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mercredi 7 mars 2012

Karaikkudi, le Chetinad

Hier soir les coupures de courant brutales, répétées et intempestives ont mis KO l'alimentation de notre Mac et donc nous ne pouvons plus le recharger. On tourne sur les 2-3 heures de batterie qu'il nous reste et on ne se connecte plus que pour regarder les mails.
Une amie va aller à Chennai et nous rapportera peut être un adaptateur secteur dimanche prochain. Sinon on va essayer de retour à Pondy de se connecter sur le petit G4. Mais pas certain qu'on arrive à charger le blog, on verra.
Bises à tous et on économise la batterie.


Maisons palais Chettiar

Les autres photos sont là
On a bien dormi dans notre chambre.

Vers 4h30 je suis réveillé par quelque chose qui se déplace sur mon épaule gauche. D’un coup de main j’envoie balader la bestiole puis je prends la lampe de poche qui entre nos oreillers . Ce n’est qu’un petit cafard qui cherche à se dissimuler où il peut. D’un nouveau coup de main je l’envoie se promener par terre pour aller vivre sa vie et je me rendors jusqu’à 7h30.

Je me lève, je veux démarrer le Mac, je me rends compte qu’il n’est pas alimenté bien qu’il y ait du courant. Je pense que c’est la prise murale. Je change de prise, même résultat.
Sur la seconde prise il y avait branché un Good Night qui fonctionnait. Je l’essaye sur la première prise, il fonctionne. Ce n’est pas un problème de prise.

J’hésite à tirer la conclusion que suite aux nombreuses coupures de courant d’hier pendant qu’on préparait le blog, le transfo de l’alim a pété.

Du coup je n’ose plus réveiller Véro, pour lui annoncer la nouvelle. Ça peut vouloir dire plus d’ordi jusqu’à notre départ. Il reste quand même à l’appart le petit IBook G4 sur lequel on pourra peut-être mettre la clé 3G.

Véro se réveille, le choc n’est pas si violent. Elle se souvient que E a un Mac et que parmi les chercheurs de l’Institut, il y en a qui ont aussi des Mac.

Véro appelle E et elle dit qu’elle va se renseigner.

Autre malheur du matin Véro pète sa brosse à ongles en la faisant tomber sur le carrelage. Une Véro sans brosse à ongles c’est comme une cuisinière sans couteau. Elle pense qu’on peut la recoller.
On part en ville prendre le petit dèj thé et pain aux raisins.

On revient à l’hôtel parce qu’avec toutes ces perturbations matinales on a oublié de faire mon pansement à la jambe. Je me suis brûlé avec le pot d’échappement à Pondy et ça va bien mais je protège la brûlure parce que parfois en roulant le kick vient me taper contre la  jambe à ce niveau.

A la station service en face de l’hôtel on prend de l’essence. Puis en ville on s’arrête prendre une bouteille d’eau pour la route.

On galère un peu pour sortir de Karaikkudi, en fait c’est la direction de Trichy mais on ne s’en rend compte que lorsqu’on est sur la bonne route.

A 10km on s’arrête au village de Kovilur qui est sur un des circuits que nous a passé C.
En bord de route il y a de grandes maisons de Chettiar. On les regarde et Véro prend des photos. Un homme nous dit qu’à l’intérieur du village il y a une très belle maison que l’on peut visiter.

Dans la rue pour y aller coup de fil de E, elle a obtenu des renseignements, à Chennai il y a plusieurs distributeurs Apple, chez qui on devrait trouver l’alimentation. Elle-même va à Chennai samedi, et elle veut bien nous la prendre si on lui donne précisément les références. Elle dit que ça l’intéresse d’autant plus qu’elle a un mac et qu’elle ne s’est jamais posé le problème.

On arrive devant la belle maison Chettiar, dans laquelle on peut entrer. Un homme qui sert de guide nous dit que c’est 50R chacun.

On paie et la visite commence.

On obtient des informations sur le phénomène Chettiar. Dans les 75 villages du Chettinad il y a eu jusqu’à 10 000 maisons de ce type. Soit 10 000 gus pleins aux as qui avaient fait fortune dans le commerce naval alors que nous sommes à 150km de l’océan et qui ont fait construire un palais au pays.

Tout ça me semble un peu mystérieux quand même. Mais les maisons ou ce qui en reste sont là.

Elles ont entre 150 ans pour les plus anciennes et 100 ans pour les plus récentes lesquelles sont parfois dans un style qui rappelle sur leur façade l’art nouveau.
Elles sont toutes construites selon un plan commun.

Une entrée couverte qui mène au hall de réception vaste terrasse en granit noir avec des piliers en teck de Birmanie. Chaque pilier étant à l’origine un arbre il y en a huit ici.

