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jeudi 1 mars 2012

Chaud et poisseux

Tous les bistrots sont signalés ainsi, sur un fond tricolore bleu blanc rouge !!!!!!!


On se lève vers 8h après avoir passé une bonne nuit, dans la fraîcheur parce que le climatiseur ne s’est pas arrêté lorsque je le lui ai dit avec la télécommande.
Ça m’est déjà arrivé. Je ne sais pas pourquoi il faut maintenant appuyer deux fois sur le bouton arrêt pour qu’il s’arrête, alors qu’au début il ne fallait appuyer qu’une fois.

La nuit, à moitié endormi, il m’est difficile de compter jusqu’à deux.

Je vais à BS pour aller chercher le pain. Rien de spécial ce matin dans la rue.

Pour le pain pas de pb, pour le livre d’or, il est écrit dessus n’importe quoi avec des dessins d’enfants.
Ce qui est écrit, concerne à la fois BS et à la fois l’expo. Pour bien faire ils ont mis à côté le livre d’or de BS, et c’est la confusion.

Les commentaires sont dans le style : « Tout est bon ici sauf  les aquarelles » ou « Bof ».

En plus, on a arraché le stylo à 5R que Véro avait attaché au cahier. Impossible de casser le fil qui est celui qui sert justement à suspendre les aquarelles. Celui qui a fait ça a dû emprunter un couteau qui coupait mal car la ficelle a été broyée, effilée, avant de casser.

E me dit qu’elle veut voir Véro.

Les niches sont éclairées.

Je ne sais comment annoncer tout ce gâchis à Véro, car c’est bien la première fois que l’on voit une chose pareille.
Quel est ce besoin de méchanceté entre Français à l’étranger.

Des Français qui prennent plaisir à descendre une Française, car tous les commentaires sont en français.

Ici  on rencontre plein de gens curieux, sous l’influence de diverses philosophies ou croyances dont l’objectif est la maîtrise de soi pour se débarrasser du négatif en soi et ne voir la vie que sous une forme lumineuse.
Je me dis que cette agressivité qu’il est interdit de montrer pour passer pour quelqu’un qui sait, a ici la possibilité de s’exprimer, car certainement que sur le livre d’or de l’ashram ils doivent écrire que tout va bien et qu’ils sentent monter en eux la force positive et ici à BS, sur le livre d’or, ils se défoulent en en foutant plein la gueule à Véro. Quel courage.

Si je dis ça, c’est parce que j’ai lu tout Sri Aurobindo dans les années 60, Tout Krishnamurti dans les années 70, tout Karl Gustav Jung dans les années 80 et quand j’étais môme tous les Lobsang Rampa et je sais que ce qu’ils écrivent, était certainement très bien pour eux, mais il ne faut pas venir faire chier les autres avec tout ça.

Car à partir de là toutes les manipulations sont possibles et je crois que les gens ont un besoin réel de se défouler suite à leur stage de méditation ou de Yoga, et d’exprimer leur agressivité anonymement loin des maîtres qui en font peut-être autant d’ailleurs. Je crains que cela joue contre Véro.

Véro elle, pense qu’elle ne vendra rien dans ces conditions. 
Elle dit qu’un tableau parle à un acheteur avant qu’il ne l’achète et qu’il projette ce qu’il va en faire chez lui. Ici malheureusement tout est déjà mis en place et il est difficile, même si ça plaît et au contraire si ça ne plaît pas, d’imaginer une mise en scène chez soi. 

Elle me dit aussi que quand les gens ont le coup de cœur pour une œuvre, c'est parce que quelque chose dans l’œuvre leur a parlé, souvent un détail du tableau qui leur rappelle un souvenir, une anecdote, cela fonctionne comme une madeleine de Proust. 
Elle pense que la mise en scène de ses aquarelles va à l'encontre d'un rêve projeté. Tout est trop ficelé, trop organisé. Elle me dit : j'ai travaillé contre moi, j'ai verrouillé mes aquarelles.
Elle me donne l'exemple de ses 3 danseuses exposées dans une niche et mises en scène d'une manière un peu kitch, un peu brillante. Ces 3 tableaux sont ensemble et par le jeu de leur présentation forment un tout  indissociable et un ordre que l'on a peur de rompre. Cela va à l'encontre de toute démarche de vente. Elle est formelle là dessus. Elle me dit que pourtant elle connaissait ces règles mais que n'ayant jamais mis en scène son travail, elle n'imaginait pas à quel point cela verrouillerait son travail.
 
Ils regardent donc, s’ils regardent. Une amie B a passé du temps à BS comme pour faire  une étude de marché et elle s’est rendu compte que les gens ne regardaient pas les aquarelles. Ils entraient, achetaient, payaient, partaient.

Elles décorent si bien les lieux qu’elle en font partie.

Véro espère sans y croire que les quelques aquarelles non mises en scène pourront faire fonctionner dans la tête des gens leur imaginaire. Mais au fond, elle n’en est pas du  tout convaincue.

