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lundi 25 janvier 2016

Le marché aux fleurs du jardin botanique




8h30, gros dodo, Véro va mieux.
L’air est plus léger et il fait moins chaud.

Le marchand de lait est parti il a fini sa journée.

Beaucoup de circulation, c’est l’heure de rentrée de l’école immaculé cœur de Marie, pour les filles et de l’école gouvernementale Chidabarana et le petit séminaire pour les garçons.
Ça entraîne une circulation très dense de vélos, motos, scoots de parents et d’élèves, auto-rickshaws bondés avec des grappes de cartables qui dépassent de chaque côté, les bus et leur chargement d’élèves. L’école ici c’est une véritable activité pour tout le monde, c’est l’heure de pointe à Pondy.

Le ciel n’est pas vraiment découvert, quelques nuages traînent ça et là.

Trois mendiantes sur les marches de la cathédrale, d’autres en retrait du côté de Focus ont attaqué le casse-croûte.

Pas d’activité aux noix de cocos, grande activité chez Ashok Landry où les fers volent déjà sur les linges.

La rue Ranga Pillai est plus calme. Toujours des voitures stationnées vers le quai. Les bureaux de Sri Aurobindo autocare service sont ouverts.

Peu de monde aussi au Hot Breads pour le petit déjeuner.

Le responsable est là, il fouille toujours accroupi dans un placard bas. Un caissier en charlotte blanche s’occupe de moi. Il ne sait pas le prix du pain, moi non plus et il demande à tout ceux qui sont là. Ils se mettent d’accord sur la somme de 45Rs, je ne conteste pas.

Je reviens par le quai. Là aussi il y a beaucoup de monde. Je marche dans le sens opposé au trafic comme c’est un sens unique.
Un scoot qui va dans le même sens que moi pour se rendre à la station service, me double par la droite sous prétexte qu’il est dans le mauvais sens et me surprend.

Puis un autre conduit par une jeune femme me frôle parce qu’elle aussi est dans le mauvais sens et qu’elle entre dans une résidence qui donne sur le quai.

En face les motos ne se gênent pas pour foncer sur moi et me faire comprendre que je dois laisser la place. Ici chaque pas est une aventure.
Le portail de la crèche Saint Louis de Gonzagues est ouvert et je vois des enfants jouer dans la cour.

Une marchande de noix de cocos s’est installée rue Saint Ange en face du débit de thé.

L’albinos est assis ce matin devant le portail des «charging batterie», là ou le petit canal rejoint le grand.
Ses dents débordent toujours de sa bouche, il a un pied sans chaussure, elle est posée à côté de lui. De sa main gauche il semble se protéger le  haut du visage du soleil qui est juste en face de lui. Il oscille d’avant en arrière et j’ai l’impression je ne sais  pourquoi, que ce type est une boule de douleurs et qu’il vit avec, sans se douter qu’il pourrait peut-être ne pas souffrir. Il m’effraie quand je le vois car je sais qu’il vit dans un monde auquel personne d’autre que lui ne peut avoir accès.

Les trois bassets sont couchés derrières les grilles qui les protègent de la rue.

Un mendiant ou clochard a posé ses sacs à côté de lui dans la rue Capitaine Marius Xavier.

A l’angle avec la rue Candappa le tas d’ordures a disparu, la rue est propre. L’équipe du matin des tabliers roses est certainement passée.

On petit déjeune.

Véro va beaucoup  mieux, elle prépare des photos qu’on va faire tirer  pour les donner. Il y a une marchande du marché Goubert qui a demandé un tirage, il y a le couple du champ de canne à sucre, il y a la sortie moto avec Félix.
On descend et l’on croise Ejoumale qui  vient chez la voisine du dessous. Il semble tout gêné de nous voir. Il faut dire que  la voisine ne vient pas lui ouvrir mais lui fait passer la clef attachée à  une ficelle qu’elle lui passe par le balcon. Elle fait toujours ça avec les Indiens qui viennent la voir.  Est-ce où autre chose mais il s’empêtre dans des informations sur les expos de l’Alliance Française à la maison Colombani et sur une expo à la maison Perumal dont le vernissage est ce soir, un peintre qui ne peint que des chevaux puis il hésite et me demande si on dit chevaux ou cheval...
Enfin il nous dit que cet après midi il sera au Jardin Botanique avec sa femme et ses deux enfants, vers 16, 17h.
Bon, on reçoit toute cette information qui me semble vouloir envelopper quelque chose qu’on n’a pas à savoir où il est gêné de venir dans la maison à l’étage au dessous sans jamais venir nous saluer... Tout ça reste en interrogation.

On va chez un photographe qui est à côté de Pothys et qui nous fait le prix indien. On allait précédemment chez le photographe qui est dans MG road mais lui nous faisait le prix touriste.
Cela va prendre 30mn pour avoir les tirages. On va les faire passer chez Pothys, Véro a besoin d’une écharpe pour aller avec sa tenue du  jour. Puis on va prendre un thé en face à l’Indira Indien Coffee.

On récupère les tirages qui ne sont pas tout à fait comme Véro les aurait souhaités, mais ce sont les problèmes des correspondances entre imprimantes et écrans informatiques.

