Ce matin on se laisse lever par
notre seule volonté, c’est à dire vers 8h.
Je vais au pain.
Rue Mission un groupe de familles
est en attente avec enfants dans les bras devant la porte encore fermée de la
consultation du pédiatre local.
Le marchand de lait est parti.
Le conducteur d’auto-rickshaw est
assis dans son véhicule au croisement de la rue Laporte et attend le client.
C’est le flux habituel des
livreurs d’enfants aux écoles de la rue.
Une seule mendiante devant le
portail de la cathédrale. Je me demande réellement ce qui se passe parce que je
n’ai jamais vu ça les années précédentes.
La marchande de noix de cocos est
absente.
En face, à côté du Surguru il y a
un chantier et les ouvriers et ouvrières se sont arrêtés de travailler pour
casser la croûte. Il y a un petit enfant avec eux et j’ai le sentiment que
c’est peut-être une famille qui travaille au chantier.
Une énorme bouse est revenue rue
Ranga Pillai, ça me fait penser qu’hier sur le quai un chien cherchait sa
nourriture dans une autre bouse.
Des occidentaux prennent leur
petit déjeuner au Cool Cat.
Pas grand monde installé au Hot
Breads. C’est la nouvelle caissière qui est derrière la caisse, elle doit
remplacer la précédente. Elle porte un sari vert, on voit les colliers en or
autour de son cou dont un qui signifie qu’elle est mariée.
Comme elle commence à me
reconnaître elle me fait régler tout de suite au grand étonnement d’un occidental
qui attend près de moi. C’est ainsi, il faudra qu’il s’y fasse, j’ai appris en
5 ans que l’ordre prioritaire était quelque chose qu’il ne fallait surtout pas
chercher à comprendre ici sinon on se fâche.
Je reviens par le quai. Je
réalise que son nom quai d’Ambour est du certainement à la direction de la rue
car comme le quai de l’autre côté du canal quai Cingy ces deux quais du canal
portent des noms qui vont dans la direction de ces deux villes. Mais avec le
sens unique de chaque côté le quai de Cingy est toujours orienté dans la bonne
direction par rapport à Cingy, alors que le quai d’Ambour voit passer une
circulation qui va dans le sens opposé à Ambour.
Je sais ce n’est pas terrible
comme information, mais je ne suis levé que depuis un petit quart d’heure et je
suis toujours très long à me mettre mentalement en route.
J’ai lu hier une information qui
disait que le Cottage Industrie devant lequel je passe tous les matins serait
une fabrique de bougies et de bâtons d’encens. Je ne sais si c’est toujours le cas
parce qu’ici il faut toujours se méfier des informations qui datent parfois un
peu.
La dormeuse de la station service
est partie
Il y a une foule de scoots et de
motos à la station service de l’Ashram on dirait une manif.
Sur les sièges de l’arrêt de bus
un homme et une femme discutent comme s’ils étaient de vieux potes.
Il y a ce matin beaucoup de
Tempos qui déversent leur cargaison au niveau de la rue Saint Ange. A ce niveau
la plupart du temps le tempo se vide, aujourd’hui une femme monte.
Le tempo c’est un vrai mystère
pour savoir où il va. A mon avis il faut être de la ville. Le matin il a la
même fonction que les auto-rickshaw pour les élèves. Il apporte son lot de
travailleurs journaliers.
Un auto-rickshaw offre trois
places aux voyageurs en se serrant un peu, mais on y met facilement 15 enfants
avec les cartables qui débordent sur le côté. Dans un tempo on doit mettre
facilement 15 adultes pour une dizaine de places. C’est ainsi et personne n’a
l’air de se plaindre.
Il n’y a pas l’albinos ce matin.
C’est peut-être fini, disparu ?
Rue Capitaine Marius Xavier la
porte de la belle maison est ouverte. J’aime bien cette maison et je suis
heureux de pouvoir en apercevoir l’intérieur. Pour l’instant elle résiste aux
constructions neuves, bien qu’elle soit cernée.
