Les photos sont ici
Réveil vers 7h30 après une bonne
nuit.
Je vais au pain. Le ciel est
couvert mais l’air est plus léger ce matin, moins d’humidité.
Rue Montorsier je remarque un
auto-rickshaw complètement repeint avec des motifs de fleurs style années
babos. Un occidental le conduit et discute avec un indien qui promène une gros chien. Je ne sais pas ce
qu’ils se disent mais en passant j’entends seulement : « si vous
voulez je vous emmène ».
Le conducteur est
vraisemblablement quelqu’un qui a conduit un enfant au Lycée français.
Rue Laporte c’est un vrai
conducteur d’auto-rickshaw avec son auto-rickshaw qui attend le client.
Un clochard inhabituel est assis
sur le trottoir avec son baluchon dans cette partie de la rue Mission qui
croise la rue Savary rayalu.
Ce matin en amont de la rue
mission il y a beaucoup plus d’eau dans le petit canal. En aval je vois des enfants qui jouent
au bord.
C’est calme aussi près de la
cathédrale, une mendiante au portail du milieu et deux autres à la sortie de
droite par rapport à la rue.
Par contre grosse activité déjà chez
Ashok Landry, les fers à repasser sont déjà en action.
La femme aux joues rondes
est assise sur le trottoir, à droite juste avant la rue Ranga Pillai. Elle
semble hésitante à commencer sa journée.
Les marchands ambulants de
fraises trient les fraises sur leur chariot.
Les marchands ambulants de
bananes s’éloignent du Nilgiris et se mettent en route pour leur journée.
Pazamhudir est ouvert, c’est
encore l’heure des livraisons pas encore celle des premiers clients.
Un fouilleur de poubelle, plutôt
de tas d’ordure fouille avec un grand sac blanc en plastique posé sur son
épaule dans lequel il met ses trésors.
Autour des tas d’ordures il y a
les femmes en blouses roses de l’entreprise qui est chargé de la propreté de Pondy, il y a les fouilleurs
de poubelle qui essaient de passer avant que tout ne soit enlevé, il y a les
chiens qui volent et emportent dans leur
gueule ses sacs plastiques fermés dans lesquels ils espèrent trouver de la nourriture,
il y a les corbeaux qui fouillent eux aussi à grands coups de bec pour trouver quelques chose à se mettre dans le
bec. Et aussi mais je les vois moins souvent le matin, il y a les vaches et les
buffalos qui ne laissent pas leur part aux autres. L’autre jour une vache s’en
allait doucement un paquet en plastique pendu à son museau.
Finalement ici on ne se pose pas
trop le problème de l’enlèvement des ordures. Les habitants jettent dans la
rue, parfois d’un balcon, d’autres viennent vider des seaux sur des
emplacements réservés. Ce qui fait qu’au croisement de la rue Capitaine Marius
Xavier et de la rue Candappa, il y a un énorme tas d’ordures pour deux raisons
la première c’est que c’est un lieu habituel pour mettre ses ordures et la
deuxième c’est parce que la benne à ordures mises par l’entreprise chargée de
la propreté de Pondy s’est démantelée sous l’action de la rouille et qu’elle
fait partie maintenant du tas d’ordures à enlever.
Le bus de Sri Aurobindo Autocare
Service est garé et il n’y a personne dedans. Je ne vois personne non plus dans
le bureau qui pourtant est ouvert.
Deux hommes sont assis à côté du
Hot Breads, l’un téléphone, l’autre attend.
Je trouve qu’il y a de nombreux
consommateurs au CoolCat.
A l’intérieur de Hot Breads dans
la salle quelques consommateurs, ce matin ça va vite pour trancher et me faire
payer. Ce sont des têtes nouvelles me
semble-t-il comme si l’équipe avait changé.
Je ressors et reviens par le quai.
Beaucoup de trafic. Comme le quai
est en sens unique tous les véhicules me font face.
Beaucoup de véhicules à la
station service de l’Ashram.
