Pages

dimanche 31 janvier 2016

Le temple de Villianur



Lever 9h, après la soirée d’hier on avait besoin de récupérer.

Je vais au pain, il fait déjà chaud évidemment.

Le marchand de lait est parti.

Il y a peu de circulation.

Je croise tout un défilée de femmes à la queue leu leu et en sari multicolore, parfois elles sont deux, parfois elles sont avec un ou une enfant.
Ce sont pour la plupart de vieilles femmes qui sont dans leur sari du dimanche et qui reviennent de la cathédrale.
Elles ont l’air triste ces petites vieilles, pas un homme parmi elles.
Les femmes plus jeunes sont accompagnés de leurs enfants, de jeunes filles souriantes  qui ne savent pas encore ce que c’est qu’une vie de femme et d’une vie de femme indienne. Insouciantes.

A l’angle de la rue  Sainte Thérèse deux nattes sont roulées sur le trottoir comme si des personnes les avaient utilisées pendant la nuit.

Deux ou trois mendiantes sur les marches, les tenaces.

Maintenant je suis la file des femmes qui s’éloignent de la cathédrale de ce côté elles sont moins nombreuses, le quartier catho  est de l’autre côté.

La marchande de noix de cocos est là, assise. Son fils, petite dizaine d’années, range, empile les noix de cocos. Depuis quelques jours est accroché avec une chaîne, à l’arbre près d’elle, un triporteur métallique.

Ashok Laundry est fermé.

Je reprends après la bière, il est 19h.

Lorsqu’on fait tous les jours le même parcours c’est pas facile de se rappeler ce qui m’a marqué le matin même parce que je peux mélanger ou penser à quelque chose dont j’ai oublié de parler les jours précédents.

Par exemple dimanche dernier lorsque je revenais sur le quai une voiture s’est arrêtée à ma hauteur et le passager (conduite à droite) m’a demandé en Tamoul un renseignement. Je n’ai pas compris ce qu’il me demandait. J’ai été tout surpris qu’il puisse me prendre pour l’un de ses congénères. Ça ne m’a pas vexé je me suis senti bien dans le rôle. Ce qui m’a le plus ennuyé c’est de ne l’avoir pas compris pour  le renseigner parce  que j’aime cette ville, que je commence à bien connaître et j’aimerais aussi la faire connaître.

A l’angle de la rue Ranga Pillai il y avait la femme que je vois tous les jours, elle est debout et semble se préparer à aller je ne sais où.

Il y a toujours beaucoup de voitures stationnées autour des hôtels Kaarthique et Sun Parc. C’est normal c’est dimanche. il y a une voiture avec une  plaque d’immatriculation du Karnataka.
 Les chauffeurs des voitures en attendant leurs clients sont en train de les nettoyer. Ils redressent les essuies glaces et arrosent les vitres puis avec un chiffon, frappe la carrosserie pour éviter je pense de rayer la peinture en frottant la poussière.
Il y a une Lodgy Renault blanche parmi ces véhicules.

Au Hot Bread il y a beaucoup de clients ce matin. Je prends ma boule de pain, et je la tends ma main posée sur le comptoir pour qu’on me la prenne afin de la trancher.

La caissière indienne me dit tout de suite que c’est 40 Rs, je ne peux pas prendre mon porte-monnaie parce que je tends mon pain pour que quelqu’un le prenne. Sans délai elle me relance en me disant toujours que c’est 40 Rs. Je suis obligé de lui signifier que  je paierai lorsqu’on  m’aura pris le pain pour me libérer afin que je puisse prendre mon porte-monnaie. Je la trouve très désagréable.
Je lui donne un billet de 100 Rs j’attends qu’elle me demande la monnaie, mais elle ne le fait pas.

Je prends mon pain et je sors.

Je remonte  le quai.

Au niveau de Cottage Industrie un conducteur installé dans son auto-rickshaw lit son journal imprimé en tamoul.

La dormeuse de la station service  n’est plus  là.

Il est tard et il y a peu de circulation.

Un scoot remonte en sens inverse. Il roule du côté gauche   et ça ne pose pas de problème.

Les bassets dorment sur leur bout de balcon de rez-de-chaussée.

Rue Capitaine Marius Xavier un vol de corbeaux a envahi la rue. Le gardien de la belle  maison dans l’entrebâillement du portail les regarde avec inquiétude. Par contre le veilleur du chantier à côté à l’air de s’en moquer complètement.

Puis Rue Candappa où il n’y a jamais de surprise. Ce sont des gens qui ont reçu une éducation française qui y habitent et comme en France quand je vais au pain le matin rien n’arrive, pas même une présence.
C’est terrible un pays où l’on ne voit plus les gens sortir de chez eux pour marcher à pieds.

On prend le petit déjeuner.
Vue l’heure du réveil  le temps passe vite.
Lessive, ordi, et panne d ‘électricité. Cette année on est servi. Pondy passait pour une ville privilégiée par rapport aux villes du Tamil Nadu qui subissaient beaucoup de pannes. Cette année ce privilège me semble moins  évident.

