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C’est Véro qui me réveille vers
8h
Beaucoup mieux dormi, comme le
temps s’est rafraîchi on a pu dormir sans le ventilo. Presque au calme si l’on
excepte les autres bruits de la ville, les corbeaux, les chiens, la cathédrale et
le muezzin.
Dormir entre les ressorts du
matelas et une pale d’hélicoptère ça demande une habitude que l’on n’a pas
encore acquise.
Je vais au pain.
Il est trop tard pour remplir les
bouteilles d’eau pour la cuisine ce n’est que de 5h à 8h. Je le ferai ce soir
même horaire.
Il fait peut-être un peu moins
frais que les autres matins mais il est plus tard. Difficile de se rendre
compte avec une heure de soleil en plus.
Le marchand de lait est debout
auprès de sa caissette son activité de vente de lait du matin doit se terminer.
A l’angle de la rue Sainte
Thérèse un conducteur de rickshaw, bichonne son rickshaw, il passe un chiffon sur
les jantes rouillées. Je ne sais pas s’il espère les faire redevenir brillantes.
A partir de là jusqu’à la
cathédrale sont garées les voitures des cathos qui sont à la messe du dimanche.
Les mendiantes discutent en
attendant la sortie.
La marchande de noix de cocos est
en place, je croise le camion de World Banana qui s’en va.
Ashok Landry est fermé, c’est
dimanche.
Rue Ranga Pillai et les touristes indiens qui attendent pour faire un tour dans le
bus du Sri Aurobindo autocare service.
Ce matin au Hot Breads je prends
un Brawn Farmer qui n’est pas brun mais
rond.
Il y a la petite caissière avec
sa collègue. Ce matin elle n’a pas de
lunettes ce qui la rend encore plus intéressante mais malheureusement elle
mâche du chewing gum ou quelque chose ce qui la rend très quelconque dans son
penjabi saumon.
A la sortie il y a notre mendiant
réel ou contorsionniste je n’ai pas encore tranché. Il a une jambe complètement
retournée dans son dos. Il a un magnifique sourire et respire la joie de vivre. Il est assis et est
en train de manger une omelette baveuse dans un sac plastique. Il est très
content de me montrer ce qu’il mange et me souhaite en me serrant la main Happy
Pongal.
Cettte semaine les 15, 16, 17,
c’est Pongal la fête de la moisson.
Je reviens par la quai.
Rue Surcouf une voiture Renault
la LODGY, voiture de 7 places pour
concurrencer la Toyota Innova qui existe depuis des années en Inde. La Renault
lui ressemble comme une jumelle, prix d’appel 11000€. C’est vraisemblablement
la même que la Dacia Lodgy.
En Inde même la Dacia Duster est
une Renault.
Je trouve que c’est petit pour la
France d’essayer de baiser les Indiens comme s’ils ne venaient jamais en France
et ne se rendaint pas compte qu’on leur vend des merdes qui polluent un maximum.
Je trouve l’Allemagne beaucoup
plus courageuse de s’attaquer aux Etats Unis avec des voitures truquées. Tant
qu’à baiser le client autant le faire en grand.
En plus aujourd’hui un mec qui
fuit la France pour ne pas payer d’impôts et qu’on invite pour chanter une
chanson qui parle de l’unité nationale suite aux attentats. J’aimerai bien
connaître le montant de son cachet versé en Suisse.
C’est pas étonnant que la France
soit devenu un petit pays qui fait encore semblant.
On prend le petit déjeuner.
On va au marché Goubert en
remontant le Sunday Market de MG Road. Véro regarde ce qui ici est un drap de
lit et qu’elle utilise comme nappe ou dessus de canapé.
On achète des champignons et des
olives pour faire avec le poulet. Véro me dit que ce n’est pas parce qu’elle a
envie de cuisiner mais parce qu’elle a envie de bien manger.
Marché aux poissons, puis aux
légumes pour des tomates et des aubergines. Le chemin nous conduit
inévitablement chez Aroule qui évidemment a reçu de nouvelles choses. Comme
Pichaya sa vendeuse chef est enrhumée il doit y avoir
une épidémie, pourvu qu’on passe à travers.
Trois tops après on repart. Non
ce n’est pas une notion de durée avec le 3ème top ce sont simplement
des hauts, des vêtements pour le haut du corps. Le vêtement pour le bas ce sont
des bottoms c’est pas mieux, c’est même
pire.
On revient par les marchands de
bananes qui se tiennent souvent à la lisière de Nehru street, ni dans le
marché, ni dans la rue.
Au Sunday Market le retour, Véro
prend une couverture-drap pour le canapé qui est un lit. Oui c’est compliqué le
mobilier en Inde quand on veut faire comme en France.
On achète une pelle pour ramasser
les détritus du balayage. Celle de l’appart a un bord épais, pas facile de
faire sauter la barre aux petits déchets, c’est encore possible avec un peu
d’entraînement en utilisant les poils de la brosse du balai (pas de balayette)
comme levier. Mais la petite pelle est rusée, elle se courbe ce qui fait qu’on
ne peut la plaquer au sol malgré nos efforts et même avec la meilleure technique tout passe sous la
pelle. La femme de ménage qui est toute petite n’y arrive pas non plus, Véro
l’a vu faire, non il n’y a pas de coin de tapis. Mais comme elle est toute petite notre femme de ménage, elle
risque de passer sous la pelle, ça peut donc être dangereux.
Avant prendre la nouvelle pelle
on vérifie l’épaisseur de l’avant là où doivent monter de gré ou de force les
détritus, puis une fois le choix fait on mesure la courbure en l’appuyant sur
le macadam et en essayant de voir si tout l’avant épouse bien la surface plane
du sol.