On revient  à l’appart prendre le repassage qu’on a oublié de donner à notre gentil repasseur qui est à l’angle de la rue Montorsier.
Et là on croise à nouveau Ejoumale qui est redescendu et qui accroche la clé à la ficelle de la voisine et qui s’en va. Une heure s’est écoulée. Que peut-on faire lorsqu’on est venu voir quelqu’un avec une tablette sous le bras.
A mon avis pas donner des cours d’aquarelle.
La voisine lui dit au bout de son fil sur le balcon « je te dirai dès que j’aurai envoyé le mail ».
Ejoumale file sur sa moto.
J’avoue que je ne supporte pas bien le fait de ne pas descendre pour ouvrir ou raccompagner quelqu’un. On ne vient pas ici pour faire le bien et ne pas être capable de remuer son cul pour descendre un étage quelque soit la personne qui vient  vous voir.
Il ne me viendrait jamais à l’idée de faire ça à la masseuse, à Gopi et à n’importe qui et pourtant nous il y a deux étages.

Puis on file au bureau du tourisme voir Yuvaraj pour se faire préciser comment on peut entrer demain matin dans le stade afin de voir les démonstrations et le défilé à l’occasion de la fête nationale.
Le bureau du tourisme nous envoie rue Bellecombe dans une administration qui s’appelle « Information et publicity » et qui gèrent apparemment les entrées au stade.
Là on nous explique qu’on peut se présenter comme ça entre 7h et 8h avec nos passeports ou copie de nos passeport. On ne peut pas prendre de photos.
On dirait qu’on a tous les renseignements, mais on ne pourra le vérifier que demain matin.

Véro qui avec sa nausée ne sens plus trop d’appétit pour la bouffe indienne décide qu’on va aller manger un « oven fish » chez Tanto à Auroville.
En route, dans  le village de Kuilapalyam on s’arrête à Farm Fresh pour prendre de la confiture.
Puis on déjeune chez Tanto et l’oven fisch passe bien pour Véro.
On revient par l’autre côté d’Auroville pour voir où ils en sont du repiquage du riz, afin de revenir pour faire des photos. Ils n’ont pas encore attaqué le champ voisin qui est en eau en attente du repiquage. Demain fête nationale ils ne vont sans doute pas tout faire, on repassera mercredi.

Lorsqu’on arrive, la voisine se fait ramener en scoot par un Indien qui lui dit « au revoie madame ». Elle monte comme si on n’existait pas.

L'appartement, café, repos.

Il est déjà 16h lorsqu’on s’apprête à partir. La masseuse vient pour 18h, on n’a pas beaucoup de temps. D’un coup de moto on va au Botanical Garden pour voir l’exposition de fleurs et de plantes et peut-être Ejoumale et sa famille.
Il y a toujours du monde.
C’est présenté à l’indienne c’est à dire que plutôt que de montrer des espèces rares c’est faire de la déco avec ce qui existe.
D’énormes étoiles en fleurs, d’énormes champignons, des animaux, des poissons etc.
Les orchidée c’est comme de la mauvaise herbe, par contre les roses sont beaucoup plus  rares ainsi que les dahlias.
Autrement on trouve toutes les sortes de fleurs et de plantes que l’on trouve dans n’importe quelle jardinerie.
Quand même de magnifiques euphorbes bordent les allées et leurs fleurs sont éclairées par le soleil de fin d’après midi.

Le petit train continue de fonctionner dans cette foule. Deux hommes de chaque côté de la voie lorsque celle ci coupe une allée, jouent au garde barrière avec des ficelles. Et contrairement à ce qui se passe sur les véritables passages à niveau tout le monde respecte la ficelle et reste sagement derrière.
Dans le quotidien, il faut vraiment que le train soit là et corne, pour que les gens s’arrêtent de passer malgré les barrières. Quand je dis les gens j’inclue les piétons, les vélos, les motos. Les voitures s’arrêtent parce qu’elles ne peuvent pas passer sous la barrière.

Il y a aussi des attractions pour les enfants, des manèges de petites voitures et un manège avec une voiture de taille réelle dans laquelle les enfants peuvent monter et faire semblant de conduire.

On revient vers l’entrée en mangeant un Kulfi.

Pendant que je récupère la moto que j’ai dû garer loin de l’entrée, Véro achète des bananes au petit marché qui se tient toujours à côté de l’ancienne gare des bus.
Puis on va chez Grinde acheter de bons biscuits pour demain matin car je n’aurai  pas le temps d’aller chercher le pain.
On suit une voiture officielle et une voiture de police qui nous ouvre la route jusqu’à Nehru street, c’est bien agréable.

On rentre la moto.

La masseuse est en retard, Véro a une petite crainte, mais non elle arrive. Je vais la chercher je le dis aujourd’hui parce que c’est le jour de le dire.
Mais aussi je la raccompagne après le massage et là en remontant je croise dans l’escalier un occidental qui me salue et auquel je réponds et derrière sa clé à la main la voisine qui suit et qui dit « si j’arrive à obtenir ce truc » et elle passe en me disant bonsoir.

C’est bien ce que je pensais et c’est ce qui  m’énerve, on ne se remue pas le cul  pour des Indiens, c’est pourtant grâce à eux que tant d’associations croissent sur la misère, on devrait au moins les respecter pour ça.

Dîner d’une salade de tomates, de concombre et de fromage avec du pain et de bananes. C’est encore ce qui convient le mieux à Véro.

Ce soir peinture du canapé du salon, parce qu’on a appris qu’un aquarelliste canadien aurait déposé un brevet précisant qu’il est le seul à pouvoir peindre des canapés et de ce fait s’est attaqué à une copine de Véro qui avait eu le malheur de peindre un canapé. Heureusement qu’il y a des gens qui mangent bien et qui sont suffisamment cons pour nous faire rire.

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