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vendredi 22 janvier 2016

Biryani et rizières


Les photos sont ici

Réveil vers 7h30 après une bonne nuit.

Je vais au pain. Le ciel est couvert mais l’air est plus léger ce matin, moins d’humidité.

Rue Montorsier je remarque un auto-rickshaw complètement repeint avec des motifs de fleurs style années babos. Un occidental le conduit et discute avec un indien  qui promène une gros chien. Je ne sais pas ce qu’ils se disent mais en passant j’entends seulement : « si vous voulez je vous emmène ».
Le conducteur est vraisemblablement quelqu’un qui a conduit un enfant au Lycée français.

Rue Laporte c’est un vrai conducteur d’auto-rickshaw avec son auto-rickshaw qui attend le client.

Un clochard inhabituel est assis sur le trottoir avec son baluchon dans cette partie de la rue Mission qui croise la rue  Savary rayalu.

Ce matin en amont de la rue mission il y a beaucoup plus d’eau dans le petit  canal. En aval je vois des enfants qui jouent au bord.

C’est calme aussi près de la cathédrale, une mendiante au portail du milieu et deux autres à la sortie de droite par rapport à la rue.

Par contre grosse activité déjà chez Ashok Landry, les fers à repasser sont déjà en action.

La femme aux joues rondes est  assise sur le trottoir,  à droite juste avant la rue Ranga Pillai. Elle semble hésitante à commencer sa journée.

Les marchands ambulants de fraises trient les fraises sur leur chariot.

Les marchands ambulants de bananes s’éloignent du Nilgiris et se mettent en route pour leur journée.

Pazamhudir est ouvert, c’est encore l’heure des livraisons pas encore celle des premiers clients.

Un fouilleur de poubelle, plutôt de tas d’ordure fouille avec un grand sac blanc en plastique posé sur son épaule dans lequel  il met ses trésors.
Autour des tas d’ordures il y a les femmes en blouses roses de l’entreprise qui est chargé de  la propreté de Pondy, il y a les fouilleurs de poubelle qui essaient de passer avant que tout ne soit enlevé, il y a les chiens qui  volent et emportent dans leur gueule ses sacs plastiques fermés dans lesquels ils espèrent trouver de la nourriture, il y a les corbeaux qui fouillent eux aussi à grands coups de bec pour  trouver quelques chose à se mettre dans le bec. Et aussi mais je les vois moins souvent le matin, il y a les vaches et les buffalos qui ne laissent pas leur part aux autres. L’autre jour une vache s’en allait doucement un paquet en plastique pendu à son museau.
Finalement ici on ne se pose pas trop le problème de l’enlèvement des ordures. Les habitants jettent dans la rue, parfois d’un balcon, d’autres viennent vider des seaux sur des emplacements réservés. Ce qui fait qu’au croisement de la rue Capitaine Marius Xavier et de la rue Candappa, il y a un énorme tas d’ordures pour deux raisons la première c’est que c’est un lieu habituel pour mettre ses ordures et la deuxième c’est parce que la benne à ordures mises par l’entreprise chargée de la propreté de Pondy s’est démantelée sous l’action de la rouille et qu’elle fait partie maintenant du tas d’ordures à enlever.

Le bus de Sri Aurobindo Autocare Service est garé et il n’y a personne dedans. Je ne vois personne non plus dans le bureau qui pourtant est ouvert.

Deux hommes sont assis à côté du Hot Breads, l’un téléphone, l’autre attend.
Je trouve qu’il y a de nombreux consommateurs au CoolCat.

A l’intérieur de Hot Breads dans la salle quelques consommateurs, ce matin ça va vite pour trancher et me faire payer. Ce sont des têtes nouvelles me  semble-t-il comme si l’équipe avait changé.

Je ressors  et reviens par le quai.

Beaucoup de trafic. Comme le quai est en sens unique tous les véhicules me font face.
Beaucoup de véhicules à la station service de l’Ashram.

La porte de la crèche de Saint Louis de Gonzagues est entr’ouverte et je vois des jeunes filles balayer la cour en tenue d’écolière.

Une personne est assise sur un siège de l’arrêt de bus.

Un clochard un peu plus loin est assis sur le trottoir. Il a sorti une bouteille d’eau et verse de l’eau dans un récipient. Dans un sac plastique il y a  la nourriture qu’il s’apprête à manger.
Il est à l’angle de la rue du Vicomte de Souillac juste en  face du nouveau débit de café et de thé, devant lequel deux femmes discutent.

Je ne vois pas mon albinos.

Les bassets rue Laporte se promènent derrière les grilles qui les empêchent d’accéder à la rue.

Rue Surcouf la Renault Lodgy est toujours garée à la même place.

Rue Candappa une femme arrose au jet des plantes mises dans des pots.

On petit déjeune.

Véro fait des lessives qu’elle veut étendre avant de démarrer la journée.

Quand tout est prêt on démarre la moto, toujours avec appréhension. Mais elle démarre selon la nouvelle procédure définie par le service qualité de Félix.

