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Lever vers 7h30
Moi j’ai bien dormi, Véro pas trop.
Je vais au pain. Il fait toujours bon le matin l’air est
frais, léger.
J’ai commencé le blog ce matin et
je m’y remets ce soir 18h, après quelques problèmes intestinaux.
Ce matin ça allait.
Rue mission des bouses, pas
de mendiantes devant la cathédrale, la
marchande noix de coco n’est pas là et le tas est toujours dissimulé sous la bâche
bleue.
Ashaok Landry est en train de
sortir le matériel sur le trottoir et de rentrer d’énormes sacs contenant du
linge à laver ou à repasser.
Les marchands de fraises trient
dans les barquettes les fraises abîmés et reconstituent des barquettes
fraîches.
Rue Ranga Pillai une bouse et des
femmes indiennes assises sur le trottoir en face du bureau de Sri Aurobindo
autocare service. Ce matin il y a la queue.
Au Hot Breads deux couples
prennent leur petit déjeuner dans la salle. Au comptoir il n’y a ni le
responsable ni la petite caissière. Deux gars en chemise blanche l’un avec une
casquette qui lui tombe sur le front, il est chargé de la caisse pour
l’instant. L’autre avec une charlotte sur la tête comme s’il faisait partie de
l’équipe des pâtissiers qui s’occupent derrière la vitre derrière le comptoir.
Lorsque mon pain est tranché un
homme en chemise bleue est venue prendre la responsabilité de la caisse.
Je reviens par le quai.
La femme qui dort près de la
station service n’est plus là.
Un peu plus loin je retrouve un
homme qui est souvent là le matin et dont je ne vous ai encore jamais parlé
parce qu’il y a chez lui quelque chose d’étrange que je n’arrive pas à saisir.
Mais ce matin il est assis et d’une main il se protège de la lumière du soleil.
D’habitude il est debout juste à l’endroit ou le petit canal rejoint le grand,
devant un bâtiment dont l’enseigne ancienne est « Charging Batterie ».
C’est peut-être un message.
En fait c’est juste à côté de
cette sorte de no man’s land dans lequel je n’arrive pas à voir qui habite
lorsque je passe par la rue Capitaine Marius Xavier. C’est compliqué, je
reviens à mon homme.
Ce que je vois de lui c’est
quelqu’un qui se tient verticalement mais légèrement penché vers l’avant, il ne
bouge pas. Ce qui le caractérise c’est une bouche avec trop de dents dedans,
qui débordent ses lèvres. Ensuite ce que je réalise et ce que je me dis, c’est
que c’est quelqu’un qui doit être albinos. Evidemment je n’en suis pas sûr mais
sa peau blanche est différente de celle que je vois brûlée par l’acide ou
l’alcool à brûler. Il n’a pas de cicatrices. Evidemment je ne me colle pas sous
son nez, je ne fais que passer.
Ce matin il est assis, ce qui ne
me semble pas normal.
Comme dans la vie je passe, donc
je le laisse. Mais sa position assise m’intrigue parce qu’elle ne me paraît pas
naturel, je l’ai toujours vu debout, un peu comme une canne à pêche que les
pêcheurs fixent au bord d’un lac, droite et penchée vers l’avant.
Je verrai demain s’il est encore
là ou si moi-même je ferai encore ce trajet, on n’est sûr de rien dans la vie
on l’oublie un peu trop souvent.
Je vois toujours la Renault Lodgy
rue Surcouf, toujours recouverte par les feuilles de l’acacia.
Rue Capitaine Marius Xavier un
peu avant le chantier sur la droite, un homme assis sur le trottoir replie avec
conscience son linge de nuit.
Rue Candappa de magnifiques Kolams
blanc selon la tradition dessinés sur une partie de route lavée.
On prend le petit déjeuner
Je commence à me rendre compte
que j’ai des intestins et je prends du Smecta.
On laisse la petite femme de
ménage s’occuper de l’appartement et on part pour essayer la moto. J’ai d’abord
vérifié que la bougie était bien neuve et que j’avais bien un fusible de
secours. Tout va bien.
Elle démarre sans aucune
difficulté.
On va jusqu’à rue Barathi et
derrière le marché Goubert c’est déjà la folie de Pongal. Des marchands sont
installés de partout sur la rue, on peut à peine se croiser à moto et une
voiture décide de passer là.
C’est là ou l’on dit pour se
rassurer « Incredible India » parce que tout le monde veut passer
avant l’autre. Au fond c’est rigolo, on n’est pas vraiment pressé. Je passe
quand même par la rue Thiyagumudaliyar où
une moto peut à peine passer bien que la circulation se fasse dans les
deux sens. Au bout juste avant de rejoindre la rue Sinna Supraiya Pillai, une
camionnette bloque le passage. Véro adore cette rue qui est typiquement
indienne et où l’on ne voit jamais un occidental.
