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mercredi 6 janvier 2016

Face au port



Les photos sont ici

Ce matin comme on est tout seul on fait la grasse matinée jusqu’à 7h30.

On se lève et je vais au pain.

Malgré l’heure tardive il n’y a toujours pas grand monde dans les rues.

Le marchand de lait.

La chienne de la rue Petit Canal qui aboie toujours suivi de ses trois chiots qui ne pensent qu’à une seule chose, téter.

Personne ne dort à l’angle de la rue Sainte Thérèse, à l’opposé débouche la vieille en loques qui n’était pas rue Petit Canal.

La cathédrale, seulement 3 ou 4 mendiante assises sur les escaliers.

Un peu plus loin sur les marches d’escalier d’une boutique est assis un clochard qui attend. L’enseigne dit  « Pope  John Paul II dépôt ». Je m’interroge sur la signification.
Surtout de « dépôt » dépositaire du dogme, dépôt d’ordures, ou dépote.
L’intérêt de la marche c’est qu’on a le temps de s’inventer tout un monde imaginaire.

Au croisement de la rue Natarajapayar je croise un tricycle à plateau sur lequel sont transportées  des marchandises, mais là sur le plateau c’est une femme assise en tailleur.

Rue Ranga Pillai deux gros tas de terre marque la sécurité pour les travailleurs qui réparent une bouche d’égout et pour les automobilistes de cette nuit.
 Il y a toujours cette femme qui dort près du Hot Breads, ce n’est pas vraiment son visage qui est rond, ce sont plutôt ses joues qui donnent cette forme au visage.

J’entre, une seule personne prend son déjeuner dans la salle. Gâteaux de Noël et galettes des rois, ont  disparu.
La petite caissière est vêtue tout en blanc des motifs floraux ornent sa chemise, son châle est blanc ainsi que la tresse de jasmin dans ses cheveux.

Le responsable me salue.

Je reviens par le quai. La Renault Kwid est à nouveau garée près du Cottage Industrie. La femme avant la station service dort emballée dans un tissu qui correspond aux draps d’ici.

Je croise l’homme en tricycle et ses bouteilles de gaz.

Le nouveau petit débit de thé et de café rue du Vicomte de Souillac est ouvert.
Le coq gueule et une femme lui dit de fermer sa gueule. Il a compris et se casse sous la halle.

Des écoliers indiens, les élèves infirmières se dirigent vers leur journée.
On prend le petit déjeuner et on décide d’aller voir Pichaya.
Il n’est pas dans une forme éblouissante, il a même l’air fatigué. Il attribue ça à une surdose de médicaments qu’il a pris hier soir. C’est peut-être ça. Je pense en fait que c’est aussi parce qu’il doit se rendre au commissariat suite aux ennuis permanents que lui fait le restaurateur qui est dessous du Space.
Il nous demande si on connaît Arikamedu le site sur lequel ont débarqué les Romains. Son pote architecte à Mumbai souhaite y aller cette après midi. On lui dit que dans la mesure où il est à moto on veut bien le guider jusqu’au site.
Pichaya nous donne rendez vous à 14h30. On lui dit 15h il dit non ce sera la nuit.

On file chez Félix lui régler le loyer de janvier et lui dire de faire un check sur la moto parce qu’elle perd son huile et que le proprio n’est pas très content. L’argument semble porter. Ce soir à 17h je lui laisse la moto et je la récupère demain entre 10h et 12h. Comme il bosse le soir jusqu’à 22h, c’est son horaire normal, il aura le temps de bien s’en occuper.

On revient à l’appart car Véro a une lessive à étendre sur le balcon.

On va déjeuner à « l’été Indien » un petit restau dans la rue de Bussy où l’on était allé une fois l’an dernier. Ce n’est pas terrible mais on mange sur la terrasse sous le pandale. Et malgré une carte généreuse il ne peut nous faire que du riz ou des noodles frits. Va pour ça, ça n’a pas grande importance ici on mange pour manger.

Retour par chez Fatima pour acheter un dentifrice moins agressif que le dentifrice indien que j’utilise. Depuis que j’ai vu la belle dentiste d’Hyderabad en stage au Dental Center j’ai mal, plus à la mâchoire ou à la gencive qu’à une dent proprement dite. Je ne m’inquiète pas trop ça m’arrive même en France.

A l’appart et on s’offre en dessert de la salade de fruits ensuite un bon café et repos.

Vers 14h30 on part pour aller chez Pichaya. On arrive en avance, il fait la sieste et se lève juste pour nous parce qu’il ne va pas venir c’est Daya qui va conduire son pote à moto.