La porte de la crèche de Saint
Louis de Gonzagues est entr’ouverte et je vois des jeunes filles balayer la
cour en tenue d’écolière.
Une personne est assise sur un siège
de l’arrêt de bus.
Un clochard un peu plus loin est
assis sur le trottoir. Il a sorti une bouteille d’eau et verse de l’eau dans un
récipient. Dans un sac plastique il y a
la nourriture qu’il s’apprête à manger.
Il est à l’angle de la rue du
Vicomte de Souillac juste en face du
nouveau débit de café et de thé, devant lequel deux femmes discutent.
Je ne vois pas mon albinos.
Les bassets rue Laporte se
promènent derrière les grilles qui les empêchent d’accéder à la rue.
Rue Surcouf la Renault Lodgy est
toujours garée à la même place.
Rue Candappa une femme arrose au
jet des plantes mises dans des pots.
On petit déjeune.
Véro fait des lessives qu’elle
veut étendre avant de démarrer la journée.
Quand tout est prêt on démarre la
moto, toujours avec appréhension. Mais elle démarre selon la nouvelle procédure
définie par le service qualité de Félix.
On va mettre de l’essence parce
que hier soir en rentrant de notre balade je me suis mis sur la réserve. Je prends
de l’essence la moins chère pour ne pas risquer de lui donner une essence trop
riche pour son âge.
On remonte toute la rue Sinna Subarayia Pillai jusqu’à la
rue Ranga Pillai ou je tourne à gauche
pour aller chez Selva le grossiste en
tout, pour la maison et pour tout le reste. Véro lui prend des sacs
poubelle.
On reprend Anna Salai et l’on va
chez Pothys. Ce matin c’est un peu reconstitution des stocks, comme ça on n’y
pense plus pendant un moment.
On vient poser le tout à
l’appart.
Puis on repart pour aller voir
notre ami Vijay qui n’a pas donné signe de vie depuis au moins une dizaine de
jours pour l’impression des cartes professionnelles de Véro. On ne sait même
pas s’il a reçu les fichiers.
C’est le genre de personnage
qu’il faut aller secouer. On arrive il joue aux cartes sur son ordinateur et
n’a rien fait pour Véro. Il s’excuse et dit qu’il va envoyer ce soir la
proposition. Je pense qu’il faudra y repasser en début de semaine prochaine.
C’est ainsi.
En revenant on s’arrête chez
Félix pour lui dire qu’on a l’intention de rouler dimanche et savoir s’il pense
que c’est possible avec la moto. Il n’est pas là, on repassera.
On revient à l’appart pour poser
la moto et pour que Véro prenne son appareil photo. On va déjeuner à pieds au Salem rue NatarajaPayar.
Ce restaurant est spécialiste du biryani
et fait parait-il le meilleur biryani de Pondy. Peu importe finalement on ne va
pas entrer dans une querelle de clocher.
C’est avant tout une magnifique
maison tamoul, tout en longueur et avec des puits de lumière qui viennent
apporter la lumière…
Quelques marches et un long
couloir qui dessert de chaque côté de petites pièces dans lesquelles on peut
manger entre amis ou en famille.
Puis le couloir débouche sur la
salle de restaurant. Ce n’est pas immense. Il y a de chaque côté deux tables
avec deux chaises collées au mur. On ne peut pas manger en tournant le dos à la
salle.
Une des tables est
perpendiculaire au couloir et l’autre est parallèle au couloir et
perpendiculaire à la première table.
Les murs bien entendus sont vides
de toutes décorations et ne présentent
au regard qu’une ancienne couleur verte et délavée. Au dessus de la porte qui
donne sur la salle il y a les portraits de Gandhi et de Nehru. Pas de Sri
Aubindo, pas de La Mère, on sait au moins qu’on est du même monde.
