| Dans le miroir |
Le réveille sonne à 6h, c'est dur
parce qu'on dormait bien. Le lit de au moins 1,80m a un très bon matelas. On ne
dort pas sur une planche et ça fait la différence.
On se prépare vite. On planque
l'ordi et le kindle dans un placard.
En descendant on réveille le
veilleur de nuit qui dort sur le sol de la réception avec quelqu'un d'autre.
Il se lève mais la porte est
ouverte et le portail aussi est ouvert.
Dehors il fait déjà chaud je ne
retrouve pas la petite fraîcheur du matin de Pondy.
On part, on ne s'est pas
renseigné hier sur la direction, mais je me dis que la route d'hier soir qui
menait à la plage, en passant le pont et en gardant l'océan à gauche on ne peut
pas être dans la mauvaise direction.
J'essaye d'aller le plus possible
vers l'océan et on se retrouve dans la zone de l'hôpital. Ce n'est pas la bonne
route mais toutes les petites boutiques sont déjà ouvertes pour les familles
qui viennent ici acheter de la nourriture pour leur parent hospitalisé, ou pour
les malades qui sortent de l'établissement pour venir s'offrir un thé ou
quelque chose à manger.
On commande deux thés et on sort notre petit
déjeuner acheter hier soir chez le pâtissier. On limite notre repas à un
biscuit et au thé compte tenu de la propreté du lieu et des catarrheux qui
viennent s'installer à côté de nous.
On reprend la route et assez
rapidement des panneaux indicateurs nous indiquent la direction de
Negappattinam.
La route n'est pas trop mauvaise.
Le soleil commence sa course pour
la journée et on s'arrête plusieurs fois pour des photos.
On passe rapidement Nagore où on
s'arrêtera au retour. On traverse Nagappattinam et on fonce vers Vélangani
grand centre de pèlerinage chrétien.
Ce qu'on découvre c'est Lourdes
au bord de la mer. Sauf que Lourdes est dans les choux parce qu'ici la vierge
est apparue au XVIème siècle à un petit berger, et depuis, plusieurs autres
apparitions et miracles ont confirmé la sainteté du lieu.
La particularité du lieu c'est
qu'il attire les dévots de toutes les religions, chrétiens, hindous, musulmans
affluent.
La basilique blanche, immense est
le cœur de Velangani, toute la ville jusqu'à l'océan s'étale autour d'elle.
Tout est bien organisé, commerce
oblige il y a même un parking pour les motos des pèlerins comme nous, à 5R la
journée.
On se fond dans la foule, mais
pour nous c'est aussi chiant que Lourdes, bien que ce soit dimanche et que
l'église est pleine de monde et que les chants religieux baignent toute la
ville à grands coups de haut parleur.
On visite le petit musée où les
objets laissés par ceux dont le vœu a réussi sont présentés derrière des
vitrines avec leur lettre de remerciement.
Il y a les objets sans valeur,
puis les objets en argent, puis les objets en or. La hiérarchie de pognon est
respectée. Normal, ou en argent ou en or il y toutes sortes d'objets, des
médailles des chaînes, tous les bijoux existants, des stylos pour les réussites
aux examerns, des petits berceaux pour les enfants désirés. Pour une fois les
époux ne sont venus que tous les deux et on couché seuls dans un lit ce qui ne
leur était sans doute jamais arrivé et miracle un bébé. C'est franchement
étonnant. Il y a aussi de petites truelles peut-être pour avoir eu une maison.
Des stéthoscopes pour des études de médecine réussies, des vrais ou des
stylisés en argent ou en or.
Des représentations en or ou en
argent de corps ou de membres guéris. Des cœurs aussi en or ou en argent offert
par de jeunes mariés. Un vrai capharnaüm d'objet.
On prend la rue qui mène à
l'océan. Elle est bordée de marchands de tout ce qu'on peut vouloir dans la vie
et même le reste jusque sur la plage avec aussi des manèges pour enfant qui
tournent à la force de leur propriétaire.
Il y a aussi des vendeurs de
cierges multicolores, pas de cierge blanc.
