisme en photographiant le mort de près.
Véro et elle a raison, ne voit pas du tout l’intérêt d’aller faire du voyeurisme en photographiant le mort de près.
On passe notre chemin.
Derrière Manikarnika Ghat de
chaque côté des ruelles ce n’est qu’empilement de bois, certainement une
fortune en bois. Les Indiens peuvent mourir tranquille.
Un Indien qui arrive d’Assi Ghat
demande à Véro de le prendre en photo parce qu’il n’est jamais sur les photos
qu’il fait et pour cause. Véro le prend devant
un temple qui est cousin de la tour de
Pise sur les bords du fleuve et dont les crues ont dû saper les fondations.
On marche en participant
discrètement à la vie des Indiens qui se
baignent ou qui se sèchent sur les escaliers.
Dans l’eau c’est une telle joie
qu’on se croirait dans une piscine publique en été.
Ils sont contents d’être là et de
se baigner.
Certains plus sérieux adoptent
des attitudes de yogis mais avec une certaine maladresse ce qui les rend
normaux.
On arrive au pied d’une façade
qui était le palais d’un maharadja ou d’un puissant peu importe au fond.
Les guides comme le Routard se
simplifie la vie, il ne parle pas de ce côté et disent qu’il n’y a rien à voir
à Varanasi si ce n’est le spectacle sur
les Ghâts. En fait il reste
beaucoup de palais ou des bâtiments considérés comme tels et on a aucune
information pour les situer dans l’histoire de Varanasi.
La porte qui donne sur le ghât
est ouverte. On entre. On a le spectacle d’un escalier de pierres qui montent
presque à la verticale et sur une hauteur impressionnante.
A des enfants qui montent aussi,
ce qui est toujours rassurant, je demande ce qu’il y a là-haut.
« Temple » me répondent-ils.
On y va.
On souffre, surtout Véro avec son
mal de gorge qui me dit : « heureusement qu’il y a toujours quelque
chose d’intéressant sinon je serais restée couchée ».
En haut de l’escalier il y a
effectivement un temple.
Mais il y a aussi d’autres
espaces et notamment une grande pièce avec des piliers qui donne sur le fleuve.
C’est haut et même très haut je
ne voudrais pas dire une bêtise mais il
y a bien une hauteur de 50 mètres si je compare à la longueur de
l’appartement d’Antoine qui fait 30 mètres.
Au bord le garde fou est
matérialisé par une ficelle ou des bambous horizontaux.
En bas les baigneurs ne sont pas
très gros.
On en ressort par la porte qui
donne à l’arrière sur les ruelles et on se heurte comme d’habitude à cette vie
de ruelle, les vaches, les motos, les
gens qui vaquent à leurs occupations.
Un peu plus loin on redescend sur les ghâts, en fait on se
retrouve juste à l’autre bout de la façade du palais.
On continue.
C’est toujours le même spectacle, mais avec plus de familles
ou de groupes qui sont venus à Varansi uniquement pour le Gange.
On arrive au pied de la mosquée
que l’on voulait voir de près.
On se refait une escalade
d’escalier pour arriver sur la petite place où se trouve la mosquée.
C’est un monument protégé par le
gouvernement. Elle est encore très belle avec sa couleur terre cuite. Elle a
perdu ses minarets dans les années 1920. Il n’y a presque personne les croyants
étaient là ce matin vers 9h30.
On revient par les petites
ruelles. Il y fait bon, frais. Des rayons de lumière éclairent les rues
perpendiculaires au ghât.
On traverse tout un quartier de
pâtissiers et de confiseries, un quartier de bijoutiers, un quartier d’habits
de cérémonie et de képis pour musiciens.
On croise des porteurs qui portent
sur un brancards décorés de tissus et de
fleurs un corps.
Je me dis qu’on ne doit pas être
très loin du ghât des crémations. Depuis
un moment on marche sans aucun repère
sauf celui des rayons du soleil qui se
faufilent dans les venelles et nous indique le Sud.
Puis ce sont de plus en plus de
commerces divers jusqu’à ce qu’on arrive dans la rue qui mène au Ghat des lumières
Dashashwamedh. De là on sait où l’on est et on retourne à notre hôtel. Ça fait
3h30 qu’on marche sans s’en rendre compte tellement le spectacle nous absorbe.
On déjeune et on se repose.
Vers 16h on part pour une courte
balade pour voir si on trouve des magasines rédigés en Hindi. (pour des
collages pour Véro)
On descend sur la rue principale,
on demande à différentes personnes ce qu’on cherche et de l’un à l’autre on
finit par arriver rue Dananpura à un magasin
Book Stock qui a beaucoup de
livres. En fait c’est plus une librairie qu’une
maison de la presse. On y trouve une BD
en français sur l’histoire de la ville de Varanasi. On l’achète avec
deux autres publication qui pourront intéresser Véro dans la cadre de ses
collages.
