Les autres photos sont ici
Il est 19h et je ne m’y suis pas
encore mis. Il y a des jours comme ça. Non pas que j’y vais à reculons, mais
parce que le temps manque, bien qu’on se demande toujours ce que l’on peut
faire.
Lever 8h.
Le pain, la rue Mission calme
pour les acteurs habituels. Le marchand de lait est toujours là. Mais beaucoup
de trafic et de klaxon à cette heure, ce trafic étant dû au démarrage des
écoles.
Si les Pondichériens ne semblent
pas se mettre au boulot avant 10h, c’est qu’avant ils s’occupe de leurs dieux et
des enfants ce qui n’est sans doute pas très différent, comme pour nous.
Je suis toujours étonné de cette
activité qui précède ou qui suit l’entrée ou la sortie des classes. Le nombre
étonnant de bus identifiés au nom des écoles, le nombre d’auto-rickshaw dont
l’activité ne semble dédiée qu’à ça, le nombre de pères de famille qui
transportent un ou plusieurs enfants sur leur scoot où leur moto et le nombre
incalculable d’enfants qui arrivent à vélo ou à pieds accompagnés ou non.
Le matin à cette heure la rue
Mission ce n’est que ça.
Ça n’empêche pas Ibrahim store
d’ouvrir tôt, toute cette population est une clientèle potentielle, chacun
apportant son repas de midi.
La rue Petit Canal ne semble pas
être concernée par l’activité scolaire, tout est calme, les affaires du
quotidiens posées sur les berges sous des toiles tendues.
Un clochard s’est installé sur la
droite de la rue Mission juste avant la rue Sainte Thérèse, il est là depuis
plusieurs jours. Il semble passer ces nuits ici.
Deux mendiantes seulement près de
la cathédrale, la marchande de noix de cocos n’est pas là.
Tout le monde bosse chez Ashok
Landry.
Les vendeurs de bananes poussent
leur chariot recouverts d’une bâche.
Rue Ranga Pillai je croise le bus
de Sri Aurobindo Autocare Service, il est plein et va pour sa destination
quotidienne. Il y a aussi de l’animation dans la rue des groupes d’Indiens qui
marchent ensemble.
Peu de gens au Hot Breads
prennent leur petit déjeuner, des femmes seules et un homme.
Je suis servi rapidement et je
reviens par le quai.
J’ai bien sûr le flot des véhicules
qui arrivent à contre sens.
Une femme à scoot sort de la
résidence Splendoor et me coupe la route.
Je ne vois pas l’albinos du
matin.
Par contre il y a beaucoup plus
de mendiants ou de clochards isolés sur le quai. Avant ils n’étaient pas là.
Ils formaient une sorte de corporation au bord de la cathédrale et autour du
Nilgiris.
Cette année je les vois
éparpillés comme si l’individualisme de la mondialisation avait fait éclater
leur rassemblement.
On prend le petit déjeuner et comme
on est long à démarrer la journée la petite femme de ménage arrive.
Ce matin elle est munie d’un gros
pinceau plat qui va lui servir à nettoyer les plinthes, bonne idée.
Puis elle déplace tout pour
pouvoir balayer et laver le sol. On comprend vite, il faut qu’on dégage le
terrain.
On décide donc d’aller chez
Pichaya, mais il n’y a personne. Depuis qu’il fait le repas du midi au Space il
doit aussi s’y rendre le matin. On va vérifier tout ça.
On passe chez notre pote Xérox
muslim pour lui faire imprimer le contrat de
location pour le gite de Sainte Férréole de façon à pouvoir le remplir et le scanner pour
l’envoyer avec le paiement. Mais il est tellement débordé qu’on n’attend pas, on
reviendra plus tard dans la journée.
Véro veut trouver du tissu pour
faire refaire des tais d’oreiller. Les nôtres dates du Sri Lanka et le tissu
commençait en se fissurant à montrer des signes de faiblesses.
On gare la moto en face de chez
Pazamudhi rue Ranga Pillai parce qu’il y a souvent de la place.
On passe à Mission Café boire un
café glacé on est bien accueilli parce qu’on est des clients qui reviennent.
On lit la presse laquelle parle
de François Hollande à Delhi et utilise le mot « bonhomie »pour
parler de la relation entre Modi et Hollande.
On va chez Royal Emporium rue
Mission, le roi du tissu. C’est un tel bordel qu’en fait on ne trouve jamais rien. En plus personne ne s’occupe de
nous, le personnel n’est pas du tout concerné par notre présence même si on
touche à tout.
On finit toujours dans le même
magasin sur Nehru Street un peu avant l’Aristo qui vend aussi de très beau
tissus, tous bien rangé et avec un
personnel qui s’attache à nous satisfaire. Véro montre les taies et veut quelque
chose qui pourrait s’assortir. Le vendeur nous sort tout ce qui semble pouvoir
aller et Véro choisit. Reste le problème du métrage et le vendeur appelle un
collègue qui semble maître dans cet art du calcul de la longueur du tissu en
fonction de sa largeur. Mais Véro est aussi maître dans ce domaine et prend la
règle et fait son calcul et dit qu’elle est d’accord avec le résultat qui lui
est proposé. Le vendeur montre le prix avant de se lancer dans la coupe. C’est
d’accord, il coupe.
On reprend la moto et on file
chez le couturier rue Elalaman Kovil qui prévoit de faire les taies pour ce
soir 19h.
On pose la moto rue Candappa et l
‘on va déjeuner à pieds rue Sainte Thérèse dans le nouveau Farm Fresh où l’on est passé hier.