La boutique qui nous attire est
celle qui propose aux pèlerinx de leur couper les cheveux pour que leur vœu se
réalise. Couper les cheveux ça veut dire la boule à zéro pour les hommes et les
enfants. Les femmes elles ne se font couper que les pointes.
C'est bien organisé. Passage à la
caisse ou à la machine qui fournit un ticket. Après il suffit d'attendre son
tour en s'asseyant sur les bancs au milieu de l'immense pièce. Sur les bords
des tondeurs si l'on peut dire.
Ils mouillent les cheveux et
presque en un rien de temps avec un rasoir coupe chou ils vous mettent la boule
à zéro.
Des enfants hurlent, des familles
s'amusent à passer chacun à leur tour. Les enfants après se touchent la tête
pour voir certainement si c'est vrai.
C'est le meilleur moment de la
visite à Vélangani.
Une boutique restaurant vent des
cochons d'Inde qui viennent c'est certifié, d'Australie, on n'arrête pas la
mondialisation. On ne demande pas plus de précision parce qu'il nous semble que
c'est pour être mangé et qu'ils sont là, comme on choisit son homard.
Une femme vend une sorte
d'onguent jaune que les fraîchement tondus se passent sur le crâne ce qui les
fait ressembler à un œuf.
On reprend la moto et on repart à
la recherche d'un hôtel où l'on pourra pendre un petit déjeuner, au hasard on
s'arrête à l'hôtel Seagate et son restaurant le Restaurant Family.
On y entre, il fait noir comme
dans une cave, toujours cette peur d'éclairer.
On s'installe à une table où il y
a déjà un couple. Lui mange un dosaï, elle rien.
On commande du thé, un lassi et
tartine beurre confiture pour moi.
Tout est très bon et les
toilettes sont relativement propres.
Il est 9h du matin et on reprend
la route pour la pointe Calimère.
On traverse des paysages divers,
une immensité de champs de riz
après le moisson, on imagine en janvier quand tout est vert ce doit être un
véritable océan. On est dans la delta de la Cauvery et on traverse de nombreux
ruisseaux. L'eau est aussi à fleur de sol. Puis tout à coup c'est un paysage de
savane avec de petits arbres africain Tout est extraordinairement plat et la
route est bonne c'est un plaisir à moto, plein de virages qui s'enchaînent et
pas trop de circulation.
On traverse quelque chose qui
ressemble à d'anciennes salines. Il y a comme aux environs de Karaikal des
chevaux qui comme les vaches et les chèvres vaquent au bord de la route.
Soudain on a un paysage étonnant
c'est comme un gaufre immense avec sur chaque croisement un petit tas blanc de
sel à perte de vue.
Des gens travaillent là. Les uns
dans le creux de la gaufre ratissent le sel. D'autres hommes ou femmes
transportent sur leur tête des récipients ronds de sel. Au bord de la route le
sel est mis dans des sacs jaunes de 50kg que transportent des camions. Des
femmes assises près des tas remplissent de petits sacs en plastique transparent
d'environ 1Kg.
On s'arrête pour regarder ce
travail magnifique et ce décor exceptionnel comme une œuvre d'art abstraite.
Puis on passe une rivière et
c'est une forêt qui nous accueille. Des singes en quantité au bord de la route nous
regardent passer surtout là où il y a des casse-vitesse ça doit les amuser.
Enfin on arrive à la pointe
Calimère. Un village de pêcheurs et l'océan devant, un bout du monde comme on
aime.
On revient pour s'arrêter dans un
guest V.M.Thandapani que Véro a aperçu à l'aller. C'est fermé, on réussit à se
faire ouvrir et on peut déjeuner mais il n'y a rien. Tout est fait pour attirer
les clients, mais le restaurant est en construction. On va nous servir sur une
table qui sert vraisemblablement pour le petit-dèj. On nous ouvre une chambre
pour les toilettes. Il y a des affaires à l'intérieur. Les gens sont gentils
pour nous faire patienter on monte sur la terrasse en travaux et ils nous
montrent tout le paysage alentour avec l'océan et ses dauphins, un no man's
land entre terre et océan où les oiseaux migrateurs s'installent en janvier et
la forêt ou des animaux sauvages peuvent être vus.
