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mercredi 13 janvier 2016

L'effervescence des courses de Pongal


Les photos sont ici

Lever vers 7h30

Moi j’ai  bien dormi, Véro pas trop.

Je vais au pain.  Il fait toujours bon le matin l’air est frais, léger.

J’ai commencé le blog ce matin et je m’y remets ce soir 18h, après quelques problèmes intestinaux.

Ce matin ça allait.

Rue mission des bouses, pas de  mendiantes devant la cathédrale, la marchande noix de coco n’est pas là et le tas est toujours dissimulé sous la bâche bleue.

Ashaok Landry est en train de sortir le matériel sur le trottoir et de rentrer d’énormes sacs contenant du linge à laver ou à repasser.

Les marchands de fraises trient dans les barquettes les fraises abîmés et reconstituent des barquettes fraîches.

Rue Ranga Pillai une bouse et des femmes indiennes assises sur le trottoir en face du bureau de Sri Aurobindo autocare service. Ce matin il y a la queue.

Au Hot Breads deux couples prennent leur petit déjeuner dans la salle. Au comptoir il n’y a ni le responsable ni la petite caissière. Deux gars en chemise blanche l’un avec une casquette qui lui tombe sur le front, il est chargé de la caisse pour l’instant. L’autre avec une charlotte sur la tête comme s’il faisait partie de l’équipe des pâtissiers qui s’occupent derrière la vitre derrière le comptoir.

Lorsque mon pain est tranché un homme en chemise bleue est venue prendre la responsabilité de la caisse.

Je reviens par le quai.

La femme qui dort près de la station service n’est plus là.

Un peu plus loin je retrouve un homme qui est souvent là le matin et dont je ne vous ai encore jamais parlé parce qu’il y a chez lui quelque chose d’étrange que je n’arrive pas à saisir. Mais ce matin il est assis et d’une main il se protège de la lumière du soleil. D’habitude il est debout juste à l’endroit ou le petit canal rejoint le grand, devant un bâtiment dont l’enseigne ancienne est « Charging Batterie ». C’est peut-être un message.

En fait c’est juste à côté de cette sorte de no man’s land dans lequel je n’arrive pas à voir qui habite lorsque je passe par la rue Capitaine Marius Xavier. C’est compliqué, je reviens à mon homme.

Ce que je vois de lui c’est quelqu’un qui se tient verticalement mais légèrement penché vers l’avant, il ne bouge pas. Ce qui le caractérise c’est une bouche avec trop de dents dedans, qui débordent ses lèvres. Ensuite ce que je réalise et ce que je me dis, c’est que c’est quelqu’un qui doit être albinos. Evidemment je n’en suis pas sûr mais sa peau blanche est différente de celle que je vois brûlée par l’acide ou l’alcool à brûler. Il n’a pas de cicatrices. Evidemment je ne me colle pas sous son nez, je ne fais que passer.

Ce matin il est assis, ce qui ne me semble pas normal.

Comme dans la vie je passe, donc je le laisse. Mais sa position assise m’intrigue parce qu’elle ne me paraît pas naturel, je l’ai toujours vu debout, un peu comme une canne à pêche que les pêcheurs fixent au bord d’un lac, droite et penchée vers l’avant.

Je verrai demain s’il est encore là ou si moi-même je ferai encore ce trajet, on n’est sûr de rien dans la vie on l’oublie un peu trop souvent.

Je vois toujours la Renault Lodgy rue Surcouf, toujours recouverte par les feuilles de l’acacia.

Rue Capitaine Marius Xavier un peu avant le chantier sur la droite, un homme assis sur le trottoir replie avec conscience son linge de nuit.

Rue Candappa de magnifiques Kolams blanc selon la tradition dessinés sur une partie de route lavée.

On prend le petit déjeuner
Je commence à me rendre compte que j’ai des intestins et je prends du Smecta.

On laisse la petite femme de ménage s’occuper de l’appartement et on part pour essayer la moto. J’ai d’abord vérifié que la bougie était bien neuve et que j’avais bien un fusible de secours. Tout va bien.
Elle démarre sans aucune difficulté.

On va jusqu’à rue Barathi et derrière le marché Goubert c’est déjà la folie de Pongal. Des marchands sont installés de partout sur la rue, on peut à peine se croiser à moto et une voiture décide de passer là.

C’est là ou l’on dit pour se rassurer « Incredible India » parce que tout le monde veut passer avant l’autre. Au fond c’est rigolo, on n’est pas vraiment pressé. Je passe quand même par la rue Thiyagumudaliyar où  une moto peut à peine passer bien que la circulation se fasse dans les deux sens. Au bout juste avant de rejoindre la rue Sinna Supraiya Pillai, une camionnette bloque le passage. Véro adore cette rue qui est typiquement indienne et où l’on ne voit jamais un occidental.