Comme nous sommes plusieurs à
attendre deux hommes poussent la camionnette pour laisser le passage d’une moto
sur la gauche. En face les autres aussi veulent passer, on y arrive.
On traverse Nehru Street malgré
la densité du traffic, on passe sous le temple de Siva et je tourne à droite
rue Caltisvaran Kovil pour rejoindre la rue Barathi où nous allons pour
récupérer une gourmette que nous avons porté à réparer.
La aussi c’est impossible de se
garer.
Tout ça c’est parce que c’est
Pongal qui arrive et qu’il faut acheter, acheter, un peu comme nous pour les
fêtes de fin d’année.
On attend évidemment un bon
moment, le bijoutier est parti chercher l’objet et nous laisse seul dans la
boutique, qui contient plein de bijoux en argent. Confiance.
Lorsqu’il revient il nous
explique qu’il n’y aura plus jamais de problème sur cette gourmette. On veut
bien le croire.
Je lui laisse mon bracelet en
argent à nettoyer, il sera prêt ce soir.
J’ai pu garer la moto et l’on va à pieds au marché Goubert
prendre du café.
A pieds ce n’est pas mieux pour
circuler tellement il y a du monde. Traverser Nehru Street c’est se faufiler
dans une manif de véhicules tous plus pressés les uns que les autres, quant au
piétons ça n’existe pas.
On pénètre côté fleurs, j’espère
que jamais notre civilisation ne viendra détruire ce magnifique usage des
fleurs de toutes sortes, multicolores, débordantes des paniers, formant des
pyramides sur les étales, tressées et suspendues le long des allées. Je sais
que c’est pour des conneries de divinités mais c’est tellement beau.
Idem à l‘intérieur, la foule emplit les allées et
il faut se bousculer les uns les autres pour avancer.
On prend du café et du thé. Véro
veut essayer ce thé, car elle voudrait un thé qui soit noir comme du café et
bien sûr on n’arrive pas à en trouver. Le mieux à mon avis serait de boire du
café.
On revient dans la foule pour
récupérer la moto. Là je prends la direction de la ville blanche pour éviter le
centre de la ville indienne.
On va chez Grindé prendre des Koflet pour moi, pour la
gorge, pour la toux, pour les bronches, et de la crème de massage pour Véro,
c’est là qu’elle est la moins cher.
Véro trouve un chocolat indien
aux oranges qui a le goût effectivement du chocolat des montagnes du Kerala.
On revient mettre nos courses
dans l’appart. La petite femme de ménage est encore là. Comme on goûte le
chocolat on lui en donne aussi. Véro n’est pas sûr qu’elle l’ait mangé. Elle
pense qu’elle l’a peut-être gardé dans sa main en partant.
Midi.
On décide d’aller déjeuner à
l’Aristo.
On y va par MG road et là c’est
pareil ambiance Sunday Market alors qu’on est mercredi mais c’est Pongal. Des
embouteillages de folie, même à pieds on n’arrive pas à passer. Des Indiens
essayent de faire la circulation pour
aider notamment au niveau de la rue Natarjapayar.
On finit par arriver à l’Aristo.
Le personnel est gentil et ce qu’on mange correspond à notre attente. Véro
adore le palak paneer avec des nans, moi je prends un poulet moutarde avec du
riz.
Nous rentrons rapidement, parce
que mes intestins me disent qu’il faut se presser.
On arrive juste à temps.
Immodium, café, repos
Puis re-immodium et smecta.
On abandonne les projets d’aller
faire un tour dans la campagne autour de Pondy et vers Auroville.
Je me sens mieux et on décide
d’aller à pieds récupérer mon bracelet. C’est un peu tôt, mais on tente le coup
pour faire une promenade.
Rue Candappa il y a une nouvelle
Renault qui s’appelle « Fluence » décidément il ne s’arrête pas de
produire de nouveaux modèles chez Renault.
Rue Barathi, puis la rue Thiyagunudaliyar
que Véro aime bien. En fait on fait le même trajet que ce matin à moto.
Toujours autant de monde qui achète, achète.
Pour le bracelet
« Tomorow » On s’y attendait.
On revient par la rue Barathi, je
rentre la moto.
Antoine est là, Véro lui dit que
la robinetterie est super. Il est content. Reste la télé qui ne marche pas
depuis notre arrivée, on attend la pièce.
On boit un petit whisky en apéro,
comme c’est bon pour le coeur, ce doit être bon pour les intestins. Et je
confirme.
Véro prépare une salade de tomate
mais avec du riz, du fromage et salade de fruits.
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