Dans cette salle des lampes
électrique viennent soutenir la lumière apportée par le puits. Quatre piliers ronds et ventrus, en bois marquent
l’arrivée de la lumière dans la salle. En face des tables perpendiculaires au couloir
il y a une table avec le caissier, et à
droite de l’autre côté du couloir qui se continue après la salle, un comptoir
qui sert à passer les plats et à remettre les biryanis commandés et à emporter. Take away pour les
initiés.
Sur la gauche de la salle contre
le mur deux éviers lavabos pour se laver les mains après manger.
Au delà de cette salle le couloir
se prolonge et dessert les cuisines et les toilettes.
Véro ne se pose pas de question et fonce dans les
cuisines ou des femmes oeuvrent. L’une d’elle nettoie d’énormes marmites dans
le couloir parce que la pièce cuisine est toute petite. Elle est pile sous la
lumière d’un autre puits de lumière qui éclaire cet espace au delà de la salle.
Dans la salle les tables sont
toutes occupées.
Je suis comme dans un rêve parce
que c’est comme si je n’étais pas là. Véro a disparu dans les cuisines sans que
personne ne lui dise rien. Et moi qui suit bien là personne ne me dit rien non
plus ni ne me demande ce que je veux. En fait je crois que tout le monde est
étonné de notre présence incongrue.
Je me dis qu’il faut faire
quelque chose. Je vais vers la table du caissier et je lui dis qu’on veut
manger du biryani.
Il explique aux autres en Tamoul,
pourquoi on vient et un vieux serviteur tout en blanc fait dégager une table dans
la salle. Puis il se ravise et me propose de nous mettre dans une des pièces
tranquilles de l’entrée.
Je sens qu’ils veulent tous faire
pour le mieux pour nous, mais tout en ne sachant pas vraiment ce qu’il faut
faire.
Véro arrive et dit qu’elle veut
manger dans la salle.
On s’installe donc côte à côte sur
la première table à gauche en entrant, perpendiculaire au couloir d’accès et en
face du caissier.
Là commence le rituel d’un
restaurant normal. Le pépé en blanc nous demande ce qu’on veut le choix est
limité mais quand même, biryani de poulet ou biryani de mouton. Moi je prends
poulet, Véro mouton.
La commande est enregistrée au
comptoir. Il revient pour nous mettre un verre d’eau ici pas de bouteille d’eau
minérale, et nos feuilles de banane qui vont servir d’assiette.
Dès qu’il voit qu’on verse de
l’eau de notre verre en métal sur la feuille et qu’on la nettoie avec nos
doigts, il comprend qu’on sait ce qu’on vient manger ici et il est soulagé et
ils sont certainement tous soulagés.
Il met un peu de raïta sur la
feuille pendant que Véro est repartie en cuisine pour d’autres photos.
Puis il apporte avec une même
gamelle le biryani de poulet et le biryani de mouton, bien séparé en deux
portions. Il nous donne dans un petit récipient métallique la sauce qui va
avec.
Je lui demande deux cuillères,
bien qu’ici tout, l’ambiance, le décor, le produit lui-même nous invite à
manger avec les doigts. Alors je fais moitié moitié. Le poulet et la raïta avec
les doigts et le riz avec la cuillère.
C’est bon, l’homme en blanc
veille avec beaucoup de gentillesse, à ce qu’on ait bien de tout et propose de
nous servir à nouveau en viande ou en raïta. Pour le riz il y a la dose.
Une fois qu’on a tout mangé on
referme notre feuille de banane pour signifier que c’est fini. Un homme arrive
avec deux seaux un pour la vaisselle, l’autre pour les restes et la feuille de
banane.
Véro repart faire des photos. Je
m’installe comme j’ai vu les Indiens faire, en travers de la chaise un bras sur
la table l’autre sur le dossier et comme
eux je regarde ce qui se passe dans la salle sans que personne ne dise rien. Il y a un seul client
qui mange, les autres sont des gens du restaurant. Chacun est à sa place sans
bouger, le caissier derrière sa caisse, le passeur de plats derrière son
comptoir, le pépé en blanc debout près de moi mais juste de l’autre côté du
couloir, le ramasseur de plat et de restes, assis lui aussi attendant que
l’autre client ait fini. On est dans une pièce de théâtre où chaque acteur est
figé dans son rôle et attend ce qu’il va advenir.