On prend le petit déjeuner et on
laisse le temps s’écouler entre vaisselle, lessive, ordi, peinture.
Vers 10h on descend et l’on voit
Abel qui se rend chez SITA. On discute un moment.
On prend la moto direction le
photographe à côté de Pothys.
Pendant que je cherche à garer la
moto, c’est une vraie galère dans ce coin, Véro explique à la personne qui
récupère le fichier sur la clé USB qu’elle n’était pas contente des couleurs la
dernière fois.
Elles se rendent compte qu’il y a
une option à cocher pour que les couleurs soient mieux respectées. Véro pense
que la personne a compris. Ce sera prêt dans ¾ d’heure.
On file sur le quai d’Ambour à
côté de Hot Breads au magasin World Linen, parce que Véro veut acheter du lin
au mètre pour faire refaire un haut de vêtement.
Il n’y a pas beaucoup de choix de
couleur mais elle trouve quand même un rouge qui pourra faire l’affaire. Calcul
du métrage, c’est toujours la partie qui m’impressionne parce que je n’y
comprends rien. Véro et la vendeuse tombent d’accord.
Détour par chez Félix et oui ça
faisait longtemps, mais nous pensons que le ralenti a dû se dérégler, car je
cale justement lorsque je ralentis, et puis j’ai fait les 500km fatidiques,
distance au bout de laquelle il vaut mieux montrer la petite vieille à son
garagiste.
Félix est content de nous voir
surtout que Véro est habillée tout en blanc, ce qui contraste bien avec la noirceur
du garage.
Réglage du ralenti, il faut tourner
dans le sens des aiguilles d’une montre, je ne m’en rappelle jamais c’est pour
ça que je ne le fais pas.
Contrôle du niveau d’huile, il
faut en rajouter pas mal quand même, comme ça ça fait en même temps la vidange.
Tout va bien on repart, je ne
rate même pas mon démarrage en douceur devant Félix.
Anna Salai, Rue Candappa, retour
dans la rue Ellalamann chez le couturier. Il trouve que c’est trop grand pour
Véro ce qu’elle veut faire refaire. Véro lui explique que c’est comme ça.
Ok, on peut venir le chercher
dimanche mais ce sera prêt lundi. Cette fois il est honnête car souvent on
vient chercher des affaires à la date indiquée et il nous dit que ce sera prêt le
lendemain.
Retour chez le photographe. On a
5mn d’avance que Véro veut faire passer chez Pothys, bonne idée comme ça je
vais me garer chez Pothys, c’est plus simple quoi que.
Dans le garage il y a toujours
une personne dont le rôle est de nous dire dans quelle rangée nous devons
mettre la moto. Ce matin la personne est entre deux rangées et tend mollement
son bras. J’en déduis que je fais ce que je veux.
Je rejoins Véro au
rez-de-chaussée de Pothys. Elle a trouvé une écharpe qui sera mieux que celui
qu’elle a qui est trop chaude.
On règle à la caisse et on
récupère auprès du service qui délivre les marchandises achetées.
Les 5mn sont passées on récupère
la moto et on retourne chez le photographe.
C’est prêt, mais je crois
comprendre que ce n’est pas encore tout à fait ce que Véro attendait.
Véro me rappelle qu’on avait
décidé de passer chez Vijay pour les cartes professionnelles qui doivent être
prêtes aujourd’hui d’après Vijay.
Demi-tour, Anna salai, Kamaraj
salai, Thiruvalluvar salai,( salai ça veut dire que c’est un grand boulevard,
autrement dit une circulation en mode expert), c’est jamais très loin mais ce
n’est jamais tout près quand même. J’aurai peut pu faire mieux en partant dans
l’autre direction vers le nouveau bus stand, pas sûr parce qu’il aurait fallu
que je coupe le boulevard devant le nouveau bus stand par des passages percés
dans les murs de séparation des voies, ce que tout le monde fait mais que
j’évite de faire quand même.