On passe une porte qui donne dans un autre hall avec d’autres piliers qui fait communiquer avec une cour intérieure ouverte où l’on récupère aux quatre angles dans quatre énormes jarres l’eau de pluie. Tout autour des pièces donnent sur cette cour.
En tout nous dit le guide, il y a 40 pièces dans la maison.
Après la cour, une autre porte qui donne dans le hall des femmes et après vient la cuisine et l’espace des serviteurs et enfin la sortie sur la rue suivante. La  porte de service en quelque sorte.

Sur la droite de la cour quand on entre, il y a un passage entre les chambres qui donne dans une très grande pièce mixte, hommes et femmes pouvaient y venir pour manger. Au fond cette pièce communique avec les cuisines.
Le guide est très fier de nous montrer de chaque côté de la porte qui va aux cuisines, l’invention des Chettiars, des armoires encastrées dans le mur, ce qu’on appellerait nous tout bêtement des placards, mais on le laisse à ses illusions.

On monte à l’étage qui est réservé aux hommes mais Véro peut venir. Un grand hall de la même dimension que celui qui est au-dessous devant la cour. Une grande pièce de réception avec balcon au-dessus du hall de réception. Aux extrémités de cette pièce deux chambres. Et tout autour des chambres très petites dans lesquelles on dormait sur des carpettes en non pas dans des lits. 
Les murs sont recouverts d’un enduit à l’œuf qui fait la paroi très douce au toucher.
À l’intérieur de la maison il règne une fraîcheur sans clim. Il n’y a pas de sanitaires de salle de bain ou de point d’eau, pour garder les moustiques à l’extérieur.

A l’extérieur il y a le coin toilettes des domestiques, une étable pour les vaches et le lait, et les toilettes des maîtres.

Voilà on a fait le tour de cette maison palais, dont l’architecture a quelque chose de vénitien et dont les couleurs perdues sont remplacées par des tons rouille de la pierre qui leur donne un caractère métallique accentué par la sécheresse du décor.

On reprend la moto pour aller à Kanadukattam, qu’on  passe allègrement sans s’en rendre compte et on revient sur nos pas.

Dans le village on va directement au palais qu’on avait visité il y a 13 ans et qui fait la renommée du village parce qu’il est toujours habité donc entretenu avec un extérieur très coloré et un intérieur meublé.

On se gare devant, le gardien vient nous dire, que depuis deux ans il n’est plus possible de le visiter.

On est déçu.

On parcours le village de long en large à la recherche d’un tisserand que nous a indiqué C. Sur le plan on le situe bien mais on ne le trouve pas, en fait il a déménagé et se trouve à une autre extrémité du village un endroit où semble-t-il ils vont réhabiliter les maisons.

Le tisserand veut nous faire le coup du mec qui file au rouet et qui tisse au métier manuel. L’intérêt de ce métier à tisser c’est qu’il est à même le sol et qu’il y a dessous une fosse comme pour les voitures chez un garagiste pour aller passer les fils et construire la trame.

On fait comprendre au tisserand que pour sa démo il se trompe de touristes, nous ce qu’on veut voir c’est ce qu’il fait. Ce qu’il nous montre ne correspond pas aux prix indiqués par C. C’est beaucoup plus cher et mal fini d’après l’œil expert de Véro.

Il est midi, on décide d’aller déjeuner à Sarath Villas dont on nous a beaucoup parlé. Une maison tenu par deux français architectes et qui l’ont retapé en hôtel de luxe. 8 chambres.

On nous donne la direction du village de Kotamangalam où ils sont mais il n’y a aucune indication pour les trouver. On est obligé de demander plusieurs fois. Arrivés dans le village il n’y a plus besoin de demander, dès qu’ils nous voient hésiter, les habitants nous indiquent la direction. C’est amusant pour nous et désespérant pour eux car ils savent qu’on ne vient pas pour autre chose.

On se gare sur le parking aménagé qui est en face de la maison. C’est une superbe maison repeinte qui a été remise en l’état d’origine. Elle contraste avec les autres maisons couleur rouille et non retapée.

L’accueil est un peu bizarre parce que lorsqu’on demande si l’on peut déjeuner, le personnage en face de nous nous demande si on est à l’hôtel. 8 chambres et il ne connaît pas ses clients.
On lui dit non, il nous questionne pour savoir dans quel hôtel on loge. On lui dit qu’on est au Malaar autant lui dire qu’on loge dans une HLM. 1000R la chambre et ici plus de 5000R.
Il nous demande comment on est venu si nous avons un chauffeur. Véro lui dit qu’on est à moto et rajoute : j’ai l’impression que l’on baisse de plus en plus dans les critères de clientèle. Il nous rassure, c’est simplement comme il n’est pas sûr que nous puissions déjeuner, pour savoir si nous avons un moyen de transport.
Pas très convaincant comme argument, venir dans le trou du cul du Chettinad sans moyen de transport ce serait très fort.

