Hier
soir les coupures de courant brutales, répétées et intempestives ont
mis KO l'alimentation de notre Mac et donc nous ne pouvons plus le
recharger. On tourne sur les 2-3 heures de batterie qu'il nous reste et
on ne se connecte plus que pour regarder les mails.
Une
amie va aller à Chennai et nous rapportera peut être un adaptateur
secteur dimanche prochain. Sinon on va essayer de retour à Pondy de se
connecter sur le petit G4. Mais pas certain qu'on arrive à charger le
blog, on verra.
Bises à tous et on économise la batterie.
| Maisons palais Chettiar |
Vers
4h30 je suis réveillé par quelque chose qui se déplace sur mon épaule gauche.
D’un coup de main j’envoie balader la bestiole puis je prends la lampe de poche
qui entre nos oreillers . Ce n’est qu’un petit cafard qui cherche à se
dissimuler où il peut. D’un nouveau coup de main je l’envoie se promener par
terre pour aller vivre sa vie et je me rendors jusqu’à 7h30.
Je
me lève, je veux démarrer le Mac, je me rends compte qu’il n’est pas alimenté
bien qu’il y ait du courant. Je pense que c’est la prise murale. Je change de
prise, même résultat.
Sur
la seconde prise il y avait branché un Good Night qui fonctionnait. Je l’essaye
sur la première prise, il fonctionne. Ce n’est pas un problème de prise.
J’hésite
à tirer la conclusion que suite aux nombreuses coupures de courant d’hier
pendant qu’on préparait le blog, le transfo de l’alim a pété.
Du
coup je n’ose plus réveiller Véro, pour lui annoncer la nouvelle. Ça peut vouloir
dire plus d’ordi jusqu’à notre départ. Il reste quand même à l’appart le petit
IBook G4 sur lequel on pourra peut-être mettre la clé 3G.
Véro
se réveille, le choc n’est pas si violent. Elle se souvient que E a un Mac et
que parmi les chercheurs de l’Institut, il y en a qui ont aussi des Mac.
Véro
appelle E et elle dit qu’elle va se renseigner.
Autre
malheur du matin Véro pète sa brosse à ongles en la faisant tomber sur le
carrelage. Une Véro sans brosse à ongles c’est comme une cuisinière sans couteau.
Elle pense qu’on peut la recoller.
On
part en ville prendre le petit dèj thé et pain aux raisins.
On
revient à l’hôtel parce qu’avec toutes ces perturbations matinales on a oublié
de faire mon pansement à la jambe. Je me suis brûlé avec le pot d’échappement à
Pondy et ça va bien mais je protège la brûlure parce que parfois en roulant le
kick vient me taper contre la
jambe à ce niveau.
A
la station service en face de l’hôtel on prend de l’essence. Puis en ville on
s’arrête prendre une bouteille d’eau pour la route.
On
galère un peu pour sortir de Karaikkudi, en fait c’est la direction de Trichy
mais on ne s’en rend compte que lorsqu’on est sur la bonne route.
A
10km on s’arrête au village de Kovilur qui est sur un des circuits que nous a
passé C.
En
bord de route il y a de grandes maisons de Chettiar. On les regarde et Véro
prend des photos. Un homme nous dit qu’à l’intérieur du village il y a une très
belle maison que l’on peut visiter.
Dans
la rue pour y aller coup de fil de E, elle a obtenu des renseignements, à
Chennai il y a plusieurs distributeurs Apple, chez qui on devrait trouver
l’alimentation. Elle-même va à Chennai samedi, et elle veut bien nous la
prendre si on lui donne précisément les références. Elle dit que ça l’intéresse
d’autant plus qu’elle a un mac et qu’elle ne s’est jamais posé le problème.
On
arrive devant la belle maison Chettiar, dans laquelle on peut entrer. Un homme
qui sert de guide nous dit que c’est 50R chacun.
On
paie et la visite commence.
On
obtient des informations sur le phénomène Chettiar. Dans les 75 villages du
Chettinad il y a eu jusqu’à 10 000 maisons de ce type. Soit 10 000 gus pleins
aux as qui avaient fait fortune dans le commerce naval alors que nous sommes à
150km de l’océan et qui ont fait construire un palais au pays.