On va mettre de l’essence parce que hier soir en rentrant de notre balade je me suis mis sur la réserve. Je prends de l’essence la moins chère pour ne pas risquer de lui donner une essence trop riche pour son âge.
On remonte toute  la rue Sinna Subarayia Pillai jusqu’à la rue  Ranga Pillai ou je tourne à gauche pour aller chez Selva le grossiste en  tout, pour la maison et pour tout le reste. Véro lui prend des sacs poubelle.

On reprend Anna Salai et l’on va chez Pothys. Ce matin c’est un peu reconstitution des stocks, comme ça on n’y pense plus pendant un moment.

On vient poser le tout à l’appart.

Puis on repart pour aller voir notre ami Vijay qui n’a pas donné signe de vie depuis au moins une dizaine de jours pour l’impression des cartes professionnelles de Véro. On ne sait même pas s’il a reçu les fichiers.
C’est le genre de personnage qu’il faut aller secouer. On arrive il joue aux cartes sur son ordinateur et n’a rien fait pour Véro. Il s’excuse et dit qu’il va envoyer ce soir la proposition. Je pense qu’il faudra y repasser en début de semaine prochaine. C’est ainsi.

En revenant on s’arrête chez Félix pour lui dire qu’on a l’intention de rouler dimanche et savoir s’il pense que c’est possible avec la moto. Il n’est pas là, on repassera.

On revient à l’appart pour poser la moto et pour que Véro prenne son appareil photo. On va déjeuner  à pieds au Salem rue NatarajaPayar.

Ce restaurant est spécialiste du biryani et fait parait-il le meilleur biryani de Pondy. Peu importe finalement on ne va pas entrer dans une querelle de clocher.

C’est avant tout une magnifique maison tamoul, tout en longueur et avec des puits de lumière qui viennent apporter la lumière…

Quelques marches et un long couloir qui dessert de chaque côté de petites pièces dans lesquelles on peut manger entre amis ou en famille.
Puis le couloir débouche sur la salle de restaurant. Ce n’est pas immense. Il y a de chaque côté deux tables avec deux chaises collées au mur. On ne peut pas manger en tournant le dos à la salle.
Une des tables est perpendiculaire au couloir et l’autre est parallèle au couloir et perpendiculaire à la première table.

Les murs bien entendus sont vides de toutes décorations et ne  présentent au regard qu’une ancienne couleur verte et délavée. Au dessus de la porte qui donne sur la salle il y a les portraits de Gandhi et de Nehru. Pas de Sri Aubindo, pas de La Mère, on sait au moins qu’on est du même monde.
Dans cette salle des lampes électrique viennent soutenir la lumière apportée par le puits. Quatre  piliers ronds et ventrus, en bois marquent l’arrivée de la lumière dans la salle.  En face des tables perpendiculaires au couloir il y a  une table avec le caissier, et à droite de l’autre côté du couloir qui se continue après la salle, un comptoir qui sert à passer les plats et à remettre les biryanis  commandés et à emporter. Take away pour les initiés.
Sur la gauche de la salle contre le mur deux éviers lavabos pour se laver les mains après manger.

Au delà de cette salle le couloir se prolonge et dessert les cuisines et les toilettes.

Véro ne se  pose pas de question et fonce dans les cuisines ou des femmes oeuvrent. L’une d’elle nettoie d’énormes marmites dans le couloir parce que la pièce cuisine est toute petite. Elle est pile sous la lumière d’un autre puits de lumière qui éclaire cet espace au delà de la salle.

Dans la salle les tables sont toutes occupées.

Je suis comme dans un rêve parce que c’est comme si je n’étais pas là. Véro a disparu dans les cuisines sans que personne ne lui dise rien. Et moi qui suit bien là personne ne me dit rien non plus ni ne me demande ce que je veux. En fait je crois que tout le monde est étonné de notre présence incongrue.

Je me dis qu’il faut faire quelque chose. Je vais vers la table du caissier et je lui dis qu’on veut manger du biryani.

Il explique aux autres en Tamoul, pourquoi on vient et un vieux serviteur tout en blanc fait dégager une table dans la salle. Puis il se ravise et me propose de nous mettre dans une des pièces tranquilles de l’entrée.
Je sens qu’ils veulent tous faire pour le mieux pour nous, mais tout en ne sachant pas vraiment ce qu’il faut faire.
Véro arrive et dit qu’elle veut manger dans la salle.

On s’installe donc côte à côte sur la première table à gauche en entrant, perpendiculaire au couloir d’accès et en face du caissier.

Là commence le rituel d’un restaurant normal. Le pépé en blanc nous demande ce qu’on veut le choix est limité mais quand même, biryani de poulet ou biryani de mouton. Moi je prends poulet, Véro mouton.
La commande est enregistrée au comptoir. Il revient pour nous mettre un verre d’eau ici pas de bouteille d’eau minérale, et nos feuilles de banane qui vont servir d’assiette.
Dès qu’il voit qu’on verse de l’eau de notre verre en métal sur la feuille et qu’on la nettoie avec nos doigts, il comprend qu’on sait ce qu’on vient manger ici et il est soulagé et ils sont certainement tous soulagés.
Il met un peu de raïta sur la feuille pendant que Véro est repartie en cuisine pour d’autres photos.
Puis il apporte avec une même gamelle le biryani de poulet et le biryani de mouton, bien séparé en deux portions. Il nous donne dans un petit récipient métallique la sauce qui va avec.
Je lui demande deux cuillères, bien qu’ici tout, l’ambiance, le décor, le produit lui-même nous invite à manger avec les doigts. Alors je fais moitié moitié. Le poulet et la raïta avec les doigts et le riz avec la cuillère.
C’est bon, l’homme en blanc veille avec beaucoup de gentillesse, à ce qu’on ait bien de tout et propose de nous servir à nouveau en viande ou en raïta. Pour le riz  il y a la dose.