Daya connaît le site et du coup on suit. Conduite à l’Indienne c’est à dire je me fous de celui qui suit et du coup on ne peut pas leur dire de s’arrêter pour voir une statue de bouddha qui a été réintégrée dans un petit temple et vénérée comme un dieu hindou.

Arrivés sur le site on leur dit qu’on est désolé mais nous on continue pour aller sur la côte en face du port de Pondy où l’on était hier en passant par le petit port de Veerampatnam.

Du coup on est parti un peu tôt pour la lumière mais c’est toujours un endroit plein de charme ce qui est paradoxal parce qu’on pourrait n’y  voir qu’une décharge à ciel ouvert tant on retrouve sur la plage ce qui fait le quotidien d’une famille indienne. Il y a même un nounours en peluche sans peluche qui nous regarde de l’oeil qui lui reste. On pourrait aussi ne voir dans  les deux rivières qui se rejoignent avant l’embouchure que le tout à l’égout de Pondy et de sa banlieue.

Mais il y a la vue magnifique sur la Promenade qui étale Pondy au loin. L’embouchure étroite ou l’océan accueille en précipitant vers la rivière ses vagues blanches.
Dans cette passe les bateaux vont et viennent. Lourd chalutier qui partent ou qui reviennent, barques à moteur dont l’hélice tourne au bout d’un long axe et qui franchissent en bondissant la barre qui mène à l’océan.

Dans l’embouchure restent  de plus petites embarcation contenant seulement deux ou trois hommes qui lancent  leur filet, ancrent l’embarcation et retirent avec des gestes lents le filet. Lorsqu’il sort de l’eau brillent  les éclairs argentés des quelques petits poissons prisonniers. Et ils recommencent inlassablement, puis change d’endroit de temps en temps. Les barques à moteur et les lourds chalutiers les frôlent avec indifférence.
D’autres pêcheurs sur des embarcations plates en fibre ou faites de poutres de bois nouées entre elles, seul sur cet esquif, il lance eux aussi un filet où se déplace avec une rame qui n’est autre qu’une planche.

Au loin le phare, le château d’eau près de Villa Pondichéry et même les tours du Sacré Cœur.
En face de nous les quais en construction et les bateaux amarrés aux anciens docks. Ceux d’hier vus d’en face.

On remonte la rivière en se frayant un passage dans l’empilement de plastiques toutes catégories disposés par le vent. C’est la rivière par laquelle les Romains accédaient au site d’Arikamedu où nous étions tout à l’heure.

On revient sur nos pas. De nombreux chiens errent sur la place en attente d’un poisson perdu par un pêcheur et qui viendrait apporté près du  bord par les vagues.

La petite dune  de sable couverte d’herbe rampante et fleurie sépare en deux l’estuaire sur ce bord.
On va jusqu’à la pointe où sont affalés sur le sable des bateaux colorés. Assis près d’eux des pêcheurs ravaudent des filets.

Un Indien se baigne là avec deux petites filles indiennes et un occidental routard. On ne sait pas s’ils sont ensemble.

On revient à l’appart par une nouvelle route qui se termine en piste et nous fait traverser une réserve d’ordures gardée par des cochons noirs grand comme des veaux. Au bout c’est la route qui mène au port et à la rue Dr Ambetkar.

Il est 17h, je pose Véro à l’appart, je bois un coup et je repars immédiatement chez Félix porter la moto pour la révision des 500km. En effet cette vieille dame demande une révision tous les 500km.

Félix est là, je lui laisse la moto et je reviens à pieds par la rue Barathi. J’aime bien cette rue qui jusqu’au marché Goubert et même au delà jusqu’au petit canal est un  quartier avec une vie indienne. C’est le coin des grossistes, des bijoutiers, des petits marchands assis sur les trottoirs qui vendent les quelques produits qu’ils ont, bananes pour les uns, tomates pour les autres, herbes, fruits divers...
Dans l’autre  partie après le petit canal se sont installées des guest house et l’atmosphère en est changé.
Une famille s’est déjà installée pour la nuit sur un bout de trottoir.

J’arrive à la maison pour 18h, l’heure de la masseuse.

Pendant que Véro se fait masser je vais chez Antoine pour lui régler les petites dépenses concernant l’eau, la bière, l’électricité et Airtel pour Internet.

Je reviens à l’appart.

Après le massage Véro appelle un ami informaticien pour essayer de régler ce problème de VPN.
Il vient chercher la tablette et va essayer cher lui.

On dîne, soupe de poulet, fromage et pain, salade de fruits et bière.

A 22h l’ami rappelle  pour dire qu’il a réussi et qu’il nous rapportera la tablette demain matin à 8h en partant au boulot.


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