Tout
ça me semble un peu mystérieux quand même. Mais les maisons ou ce qui en reste
sont là.
Elles
ont entre 150 ans pour les plus anciennes et 100 ans pour les plus récentes
lesquelles sont parfois dans un style qui rappelle sur leur façade l’art
nouveau.
Elles
sont toutes construites selon un plan commun.
Une
entrée couverte qui mène au hall de réception vaste terrasse en granit noir
avec des piliers en teck de Birmanie. Chaque pilier étant à l’origine un arbre
il y en a huit ici.
On
passe une porte qui donne dans un autre hall avec d’autres piliers qui fait
communiquer avec une cour intérieure ouverte où l’on récupère aux quatre angles
dans quatre énormes jarres l’eau de pluie. Tout autour des pièces donnent sur
cette cour.
En
tout nous dit le guide, il y a 40 pièces dans la maison.
Après
la cour, une autre porte qui donne dans le hall des femmes et après vient la
cuisine et l’espace des serviteurs et enfin la sortie sur la rue suivante.
La porte de service en quelque
sorte.
Sur
la droite de la cour quand on entre, il y a un passage entre les chambres qui
donne dans une très grande pièce mixte, hommes et femmes pouvaient y venir pour
manger. Au fond cette pièce communique avec les cuisines.
Le
guide est très fier de nous montrer de chaque côté de la porte qui va aux
cuisines, l’invention des Chettiars, des armoires encastrées dans le mur, ce
qu’on appellerait nous tout bêtement des placards, mais on le laisse à ses
illusions.
On
monte à l’étage qui est réservé aux hommes mais Véro peut venir. Un grand hall
de la même dimension que celui qui est au-dessous devant la cour. Une grande
pièce de réception avec balcon au-dessus du hall de réception. Aux extrémités
de cette pièce deux chambres. Et tout autour des chambres très petites dans lesquelles
on dormait sur des carpettes en non pas dans des lits.
Les
murs sont recouverts d’un enduit à l’œuf qui fait la paroi très douce au
toucher.
À
l’intérieur de la maison il règne une fraîcheur sans clim. Il n’y a pas de
sanitaires de salle de bain ou de point d’eau, pour garder les moustiques à
l’extérieur.
A
l’extérieur il y a le coin toilettes des domestiques, une étable pour les
vaches et le lait, et les toilettes des maîtres.
Voilà
on a fait le tour de cette maison palais, dont l’architecture a quelque chose
de vénitien et dont les couleurs perdues sont remplacées par des tons rouille
de la pierre qui leur donne un caractère métallique accentué par la sécheresse
du décor.
On
reprend la moto pour aller à Kanadukattam, qu’on passe allègrement sans s’en rendre compte et on revient sur
nos pas.
Dans
le village on va directement au palais qu’on avait visité il y a 13 ans et qui
fait la renommée du village parce qu’il est toujours habité donc entretenu avec
un extérieur très coloré et un intérieur meublé.
On
se gare devant, le gardien vient nous dire, que depuis deux ans il n’est plus
possible de le visiter.
On
est déçu.
On
parcours le village de long en large à la recherche d’un tisserand que nous a
indiqué C. Sur le plan on le situe bien mais on ne le trouve pas, en fait il a
déménagé et se trouve à une autre extrémité du village un endroit où
semble-t-il ils vont réhabiliter les maisons.
Le
tisserand veut nous faire le coup du mec qui file au rouet et qui tisse au
métier manuel. L’intérêt de ce métier à tisser c’est qu’il est à même le sol et
qu’il y a dessous une fosse comme pour les voitures chez un garagiste pour
aller passer les fils et construire la trame.
On
fait comprendre au tisserand que pour sa démo il se trompe de touristes, nous
ce qu’on veut voir c’est ce qu’il fait. Ce qu’il nous montre ne correspond pas
aux prix indiqués par C. C’est beaucoup plus cher et mal fini d’après l’œil
expert de Véro.
