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jeudi 7 janvier 2016

Une journée ordinaire




Ce matin on se lève un peu avant 7h, le jour nous réveille toujours.

Je vais au pain. En descendant je remplis la bouteille pour l’eau de la cuisine. Le matin de 5 à 8 cette eau qui arrive dans les maisons émet dans la tuyauterie en plastique un cliquetis qui se répète à chaque maison tout le long des rues.

Il fait bon, il fait frais, c’est l’hiver.

Dès que je tourne dans la rue Mission, j’entends le « pfuit, pfuit » d’un homme qui marche vers moi en traînant ses chapals comme tout bon indien qui se respecte. Sarong blanc de propreté douteuse.
Lorsque je le croise je suis encore au niveau de la palissade métallique qui entoure un bout de terrain vide à l’angle de la rue Candappa et Mission.
Je sens chez lui de la précipitation car les « pfuit, pfuit » sont nerveux. Dès qu’on s’est croisés, il se précipite contre la palissade métallique pour pisser.

Le petit marchand de lait est là imperturbable. Ibrahim store est ouvert.

Rue Petit Canal la chienne sort sur la rue Mission suivi de des trois chiots et d’un chien peut-être le papa. Ils vont d’où je viens.

Un homme dort sur le trottoir près de la rue Saint Thérèse.

Devant la cathédrale la petite marchande de lait vend du lait à un homme en T-shirt jaune, assis sur son scoot.

A l’angle de la rue NatarjaPayar, la marchand de noix de cocos a vu grand, son tas est énorme sous la bâche bleue. Elle prévoit peut-être déjà les courses folles pour Pongal.

Les bouses sont de retour rue Ranga Pillai, les buffalos ont retrouvé leur chemin. La bouche d’égout est terminée mais ses protections de terre sont toujours là.

La femme dort sous son drap à côté du Hot Breads, je sais que c’est elle parce que je reconnais la couleur du tissu.

Personne pour déjeuner dans la salle. Sur deux sièges en remplacement des clients deux énormes sacs poubelle.

Je prends mon pain et le règle pendant qu’on le tranche. La petite caissière arrive elle est toute en rouge ce matin avec un bracelet rouge au bras droit.
Le responsable lorsqu’il voit que je suis là me salue. C’est le seul à le faire.
Deux clients achètent des baguettes, ça me fait envie parce qu’elles on l’air bonnes.

Je repars la dormeuse dort toujours.

Je croise presque tout de suite les deux livreurs de bouteille de gaz, toujours à appuyer comme des forcenés sur leurs pédales pour faire avancer leur chargement.

Je croise des écoliers et écolières indiens,  les filles en bleu et Blanc et les garçon en blanc et pantalon gris.
Quelques élèves infirmière sautent d’un tempo et se dirigent vers le bâtiment qui doit servir de dortoir.
Devant le Chest hopital des gens sont assis sur le sol tandis qu’un agent de sécurité nettoie l’entrée.

Rue Candappa une femme lave la rue devant sa porte pour dessiner un Kolam.

On prend le petit déjeuner avec yaourt et fruits de la passion.

Puis notre ami nous rapporte la tablette à 8h30.
Tout à coup je viens de comprendre en un éclair de lucidité quelque chose de plus de la mentalité indienne. Je sais déjà que « tomorrow », c’est plus tard et peut-être jamais et peut-être demain. Aujourd’hui j’ai compris que 8h ça commençait à 8h00 et ça se terminait à 8h59. Pendant cette période de temps c’est toujours 8h. Comme pour nous notre âge commence à 30 ans par exemple et jusqu’à 31 c’est toujours 30. On ne chipote pas avec les mois : genre, j’ai trente an et deux mois et treize jours.
Pourquoi on le fait avec les heures, c’est ridicule ? On a le quart d’heure toulousain ici on a l’heure indienne.
Je me sens rasséréné par cette découverte et soudain une interrogation me vient que se passe-t-il si comme ce soir le rendez vous est fixé à 19h30 ? Je ne sais pas mais je vais peut-être l’apprendre un de ces jours. Il faut du temps pour comprendre les modes de vie.

On a un peu de temps devant nous je peux finir le blog et Véro ses photos. Cette année on ne se met pas la pression le soir pour terminer le blog parce que c’est trop fatigant. C’est pour ça qu’on le termine le matin et ainsi vous l’avez au lever.

On part vers onze heure. On va porter du linge au repasseur de la rue Montorsier, il n’est pas là, quelqu’un nous dit qu’aujourd’hui c’ets holliday pour lui. Bon on va chez le couturier de la rue Ellaman Koil récupérer les pantalons qui devaient être prêts depuis hier soir. Ils ne sont pas prêts ce sera pour ce soir. Comme ce soir on est invité ce sera pour demain matin.
On retourne à l’appart pour poser le sac de repassage et on file pour aller au magasin Linen World sur le quai d’Ambour à côté du Hot Breads.
Mai sur rue Mission Véro se dit qu’elle irait bien prendre un café glacé à Mission Café. Ce que l’on fait. Ça coûte quand même la valeur de 4 repas à l’Indian Coffee House.

On prend la rue Ranga Pillai. La bouche d’égout est toujours protégée par ses deux tas de terre. Le bus de touristes est garé devant le Sri AUrobindo Car service qui est ouvert.

