Lever 9h, après la soirée d’hier
on avait besoin de récupérer.
Je vais au pain, il fait déjà
chaud évidemment.
Le marchand de lait est parti.
Il y a peu de circulation.
Je croise tout un défilée de
femmes à la queue leu leu et en sari multicolore, parfois elles sont deux,
parfois elles sont avec un ou une enfant.
Ce sont pour la plupart de
vieilles femmes qui sont dans leur sari du dimanche et qui reviennent de la
cathédrale.
Elles ont l’air triste ces
petites vieilles, pas un homme parmi elles.
Les femmes plus jeunes sont
accompagnés de leurs enfants, de jeunes filles souriantes qui ne savent pas encore ce que c’est qu’une
vie de femme et d’une vie de femme indienne. Insouciantes.
A l’angle de la rue Sainte Thérèse deux nattes sont roulées sur
le trottoir comme si des personnes les avaient utilisées pendant la nuit.
Deux ou trois mendiantes sur les
marches, les tenaces.
Maintenant je suis la file des
femmes qui s’éloignent de la cathédrale de ce côté elles sont moins nombreuses,
le quartier catho est de l’autre côté.
La marchande de noix de cocos est
là, assise. Son fils, petite dizaine d’années, range, empile les noix de cocos.
Depuis quelques jours est accroché avec une chaîne, à l’arbre près d’elle, un
triporteur métallique.
Ashok Laundry est fermé.
Je reprends après la bière, il
est 19h.
Lorsqu’on fait tous les jours le
même parcours c’est pas facile de se rappeler ce qui m’a marqué le matin même
parce que je peux mélanger ou penser à quelque chose dont j’ai oublié de parler
les jours précédents.
Par exemple dimanche dernier
lorsque je revenais sur le quai une voiture s’est arrêtée à ma hauteur et le
passager (conduite à droite) m’a demandé en Tamoul un renseignement. Je n’ai
pas compris ce qu’il me demandait. J’ai été tout surpris qu’il puisse me
prendre pour l’un de ses congénères. Ça ne m’a pas vexé je me suis senti bien
dans le rôle. Ce qui m’a le plus ennuyé c’est de ne l’avoir pas compris
pour le renseigner parce que j’aime cette ville, que je commence à
bien connaître et j’aimerais aussi la faire connaître.
A l’angle de la rue Ranga Pillai
il y avait la femme que je vois tous les jours, elle est debout et semble se
préparer à aller je ne sais où.
Il y a toujours beaucoup de
voitures stationnées autour des hôtels Kaarthique et Sun Parc. C’est normal c’est
dimanche. il y a une voiture avec une
plaque d’immatriculation du Karnataka.
Les chauffeurs des voitures en attendant leurs
clients sont en train de les nettoyer. Ils redressent les essuies glaces et arrosent
les vitres puis avec un chiffon, frappe la carrosserie pour éviter je pense de
rayer la peinture en frottant la poussière.
Il y a une Lodgy Renault blanche
parmi ces véhicules.
Au Hot Bread il y a beaucoup de
clients ce matin. Je prends ma boule de pain, et je la tends ma main posée sur
le comptoir pour qu’on me la prenne afin de la trancher.
La caissière indienne me dit tout
de suite que c’est 40 Rs, je ne peux pas prendre mon porte-monnaie parce que je
tends mon pain pour que quelqu’un le prenne. Sans délai elle me relance en me
disant toujours que c’est 40 Rs. Je suis obligé de lui signifier que je paierai lorsqu’on m’aura pris le pain pour me libérer afin que
je puisse prendre mon porte-monnaie. Je la trouve très désagréable.
Je lui donne un billet de 100 Rs
j’attends qu’elle me demande la monnaie, mais elle ne le fait pas.
Je prends mon pain et je sors.
Je remonte le quai.
Au niveau de Cottage Industrie un
conducteur installé dans son auto-rickshaw lit son journal imprimé en tamoul.
La dormeuse de la station
service n’est plus là.
Il est tard et il y a peu de
circulation.
Un scoot remonte en sens inverse.
Il roule du côté gauche et ça ne pose
pas de problème.
Les bassets dorment sur leur bout
de balcon de rez-de-chaussée.
Rue Capitaine Marius Xavier un
vol de corbeaux a envahi la rue. Le gardien de la belle maison dans l’entrebâillement du portail les
regarde avec inquiétude. Par contre le veilleur du chantier à côté à l’air de
s’en moquer complètement.
Puis Rue Candappa où il n’y a
jamais de surprise. Ce sont des gens qui ont reçu une éducation française qui y
habitent et comme en France quand je vais au pain le matin rien n’arrive, pas
même une présence.
C’est terrible un pays où l’on ne
voit plus les gens sortir de chez eux pour marcher à pieds.
On prend le petit déjeuner.
Vue l’heure du réveil le temps passe vite.
Lessive, ordi, et panne
d ‘électricité. Cette année on est servi. Pondy passait pour une ville
privilégiée par rapport aux villes du Tamil Nadu qui subissaient beaucoup de
pannes. Cette année ce privilège me semble moins évident.
On va déjeuner en faisant le
Sunday Market, on remonte donc MG road parce qu’on va à l’Aristo, c’est un
restaurant où l’on sait que l’on peut choisir une nourriture qui nous convient.