Le problème n’était pas du tout le même à Promenade, en majorité fréquenté par des Indiens et vraisemblablement en minorité par des Français. Les commentateurs soit étaient élogieux, soit s’abstenaient, mais il n’y a jamais eu cette agressivité.

Heureusement on part une semaine pour échapper à cet échec. Nous espérons que pris par les exigences de la route, on va même oublier tout cet investissement personnel et financier.



Après déjeuner, j’emmène la moto chez le laveur parce qu’aujourd’hui je dois aller payer le mois de mars chez F et lui demander de la vérifier pour le trip. Je veux qu’il la voit propre, pour lui montrer qu’on en prend soin, ce qui est vrai, mais propre ça fait plus vrai.

Je reviens à pied chercher Véro et nous commençons notre périple piétonnier par le distributeur automatique de billets. J’espère qu’il va distribuer des billets de 1000, heureusement il y a des clients devant moi.
Le principe du distributeur est simple, il ne peut donner au maximum que 40 billets et parfois il est chargé en billets de 1000 et parfois en billet de 500. Le pb c’est que 40 billets de 1000 ça ne fait pas la même somme que 40 billets de 500. Mais pour ma banque ce n’est pas le montant qui compte, mais le nombre de passage à l’ATM et chaque fois, quelque soit la somme, il me pique plus de 8€. J’essaye donc toujours de prendre les 40 billets de 1000 d’autant qu’on a un coffre dans l’appart.

Je regarde les gens qui opèrent devant moi, la machine leur donne bien des billets de 1000. Je viens d’économiser plus de 8€. Ouf !

On fait à pied toute la ville blanche car le laveur de moto est à l’autre bout. La moto est prête et nickel, pas chrome parce que justement sur les chromes, ils n’ont pas essuyé l’eau de lavage et il y a déjà des marques.

Ils me la font démarrer  parce que c’est une moto qui a horreur de l’eau, ça arrive, et je ne peux pas arriver à la faire démarrer. Ils sont jeunes et peuvent s’escrimer sur le kick.

Nous filons chez F car je me doute bien qu’il va vouloir me la garder un peu. La dernière fois 1h, ça a fait 4h je me dis pourvu que je la récupère ce soir.

Je lui règle jusqu’au 1er avril inclus. On part le 2 pour Chennaï prendre l’avion tôt le matin du 3 avril.

Je lui demande de vérifier en expliquant les petits défauts que je lui trouve, pas grand chose en fait.
Il faut la lui laisser 2h. Il est 11h, il me jure qu’elle sera prête à 13h. On viendra quand même un peu plus tard. On a fait 1000Km avec et il nous dit qu’on aurait dû la ramener à 500km pour vérifier l’huile. On a complètement oublié cette obligation avec tout ce que nous avons fait ces derniers temps. Ça n’a pas l’air si grave.

On revient par la rue Barathi, Véro demande à un petit réparateur de bijoux dans la rue s’il peut lui réparer un bracelet et un pendentif. Il peut. Elle, et lui se mettent d’accord sur le prix. Ce sera prêt à 16h.

On traverse le marché Goubert pour prendre du café. Puis on sort sur MG road on prend la petite rue en face qui mène à MS et on va à l’angle de Nerhu Street et de Canteen street prendre un stylo pour BS.

On suit Canteen Street en direction de Ranga Pallai pour aller à Nilgiris. On s’arrête pour boire un jus de fruit dans Ranga Pallai et on se rend compte que c’est aussi un grand magasin de fruits et de légumes.
On boit du jus de lemon sweet qui est un fruit entre l’orange et le citron. Le jus est à 30R ce qui est un peu plus cher que celui chez qui on va habituellement à l’angle de MG road qui vend le jus à 25R.

On revient en passant au Nilgiris on prend le minimum pour ces deux derniers jours.

On retourne à l’appart. Il est midi, on pose tout notre barda et on repart à BS.

Véro arrache les pages du livre d’or aux remarques dégueulasses et remet le stylo on ne sait pas jusqu’à quand il restera.

Les niches sont toujours éclairées.

Elle demande à parler à E qui m’a dit ce matin qu’elle voulait la voir. Il faut attendre, elle est avec quelqu’un. Au bout d’un moment on est fatigué de toujours attendre et l’on s’en va.

On va au magasin Fabindia dans la ville blanche en face de l’Alliance Française, Véro veut trouver des pantalons qui aillent avec les tuniques qu’elle a récupérées hier chez Aroule.

À peine sommes-nous dans la rue Suffren qu’une femme nous fait signe pour nous demander quelque chose.
En fait c’est une petite famille, le père, la mère qui est de type indien, et deux enfants en bas âge. Ils cherchent le restaurant le « Rendez vous » et nous demande si c’est bien.
Ce sont des gens qui ont vécu à Bengalore et qui maintenant sont en Suisse et sont ici en vacances.
On ne leur conseille pas le « Rendez-vous » qui est un restau très moyen avec des choses pas très bonnes.  Compte tenu de là ou nous sommes, nous leur conseillons le Satsanga.

