| Le fort danois de Tranquebar |
Ce matin on se laisse dormir pour
récupérer un peu de la fatigue des deux premiers jours. Le troisième jour est
souvent un jour plus difficile, aussi avons-nous décidé de ne pas trop nous
fatiguer aujourd'hui.
Mais heureusement il y a le
téléphone portable de Véro qui sonne à 7h45. C'est un faux n°. Certainement une
intervention divine pour nous rappeler qu'il ne faut pas flemmarder en voyage.
On descend donc à 8h prendre
notre petit-déjeuner avec les tickets de l'hôtel parce que c'est compris dans
le prix de la nuit, c'est "complementary".
On attend longuement.
Des Indiens déjeunent à la table
à côté de plats indiens ce qui va beaucoup plus vite.
Nous on attend. On ne sait pas
très bien quoi parce qu'on a commandé hier au soir.
Arrive enfin une omelette chacun
et un récipient contenant de la confiture. C'est tout, on attend la suite, au
moins des couverts. Ce que je suggère à Véro, c'est de prendre de l'omelette
avec sa main droite et de tremper le morceau dans la confiture. L'omelette n'est
pas baveuse mais très crêpe.
Je vais chercher des couverts qui
traînent sur les tables à côté mais il n'y a que des cuillères et des
fourchettes.
Véro que tout ça met de mauvaise
humeur le matin voudrait bien un couteau.
Une femme indienne prend notre parti
et demande au serveur d'apporter des assiettes et couverts avec des couteaux,
des serviettes en papier. Il revient avec tout ça plus des tranches de pain
grillé à la poêle avec du gras récent ou ancien. On veut bien essayer une
tartine mais on aimerait un peu de beurre.
Véro demande, il nous l'apporte.
Les Indiens sortent du restaurant
et montent directement dans une voiture qui les attend et ils partent.
Pour eux la vie n'est pas
compliquée. Ils arrivent le soir, dînent et se couchent à plusieurs dans une
seule chambre. Le matin petit dèj et départ. Tout va très vite. Seulement le
temps de se laver la main droite qui a servi de cuillère.
Je pense qu'il n'y a aucun
plaisir pour eux de s'arrêter ainsi le soir, c'est simplement une nécessité.
Ils prennent leur plaisir dans le voyage uniquement et les visites qu'ils font.
Impossible de manger la tartine
grasse, surgraissée au beurre et empâtée d'une confiture infecte avec un parfum
chimique de fruit.
On renonce même moi qui suis
pourtant vorace au petit dèj.
On attend toujours le café qu'on
a demandé hier soir. On le demande mais ce matin il n'y a que du thé. On veut
bien prendre du thé.
Le serveur débarrasse la table,
car on ne boit que lorsqu'on ne mange plus.
On boit notre thé et on décide
qu'on va retourner chez notre pâtissier pour s'offrir quelque chose de bon à
manger.
On remonte dans la chambre, la
connexion Internet fonctionne mieux. Véro peut charger ses photos puis le blog.
On part vers 10h.
Arrêt à la pâtisserie, il y a
aussi un marchand de thé juste à côté, on prend pâtisserie et thé.
Chez le marchand de thé il y a le
faiseur de thé, le serveur qui nous apporte le thé car nous sommes assis
sur un banc et un caissier qui
encaisse les 14R des deux thés. Je me dis que la marge doit être énorme pour
que cette petite activité fasse vivre trois personnes.
On part en direction de Poompuhar
qui est une ville à environ 30km au nord de Karaikal. Ce qui nous attire vers
cette ville c'est son histoire, cette ville aurait disparu dans la mer et on
retrouve ses restes à environ 7km des côtes. C'était une ville célèbre dans
l'Antiquité qui faisait du commerce avec Rome.
Arrivée, on est un peu déçu parce
qu'on ne retrouve rien de tout ça. La côte enrochée n'est même pas très belle.
On voit quelques fouilles qui ont mis à jour un bassin portuaire de petites
dimensions.
On décide de retourner sur
Tranquebar par une petite route côtière qui semble directe entre Poompuhar et
Tranquebar.
On prend la route dans le centre
de Poompuhar et on file vers le sud. L'océan est à gauche et ça nous semble
bien.
Mais on arrive dans un
cul-de-sac, un petit port sans eau. Autour des fontaines des dizaines de pots
en plastique de toutes les couleurs et des femmes occupées à les remplir et à
les transporter.
On revient sur nos pas. Je suis
un peu inquiet parce qu'on est perdu dans la nature et je n'ai pas fait le
plein en partant ce matin.
On s'arrête souvent pour demander
notre route à des gentils Indiens mais qui ne parlent pas anglais, on a
l'impression quand même qu'ils savent ce qu'est Tranquebar ou Taragambadi.
