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dimanche 24 janvier 2016

Dimanche de pleine lune à Tiruvakarrai


Les photos sont ici

Lever 8h30

Véro a bien dormi et va mieux.
Je vais au pain. Le ciel est noir sur l’océan.

Le petit marchand de lait n’est plus sur son trottoir, il est tard.

La rue Mission est calme.

Devant l’évêché est stationnée une énorme voiture avec sur le capot un fanion rigide du BJP. C’est le parti nationaliste et hindouiste du premier ministre Modi. Je ne vois pas un membre du BJP aller à la messe. Mais on ne sait jamais, l’histoire nous montre que souvent ces gens ont besoin d’une minorité pour taper sur une autre et les exterminer toutes à la fin.
Depuis son  arrivée au pouvoir on a l’impression que tous les temples hindous ont trouvé de l’argent pour se redonner une meilleure image. On l’a vu à Trichy. D’autres comme à Madurai se prennent tout à coup  au sérieux aux dépends des touristes et des commerces. A Alankuppam petit village en bordure d’Auroville deux nouveaux temples sont en construction. Le pouvoir sur les esprits est redonné aux religieux, c’est la paix sociale assurée à défaut d’une politique sociale.

Trois mendiantes devant la cathédrale, le commerce de noix de cocos est fermé ce dimanche, ainsi qu’Ashok Landry, en fait presque tout est fermé.

Sur le trottoir de gauche de la rue Ranga Pillai une femme en sari jaune et avec un sac en tissu jaune est assise sur le trottoir. Je n’arrive pas à savoir si c’est la femme aux joues rondes que je vois habituellement.

Après la rue Canteen chaque côté de la rue est envahi par des voitures en stationnement et ce jusque sur le quai. C’est impressionnant on se croirait dans le centre d’une ville française.

Sur les marches du magasin avant le Hot Breads une vieille femme est allongée perpendiculairement aux marches. Elle essaye de poser sa tête sur la plus haute marche en se servant de la paume de sa main comme oreiller, comme pour chercher le sommeil en douceur.

La salle du Hot Breads est remplie de consommateurs pour le petit déjeuner.

Au comptoir il y a la caissière indienne, qui sert des parts de gâteau au chocolat. L’homme qui tranche mon pain me fait régler.

Je ressors.

La vieille femme est assise avec une autre plus jeune et un jeune enfant, leurs sacs et baluchons autour d’elles.

Il commence à pleuvoir et petit à petit la pluie s’intensifie.

La femme qui dort près de la station service, elle s’est mise un bout de bâche sur la tête et essaye de ranger ses affaires.

Les motards s’arrêtent à l’arrêt de bus pour se mettre à l’abri sur les sièges.

Je tourne rue Saint Ange pour profiter de l’abri des arbres et des balcons.
Rapidement toute la circulation des deux roues s’interrompt.

Je marche vite mais il commence à pleuvoir beaucoup et je suis le seul à avancer sous la pluie. Les gens se sont arrêtés sous les avancés de balcon. Les mieux placés sont les clochards qui y ont passé la nuit et qui sont un peu comme chez eux.

Je sais que ça ne va pas durer, mais je n’ai pas envie de m’arrêter. Ça me rappelle une descente à  moto de Kodaïkanal  et puis c’est agréable de marcher sous la pluie, c’est une chose qui ne nous arrive plus très souvent.

J’arrive trempé, Bretagne à Pondy, normal l’océan est tout proche.

On petit déjeune et on traîne.

Il est trop tard  pour envisager une grande sortie.

Véro ne va pas très fort malgré tout, on décide de terminer la matinée à l’appart et on va déjeuner au Suguru.

C’est le jour où ils n’ont pas ce que l’on commande, c’est sur  la carte mais ce n’est pas en cuisine. On finit par se rabattre sur un pepper roast massala mais il n’y a plus  de massala alors ils vont le remplacer par autre chose. C’est dimanche le cuisinier ne travaille peut-être pas le dimanche.

On revient prendre un café, se reposer, et prendre un autre café.

Comme Véro n’avait pas la frite hier soir pour se taper la nuit de pleine lune  à Tiruvakarai, on décide d’y aller cet après midi il restera bien quelque chose de la fête de la  nuit.

C’est à une trentaine de kilomètre de Pondy.

Véro n’est toujours pas très en forme mais elle préfère faire quelque chose que de rester ici pour une  journée neutralisée.

Je prends la route du lac Ousteri.

Le lac est tellement plein qu’il est presque à hauteur de la route. C’est impressionnant, c’est la première fois qu’on le voit comme ça.
Plus loin le canal qui l’alimente est aussi près de déborder.

Ensuite on retrouve facilement la route. Rien n’est noté, ces routes n’existent pas sur les cartes, il faut que je les mémorise soit grâce à  l’expérience passé, soit grâce à  google map.