On va déjeuner en faisant le Sunday Market, on remonte donc MG road parce qu’on va à l’Aristo, c’est un restaurant où l’on sait que l’on peut choisir une nourriture qui nous convient.
On achète des lampes de poche pour en avoir une dans chacun des sacs en prévision du départ pour Varanasi. (Toujours l’électricité).

A l’Aristo Véro prend comme moi hier un butter massala paneer et des chapatis et  moi je prends un poulet grillé au citrons et des légumes sautés. Après le bon repas d’hier soir on cherche à retrouver la ligne.
A la table à côté deux hommes s’installent, ils ont chacun le même appareil photo rouge comme celui de Pichaya et chacun le même sac, c’est très mignon.


On revient toujours par le Sunday Market. On prend des biscuits  pour nous et pour la famille qui habite dans la rue. Véro les donne toujours à la même personne qui semble gérer la distribution. Cette personne est d’ailleurs toujours heureuse de ce qu’on lui donne ce qui nous encourage à donner.

Café, repos sans plus parce que finalement on a bien dormi ce matin.

Vers 16h on part pour Vilianur qui est un gros bourg à l’ouest de Pondy et qui aujourd’hui est devenu la banlieue.
La route est coupée et l’on prend comme tout le monde une petite route parallèle qui passe au  milieu des habitations jusqu’à ce qu’on puisse rejoindre la route principale. Ils construisent un pont pour enjamber  la voie ferrée et c’est ce qui  occasionne ce trouble.

Mine de rien Vilianur est une ville qui a son importance, je ne sais pas pourquoi, mais  Georgette David dit que Dupleix a  échangé aux anglais  Madras (Chennai) pour obtenir Vilianur. Pas étonnant que les Anglais aient pris l’ascendant en Inde.
On vient pour le temple qui date du XIIIème siècle et qui est typique de l’architecture dravidienne c’est à dire des piliers par centaines avec posés dessus des blocs de granit.

On gare la  moto entre l’entrée du temple et l’entrée de la petite rue dans laquelle est installé le marché. Un Indien bourré nous prend en charge, il nous appelle les Red Bullet, pas une très grosse imagination, ce qu’on peut comprendre avec l’alcool. Il colle Véro et nous colle jusqu’à l’entrée du temple, nous montrant toujours la direction de la moto et informant tout le monde chaque fois que Véro veut prendre une photo.
A l’entrée du temple il doit être trop bourré pour oser entrer.

Mais là on est pris en charge par une face de lune muni d’un bâton et qui a décidé de nous servir de guide. Lorsque Véro veut prendre une photo il va se mettre sur  la photo. Aujourd’hui entre alcoolique et débile on est servi.

Lorsqu’on a découvert ce temple il était dans son jus couleur granit noir du XIIIème siècle. L’an dernier ils avaient entrepris de le rénover, aujourd’hui il est tout repeint couleurs indiennes c’est à dire criardes, ça a son charme, l’intérieur dans lequel on ne voyait rien a reçu un éclairage fabuleux qui permet de tout voir.
Une multitude de petites représentations de Shiva on été ajoutées, chaque temple annexe est parfaitement visible et décoré lui aussi d’une multitude de représentation divines. On peut dire que c’est très chouette cette volonté de rénovation, ce qui l’est moins c’est en fait l’illustration de la politique actuelle d’une Inde nationaliste et hindouiste à tout prix.

Le temple semble maintenant complètement retapé. Un escalier extérieur nous permet de monter sur le toit et de voir de près le gopuram principal et même d’y pénétrer. Sur les toitures les puits de lumière sont décorés comme des petites chapelles avec plein de personnages multicolores du  Dysneyland indien.

Le bassin qui était magnifique est complètement détruit, tout les pierres taillées qui formait les bords ont été enlevées et sont entassées sur les berges, pour l’instant c’est une catastrophe, mais certainement que dans un an ce sera à nouveau magnifique.

On sort, l’acoolo nous récupère et ne nous lâche plus jusqu’à la Bullet. Il a dû s’instaurer gardien de la Bullet pour toucher quelques roupies mais comme il voit qu’on va dans la rue du marché, il nous laisse et on ne le reverra plus.

Véro prend des photos dans le marché et aussi dans le petit endroit réservé aux marchandes de poissons et qu’on avait découvert  l’an dernier. Véro reconnaît même l’une d’entre elles qu’elle avait déjà prise en photo.

Le soleil se couche et il nous faut revenir.
La route est toujours coupée. On passe par de petits chemins sur  le côté, un homme nous renseigne pour nous indiquer la direction et comment récupérer la grande route.

On revient juste avant la nuit, il est 18h15.

Une petite bière et des cacahuètes fraîches.

Photos, blog.

Dîner Soupe chinoise, fromage, pain, bananes. En dînant on a regardé le 13h de France2, cette folie du cargo qui vient du Ghana, commandé par un Philippin sous pavillon panaméens pour un armateur belge qui en principe transporte des véhicules et là qui transporte du bois.
En Inde ça nous ferait rire cette organisation bordélique, mais en Europe finalement c’est pas mieux, chacun fait ce qu’il veut, c’est la loi du fric.

Après la vaisselle, on reprend le boulot.


Puis on regarde une vidéo sur la vie de Dalida.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Faites nous un petit coucou ici ! N'oubliez pas de mettre votre nom ...