Derrière le caissier je vois
apparaître un homme âgé en blanc lui aussi, et je devine derrière un escalier
qui doit donner à l’étage.
Véro a fait le plein de photos on
s’en va en saluant tout le monde et en les remerciant, toujours silence de
rigueur. Je ne sais pas s’ils se sont détendus après notre départ, mais je ne
crois pas. Chacun vit sa vie dans sa tête, c’est souvent la vie des gens
simples.
On reprend la rue Natarjapayar
jusqu’à la rue Mission et on rentre à
l’appart.
Café, repos.
Véro ne semble pas très contente de ses photos,
mais elle pense qu’il y en aura quand même de bonnes.
Le temps est sombre et
aujourd’hui ça ne s’est pas levé comme hier.
Je propose à Véro pour tester la
moto de retourner au petit temple du mariage
à Irumbai. Je veux savoir comment elle se comporte sur l’autoroute, jusqu’à
quelle vitesse elle va pouvoir aller.
On sort de Pondi par Jipmer et
l’autoroute de Tindivanam.
Sans difficulté la moto monte
jusqu’à 80 km/h, c’est largement suffisant pour ici et pour ce qu’on veut
faire. Le moteur tourne rond, tout va bien. Si le problème de démarrage est réellement
résolu on va pouvoir partir.
On s’arrête au temple, mais la
lumière n’y est pas. On fait un tour regardons à nouveau les fresques qui nous
font toujours penser aux demoiselles de Sigirya. Un prêtre passe dans la cour
et ne nous dit rien.
On continue la route qui pénètre
par le Nord à Auroville.
De l’autre côté du temple de
magnifiques rizières sont en eau et des femmes sont en train de repiquer les
plants de riz. On s’arrête mais vraisemblablement pour protéger les jeunes
pousses des animaux et notamment des vaches toute la rizière est entourée
d’épineux qui empêchent le passage. On ne peut donc pas s’approcher très près
de ces travailleuses et travailleurs.
Trois ou quatre hommes apportent des bottes de plants à repiquer
et une vingtaine de femmes les
repiquent.
On poursuit notre route jusqu’au
village d’Alankupam qu’on traverse parce que c’est un village qu’on connaît.
Dans son prolongement le village de Annainagar qui a gardé son caractère de
village tamoul avec encore beaucoup de
maisons en état. On le traverse et on suit une piste qui nous ramène sur
l’autoroute. Comme on ne veut pas rentrer par l’autoroute on revient sur nos
pas. On traverse à nouveau Annainagar et Véro me dit qu’il faudra revenir un
jour de lumière car il y a quelque chose dans ce village.
Dans le village d’Alankupam on
prend une piste, magnifique elle aussi, qui nous ramène par le Nord d’Auroville.
On traverse en longeant le Matrimandir, on retrouve la route en passant près de
la solar kitchen.
On coupe la route principale et
on sort d’Auroville par une autre merveilleuse petite piste qui traverse une
végétation magnifique.
On longe le terrain d’aviation
et on entre dans Pondy par Kotakupam.
Passage chez Félix qui nous
confirme qu’on peut aller se balader sans problème. Si on veut on passe demain
pour qu’il nous donne une bougie neuve en dépannage pour le cas où. Il semble embêté
par ce qui nous est arrivé et sûr de lui pour la moto. En fait il nous confirme
ce que je sais c’est que cette moto ne roule que lorsque je m’en sers.
Autrement dit ça faisait neuf mois qu’elle n’avait pas roulé et essuie tous les
problèmes de la remise en route. On lui fait confiance.
Retour à l’appartement.
Une bière de mise en train pour
Véro et ses photos et pour moi et le blog.
Dîner comme hier, ratatouille,
riz, fromage, pain, banane.
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