Pendant que je leur montre sur le plan C s’arrête et discute avec Véro.
Je discute avec les Suisse qui compte tenu de l’emplacement du Satsanga vont aller aussi chez Fabindia.
Avec les enfants qui ont trois et six ans je leur conseille la plage Serenity Beach. Ils sont intéressés, ils ont un chauffeur, mais ils ne savent pas où il est. C’est l’Inde.

On se sépare. Je vais voir Véro et C.
Véro lui a raconté son aventure BS et C dit si c’est comme ça il faut tout enlever.

On ne va pas se précipiter, mais c’est aussi un peu ce qu’on pense. Véro n’est pas là pour se faire descendre chaque jour.

On verra au retour tous les délires notés sur le livre d’or. Les journées Darshan étant passées il y aura peut-être moins de folie.

Quand on se balade comme ça dans les rues de Pondy, Véro se dit que des gens comme nos amis Suisse L et Y et leur petite fille, de vrais gens dans la souffrance de vivre avec une vraie générosité parce qu’ils savent ce qu’est l’enfer, et donc la vie. Des gens comme Sri Loulou Misseye un vrai spécimen d’authenticité lui aussi, nous manquent et nous aimerions bien les rencontrer au hasard des rues, pour avoir le bonheur de voir de vrais gens dans la vraie vie.

Fabindia, la famille Suisse (pas nos amis, ceux qu'on vient de rencontrer) est là aussi. Véro cherche des couleurs assorties, puis après des tailles, tout est toujours mélangé même dans un magasin qui se veut au top.

Elle trouve deux pantalons, dont la forme et la couleur lui conviennent.

On va au Satsanga on retrouve la famille Suisse.
Aujourd’hui c’est un peu long.
Véro en profite pour aller discuter avec la femme Suisse tandis que le papa court après les enfants dans l’espace terrasse en herbes du Satsanga.
Ils sont à la Maison Perumal, ça donne tout de suite une idée de leurs finances, mais malgré tout ils trouvent que  les repas y sont chers. À la maison Perumal il y a un chef qui prépare chaque jour un repas avec ce qu’il trouve et c’est le repas du jour. Très bon, très cher, mais ça ne convient pas forcément quand on a des enfants.

 Après le repas, on part à pied à la Karnataka bank. Véro recommence à avoir mal au dos. Je porte son sac et on marche lentement.
C’est dans Mission Street près de Diva.

Véro présente son chèque, son passeport, jusqu’à la caisse tout se passe bien. À la caisse, le caissier constate qu’il n’y a pas le montant du chèque sur le compte. Mais il y a un chèque qui a été remis pour compléter, mais il n’est pas encore encaissé.
Il faudra revenir demain matin à 9h30 à l’ouverture.
Véro a massage à 9h, elle demande si je peux venir avec son passeport. La personne sera là, elle me reconnaîtra et il n’y aura pas de problème. Espérons.

De la on va chez F. La moto est prête. On la prend et on rentre à la maison.

Un café, avec la nouvelle cafetière. Au moment de la laver je me rends compte qu’il devait y avoir tellement longtemps qu’elle était en stock que le filtre est percé par de la rouille.
C’est l’Inde. L’an dernier nous avions acheté un wok et on s’est aperçu en le déballant que le rebord était voilé, mais le couvercle en verre allait quand même.

Puis Véro va se reposer tandis que je m’attaque aux comptes en ce début de mois.


On prend la moto vers 18h pour passer chez le couturier, puis après  nous nous rendons au 73 rue Pérumal pour l’inauguration de la nouvelle galerie ArtBeat.

On rencontre toujours les mêmes personnes, c’est le milieu artistique pondichérien.

K s’excuse encore pour l’histoire du chèque. On revoit Abel et Ejoumalé et leur compère Rajkoumar.
On fait la connaissance d’une Toulousaine d’origine qui a  un atelier de peinture à Pondy et qui vit ici avec son mari  prof au lycée français depuis 12 ans.

On discute longuement.

Puis on rentre, un peu fatigué de notre journée. Car la chaleur est revenue où plutôt je pense que le taux d’hygrométrie a beaucoup augmenté on ruisselle quoi qu’on fasse. On passe d’une chaleur d’été à l’atmosphère poisseuse du Sri Lanka.

4 commentaires:

  1. Ouh là... y'en a qui sont loin et même très loin de leurs idéaux, on dirait...

    M...

    J'espère que le vent tournera à la faveur de Véro
    Mamanlotus-AC

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  2. monique piaser3 mars 2012 à 02:53

    tou le monde il est pa bo tou le monde il est pa gentil !!!! et oui c'est comme ça . même labas ...; on pense à vous

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  3. monique piaser3 mars 2012 à 03:00

    tou le monde il est pa bo !!! tou le monde il est pa gentil ..; c comme ça même labas !!!! on pense à vous

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  4. LouLou Misseï6 mars 2012 à 23:40

    Sri LOuLou Misseï,
    Vous informe que vous lui avez mis les larmes aux yeux...
    Je vous embrasse

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