Les photos sont ici
On se réveille vers 7h bien qu’on s’était dit hier au soir
pas d’obligation avant 11h.
On a pris le rythme du jour ici.
Je vais au pain.
On a désormais de l’air frais le matin, quand je dis frais
ce doit-être 22 ou 23 degré mais c’est quand même agréable.
Le marchand de lait tient son bout de trottoir, une femme en
sari mauve est en train de lui acheter un sachet, tandis qu’une femme toute en
blanc, tongs y comprises, passe, peut-être une veuve ?
Rue Petit Canal la chienne aboie après je ne sais qui, il
n’y a pas ses chiots, ces aboiements et cette absence sont peut être liés,
c’est ce que je pense. Plus loin trois chien allongés sur le trottoir ne
bougent pas. Il y a peut-être le père parmi eux.
La vieille en loques s’activent toujours à fouiller dans un
sac immonde. Une autre femme est assise au bord du canal et reprend contact
avec la réalité après sa nuit de sommeil.
Plus personne à l’angle de la rue Sainte Thérèse.
La messe du dimanche déborde sur la rue. Des gens entrent et
sortent de la cathédrale comme s’il n’y avait pas d’horaire ou pas lieu
d’arriver au début ou d’attendre la fin.
Les mendiantes sont posées sur les marches en attente de la
fin de l’office.
Les marchands ambulants de bananes entourent toujours le Nilgiris.
Rue Ranga Pillai est devenue une rue de stationnement de
voitures ce matin. Il y a des voitures dont les plaques d’immatriculation
montrent qu’elles viennent du Kerala.
A côté du Hot Breads toujours la femme au visage rond pris
dans son fichu, qui me regarde passer, ce matin auprès d’elle, deux autres
corps endormis.
Personne pour le petit déjeuner, toute la salle est vide.
Par contre au comptoir il y a foule de personnel de guest house qui viennent
chercher le pain et les viennoiseries. Ils emportent d’énorme sacs.
La petite caissière est là vêtue de rouge avec une tresse de
fleurs de jasmin prise dans la tresse de ses cheveux noirs.
Celui qui remplit les sacs annonce ce qu’il met et la
caissière lui répond et comme tout est en tamil ça a la monotonie des répons d’une
cérémonie.
Je paie et j’attends pour le tranchage. Lorsque c’est enfin
prêt le responsable s’excuse pour l’attente. Ça me surprend un peu parce que ce
n’est pas très différent de l’attente habituelle.
Je ressors.
La femme au visage rond n’est plus là, mais les deux autres
corps sont toujours endormis, emballés dans un tissu, malgré l’activité de la
rue.
Là aussi sur ce quai il y a tout une file de voitures
stationnées jusqu’à la station service.
Je croise un rickshaw qui emmène une femme au marché
Goubert. Souvent les femmes indiennes utilisent ce moyen de transport. Ce sont
souvent de vieilles femmes, celle-ci n’est pas très âgée. Elles se tiennent très
droite, jamais elles ne s’adossent contre le dossier.
On déjeune tous ensemble.
Puis on prend notre temps car il est tôt et nous avons
rendez vous à 11h sur MG Road pas très loin de chez nous.
Le barge au téléphone fait une nouvelle tentative. Vero a changé la sonnerie et ainsi on laisse sonner.
Puis le voisin qui nous aide sur cette affaire passe pour
voir où on en est. Il dit que tant qu’il n’y a pas de menace précise il ne peut
rien faire.
C’est difficile à dire parce que si on lui parle anglais il
répond en tamil et si on ne dit rien, il ne dit rien.
On part pour notre rendez vous.
Tout le monde se retrouve et on y va. L’orphelinat n’est pas
très loin sur le bord de la rivière qui se jette dans l’océan Indien au niveau
du boating. Lieu de villégiature pour les Pondichériens et les touristes
indiens où l’on peut prendre une embarcation pour faire un tour sur
l’embouchure.
On pénètre dans une structure fermée, pas très grande pour
accueillir 140 garçons de 4ans à 22ans.
On visite les cuisines, puis une salle de cours qui sert
aussi au plus grand de dortoir.
A l’étage un dortoir aménagé avec une caméra de surveillance
pour s’assurer que tout se passe bien et au-dessus une terrasse qui sert à
faire sécher le linge. De là on a une très belle vue sur l’ensemble de
l’embouchure et sur un autre bâtiment de l’autre côté de la rue qui sera une
extension et servira à loger les âgés.
On redescend et on va dans un autre bâtiment qui abrite la
salle de musique toutes sortes d’instruments sont là guitares, violons, cithares,
percutions et des flûtes indiennes. Des enfants jouent autour d’un professeur
au clavier.
Dans la cour une sorte de hall au toit en plaques ondulés de
fibrociment abrite 5 salles de classes côte à côte, séparées par une simple
cloison.
Dans un autre bâtiment il y a l’ateliers qui permet
d’apprendre différentes techniques comme le bois, la reliure... Tout est
parfaitement bien rangé et c’est ce qui nous étonne le plus. Il y a aussi une
machine à faire des pops corn. Un poulailler jouxte ce bâtiment.
Il y a aussi à l’étage une volière avec plusieurs sortes
d’oiseaux dont les enfants s’occupent.
Tout ceci tient dans un espace assez restreint mais bien
organisé.
L’ambition poursuivie pour ces enfants orphelins ou issus de
familles pauvres est de donner, un bon niveau d’étude aux meilleurs en fonction de leurs capacités, une
éducation artistique, l’acquisition d’un métier, afin de lâcher dans la vie
indienne une personne capable de se débrouiller.
Puis on quitte cette
endroit pour aller voir l’orphelinat des filles. C’est un peu plus loin sur
l’axe Pondicherry Cuddalore, on prend une petite route au niveau de Tavalakupam.
C’est tout de suite la merveilleuse campagne indienne.
Sur la route des paysans ont étendu leur moisson d’épis de
riz pour que les véhicules passant dessus séparent les grains de la paille. À
moto c’est un petit peu acrobatique car ça glisse.
On arrive dans un village aux maisons magnifiques, certaines
nous rappellent celles du Chettinad par leur architecture.
C’est dans une très belle maison d’architecture tamoule que
nous entrons en franchissant un portail cadenassé, puis une grille elle aussi
cadenassée.
Cette maison sert aussi pour la poste locale.
On franchit des portes et on arrive dans une sorte de patio,
bordé de colonnes supportant une toiture ouverte couverte d’un empilement de tuiles canal en terre.
Toutes les pensionnaires sont réunies dans cet espace qui
entoure la cour à ciel ouvert.
On poursuit notre visite dans un bâtiment joint au patio et
qui sert de cuisine. Puis à l’arrière il y a un espace et un autre en construction
dont le rez-de-chaussée sert d’atelier de couture. Au delà encore un jardin de
bananiers, de manguiers et de papayers.
Le calme de la campagne, c’est sûr qu’on est loin de Pondy
bien qu’on ne soit qu’à une quinzaine de kilomètres.
On mange là assis autour d’une table. Un thali simple nous
est servi.
Les pensionnaires nous interprètent des morceaux de musique
avec violons, cithares et percutions.
Ensuite elles nous présentent des danses style mixte baratanatyam.
On revient à l’appart en allant d’abord acheter une théière
en effet ce matin en essuyant la nôtre le fond m’est resté dans la main.
W&D arrivent on boit une bière.
Massage pour W.
On va dîner et on rentre.
Bonjour à tous les deux. Super reportage intéressant sur cet orphelinat.
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