Vijay est là, Véro s’en doutait
ce sera prêt la semaine prochaine. Ce n’est pas grave c’était juste pour lui
rappeler qu’on y tient. On les aura peut-être la semaine prochaine.
Comme on a les photos pour
Pichaya on décide de passer Villa Pondichéry et de les lui déposer s’il est là.
Il est là.
Il est là en train de ranger son
atelier. On va dans son atelier qui est en fait toute une maison à côté de
Villa Pondichery, avec des pièces petites mais nombreuses au rez de chaussée,
avec une pièce salle d’eau et une pièce
toilette qui donnent sur un petit jardin il nous avait fait manger en 1998 du
crabe grillé avec les enfants.
La maison c’est la caverne d’Ali Baba
avec la poussière et un capharnaüm de livres mouillés par les pluies de
décembre, des amoncellements d’encadrements de portes, de chaises, de fauteuils
cassés, de façades de buffets, une grande brocante avec, statues, peintures,
objets divers.
C’est le côté chineur de Pichaya,
pour le jour où il serait secondé correctement comme il dit , il pourrait
aménager cette maison.
On a plein les mains de poussière
et de moisi.
Il nous installe sans crainte au
milieu de tout ça et il regarde les photos que Véro lui donne et il n’envoie
pas dire qu’il est content, qu’il est heureux pour les photos et aussi qu’il
est heureux par ce temps qu’on lui a consacré pour faire tout ça, la prise de
vue, le travail de la photo, les tirages.
Il est dans son quotidien aussi
sincère aussi franc par rapport a ses sentiments qu’il exprime sans pudeur mais
aussi sans forfanterie, comme un enfant
heureux.
On ne peut pas lui refuser de
déjeuner avec lui. Ses femmes préparent à manger, c’est simple, c’est son repas
à lui. Qu’il soit seul ou accompagné de
toute façon elles en font toujours trop.
On l’aide à transporter des livres
de son atelier à sa chambre, 4 chacun, mais il est important de l’aider à faire
ça.
Le repas effectivement est simple
riz, épinard, salade de carottes, aubergines grillées et une compote de goyaves.
Ce qui est rassurant c’est qu’il
tient compte de son diabète et ne semble pas faire n’importe quoi comme on
aurait tendance à le penser.
Il a un nouveau projet pour le
Space et il veut avoir notre avis, remettre à ses clients du Space et de Villa Pondichéry
un petit document qui reprendrait ce qu’il y a à voir à Pondy lorsqu’on y passe
peu de temps comme la plupart des voyageurs. Et qui ferait aussi sa pub.
On lui dit que c’est une bonne
idée. Alors il fait déjà la maquette du projet devant nous et nous demande
notre avis.
Evidemment il est presque 15h
lorsqu’on le laisse fatigué lui et nous de notre matinée intense.
On revient à l’appart prendre le
café et un peu de repos.
Finalement aujourd’hui on décide de
rester là. Véro traite toutes les photos d’hier. Moi je bouquine parce que je
sais que la masseuse va venir et que j’aurai le temps.
Panne d’électricité. Je surveille
du balcon l’arrivée de la masseuse parce qu’elle ne peut pas sonner. Je la vois,
je lui fais signe et je descends lui ouvrir.
Pendant le massage je rédige le
blog, et j’entends dans les escaliers la petite femme de ménage qui lave les
escaliers.
Le massage fini les chapals de
Lakshmi ont disparu du palier. C’est la petite femme de ménage qui les a
descendues dans le hall, on ne sait pas pourquoi et on ne cherche pas à savoir.
Coup de fil de L, skype de
W&D tout ça dans le même temps. Maintenant ça va le calme est revenu.
On va dîner.
Soupe de vermicelles, salade de
fruits
Peinture acrylique.

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