Ce matin on se lève un peu avant
7h, le jour nous réveille toujours.
Je vais au pain. En descendant je
remplis la bouteille pour l’eau de la cuisine. Le matin de 5 à 8 cette eau qui
arrive dans les maisons émet dans la tuyauterie en plastique un cliquetis qui
se répète à chaque maison tout le long des rues.
Il fait bon, il fait frais, c’est
l’hiver.
Dès que je tourne dans la rue
Mission, j’entends le « pfuit, pfuit » d’un homme qui marche vers moi
en traînant ses chapals comme tout bon indien qui se respecte. Sarong blanc de
propreté douteuse.
Lorsque je le croise je suis
encore au niveau de la palissade métallique qui entoure un bout de terrain vide
à l’angle de la rue Candappa et Mission.
Je sens chez lui de la
précipitation car les « pfuit, pfuit » sont nerveux. Dès qu’on s’est
croisés, il se précipite contre la palissade métallique pour pisser.
Le petit marchand de lait est là
imperturbable. Ibrahim store est ouvert.
Rue Petit Canal la chienne sort
sur la rue Mission suivi de des trois chiots et d’un chien peut-être le papa.
Ils vont d’où je viens.
Un homme dort sur le trottoir
près de la rue Saint Thérèse.
Devant la cathédrale la petite
marchande de lait vend du lait à un homme en T-shirt jaune, assis sur son
scoot.
A l’angle de la rue NatarjaPayar,
la marchand de noix de cocos a vu grand, son tas est énorme sous la bâche bleue.
Elle prévoit peut-être déjà les courses folles pour Pongal.
Les bouses sont de retour rue
Ranga Pillai, les buffalos ont retrouvé leur chemin. La bouche d’égout est terminée
mais ses protections de terre sont toujours là.
La femme dort sous son drap à
côté du Hot Breads, je sais que c’est elle parce que je reconnais la couleur du
tissu.
Personne pour déjeuner dans la
salle. Sur deux sièges en remplacement des clients deux énormes sacs poubelle.
Je prends mon pain et le règle
pendant qu’on le tranche. La petite caissière arrive elle est toute en rouge ce
matin avec un bracelet rouge au bras droit.
Le responsable lorsqu’il voit que
je suis là me salue. C’est le seul à le faire.
Deux clients achètent des
baguettes, ça me fait envie parce qu’elles on l’air bonnes.
Je repars la dormeuse dort
toujours.
Je croise presque tout de suite
les deux livreurs de bouteille de gaz, toujours à appuyer comme des forcenés
sur leurs pédales pour faire avancer leur chargement.
Je croise des écoliers et
écolières indiens, les filles en bleu et
Blanc et les garçon en blanc et pantalon gris.
Quelques élèves infirmière
sautent d’un tempo et se dirigent vers le bâtiment qui doit servir de dortoir.
Devant le Chest hopital des gens
sont assis sur le sol tandis qu’un agent de sécurité nettoie l’entrée.
Rue Candappa une femme lave la
rue devant sa porte pour dessiner un Kolam.
On prend le petit déjeuner avec
yaourt et fruits de la passion.
Puis notre ami nous rapporte la
tablette à 8h30.
Tout à coup je viens de
comprendre en un éclair de lucidité quelque chose de plus de la mentalité indienne.
Je sais déjà que « tomorrow », c’est plus tard et peut-être jamais et
peut-être demain. Aujourd’hui j’ai compris que 8h ça commençait à 8h00 et ça se
terminait à 8h59. Pendant cette période de temps c’est toujours 8h. Comme pour
nous notre âge commence à 30 ans par exemple et jusqu’à 31 c’est toujours 30.
On ne chipote pas avec les mois : genre, j’ai trente an et deux mois et
treize jours.
Pourquoi on le fait avec les
heures, c’est ridicule ? On a le quart d’heure toulousain ici on a l’heure
indienne.
Je me sens rasséréné par cette
découverte et soudain une interrogation me vient que se passe-t-il si comme ce
soir le rendez vous est fixé à 19h30 ? Je ne sais pas mais je vais
peut-être l’apprendre un de ces jours. Il faut du temps pour comprendre les
modes de vie.
On a un peu de temps devant nous
je peux finir le blog et Véro ses photos. Cette année on ne se met pas la
pression le soir pour terminer le blog parce que c’est trop fatigant. C’est
pour ça qu’on le termine le matin et ainsi vous l’avez au lever.
On part vers onze heure. On va
porter du linge au repasseur de la rue Montorsier, il n’est pas là, quelqu’un
nous dit qu’aujourd’hui c’ets holliday pour lui. Bon on va chez le couturier de
la rue Ellaman Koil récupérer les pantalons qui devaient être prêts depuis hier
soir. Ils ne sont pas prêts ce sera pour ce soir. Comme ce soir on est invité
ce sera pour demain matin.
On retourne à l’appart pour poser
le sac de repassage et on file pour aller au magasin Linen World sur le quai
d’Ambour à côté du Hot Breads.
Mai sur rue Mission Véro se dit
qu’elle irait bien prendre un café glacé à Mission Café. Ce que l’on fait. Ça
coûte quand même la valeur de 4 repas à l’Indian Coffee House.
On prend la rue Ranga Pillai. La
bouche d’égout est toujours protégée par ses deux tas de terre. Le bus de
touristes est garé devant le Sri AUrobindo Car service qui est ouvert.
