Lever 6h, grâce au réveil matin.
L’idée d’aujourd’hui : aller
voir la vie de Pondy sur la Promenade au lever du soleil.
C’est très agréable de déambuler
à cette heure dans Pondy, pas de circulation et l’air est frais.
On va à la promenade par la rue
de Bussy et on n’est pas les seuls.
Arrivée sur la promenade on
constate que l’activité est intense. Le soleil n’est pas encore sorti de son
bain d’océan et l’on se dirige à droite vers le petit square où il y a la statut de Dupleix et dans le
même square le buste de Victor Schoelcher célèbre inconnu de l’anti-esclavagisme
A Pondichéry : « Peu
de personnes sauraient qui est Schoelcher si le Président Mitterrand ne l’avait
remis en mémoire aux Français en allant chaque année fleurir sa tombe au
Panthéon à Paris. Il mérite aussi de rester dans la mémoire des Pondichériens
car il a beaucoup œuvré pour l’ascension sociale des intouchables et autres
opprimés de la colonie. » Georgette David dans son ouvrage Pondichéry éditions
Kailash.
Voilà pour la partie culture
parce qu’on est là sur cette promenade à 6h du matin pour la partie culture physique.
Certains prennent les objets de
la promenade et du square pour des agrès de salle de gym. D’autres prennent la
promenade pour ce qu’elle est c’est à dire un lieu de marche. Marche rapide,
les bras actifs, marche lente pour se promener, marche en groupe pour s’entraîner.
Pas de jogging, ni de tenues ridicules, souvent un simple survêt et autrement
des habits du quotidien.
Certains prennent la promenade
notamment côté hôtel de l’Ashram pour un lieu de méditation yogique avec
salutation au soleil levant ou mise en éveil des énergies. Ceux là respect,
tout le monde s’éloigne d’eux. Ils sont au dessus du panier.
Il y a aussi quelques femmes qui
marchent.
Il y a aussi des potes de tous
âges assis sur le bord de la plage sur la murette et qui refont le monde. Il y
a aussi des gens bourrés et qui s’engueulent.
On sent que tout ce monde de
jeunes et vieux est là afin de faire un minimum pour se déculpabiliser, gagner
des années de vie, améliorer une santé précaire, consolider un corps qui commence
à flétrir. C’est notre civilisation du mieux être et du jeunisme qui a débarqué
en Inde. C’est pathétique.
A cette heure il y a autant de
monde que le soir à 18h.
On marche jusqu’à la statue de
Gandhi et on coupe par le parc Barathi pour rejoindre la rue Ranga Pillai et le
Hot Breads.
Là on prend un petit dèj café
crème et croissants au beurre. Le beurre est servi avec le croissant, il faut
donc le tartiner pour en faire un croissant au beurre. Mais c’est bon, on est
ravi de ce petit déjeuner.
On revient par le quai.
C’est le quotidien qui se déroule,
l’albinos n’est pas là.
Il est 8h lorsqu’on revient à
l’appart.
Véro s’occupe des photos et moi
je prépare un bon café pour essayer de nous réveiller complètement.
Je confirme notre location et je
règle le montant de la provision.
Puis vers 10h on décide d’aller
voir Pichaya qu’on a manqué hier.
Il n’est pas chez lui, il prend
son petit dèj au Hot Breads.
On fait un saut au Hot Breads.
On le manque il vient juste de
partir. On trouve un autre ami avec qui on prend un café et qui nous parle du
coût de sa vie.
On va ensuite chez Singaram le
fournisseur des artistes de Pondy. Véro veut essayer de peindre à
l ‘acrylique pendant le séjour.
On prend le minimum nécessaire.
En sortant on salue le patron de
Fior d’India qui ouvre sa boutique et on retourne chez Pichaya.
Il est là. On lui a dit que deux
étrangers le demandent et lorsqu’il nous voit il éclate de rire.
Véro lui donne les photos qu'elle
a fait tirer pour lui. Il est content mais sa préoccupation du moment c’est de
ranger toutes ses peintures et aussi son projet de film sur Hampi.
Pour Hampi il a les bâtiments, le
bassin de la reine et les stalles des éléphants qui vont servir de décor. Il
voudrait que Véro l’aide à habiller ces bâtiments pour les fondre dans un décor
naturel. Il veut aussi que je donne mon avis sur la réalisation. On ne s’engage
pas.