On se décide. Le vendeur est
médusé il n’avait jamais vu faire autant de vérification avant l’achat
d’une petite pelle de ménage.
On prend enfin des biscuits en
vrac pour nous et pour les femmes de la rue. Le » marci « est
toujours très poli mais la prononciation ne s’améliore pas.
Dans la rue Candappa c’est un
coin de femmes et d’enfants, quelque fois le soir après les cours on voit les
enfants faire leurs devoirs sur le
trottoir.
Chaque fois que l’on passe si elles sont là ça
fait un peu dernier salon ou l’on cause, d’un côté ou de l’autre de la rue en
fonction du soleil. Puis certains jours tout le monde disparaît. Tout leur bien
est caché sous des bâches. Puis elles réapparaissent.
On monte à l’appart poser nos
courses.
On décide d’aller déjeuner au
Surguru, ce n’est pas très loin, il est juste midi et l’on veut aller cette
après midi reconnaître un peu la campagne environnante au Sud par la route de
Cuddalore jusqu’au croisement de Thavalakuppam.
Rien de précis pour la suite.
Il y a toujours peu de monde au
Surguru comme il y a peu de monde dans Pondy. On n’est pas envahi par les
touristes comme les autres années. Est-ce le coup de la vie qui fait fuir les
gens ? Est-ce que les nouvelles générations n’ont rien à foutre
d’Auroville et de l’asharam.
A Pondy il n’y a pas de plage à
touristes alors qu’est ce qu’on peut bien y faire.
Est-ce que l’Inde ne nourrirait
plus les associations ? Tout est
possible.
Café, un peu de repos On part vers 15h.
J’essaye un autre casque car
celui que j’utilise a un problème de visière qui tombe.
A Tavalakuppam au lieu de suivre
sur la droite la route qui va au temple des statuettes, on prend à gauche sur
la route de l’orphelinat des filles.
On revoit les belles maisons de
ce villages, il y a dû y avoir beaucoup d’argent pour construire de telles
maisons, même aujourd’hui elles coûtent une fortune. Ce n’est pas loin de Pondy
mais c’est en rase campagne.
Au village suivant un môme nous
fait des signe en criant Happy Pongal. Je suis obligé de m’arrêter, il
s’accroche à la moto. A l’arrêt il essaye de couper le contact en tournant la
clé. Je l’en empêche en lui saisissant
les mains mais il y arrive quand même, je l’engueule et il se casse tous les
villageois sont là, mais ils
n’interviennent pas.
Lorsque je veux redémarrer la
moto, impossible. Je vérifie le coupe circuit, c’est bon mais elle ne redémarre
toujours pas.
J’attends un peu parce que je me
dis qu’elle s’est peut-être noyée.
Mais elle ne redémarre toujours
pas.
Les villageois s’approchent pour
essayer de nous aider. Certains essayent aussi de la démarrer mais rien à
faire.
On démonte la bougie et j’ai
l’impression que la bougie neuve de Félix est vieille. On la nettoie et on la
remonte.
Nouveaux essais et puis a un moment,
un indien essaye encore et là au bruit je sens qu’elle peut partir. Je reprends
les choses en main parce que maintenant je sens bien ce moment de la
compression lorsqu’elle va démarrer et en effet je la fais repartir.
On file. Le môme est toujours là
devant nous et il va falloir le passer. Les gens nous disent de ne pas nous
arrêter. Oui mais s’il se précipite sur la moto ?
Il fait juste de grands gestes,
crie Happy Pongal et nous laisse filer.
C’est la première fois que ça
nous arrive, c’est pas une agression mais c’est bizarre quand même et tous ces
gens qui ne disaient rien. Un peu comme si ce môme idiot du village était comme
une vache sacré et qu’il faut laisser faire.
On s’arrête un peu plus loin pour
des photos et la moto redémarre sans problème.
Puis on passe devant une scène de
gens qui ramassent des cannes à sucres. En fait elles sont déjà coupées, les
femmes les transportent vers un hangar. On s’arrête c’est un spectacle
champêtre sous un arbre énorme deux vaches broutent. A côté des femmes
s’activent à faire des fagots de cannes pour les emporter, un peu plus loin en
contre jour un immense tas fume. On s’approche ce sont des hommes qui ont mis
un empilement de pot en terre et qui avec des bouses de vaches les font cuire.
Le propriétaire du champ de canne
et sa femme enceinte jusqu’aux yeux nous accueillent gentiment. Elle doit
accoucher et je lui dis que ça va faire un baby Pongal, ça les éclate de rire.
On reste un moment pour profiter
du spectacle et de leur gentillesse.
Ils nous invitent à venir samedi
pour Pongal mais le soir à 18h. Ce n’est pas loin, 15km, on verra.
On reprend la route et on revient
au croisement de Thavalakuppam et on rentre.
Le casque me fait mal, de la
tempe droite à la mâchoire supérieure c’est un trait de douleur insupportable.
Dès qu’on arrive et que Véro va
ouvrir la grille, j’enlève le casque tellement c’est insupportable. A Toulouse
on s’est fait vendre des casques trop petits ou alors ici on a pris la grosse
tête.
Ça m’a un peu fatigué. Je me
repose, pendant que Véro se lance dans le repas du soir : Poulet à la
crème, aubergines, et riz aux olives. On se régale. Dessert : banane.
Je finis le blog, Véro ses photos.
On regarde une autre émission sur
Charlie, les survivants, c’est bien si l’on peut dire. Tout ce monde, les morts
et les vivants qui restent étaient et sont vraiment des gens intelligents.
Voilà c’est fini pour aujourd’hui.
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