Une fois qu’on a tout mangé on referme notre feuille de banane pour signifier que c’est fini. Un homme arrive avec deux seaux un pour la vaisselle, l’autre pour les restes et la feuille de banane.

Véro repart faire des photos. Je m’installe comme j’ai vu les Indiens faire, en travers de la chaise un bras sur la table l’autre sur  le dossier et comme eux je regarde ce qui se passe dans la salle sans que  personne ne dise rien. Il y a un seul client qui mange, les autres sont des gens du restaurant. Chacun est à sa place sans bouger, le caissier derrière sa caisse, le passeur de plats derrière son comptoir, le pépé en blanc debout près de moi mais juste de l’autre côté du couloir, le ramasseur de plat et de restes, assis lui aussi attendant que l’autre client ait fini. On est dans une pièce de théâtre où chaque acteur est figé dans son rôle et attend ce qu’il va advenir.

Derrière le caissier je vois apparaître un homme âgé en blanc lui aussi, et je devine derrière un escalier qui doit donner à l’étage.

Véro a fait le plein de photos on s’en va en saluant tout le monde et en les remerciant, toujours silence de rigueur. Je ne sais pas s’ils se sont détendus après notre départ, mais je ne crois pas. Chacun vit sa vie dans sa tête, c’est souvent la vie des gens simples.

On reprend la rue Natarjapayar jusqu’à la rue  Mission et on rentre à l’appart.

Café, repos.

Véro  ne semble pas très contente de ses photos, mais elle pense qu’il y en aura quand même de bonnes.

Le temps est sombre et aujourd’hui ça ne s’est pas levé comme hier.

Je propose à Véro pour tester la moto de  retourner au petit temple du mariage à Irumbai. Je veux savoir comment elle se comporte sur l’autoroute, jusqu’à quelle vitesse elle va pouvoir aller.

On sort de Pondi par Jipmer et l’autoroute de Tindivanam.

Sans difficulté la moto monte jusqu’à 80 km/h, c’est largement suffisant pour ici et pour ce qu’on veut faire. Le moteur tourne rond, tout va bien. Si le problème de démarrage est réellement résolu on va pouvoir partir.

On s’arrête au temple, mais la lumière n’y est pas. On fait un tour regardons à nouveau les fresques qui nous font toujours penser aux demoiselles de Sigirya. Un prêtre passe dans la cour et ne nous dit rien.

On continue la route qui pénètre par le Nord à Auroville.

De l’autre côté du temple de magnifiques rizières sont en eau et des femmes sont en train de repiquer les plants de riz. On s’arrête mais vraisemblablement pour protéger les jeunes pousses des animaux et notamment des vaches toute la rizière est entourée d’épineux qui empêchent le passage. On ne peut donc pas s’approcher très près de ces travailleuses et travailleurs.
Trois ou quatre  hommes apportent des bottes de plants à repiquer et une vingtaine de  femmes les repiquent.

On poursuit notre route jusqu’au village d’Alankupam qu’on traverse parce que c’est un village qu’on connaît. Dans son prolongement le village de Annainagar qui a gardé son caractère de village tamoul avec encore beaucoup  de maisons en état. On le traverse et on suit une piste qui nous ramène sur l’autoroute. Comme on ne veut pas rentrer par l’autoroute on revient sur nos pas. On traverse à nouveau Annainagar et Véro me dit qu’il faudra revenir un jour de lumière car il y a quelque chose dans ce village.

Dans le village d’Alankupam on prend une piste, magnifique elle aussi, qui nous ramène par le Nord d’Auroville. On traverse en longeant le Matrimandir, on retrouve la route en passant près de la solar kitchen.

On coupe la route principale et on sort d’Auroville par une autre merveilleuse petite piste qui traverse une végétation magnifique.

On longe le terrain  d’aviation  et on entre dans Pondy par Kotakupam.

Passage chez Félix qui nous confirme qu’on peut aller se balader sans problème. Si on veut on passe demain pour qu’il nous donne une bougie neuve en dépannage pour le cas où. Il semble embêté par ce qui nous est arrivé et sûr de lui pour la moto. En fait il nous confirme ce que je sais c’est que cette moto ne roule que lorsque je m’en sers. Autrement dit ça faisait neuf mois qu’elle n’avait pas roulé et essuie tous les problèmes de la remise en route. On lui fait confiance.

Retour à l’appartement.

Une bière de mise en train pour Véro et ses photos et pour moi et le blog.

Dîner comme hier, ratatouille, riz, fromage, pain,  banane.

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