Je n’ai pas encore payé qu’on
entend un bruit de tambour et de cloches, je dis à Véro va voir pendant que je
règle.
Lorsque je la rejoins elle est en
train de prendre des photos d’un mariage qui se déplace à pieds dans cette rue dont
le trafic est dense.
Le groupe de marcheurs est
composé de deux ou trois tambours, de femmes super bien habillées mais avec leur longs
cheveux lachés, deux hommes sont aussi dans ce groupe et derrière sur un cheval
blanc tout décoré de fleurs, le marié et un jeune garçons eux aussi habillés
dans des costumes de cérémonies et couverts de fleurs.
Il est 17h on décide de marcher
avec eux bien qu’il aillent dans une direction opposée à celle de notre hôtel.
Véro parle avec le photographe
officiel qui lui dit que l’on va chez la
mariée dans environ deux kilomètres.
On décide de les accompagner.
Par moment le groupe s’arrête et
les femmes et filles se mettent à danser comme des diablesses, un homme en
chemise se joint à elle en gesticulant et un autre homme en costume noir donne
le signe de l’arrêt de la danse et de la remise en marche.
En tête du cortège il y a un
vieille homme avec un bonnet à pompon, une barbe blanche, un anorak, et un dhoti
brun. Il semble aussi avoir un rôle mais
tout cela nous échappe.
Au bout d’un moment après avoir
bien fait chier la circulation, on tourne à gauche dans une petite rue. Et l’on
va ainsi de ruelles en ruelles, en s’arrêtant, en dansant, toujours avec les
tambours qui annoncent notre arrivée.
Soudain le groupe s’arrête en face
de nous dans la petite rue, un groupe de buffalos est en face.
Les tambours s’arrêtent. Véro est
devant et moi je suis derrière, je suis
le cheval. Véro, le photographe, les danseuses, les femmes passent doucement le long des buffalos. Au
dernier moment le cheval et ses cavaliers sont tirés dans un petit espace pour
qu’ils libèrent complètement la rue. Moi je suis sur la droite et je me
dissimule derrière une étagère pour me protéger au passage. Les buffalos s’avancent et tout à coup se mettent à
courir. Je réalise alors que l’étagère va voler en l’air qu’ils ne vont pas prendre
la peine de la contourner. Je monte sur les marches du magasins derrière moi,
mais les buffalos sont déjà là,
l’étagère vole et me retombe sur la jambe. Simplement une petite coupure. J’ai
eu chaud.
Les gens du mariage qui ont vu ce
qui s’était passé sont embêtés pour moi. Ils me propose de l’eau pour me laver
la jambe.
Je les rassure, ça va. Véro me dit que c’est superficiel et qu’avec un
pansement ce soir tout rentrera dans l’ordre.
On continue notre chemin
dans les ruelles et on s’arrête enfin devant une maison décorée avec des guirlandes lumineuses. C’est
la maison de la mariée.
Là malgré la circulation des motos, des piétons,
la rue est barrée par les danseuses et les tambours.
Ça dure. Puis on sort la mariée
tout emballée et portée comme un saucisson rouge qu’on a hissée jusqu’au marié
pour qu’il pose la main sur le tissus pour s’assurer de la présence de la
promise.
On fait demi-tour, le cheval fait demi-tour ce qui n’est pas simple dans
cette ruelle étroite.
A quelque mètres il y a un temple, le marié et l’autre cavalier sont
descendus du cheval qui est emmené on ne sait où.
Dans le temple tout le monde
s’installe. Au bout d’un moment on nous sert une collation et on attend la
mariée.
Véro et le photographe officiel
peuvent aller chez la mariée. Véro me dit que dans un coffre il y a les cadeaux
offerts par le marié et qu’un homme, le père sûrement, fait le décompte des
saris et des bijoux.
Tout ça traîne en longueur, on décide de rentrer. Malgré tous
les détours, pour le retour c’est tout droit par une petite rue où l’on
rencontre plein d’occidentaux au look caractéristique, ce qui nous confirme
qu’il y a aussi ici tout un monde de la dôpe.
On dîne d’une soupe à l’hôtel et
on prépare les photos et le blog. Véro
décide de ne traiter ce soir que les photos du mariage.
On verra quand on mettra en ligne
parce que tout ça, ça fait beaucoup dans une journée 800 photos et 9000 depuis
le début du séjour.
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