Heureusement il y a une pile de
ses peintures sur la table qu’on commence à regarder. Il y a le meilleur et le
pire. Pichaya, sa peinture, on aime ou l’on déteste. Mais chez lui le pire est
parfois aussi le meilleur. Il ne peint que pour exprimer quelque chose qui veut
sortir de lui. C’est parfois la colère, c’est souvent des sentiments de
tendresse et d’admiration pour son sujet, et ce qui est étonnant c’est que tout
ce qu’il veut exprimer est bien là dans sa peinture. Il faut aimer ce qu’il
peint, il faut l’aimer lui en tant qu’individu hors norme. C’est sans doute
vrai pour tous les vrais créateurs, ceux qui veulent dire quelque chose et non
pas vendre quelque chose.
Véro lui conseille de faire un
carton à dessin avec ses peintures et de les mettre au Space elle est sûr qu’il
en vendrait.
Sans doute.
Les gens qui viennent ici à
pondy, en Inde, veulent acheter du Pondy ou de l’Inde emballé dans un cœur et
c’est pas vraiment ça la peinture de Pichaya.
Il n’est pas arrivé à mettre sur
son ordi les photos que Véro lui avait passées sur une clé. Elle lui propose de
les mettre sur un CD. Il est d’accord puis au bout d’un moment il dit : -
fait les moi tirer sur un demi format A4 je te paierai. Pas d’illusion sur le « je
te paierai » mais Véro lui propose un marché en échange, elle choisira une
de ses œuvres. Je pense qu’elle a déjà une idée, il a peint sur un petit format
un groupe de personnages verticaux. C’est comme s’il n’y avait qu’un corps pour
tous et toutes les têtes semblent être chacune sur ce corps. C’est sa
maladresse, ou sa spontanéité, ou sa créativité qui donne une présence forte à
ce groupe.
On va lui faire les tirages, on
le lui promet et on le laisse retourner au rangement de son atelier.
On veut aller déjeuner au Subuya
mais le cuistot japonais n’est pas revenu, on retourne donc déjeuner au Farm
Fresh.
Je prends une pizza et Véro des pâtes.
On revient à l’appart poser tout
notre matériel et boire un café et nous reposer pour récupérer du lever matinal.
On décide de retourner voir où en
est le repiquage du riz dans le village de Irumabai. On constate que les
nouvelles rizières n’ont pas été repiquées mais les bottes de plants sont en
place et cela ne saurait donc tarder.
On continue jusqu’au village
d’Alankuppam, qu’on traverse et on va au petit village suivant Sanjeevinanagar.
On arrête la moto devant le
temple. De toute façon on ne peut pas aller plus loin. La piste que nous avions
empruntée la semaine dernière est en train d’être goudronnée et on ne passe
pas. Tous les motards font demi-tour, pas très contents jusqu’à ce qu’au bout
d’un moment le goudron ayant durci les motos se remettent à passer.
On se balade à pieds dans tout le
village. On est objet d’une curiosité bienveillante de la part de tous les
habitants. On appréhendait un peu compte tenu de le proximité d’Auroville. Mais
Auroville doit pour eux exister sur une autre planète parce que la vie qu’on
voit ici est bien la vie des Indiens de l’Inde.
Lorsque la lumière s’estompe on
revient par Auroville justement qui est à proximité. On se perd un peu sur les
pistes en terre et on découvre des villages au milieu de ce qui est appelé ici
la ceinture verte et les gens ont l’air tout aussi étonné de nous voir que ceux
du village précédent.
On finit par déboucher au niveau
de l’entrée du Matrimandir pour la visite extérieure. A partir de là je
connais.
On file sur l’ECR.
Au niveau des boulevards d’entrée
sur Pondy, je tourne à droite pour aller chercher la rue Barathi, pour passer
au bord du marché Goubert afin d’acheter des bananes sans avoir à garer la
moto.
Au début de la rue Barathi il y a
un marchand ambulant qui vend des bananes. Je m’arrête Véro n’est pas d’accord
sur le prix. On laisse les bananes et on continue dans la rue Barathi.
Un autre marchand ambulant que
Véro connaît. Le prix est raisonnable à défaut d’être juste, elle les prend.
Je remonte la rue Calve jusqu’à
MG road et je file sur MG road jusque chez le boulanger qui est après la rue
Candappa. Véro prend du pain. Lui c’est un boulanger du soir, c’est un Indien
et il faut s’adapter. Le matin il n’ouvre qu’à 10h, mais le pain est frais le
soir. Mais si Véro veut du pain dur il peut aussi lui vendre du dur. Il est
parfait.
On tourne rue de Bussy, puis rue
Elealaman Koil arrêt chez le couturier et récupération des taies d’oreiller.
Retour à l’appart.
Photo, blog, repas salade de
concombres, tomates, olives vertes, feta d’Auroville, fromage Comté de France,
pain et bananes.
Puis pendant que je continue le
blog, Véro essaye l’acrylique.
Ça lui plait et elle va continuer
à le pratiquer.
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