Il
est midi, on décide d’aller déjeuner à Sarath Villas dont on nous a beaucoup
parlé. Une maison tenu par deux français architectes et qui l’ont retapé en
hôtel de luxe. 8 chambres.
On
nous donne la direction du village de Kotamangalam où ils sont mais il n’y a
aucune indication pour les trouver. On est obligé de demander plusieurs fois. Arrivés
dans le village il n’y a plus besoin de demander, dès qu’ils nous voient
hésiter, les habitants nous indiquent la direction. C’est amusant pour nous et
désespérant pour eux car ils savent qu’on ne vient pas pour autre chose.
On
se gare sur le parking aménagé qui est en face de la maison. C’est une superbe
maison repeinte qui a été remise en l’état d’origine. Elle contraste avec les
autres maisons couleur rouille et non retapée.
L’accueil
est un peu bizarre parce que lorsqu’on demande si l’on peut déjeuner, le
personnage en face de nous nous demande si on est à l’hôtel. 8 chambres et il
ne connaît pas ses clients.
On
lui dit non, il nous questionne pour savoir dans quel hôtel on loge. On lui dit
qu’on est au Malaar autant lui dire qu’on loge dans une HLM. 1000R la chambre
et ici plus de 5000R.
Il
nous demande comment on est venu si nous avons un chauffeur. Véro lui dit qu’on
est à moto et rajoute : j’ai l’impression que l’on baisse de plus en plus dans
les critères de clientèle. Il nous rassure, c’est simplement comme il n’est pas
sûr que nous puissions déjeuner, pour savoir si nous avons un moyen de
transport.
Pas
très convaincant comme argument, venir dans le trou du cul du Chettinad sans
moyen de transport ce serait très fort.
Il
part. Il revient au bout d’un moment avec un plateau sur lequel il y a une
bouteille d’eau et des verres pour nous dire qu’il ne peut pas nous faire à
déjeuner le cuisinier est parti.
Il
nous sert un verre d’eau, pendant qu’on boit son associé arrive, et se met à
boire dans son verre. Familier l’associé.
L’associé
nous fait visiter les chambres du bas. On est curieux de savoir comment à
partir de si petites chambres comme nous avons vu ils ont réussi à faire des
chambres à 5000R.
En
fait ils se sont servi des chambres comme des entrées et ils y ont aussi mis
les sanitaires dans la chambre qui elle a été prise sur la grande salle cuisine
que nous avons vue. Ils ont cassé des murs et créé les sanitaires. Ils ont ainsi pu faire 4 chambres de ce
côté. Les chambres sont très bien aménagées, c’est très beau. On n’en verra pas
plus. Des clients arrivent qui ont un problème de voiture ou de chauffeur et
qui reviennent pour déjeuner. Ils vont rappeler le cuisinier, mais pas pour
nous.
On
réalise malgré tout que ce sont des maisons sans jardin, sans piscine, dont il
n’y a rien d’autre à faire que d’en sortir. Quel intérêt de venir uniquement
dormir dans un palais ?
On
reprend la moto et on repart vers le village d’où on vient : Kanadukattam, Véro
y a repéré un petit restau.
Les
prix sont corrects et on n’a pas le choix. Byrianni poulet rien à dire c’est
copieux et bon et servi dans des assiettes. C’est mieux qu’au Bangala où je
crois que les clients sont pris pour des cons.
Un
jeune couple arrive, ils sont français. On engage la conversation. Ils habitent
Lyon, elle grande gigue fragile exerce le métier de fleuriste, lui brun pruneau
avec des Ray Ban qui lui mange le visage, il est dessinateur industriel.
Ils
sont arrivés à Chennai et en 15 jours compte faire Pondy le Chettinad, Madurai,
et le Kerala. Ils sont déjà allé en Chine dans ces conditions.
Leur
côté sympa c’est qu’ils ont détesté Auroville, ont eu le sentiment qu’on les
prenait pour des cons pour voir un morceau de verre enfermé dans une boîte en
or.
Au
bout de deux heures ont est prêt à repartir pour affronter à nouveau la chaleur
écrasante du Chettinad. Ici dès qu’on ne roule plus on est couvert de sueur.