On entre dans le magasin. Ce sont toujours les mêmes gens que lorsqu’ils étaient installés rue Mission. Véro ne trouve rien. Ils me montrent des chemises en lin. J’en essaye une qui est bien et qui me va bien et dont le lin est très souple ce qui est agréable. Ils ont parfois des lins un peu rugueux qui sont déplaisant à porter.
Je la prends.
On va dans le petit magasin à côté. Ce magasin qui vend de tout jouxte le Hot Bread. En regardant des objets sur les étagères je vois en face de moi un homme qui me regarde et qui n’est pas mon reflet dans ce que je croyais être un miroir. Sur le coup je ne comprends pas ce qui m’arrive et tout à coup je réalise que ce n’est qu’une vitre et que l’homme que je vois est en train de choisir du pain sur l’étagère du Hot Bread. En fait les deux magasins ne sont séparés que par une vitre.

On continue sur le quai puis après Nehru Street on prend une perpendiculaire qui nous ramène sur Mission, puis sur MG Road, puis sur Barathi. On prend à droite la rue Barathi jusqu’à ce qu’elle coupe la rue Kamatchi Amman Kovil qui mène au garage de Félix.

Là on retrouve l’organisateur de la sortie pour la pointe Kalimère pour laquelle nous avions abandonné en route. Il nous raconte l’aventure. Bien nous en a pris parce qu’après Velanganni, ils ont roulé sous la pluie et il a plu des cordes toute la soirée. Ils ont dû se rabattre dans un guest car pas question de dormir à la belle étoile. La route du phare où ils devaient se rendre était noyée.
Rétrospectivement on se dit qu’on a bien fait de suivre notre intuition et de nous arrêter à Karaikal.
Comme il s’occupe aussi de touristes je lui demande s’il a entendu parler de la grande manifestation qui doit se dérouler à Kumbakunam en janvier 2016.
Il connaît, c’est la Mahamalam  Kumlamela. Sur son téléphone il consulte un site internet qui lui dit que ça aura lieu le 22 février 2016. C’est précis. Il nous dit que lors de la dernière en 2004 il y a eu environ 10 millions de pèlerins et une grosse catastrophe un immeuble sur lequel étaient montés des pèlerins pour mieux voir s’est effondré faisant beaucoup de morts et beaucoup de blessés.
On fait un rapide calcul, on revient le 17 de Varanassi et on pourrait faire la route le 20. Il faut que l’on puisse retenir un hôtel du 20 au 24 pour être sûr d’être là le bon jour.

Il est midi la moto devait être prête à 10h, Félix dit qu’il lui faut encore 1h car elle est au washing. Bon s’il l‘a fait laver on ne dit rien.

Je demande à notre ami qu'elle est sa prochaine sortie à moto. Il nous dit qu’il va aller à Goa où il y a un grand rassemblement des motards indiens. C’est à 1000km trop loin pour nous cette année. On verra ça pour janvier prochain.

On va déjeuner. Le  restau le plus proche pour déjeuner en 1h c’est le Surguru des boulevards. On y va et le temps d’être servi, de manger, de payer, l’heure passe. On retourne chez Félix,  la moto est prête.

Je la fais démarrer, elle fait un bruit merveilleux, celui d’une vrai Bullet, comme si Volkswagen avait mis un logiciel qui fait un bruit de Enfield.

On revient à l’appart. Véro se met sur l’ordi pour trouver un hôtel à Kumbakonam. Evidemment tous ceux qu’on connaît près du bassin sacré sont pleins. Chez Booking, plus une place, mais elle finit par en trouver un sur la route qui traverse la ville et rejoint Tanjore, un peu éloigné du bassin. Je vois bien où il est sur la carte. C’est une distance qu’on a déjà fait entre dix et quinze minute à pied. C’est sûr qu’avec 10 millions de pèlerins on mettra peut-être un peu plus de temps.
Ça c’est fait.

On prend le café et on se repose un peu.

On va marcher sur la promenade. Le temps est couvert comme s’il y avait du marin ; le soleil est estompé par la brume.

Sous le chapiteau du festival de Yoga il y a un conférencier que l’on entend, mais peu d’auditeurs.
Plus loin vers les vestiges des remparts des  garçons et des filles apprennent à marcher au pas pour la fête nationale  qui aura lieu le 26 janvier.

On prend la rue Lally Tollental dans laquelle Ragunath nous a dit qu’il y avait une nouvelle galerie. Ça s’appelle « Café Art ». On entre la décoration est très belle. Ça fait galerie sur là murs, bistrot, boutique et guest house. C’est peut-être un peu trop pour savoir où l’on est réellement.

On revient par la ville blanche, le temple de Ganeh,  Lakshmi l’éléphante n’est pas là. Peut-être que comme l’an dernier ils l’on envoyée se mettre au vert quelque temps.

On remonte la rue Nerhu car on veut passer par MG Road pour acheter une bouteille de vin pour l’invitation de ce soir.

On revient à l’appart. Un SMS nous dit que l’invitation est reportée de 19h30 à 20h30.

Grâce au VPN Véro se met un replay de Michel Delpech. Ce qui me permet de finir le blog.
Je le relirai demain matin car je suis fatigué. Je vais aussi regarder Michel Delpech.

On part dîner.


Les autres photos sont ici

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