Véro prend une pizza et mois des
spaghettis carbonara. Rien d’extraordinaire mais des goûts qui permettent
d’échapper de temps à autre au goût de la cuisine indienne. Cette année Véro a
des difficultés à manger cette nourriture. Je la comprends parce que les années
passées j’avais moi aussi cette difficulté à trouver ça bon. Cette année à mon
grand étonnement ça va. Je n’en raffole pas, mais je ne la rejette plus.
Retour pour un café et un peu de
repos, puis on part se balader au Sud.
On prend la route de Cuddalore et
au croisement de Thavalakuppam on prend à droite et cap à l’ouest pour
retourner voir le petit temple aux statues votives.
Sur la route au passage on repère
bien le lieu où Véro a pris en photo une jeune femme enceinte pour leur donner
la photo, on s’arrêtera au retour pour être sûr de bien gérer la lumière.
Dans le village suivant on prend
une petite route sur la droite. Il y a 4 ans c’était une piste, aujourd’hui il
y a du goudron.
On passe la rivière cette année
il y a un pont et jusqu’à présent c’était un passage à gué dans le sable un peu
délicat si on arrivait trop vite.
A partir de là curieusement le
goudron se rétrécit et semble de moins bonne qualité on traverse un hameau de
quelques maisons sur le bord de cette route. Ce passage n’était pas toujours
facile à négocier, ça n’a pas changé même avec du goudron deux profondes
rigoles parallèles marquent le centre du village.
Ensuite c’est la beauté de la
campagne indienne vaste, espace dégagé pour la culture du riz. Actuellement la
récolte est faite et ce sont les vaches et les chèvres qui paissent dans ces
étendues.
L’étroite bande de goudron se
faufile entre ces espaces de cultures prenant des virages à 90° pour aller du
petit hameau boisé à une petite palmeraie sous laquelle de minuscules routes se
croisent.
L’une d’entre elle va au temple.
On la prend, le temple est juste là. En bordure de route des tas de riz et des
ouvriers qui mettent tout ce riz dans des sacs en jute destinés à cet effet.
Des paysans étalent sur une autre
route la paille de riz pour bien la faire sécher, ne laissant sur le côté qu’un
étroit passage, comme s’ils avaient l’assurance qu’aucune voiture ne passerait
là.
Les personnages du temple,
petites statuettes votives ont envahi encore plus d’espace. Certaines font près
d’un mètre de hauteur et leurs traits sont parfaitement réalistes, ce qui est
troublant car on a le sentiment d’être entouré. En réalité il y a 5 ou 6
personnes et un millier de statuettes.
Certaines forment comme un
clôture autour du périmètre du temple.
Certaines autour de la chapelle
de Siva sont regroupées en rangs serrés et me donne l’impression très fortes d’être
dans la série des « Revenants ».
Partout où le regard se porte,
elles sont là. Elles ont envahi les espaces boisés, jusqu’en bordure de routes.
Le prêtre de Siva continue son
office comme s’il était seul et bénit les gens qui viennent le voir,
certainement pour qu’il exhausse des prières et si ça marche ces personnes
feront faire une petite statue en remerciement.
Des voitures et des maisons sont
aussi réalisées, c’est récent et c’est peut-être une évolution matérialiste des
demandes.
Véro marche sur les routes
environnantes pour profiter de la lumière du soleil couchant sur ce paysage agreste.
Moi je pousse la moto et ainsi à pied on retourne au petit hameau tout en s’arrêtant
pour profiter de la vie de ces gens modestes qui rentrent des champs avec leurs
bêtes jamais très nombreuses, une ou deux, ou avec des paquets paquet de
foin ou un fagot de bois porté à dos
d’homme ou de femme.
Des scolaires à vélo rentrent chez eux et s’étonnent de nous voir
là.
Des gens traient une vache tandis
qu’ils retiennent son petit qui veut lui,
aller téter. Puis à la fin de la traite la femme veut offrir un verre de lait à
Véro. Elle dit non et la femme comprend, n’insiste pas. Véro même en France ne
connaît que le lait en brique.
Merveilleuse balade qui se
termine lorsqu’on s’arrête pour ranger l’appareil et là Véro voit le mécano
électricien qui rembobine le fil électrique d’une pompe à eau.
Moi je ne l’ai pas encore vu que
déjà Véro le photographie lui et le dernier
rayon de soleil qui lui tombe dessus.
Tous ces potes et collègues le charrient
mais aucun ne semble être jaloux de lui et aucun ne demande non plus à être
photographier.
Au retour on s’arrête à la maison près du champ de canne à sucre. La
photo concerne bien la femme du propriétaire du champ mais ils n’habitent pas
ici. On laisse les photos à la femme qui habite la maison et qui va les leurs
faire passer.
Le bébé est bien né c’est une
petite fille.
Pour nous c’est une bonne
nouvelle, mais je sentiment que pour la personne qui nous le dit ce n’en est peut-être
pas une.
On prend une route qu’on ne
connaît pas malgré l’heure tardive et elle nous mène à Villianur. A partir de
là on connaît bien. Dimanche on est déjà revenu par cette route.
C’est une entrée dans Pondy que
je trouve dangereuse beaucoup de circulation et beaucoup de n’importe quoi. La
circulation est ralenti apparemment un couple de motard est tombé, je ne vois
pas bien, Véro me dit qu’ils chargent le blessé dans un auto-rickshaw. On file.
On s’arrête chez Fatima pour
prendre deux soupes de vermicelles et on va chez Xerox faire imprimer notre
contrat de location pour Sainte Férréole.
On rentre.
Bel après-midi. Même si on
connaît, c’est toujours différent et quand c’est beau on ne se lasse pas. Vivre
un peu d’une vie qui n’existe plus chez nous, et qui existera encore combien de
temps ici, à la vitesse à laquelle le goudron prend possession des pistes et
les ponts des gués on peut s’interroger.
Soupe de vermicelle, salades de
fruits.
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