Avant
de partir le jeune couple distribue des stylos qu’ils ont amenés de Lyon, ça
nous fait sourire. S’ils savaient que Véro achètent ses stylos ici parce qu’ils
sont très bons.
Ils
vont à Maduraï et nous à Tirumayam pour voir un fort.
On
arrive dans cette petite ville dominée par le fort sur un énorme rocher.
Il
y a un droit d’accès et on râle parce que pour les Indiens c’est 5R et pour
nous 100R.
Le
caissier est gêné de cette différence et ne nous fait payer que 50 chacun.
On
grimpe au sommet d’où on a une jolie vue sur la ville et sur la campagne
environnante. Dans une falaise il y a une grotte qui contient un lingam.
On
s’arrête au temple qui est au pied du rocher. À l’entrée il y a un vieux couple
de mendiants qui vont garder nos chaussures et on leur donne de l’argent en
échange de ce service, du coup on est amis.
On
fait un tour dans le temple, puis on va dans une rue à côté où il y a un plus
vieux temple mais on n’arrive pas à accéder à une vue générale des bâtiments
qui sont beaux, du moins ce qu’on en aperçoit.
On
revient à travers des bâtiments qui sont comme un enchevêtrement de salles avec
des piliers. Ce n’est pas du tout un passage, mais toutes les motos y passent
alors on les suit et c’est comme une traversée de vieux temple dans un film de
Spielberg.
Je
passe avec la moto tandis que Véro traverse à pied pour faire des photos.
On
galère un peu pour trouver la route de Rayamvaram, c’est inversé sur la carte,
et on n’y comprend rien. On prend la route, il est tard et à un croisement on aperçoit une
nouvelle maison toute retapé. C’est un grand hôtel le Chettinadu Mansion. Une
petite route nous ramène au village de Kotamangalam, puis sur Pallatur. C’est
la route des paons. Des dizaines de paons se promènent sur la route ou sur le
bas-côté. On n’a pas le temps de s’arrêter parce que le soleil baisse et qu’on
ne veut pas rentrer avec la nuit sur ces routes que l’on ne connaît pas.
On
arrive à Karaikkudi vers 18h. On s’arrête pour acheter de quoi manger pour ce
soir et pour demain matin dans une pâtisserie.
Il
nous faut aussi acheter de la colle pour la brosse à ongles de Véro. Lorsqu’on
trouve la boutique le marchand nous dit 10 et un client à côté de nous dit que
c’est 15. De quoi je me mêle, il épluche le tube pour nous montrer qu’on peut
le vendre jusqu’à 18R. On paie 15. Après le client nous poursuit toujours pour
nous dire qu’on pouvait nous vendre le tube 18. (maximum retail price)
On
fait le plein à la station en face de l’hôtel.
Il
y a beaucoup de voitures ce soir sur le parking de l’hôtel.
On
prend deux bières au bar de l’hôtel.
Dans
notre chambre la clim ne marche pas. Elle s’est arrêtée ce matin, comme hier
suite à une coupure de courant.
Quelqu’un
vient mais il faut attendre 19h30 pour que quelqu’un de compétent vienne. Il
est 19h15 on boit une bière méritée en attendant. A 19h45 il n’y a toujours
personne. Je descends à la réception. On nous avait oublié. Le technicien monte
et la clim repart suite à son intervention.
Ensuite
comme par miracle suite à la dizaine de coupures de la soirée elle repart à
chaque fois.
On
veut régler notre compte ce soir, non ce n’est possible que demain matin à 6h.
Véro
met un mail à E et un SMS pour lui donner les caractéristiques de notre alim
On
peut manger notre tarte sorte de tourte ou de galette des rois dans laquelle la
frangipane aurait été remplacée par une pâte couleur groseille au goût
indéterminé, même consistance mais pas de fève.
C’est
finalement assez bon et nourrissant. La bière fait bien passer le côté étouffe
chrétien.
La
brosse à ongles de Véro est recollée et on peut s’endormir après toutes ces
aventures.
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