On finit à nouveau dans un
village cul de sac et il nous faut faire demi-tour. D'explication en
explication on finit par arriver par une autre route dans ce même village cul
de sac.
C'est la première fois que je
vois des villages cul-de-sac. En fait on a l'impression en roulant que toute
les terres de la région peuvent être inondées ou asséchées au gré des
cultivateurs ce qui m'explique ces village cul de sac qui doivent être entourés
de terres inondables.
Re demi-tours, on finit par
trouver une petite route suite à une indication précise de l'un de nos
interlocuteurs qui nous a parlé d'un chemin à gauche après un château d'eau.
Mais soudain on longe une rivière
assez large et on se dit qu'il va bien falloir la traverser pour aller au sud.
En effet devant nous se dresse un
pont étroit qu'il faut escalader et partager avec un énorme pipe line en son
milieu, pas de garde fou.
Véro prudente dit je descends et
je passe à pied. J'ai juste la largeur de la moto ma seule inquiétude est de monter
la côte qui fait accéder au pont. 1ère et j'y suis. Il s'agit
simplement de ne pas toucher le pipe-line pour rester bien dans la ligne.
Je passe sans autre problème et
Véro prend sur elle pour traverser à pied. Il y a un petit village et on entend
les gens dire en nous voyant américan, américan. On ne s'attarde pas.
Une dernière erreur vers un
village cul de sac. On revient sur nos pas et on finit par trouver la bonne
direction en demandant à chaque carrefour la bonne direction.
Il est 13h30 lorsqu'on arrive à
Tranquebar et on va directement à l'hôtel "Bungalow on the beach" qui
est un très grand hôtel et où on a décidé de s'arrêter pour manger.
On retrouve la civilisation donc
des blancs mais pas beaucoup quand même.
On prend notre temps et on reste
deux heures à déjeuner à l'ombre sur la terrasse.
Lorsqu'on a récupéré de notre
ensoleillement de la matinée, on part à pied pour visiter Tranquebar.
Cette partie de la ville
touristique est un peu une ville morte.
On remonte la rue principale
jusqu'à la porte d'entrée. On s'arrête pour voir un petit temple
protestant, puis on revient voir
le musée de la marine. Grand nom pour peu de choses mais quand même une
chelingue, ces embarcations qui permettaient de débarquer ou d'embarquer les
passagers des bateaux venant d'occident et de décharger ou charger les
marchandises.
Le conservateur tente de nous
émouvoir en ne faisant que nous parler du tsunami et nous montre des photos.
C'est simplement une grosse inondation de la ville qu'on voit sur ces photos.
L'impression qu'on a c'est qu'il n'y a pas eu beaucoup de dégâts ici.
On va voir le fort qui est ce
qu'il y a de plus important. Dès le XVIème siècle les danois sont autorisés par
le Nayak du coin à construire un fort et des entrepôts.
Un petit musée mal éclairé. Une
architecture qui fait penser à une architecture saharienne. On fait le tour à
pied, on visite les pièces qui recevaient les marchandises ou servaient de
prison.
Il est 17h, on revient à Karaikal
qui n'est qu'à 11km. On fait le plein de la moto parce que demain on a de la
route à faire.
On rentre à l'hôtel et on règle
notre note parce qu'on va partir de bonne heure.
On a passé une journée calme et
sans vie par rapport à hier avec la foule de Valangani et de Nagore. En fait
Tranquebar est un lieu touristique qui n'intéresse que les Danois ou presque.
Les Indiens ne sont pas concernés et la vie n'y est pas présente.
Internet fonctionne bien Véro
peut charger ses photos.
On va manger dans un petit
restaurant près de l'hôtel qu'on a remarqué hier soir et qui se caractérisait
vu de l'extérieur par une propreté maladive.
On ne va pas très loin parce que
marcher dans Karaikal n'est pas très agréable, les égouts de chaque côté des
rues sont à l'air libre. Je vous laisse imaginer.
On prend chacun un Roast Paper,
sorte de crêpe qu'il faut manger avec des sauces improbables alors que ça
pourrait être très bon avec du Nutella.
Ici pas de salade Véro n'aura pas
à demander ce qu'il y a dedans et ne sachant que répondre le garçon de l'hôtel
lui avait répondu, il n'y en a plus.
Vu de l'intérieur c'est toujours
aussi propre. Finalement il vaut mieux un vrai restau indien, qu'un restau qui
essaie de se faire occidental.
On revient à l'hôtel.
Préparation des bagages pour ne
pas perdre trop de temps demain matin.
Demain on ne sait pas où l'on
sera, peut-être qu'il n'y aura pas de blog.
L'étape prévue c'est Karaikkudi
dans le Chetinad.
Merci pour ce beau reportage!
RépondreSupprimerBises
Yan