On achète des lampes de poche
pour en avoir une dans chacun des sacs en prévision du départ pour Varanasi.
(Toujours l’électricité).
A l’Aristo Véro prend comme moi
hier un butter massala paneer et des chapatis et moi je prends un poulet grillé au citrons et
des légumes sautés. Après le bon repas d’hier soir on cherche à retrouver la
ligne.
A la table à côté deux hommes
s’installent, ils ont chacun le même appareil photo rouge comme celui de Pichaya
et chacun le même sac, c’est très mignon.
On revient toujours par le Sunday
Market. On prend des biscuits pour nous
et pour la famille qui habite dans la rue. Véro les donne toujours à la même personne
qui semble gérer la distribution. Cette personne est d’ailleurs toujours
heureuse de ce qu’on lui donne ce qui nous encourage à donner.
Café, repos sans plus parce que
finalement on a bien dormi ce matin.
Vers 16h on part pour Vilianur
qui est un gros bourg à l’ouest de Pondy et qui aujourd’hui est devenu la
banlieue.
La route est coupée et l’on prend
comme tout le monde une petite route parallèle qui passe au milieu des habitations jusqu’à ce qu’on
puisse rejoindre la route principale. Ils construisent un pont pour enjamber la voie ferrée et c’est ce qui occasionne ce trouble.
Mine de rien Vilianur est une
ville qui a son importance, je ne sais pas pourquoi, mais Georgette David dit que Dupleix a échangé aux anglais Madras (Chennai) pour obtenir Vilianur. Pas
étonnant que les Anglais aient pris l’ascendant en Inde.
On vient pour le temple qui date
du XIIIème siècle et qui est typique de l’architecture dravidienne c’est à dire
des piliers par centaines avec posés dessus des blocs de granit.
On gare la moto entre l’entrée du temple et l’entrée de
la petite rue dans laquelle est installé le marché. Un Indien bourré nous prend
en charge, il nous appelle les Red Bullet, pas une très grosse imagination, ce
qu’on peut comprendre avec l’alcool. Il colle Véro et nous colle jusqu’à
l’entrée du temple, nous montrant toujours la direction de la moto et informant
tout le monde chaque fois que Véro veut prendre une photo.
A l’entrée du temple il doit être
trop bourré pour oser entrer.
Mais là on est pris en charge par
une face de lune muni d’un bâton et qui a décidé de nous servir de guide.
Lorsque Véro veut prendre une photo il va se mettre sur la photo. Aujourd’hui entre alcoolique et
débile on est servi.
Lorsqu’on a découvert ce temple
il était dans son jus couleur granit noir du XIIIème siècle. L’an dernier ils
avaient entrepris de le rénover, aujourd’hui il est tout repeint couleurs
indiennes c’est à dire criardes, ça a son charme, l’intérieur dans lequel on ne
voyait rien a reçu un éclairage fabuleux qui permet de tout voir.
Une multitude de petites
représentations de Shiva on été ajoutées, chaque temple annexe est parfaitement
visible et décoré lui aussi d’une multitude de représentation divines. On peut dire
que c’est très chouette cette volonté de rénovation, ce qui l’est moins c’est
en fait l’illustration de la politique actuelle d’une Inde nationaliste et
hindouiste à tout prix.
Le temple semble maintenant
complètement retapé. Un escalier extérieur nous permet de monter sur le toit et
de voir de près le gopuram principal et même d’y pénétrer. Sur les toitures les
puits de lumière sont décorés comme des petites chapelles avec plein de
personnages multicolores du Dysneyland
indien.
Le bassin qui était magnifique
est complètement détruit, tout les pierres taillées qui formait les bords ont
été enlevées et sont entassées sur les berges, pour l’instant c’est une
catastrophe, mais certainement que dans un an ce sera à nouveau magnifique.
On sort, l’acoolo nous récupère
et ne nous lâche plus jusqu’à la Bullet. Il a dû s’instaurer gardien de la
Bullet pour toucher quelques roupies mais comme il voit qu’on va dans la rue du
marché, il nous laisse et on ne le reverra plus.
Véro prend des photos dans le
marché et aussi dans le petit endroit réservé aux marchandes de poissons et
qu’on avait découvert l’an dernier. Véro
reconnaît même l’une d’entre elles qu’elle avait déjà prise en photo.
Le soleil se couche et il nous
faut revenir.
La route est toujours coupée. On
passe par de petits chemins sur le côté,
un homme nous renseigne pour nous indiquer la direction et comment récupérer la
grande route.
On revient juste avant la nuit,
il est 18h15.
Une petite bière et des
cacahuètes fraîches.
Photos, blog.
Dîner Soupe chinoise, fromage,
pain, bananes. En dînant on a regardé le 13h de France2, cette folie du cargo
qui vient du Ghana, commandé par un Philippin sous pavillon panaméens pour un
armateur belge qui en principe transporte des véhicules et là qui transporte du
bois.
En Inde ça nous ferait rire cette
organisation bordélique, mais en Europe finalement c’est pas mieux, chacun fait
ce qu’il veut, c’est la loi du fric.
Après la vaisselle, on reprend le
boulot.
Puis on regarde une vidéo sur la
vie de Dalida.
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