Ils nous montrent un DVD puis un
document fait par l'Etat indien sur la région. Véro est fatiguée. Nos noodles
arrivent dans une petite boîte métallique et on monte les manger près des
chambres. Ce n'est pas mauvais, ça ne pique pas.
On les remercie et on les laisse
pour remonter. Il est 13H
En route on s'arrête pour voir
l'empreinte des pieds de Sri Rama ; C'est un petit temple qui recouvre
effectivement deux empreintes de pieds mais je veux bien me faire hindou si
c'est réellement un dieu qui les a laissées.
Une sorte de tourelle nous permet
de voir toute la région qui est magnifique.
On remonte le même paysage de
saline, de savane, de rizière. Sur la route, je pousse un peu la moto et un
Indien se prend au jeu, je veux le laisser doubler mais lui veut que je
continue à rouler vite pour nous suivre.
On le fait encore un peu puis on
se perd.
Nouvel arrêt à Velangani au restaurant
Family de l'hôtel Seagate pour un dessert et pour boire et pour les toilettes.
On repart pour s'arrêter à Nagore
où il y a aussi un dargha ou git un saint musulman du 23ème
descendant en directe du prophète.
La merveille de la journée.
On a un peu hésité après avoir vu le dargha de Karaikal dont je
vous ai parlé hier. C'était sur la route.
Nagore entre Karaikal et Nagappattinam.
Je m'arrête dans la rue principale pour demander et les gens comprennent le mot
dargha et se montrent très gentils pour nous indiquer où il se trouve. On a
toujours un peu des a priori avec les musulmans.
De gentillesse en gentillesse on
y arrive. C'est un ensemble imposant ouvert dans lequel on peut entrer.
Je cherche un endroit pour mettre
la moto quand un barbu me fait des signes pour m'indiquer où l'on gare les
motos. Il fait plus que des gestes, il me suit jusqu'à ce que j'arrête.
On attache les casques, on pose
les chaussures et le barbu est toujours là et il nous fait signe de la suivre.
On pénètre dans un premier hall avec des boutiques de chaque côté. Au bout on
se rend compte qu'on a passé une première enceinte. Il y a beaucoup de monde
des gens debout qui marchent des gens assis à même le sol, des pigeons enfermés
dans une cage et on pénètre dans la partie suivante composée de centaines de
piliers qui soutiennent des voûtes comme des alvéoles. Sur la gauche il y a des
portes en argent fermées.
L'homme nous fait acheter pour
20R d'offrandes à faire. On le suit toujours dans cette partie qui est assez
grande à la fois sombre et lumineuse. Il partage les offrandes entre Véro et
moi et nous sépare ce qui ne m'étonne pas trop pour des musulmans.
Je pénètre dans une porte
d'argent ouverte et j'ai lu dans la guide qu'on accédait au mausolée par 7
portes d'argent. Je pense donc être dans la bonne direction.
On me fait asseoir et un homme
jeune vient et commence à me demander mon nom et avec une sorte de balai me
touche la tête tout en disant des prières.
On amène un cahier dans lequel il
veut que j'écrive mon nom. Je regarde le contenu du cahier et je vois que ce
sont des dons qui sont notés avec montant et nom du donateur. Je connais bien
cette arnaque pour l'avoir subie souvent avec les bouddhistes du Sri Lanka.
Comme par hasard les sommes sont énormes 25000R, 50000 etc.
Je lui dis qu'il n'est pas
question que j'inscrive mon nom et que je paie quoique ce soit. Je suis entouré
de toute une équipe de jeunes musulmans, mais je n'ai même pas pensé à avoir
peur ou à appréhender quoi que ce soit je me lève et je sors. Et j'entends en
anglais : attend écoute moi. Je n'attends rien je ressors de ce guet-apens et
je retrouve Véro dans le hall aux piliers qui se marre et me demande si j'ai
subi comme elle l'arnaque au fric. Pour elle ça a été un peu plus dur parce que
je pensais que ce serait des femmes qui seraient avec elle mais apparemment
pour le fric l'islam ne fait plus la distinction. C'était le méchant barbu qui
voulait lui piquer du fric. Véro bonne poire voulait bien donner 100R mais lui voulait des euros, puis devant sa
détermination 500R, puis finalement il se contenterait de 100R. Véro ne lui a
rien donné et elle a dit qu'elle voulait retrouver son mari. Tout le monde
autour d'elle a alors disparu et nous nous sommes retrouvés.