On entre dans le magasin. Ce sont
toujours les mêmes gens que lorsqu’ils étaient installés rue Mission. Véro ne
trouve rien. Ils me montrent des chemises en lin. J’en essaye une qui est bien
et qui me va bien et dont le lin est très souple ce qui est agréable. Ils ont
parfois des lins un peu rugueux qui sont déplaisant à porter.
Je la prends.
On va dans le petit magasin à
côté. Ce magasin qui vend de tout jouxte le Hot Bread. En regardant des objets
sur les étagères je vois en face de moi un homme qui me regarde et qui n’est
pas mon reflet dans ce que je croyais être un miroir. Sur le coup je ne
comprends pas ce qui m’arrive et tout à coup je réalise que ce n’est qu’une
vitre et que l’homme que je vois est en train de choisir du pain sur l’étagère
du Hot Bread. En fait les deux magasins ne sont séparés que par une vitre.
On continue sur le quai puis
après Nehru Street on prend une perpendiculaire qui nous ramène sur Mission,
puis sur MG Road, puis sur Barathi. On prend à droite la rue Barathi jusqu’à ce
qu’elle coupe la rue Kamatchi Amman Kovil qui mène au garage de Félix.
Là on retrouve l’organisateur de
la sortie pour la pointe Kalimère pour laquelle nous avions abandonné en route.
Il nous raconte l’aventure. Bien nous en a pris parce qu’après Velanganni, ils
ont roulé sous la pluie et il a plu des cordes toute la soirée. Ils ont dû se
rabattre dans un guest car pas question de dormir à la belle étoile. La route
du phare où ils devaient se rendre était noyée.
Rétrospectivement on se dit qu’on
a bien fait de suivre notre intuition et de nous arrêter à Karaikal.
Comme il s’occupe aussi de
touristes je lui demande s’il a entendu parler de la grande manifestation qui
doit se dérouler à Kumbakunam en janvier 2016.
Il connaît, c’est la Mahamalam Kumlamela. Sur son téléphone il consulte un
site internet qui lui dit que ça aura lieu le 22 février 2016. C’est précis. Il
nous dit que lors de la dernière en 2004 il y a eu environ 10 millions de
pèlerins et une grosse catastrophe un immeuble sur lequel étaient montés des
pèlerins pour mieux voir s’est effondré faisant beaucoup de morts et beaucoup
de blessés.
On fait un rapide calcul, on
revient le 17 de Varanassi et on pourrait faire la route le 20. Il faut que
l’on puisse retenir un hôtel du 20 au 24 pour être sûr d’être là le bon jour.
Il est midi la moto devait être
prête à 10h, Félix dit qu’il lui faut encore 1h car elle est au washing. Bon
s’il l‘a fait laver on ne dit rien.
Je demande à notre ami qu'elle
est sa prochaine sortie à moto. Il nous dit qu’il va aller à Goa où il y a un
grand rassemblement des motards indiens. C’est à 1000km trop loin pour nous
cette année. On verra ça pour janvier prochain.
On va déjeuner. Le restau le plus proche pour déjeuner en 1h c’est
le Surguru des boulevards. On y va et le temps d’être servi, de manger, de
payer, l’heure passe. On retourne chez Félix, la moto est prête.
Je la fais démarrer, elle fait un
bruit merveilleux, celui d’une vrai Bullet, comme si Volkswagen avait mis un
logiciel qui fait un bruit de Enfield.
On revient à l’appart. Véro se
met sur l’ordi pour trouver un hôtel à Kumbakonam. Evidemment tous ceux qu’on
connaît près du bassin sacré sont pleins. Chez Booking, plus une place, mais
elle finit par en trouver un sur la route qui traverse la ville et rejoint
Tanjore, un peu éloigné du bassin. Je vois bien où il est sur la carte. C’est
une distance qu’on a déjà fait entre dix et quinze minute à pied. C’est sûr
qu’avec 10 millions de pèlerins on mettra peut-être un peu plus de temps.
Ça c’est fait.
On prend le café et on se repose
un peu.
On va marcher sur la promenade.
Le temps est couvert comme s’il y avait du marin ; le soleil est estompé
par la brume.
Sous le chapiteau du festival de
Yoga il y a un conférencier que l’on entend, mais peu d’auditeurs.
Plus loin vers les vestiges des remparts
des garçons et des filles apprennent à
marcher au pas pour la fête nationale qui aura lieu le 26 janvier.
On prend la rue Lally Tollental dans
laquelle Ragunath nous a dit qu’il y avait une nouvelle galerie. Ça s’appelle
« Café Art ». On entre la décoration est très belle. Ça fait galerie
sur là murs, bistrot, boutique et guest house. C’est peut-être un peu trop pour
savoir où l’on est réellement.
On revient par la ville blanche, le
temple de Ganeh, Lakshmi l’éléphante n’est
pas là. Peut-être que comme l’an dernier ils l’on envoyée se mettre au vert
quelque temps.
On remonte la rue Nerhu car on
veut passer par MG Road pour acheter une bouteille de vin pour l’invitation de
ce soir.
On revient à l’appart. Un SMS
nous dit que l’invitation est reportée de 19h30 à 20h30.
Grâce au VPN Véro se met un
replay de Michel Delpech. Ce qui me permet de finir le blog.
Je le relirai demain matin car je
suis fatigué. Je vais aussi regarder Michel Delpech.
On part dîner.
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