Les photos sont ici
Lever 8h30
Véro a bien dormi et va mieux.
Je vais au pain. Le ciel est noir
sur l’océan.
Le petit marchand de lait n’est
plus sur son trottoir, il est tard.
La rue Mission est calme.
Devant l’évêché est stationnée
une énorme voiture avec sur le capot un fanion rigide du BJP. C’est le parti
nationaliste et hindouiste du premier ministre Modi. Je ne vois pas un membre
du BJP aller à la messe. Mais on ne sait jamais, l’histoire nous montre que
souvent ces gens ont besoin d’une minorité pour taper sur une autre et les
exterminer toutes à la fin.
Depuis son arrivée au pouvoir on a l’impression que tous
les temples hindous ont trouvé de l’argent pour se redonner une meilleure
image. On l’a vu à Trichy. D’autres comme à Madurai se prennent tout à
coup au sérieux aux dépends des
touristes et des commerces. A Alankuppam petit village en bordure d’Auroville
deux nouveaux temples sont en construction. Le pouvoir sur les esprits est
redonné aux religieux, c’est la paix sociale assurée à défaut d’une politique
sociale.
Trois mendiantes devant la
cathédrale, le commerce de noix de cocos est fermé ce dimanche, ainsi qu’Ashok
Landry, en fait presque tout est fermé.
Sur le trottoir de gauche de la
rue Ranga Pillai une femme en sari jaune et avec un sac en tissu jaune est
assise sur le trottoir. Je n’arrive pas à savoir si c’est la femme aux joues
rondes que je vois habituellement.
Après la rue Canteen chaque côté
de la rue est envahi par des voitures en stationnement et ce jusque sur le
quai. C’est impressionnant on se croirait dans le centre d’une ville française.
Sur les marches du magasin avant
le Hot Breads une vieille femme est allongée perpendiculairement aux marches.
Elle essaye de poser sa tête sur la plus haute marche en se servant de la paume
de sa main comme oreiller, comme pour chercher le sommeil en douceur.
La salle du Hot Breads est
remplie de consommateurs pour le petit déjeuner.
Au comptoir il y a la caissière
indienne, qui sert des parts de gâteau au chocolat. L’homme qui tranche mon
pain me fait régler.
Je ressors.
La vieille femme est assise avec
une autre plus jeune et un jeune enfant, leurs sacs et baluchons autour
d’elles.
Il commence à pleuvoir et petit à
petit la pluie s’intensifie.
La femme qui dort près de la station
service, elle s’est mise un bout de bâche sur la tête et essaye de ranger ses
affaires.
Les motards s’arrêtent à l’arrêt
de bus pour se mettre à l’abri sur les sièges.
Je tourne rue Saint Ange pour
profiter de l’abri des arbres et des balcons.
Rapidement toute la circulation
des deux roues s’interrompt.
Je marche vite mais il commence à
pleuvoir beaucoup et je suis le seul à avancer sous la pluie. Les gens se sont
arrêtés sous les avancés de balcon. Les mieux placés sont les clochards qui y
ont passé la nuit et qui sont un peu comme chez eux.
Je sais que ça ne va pas durer,
mais je n’ai pas envie de m’arrêter. Ça me rappelle une descente à moto de Kodaïkanal et puis c’est agréable de marcher sous la
pluie, c’est une chose qui ne nous arrive plus très souvent.
J’arrive trempé, Bretagne à
Pondy, normal l’océan est tout proche.
On petit déjeune et on traîne.
Il est trop tard pour envisager une grande sortie.
Véro ne va pas très fort malgré
tout, on décide de terminer la matinée à l’appart et on va déjeuner au Suguru.
C’est le jour où ils n’ont pas ce
que l’on commande, c’est sur la carte
mais ce n’est pas en cuisine. On finit par se rabattre sur un pepper roast
massala mais il n’y a plus de massala
alors ils vont le remplacer par autre chose. C’est dimanche le cuisinier ne
travaille peut-être pas le dimanche.
On revient prendre un café, se
reposer, et prendre un autre café.
Comme Véro n’avait pas la frite
hier soir pour se taper la nuit de pleine lune
à Tiruvakarai, on décide d’y aller cet après midi il restera bien
quelque chose de la fête de la nuit.
C’est à une trentaine de
kilomètre de Pondy.
Véro n’est toujours pas très en
forme mais elle préfère faire quelque chose que de rester ici pour une journée neutralisée.
Je prends la route du lac
Ousteri.
Le lac est tellement plein qu’il
est presque à hauteur de la route. C’est impressionnant, c’est la première fois
qu’on le voit comme ça.
Plus loin le canal qui l’alimente
est aussi près de déborder.
Ensuite on retrouve facilement la
route. Rien n’est noté, ces routes n’existent pas sur les cartes, il faut que
je les mémorise soit grâce à
l’expérience passé, soit grâce à google map.