Comme nous sommes plusieurs à attendre deux hommes poussent la camionnette pour laisser le passage d’une moto sur la gauche. En face les autres aussi veulent passer, on y arrive.
On traverse Nehru Street malgré la densité du traffic, on passe sous le temple de Siva et je tourne à droite rue Caltisvaran Kovil pour rejoindre la rue Barathi où nous allons pour récupérer une gourmette que nous avons porté à réparer.
La aussi c’est impossible de se garer.
Tout ça c’est parce que c’est Pongal qui arrive et qu’il faut acheter, acheter, un peu comme nous pour les fêtes de fin d’année.

On attend évidemment un bon moment, le bijoutier est parti chercher l’objet et nous laisse seul dans la boutique, qui contient plein de bijoux en argent. Confiance.

Lorsqu’il revient il nous explique qu’il n’y aura plus jamais de problème sur cette gourmette. On veut bien le croire.
Je lui laisse mon bracelet en argent à nettoyer, il sera prêt ce soir.

J’ai pu garer  la moto et l’on va à pieds au marché Goubert prendre du café.
A pieds ce n’est pas mieux pour circuler tellement il y a du monde. Traverser Nehru Street c’est se faufiler dans une manif de véhicules tous plus pressés les uns que les autres, quant au piétons ça n’existe pas.
On pénètre côté fleurs, j’espère que jamais notre civilisation ne viendra détruire ce magnifique usage des fleurs de toutes sortes, multicolores, débordantes des paniers, formant des pyramides sur les étales, tressées et suspendues le long des allées. Je sais que c’est pour des conneries de divinités mais c’est tellement beau.

Idem  à l‘intérieur, la foule emplit les allées et il faut se bousculer les uns les autres pour avancer.

On prend du café et du thé. Véro veut essayer ce thé, car elle voudrait un thé qui soit noir comme du café et bien sûr on n’arrive pas à en trouver. Le mieux à mon avis serait de boire du café.

On revient dans la foule pour récupérer la moto. Là je prends la direction de la ville blanche pour éviter le centre de la ville indienne.
On va chez  Grindé prendre des Koflet pour moi, pour la gorge, pour la toux, pour les bronches, et de la crème de massage pour Véro, c’est là qu’elle est la moins cher.
Véro trouve un chocolat indien aux oranges qui a le goût effectivement du chocolat des montagnes du Kerala.

On revient mettre nos courses dans l’appart. La petite femme de ménage est encore là. Comme on goûte le chocolat on lui en donne aussi. Véro n’est pas sûr qu’elle l’ait mangé. Elle pense qu’elle l’a peut-être gardé dans sa main en partant.

Midi.

On décide d’aller déjeuner à l’Aristo.
On y va par MG road et là c’est pareil ambiance Sunday Market alors qu’on est mercredi mais c’est Pongal. Des embouteillages de folie, même à pieds on n’arrive pas à passer. Des Indiens essayent  de faire la circulation pour aider notamment au niveau de la rue Natarjapayar.

On finit par arriver à l’Aristo. Le personnel est gentil et ce qu’on mange correspond à notre attente. Véro adore le palak paneer avec des nans, moi je prends un poulet moutarde avec du riz.

Nous rentrons rapidement, parce que mes intestins me disent qu’il faut se presser.
On arrive juste à temps.

Immodium, café, repos

Puis re-immodium et smecta.

On abandonne les projets d’aller faire un tour dans la campagne autour de Pondy et vers Auroville.

Je me sens mieux et on décide d’aller à pieds récupérer mon bracelet. C’est un peu tôt, mais on tente le coup pour faire une promenade.

Rue Candappa il y a une nouvelle Renault qui s’appelle « Fluence » décidément il ne s’arrête pas de produire de nouveaux modèles chez Renault.

Rue Barathi, puis la rue Thiyagunudaliyar que Véro aime bien. En fait on fait le même trajet que ce matin à moto. Toujours autant de monde qui achète, achète.

Pour le bracelet « Tomorow » On s’y attendait.

On revient par la rue Barathi, je rentre la  moto.
Antoine est là, Véro lui dit que la robinetterie est super. Il est content. Reste la télé qui ne marche pas depuis notre arrivée, on attend la pièce.

On boit un petit whisky en apéro, comme c’est bon pour le coeur, ce doit être bon pour les intestins. Et je confirme.

Véro prépare une salade de tomate mais avec du riz, du fromage et salade de fruits.


Les photos sont ici

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