En effet il y a du monde à Tiruvakarai, des bus, des voitures, des motos. La tenue de rigueur est le rouge et le jaune. Véro est en rouge on est sauvé. Non en fait ce ne sont que les pèlerins qui sont dans ces couleurs, après c’est toute la palette des couleurs pour les saris qui  déambulent dans le temple.

On ne nous empêche pas d’entrer et de faire des photos sauf dans leur lieu saint mais de toute façon on ne veut pas y aller.

A l’extérieur, dans les rues qui accèdent au temple, c’est Lourdes sauf que là ce sont surtout des offrandes qui sont vendues et notamment des citrons. Siva adore qu’on pique des citrons sur son trident. Il y a  aussi des colliers de citrons que les croyants font bénir et ramène sur eux ou accrochés sur le capot de la voiture. Rien de tel qu’un collier de citrons pour éviter les accidents. Ce ne sont pas des citrons type Menton, ce sont des citrons boules de ping pong, ce qui explique les colliers.

A l’intérieur dans les cours qui entourent le saint du saint, d’autres autels sont élevés avec des statues de divinité de couleur noire,  dont Ganesh et Siva. Le jeu aujourd’hui  c’est de leur jeter de la poudre jaune et rouge. Ces poudres différentes se posent sur  les bras, les jambes et soulignent ainsi le relief de la statuaire. C’est assez réussi.

Des gourous proposent des bénédictions au citron. Ils passent un citron sur la tête des hommes, des femmes, des enfants, frottent leurs  épaules et leurs bras et leurs jambes et  ensuite le béni écrase le citron de son pied droit. Ça marche si  l’on  peut dire pour tout.

D’autres dévots accrochent les citrons au trident de Siva mais évidemment au bout d’un moment  il n’y a plus de place. Une sorte d’idiot du village enlève les derniers citrons et les jette au sol pour faire de la place. Ça marche aussi.

Des pèlerins attachent avec une ficelle des vœux notés sur un papier sur les statues ou autres objets destinés à cet usage. C’est pour demander un bébé, ou de pouvoir décrocher à une addiction comme l’alcool. Ça marche mais pas à tous les coups.

Pour les bébés on peut aussi demander à Nandi la vache  véhicule de Siva, il suffit de lui parler doucement à l’oreille et de lui dire ce qu’on veut. Pas de crainte, c’est une statue, ce n’est  pas une vraie vache. Je ne sais pas si ça marche vraiment, mais ce que je vois beaucoup ce sont des couples avec des femmes minces et des hommes au ventre proéminent. Ça interroge ?

Enfin avant de passer à Siva lui même  il y a les diseurs de bonne aventure. Ils ont une cage dans laquelle  se tient une perruche. Dès qu’un client, une cliente, une famille, arrivent la perruche tire des cartes que le voyant interprète.

C’est un défilé perpétuel  de gens qui passent devant ces attractions obligatoires et puis cassent une petite  croûte à même le sol. Certains jettent dans des poubelles destinées à cet effet les reliefs de leur repas, d’autres laissent traîner sur le sol à l’indienne, mais des préposées passent et nettoient derrière eux. Pas peur des petits boulots.

La lumière n’est pas de la partie aujourd’hui, le ciel  est couvert  depuis ce matin avec quelques  éclaircies.
Vers 17h le temps se noircit et on décide de rentrer.

On ne prend pas la même route. Je  passe par la forêt de bois pétrifié mais on ne s’y arrête pas et je reviens par Villianur ce qui est plus simple dans Pondy pour arriver chez nous. Il y a beaucoup de circulation c’est normal  un dimanche soir les retours mais aussi les allers car ici tout le monde se fout du Week End.

Gros embouteillage devant l’entrée de la foire aux fleurs du botanical  garden parce qu’ils ont fait l’entrée principale en face de la nouvelle gare des bus.

Retour à l’appart. La moto a bien marché, aucun problème sauf un calage inexplicable à Indira Gandhi Statue, mais elle est repartie aussitôt.

Véro a envie de tenter un petit Whisky pour se sortir de sa nausée qui  dure toujours.
Ça semble assez efficace  en médicament il faudra en parler à la commission d’autorisation de mise sur le marché si  le lobby est aussi puissant que celui des labos ça devrait marcher, bien qu’en France ce serait mieux si c’était du vin.

Ce soir encore je me fais ma soupe de vermicelles chinois car Véro n’a toujours pas le courage de préparer de la bouffe ni de manger. Comme c’est la deuxième fois que je la fais, c’est la même qu’hier soir, je trouve que je l’ai  mieux réussie.

Véro  prend quand même un peu de salade de fruits avec moi.

Ce soir encore, courte soirée.

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