En effet il y a du monde à
Tiruvakarai, des bus, des voitures, des motos. La tenue de rigueur est le rouge
et le jaune. Véro est en rouge on est sauvé. Non en fait ce ne sont que les
pèlerins qui sont dans ces couleurs, après c’est toute la palette des couleurs
pour les saris qui déambulent dans le
temple.
On ne nous empêche pas d’entrer
et de faire des photos sauf dans leur lieu saint mais de toute façon on ne veut
pas y aller.
A l’extérieur, dans les rues qui
accèdent au temple, c’est Lourdes sauf que là ce sont surtout des offrandes qui
sont vendues et notamment des citrons. Siva adore qu’on pique des citrons sur
son trident. Il y a aussi des colliers
de citrons que les croyants font bénir et ramène sur eux ou accrochés sur le
capot de la voiture. Rien de tel qu’un collier de citrons pour éviter les
accidents. Ce ne sont pas des citrons type Menton, ce sont des citrons boules de
ping pong, ce qui explique les colliers.
A l’intérieur dans les cours qui
entourent le saint du saint, d’autres autels sont élevés avec des statues de
divinité de couleur noire, dont Ganesh
et Siva. Le jeu aujourd’hui c’est de
leur jeter de la poudre jaune et rouge. Ces poudres différentes se posent
sur les bras, les jambes et soulignent
ainsi le relief de la statuaire. C’est assez réussi.
Des gourous proposent des bénédictions
au citron. Ils passent un citron sur la tête des hommes, des femmes, des
enfants, frottent leurs épaules et leurs
bras et leurs jambes et ensuite le béni
écrase le citron de son pied droit. Ça marche si l’on
peut dire pour tout.
D’autres dévots accrochent les
citrons au trident de Siva mais évidemment au bout d’un moment il n’y a plus de place. Une sorte d’idiot du
village enlève les derniers citrons et les jette au sol pour faire de la place.
Ça marche aussi.
Des pèlerins attachent avec une
ficelle des vœux notés sur un papier sur les statues ou autres objets destinés
à cet usage. C’est pour demander un bébé, ou de pouvoir décrocher à une
addiction comme l’alcool. Ça marche mais pas à tous les coups.
Pour les bébés on peut aussi demander
à Nandi la vache véhicule de Siva, il
suffit de lui parler doucement à l’oreille et de lui dire ce qu’on veut. Pas de
crainte, c’est une statue, ce n’est pas
une vraie vache. Je ne sais pas si ça marche vraiment, mais ce que je vois
beaucoup ce sont des couples avec des femmes minces et des hommes au ventre
proéminent. Ça interroge ?
Enfin avant de passer à Siva lui
même il y a les diseurs de bonne
aventure. Ils ont une cage dans laquelle
se tient une perruche. Dès qu’un client, une cliente, une famille,
arrivent la perruche tire des cartes que le voyant interprète.
C’est un défilé perpétuel de gens qui passent devant ces attractions
obligatoires et puis cassent une petite
croûte à même le sol. Certains jettent dans des poubelles destinées à
cet effet les reliefs de leur repas, d’autres laissent traîner sur le sol à
l’indienne, mais des préposées passent et nettoient derrière eux. Pas peur des
petits boulots.
La lumière n’est pas de la partie
aujourd’hui, le ciel est couvert depuis ce matin avec quelques éclaircies.
Vers 17h le temps se noircit et
on décide de rentrer.
On ne prend pas la même route.
Je passe par la forêt de bois pétrifié
mais on ne s’y arrête pas et je reviens par Villianur ce qui est plus simple
dans Pondy pour arriver chez nous. Il y a beaucoup de circulation c’est
normal un dimanche soir les retours mais
aussi les allers car ici tout le monde se fout du Week End.
Gros embouteillage devant
l’entrée de la foire aux fleurs du botanical
garden parce qu’ils ont fait l’entrée principale en face de la nouvelle
gare des bus.
Retour à l’appart. La moto a bien
marché, aucun problème sauf un calage inexplicable à Indira Gandhi Statue, mais
elle est repartie aussitôt.
Véro a envie de tenter un petit
Whisky pour se sortir de sa nausée qui
dure toujours.
Ça semble assez efficace en médicament il faudra en parler à la
commission d’autorisation de mise sur le marché si le lobby est aussi puissant que celui des
labos ça devrait marcher, bien qu’en France ce serait mieux si c’était du vin.
Ce soir encore je me fais ma
soupe de vermicelles chinois car Véro n’a toujours pas le courage de préparer
de la bouffe ni de manger. Comme c’est la deuxième fois que je la fais, c’est
la même qu’hier soir, je trouve que je l’ai
mieux réussie.
Véro prend quand même un peu de salade de fruits
avec moi.
Ce soir encore, courte soirée.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Faites nous un petit coucou ici ! N'oubliez pas de mettre votre nom ...