Ça commençait très très mal et nous
étions sur le point de repartir mais ce que nous avions sous les yeux relevait
d'un palais des mille et une nuit en miniature, une architecture étonnante et
colorée.
Personne ne semble plus faire
attention à nous et on décide d'avancer encore davantage. On arrive dans une
cour ou de mini caravansérails permettent aux gens de s'asseoir ou de se
reposer. On traverse complètement l'ouvrage et on ressort du côté où il y a un
grand bassin pour les ablutions et une salle pour se faire raser la tête
lorsqu'un vœu a été exaucé. Pas de différence entre cathos et musulmans sur ce
point. Le saint enterré ici faisait aussi des tas de miracles.
On revient à l'intérieur et les
gens qui sont là sont étonnés de nous voir et sont tous très accueillants avec
nous.
Une femme emmène Véro dans un
lieu réservé aux femmes, là où elles se découvrent un peu et montrent leur
visage. Les gens se laissent photographier mais encore plus étonnant pour de musulmans, ils veulent
être photographiés.
On attend avec tout ce monde,
assis comme eux on attend que la lumière baisse pour les photos. On reste ainsi
plus d'une heure et on fait partie des lieux. Les gens viennent nous parler, de
leur famille. Des filles voilées adolescentes demandent à Véro son nom.
Il y a chez ces musulmans quelque
chose qui tient du comportement indien
et qui les rend sympathiques.
Une sorte de gardien de la
révolution iranienne habillé dans une tenue militaire et tenant un grand et
gros bâton à la main vient dire à Véro qu'il ne faut pas croiser les jambes
dans ce lieu. Elle s'exécute et reste assise les jambes écartées.
On revient vers l'entrée là où il
y a la moto et je vois un Indien sur une Enfield qui boit un jus de citron. Je
lui dis qu'il a une belle moto et je lui montre la nôtre qui en jette malgré
son âge. On se met à parler. Sa grand mère qui était de Karaikal était
française à l'époque, mais le français s'est perdu.
Il ne nous conseille pas de boire
un jus de citron ici sauf si on donne notre minérale, ce qu'on fait.
On se sépare et on retourne dans
ce petit palais merveilleux pour les photos avec la lumière qui commence à être
bien, il est près de 17h.
Puis on récupère nos chaussures
et on fait le tour extérieur. Le dargha est bordé de commerces de toute sorte
et aussi de petits restaurants.
On reprend la moto et on revient,
on se rend compte que c'est à 20mn de Kairikal.
C'est un endroit à ne pas
manquer. Il faut faire attention à l'arnaque à l'entrée et c'est bon.
À l'hôtel je commence le blog
pendant que Véro se douche
Puis on va dîner dans un petit
restau en ville Le Mauriya. La raÏta est très bonne et la pizza aux champignons
contient plus de poivron que de champignons.
À l'hôtel il y a beaucoup de
motos et de voitures peut-être que comme c'est dimanche chacun vient au
restaurant.
Je regarde France Irlande pendant
que Véro trie ses photos. Pas terrible le match, par contre très bonnes les
photos.
Elle n'arrive pas à les charger
ce soir la connexion Internet rame. Vous aurez le blog demain matin si la
connexion fonctionne mieux.
On a réusi a faire dans la
journée Toulouse Albi aller retour quand même, ou Voiron Lyon et on est crevé.
la photo dans le miroir super , et les autres aussi bien sur !!! voyage très agréable , on vous suit ..
RépondreSupprimerMagnifique récit, sublimes photos. Tu as pris des couleurs Véro. Biz
RépondreSupprimerMamanlotus-AC
Bonjour les GoJoJo,
RépondreSupprimerLa photo dans le miroir le jour de mon anniversaire c'est juste votre clin d'oeil à mon attention je l'ai bien compris...
Merveilleux ce que vous me faite découvrir, et ces couleurs Véro, j'espère que tu vas être inspirée !!!
Maha Sri LouLou Misseï vous embrasse