Il part. Il revient au bout d’un moment avec un plateau sur lequel il y a une bouteille d’eau et des verres pour nous dire qu’il ne peut pas nous faire à déjeuner le cuisinier est parti.
Il nous sert un verre d’eau, pendant qu’on boit son associé arrive, et se met à boire dans son verre. Familier l’associé.
L’associé nous fait visiter les chambres du bas. On est curieux de savoir comment à partir de si petites chambres comme nous avons vu ils ont réussi à faire des chambres à 5000R.
En fait ils se sont servi des chambres comme des entrées et ils y ont aussi mis les sanitaires dans la chambre qui elle a été prise sur la grande salle cuisine que nous avons vue. Ils ont cassé des murs et créé  les sanitaires. Ils ont ainsi pu faire 4 chambres de ce côté. Les chambres sont très bien aménagées, c’est très beau. On n’en verra pas plus. Des clients arrivent qui ont un problème de voiture ou de chauffeur et qui reviennent pour déjeuner. Ils vont rappeler le cuisinier, mais pas pour nous.
On réalise malgré tout que ce sont des maisons sans jardin, sans piscine, dont il n’y a rien d’autre à faire que d’en sortir. Quel intérêt de venir uniquement dormir dans un palais ?

On reprend la moto et on repart vers le village d’où on vient : Kanadukattam, Véro y a repéré un petit restau.

Les prix sont corrects et on n’a pas le choix. Byrianni poulet rien à dire c’est copieux et bon et servi dans des assiettes. C’est mieux qu’au Bangala où je crois que les clients sont pris pour des cons.

Un jeune couple arrive, ils sont français. On engage la conversation. Ils habitent Lyon, elle grande gigue fragile exerce le métier de fleuriste, lui brun pruneau avec des Ray Ban qui lui mange le visage, il est dessinateur industriel.
Ils sont arrivés à Chennai et en 15 jours compte faire Pondy le Chettinad, Madurai, et le Kerala. Ils sont déjà allé en Chine dans ces conditions.

Leur côté sympa c’est qu’ils ont détesté Auroville, ont eu le sentiment qu’on les prenait pour des cons pour voir un morceau de verre enfermé dans une boîte en or.

Au bout de deux heures ont est prêt à repartir pour affronter à nouveau la chaleur écrasante du Chettinad. Ici dès qu’on ne roule plus on est couvert de sueur.
Avant de partir le jeune couple distribue des stylos qu’ils ont amenés de Lyon, ça nous fait sourire. S’ils savaient que Véro achètent ses stylos ici parce qu’ils sont très bons.
Ils vont à Maduraï et nous à Tirumayam pour voir un fort.

On arrive dans cette petite ville dominée par le fort sur un énorme rocher.
Il y a un droit d’accès et on râle parce que pour les Indiens c’est 5R et pour nous 100R.
Le caissier est gêné de cette différence et ne nous fait payer que 50 chacun.

On grimpe au sommet d’où on a une jolie vue sur la ville et sur la campagne environnante. Dans une falaise il y a une grotte qui contient un lingam.

On s’arrête au temple qui est au pied du rocher. À l’entrée il y a un vieux couple de mendiants qui vont garder nos chaussures et on leur donne de l’argent en échange de ce service, du coup on est amis.
On fait un tour dans le temple, puis on va dans une rue à côté où il y a un plus vieux temple mais on n’arrive pas à accéder à une vue générale des bâtiments qui sont beaux, du moins ce qu’on en aperçoit.

On revient à travers des bâtiments qui sont comme un enchevêtrement de salles avec des piliers. Ce n’est pas du tout un passage, mais toutes les motos y passent alors on les suit et c’est comme une traversée de vieux temple dans un film de Spielberg.
Je passe avec la moto tandis que Véro traverse à pied pour faire des photos.

On galère un peu pour trouver la route de Rayamvaram, c’est inversé sur la carte, et on n’y comprend rien. On prend la route, il est tard et  à un croisement on aperçoit une nouvelle maison toute retapé. C’est un grand hôtel le Chettinadu Mansion. Une petite route nous ramène au village de Kotamangalam, puis sur Pallatur. C’est la route des paons. Des dizaines de paons se promènent sur la route ou sur le bas-côté. On n’a pas le temps de s’arrêter parce que le soleil baisse et qu’on ne veut pas rentrer avec la nuit sur ces routes que l’on ne connaît pas.

On arrive à Karaikkudi vers 18h. On s’arrête pour acheter de quoi manger pour ce soir et pour demain matin dans une pâtisserie.

Il nous faut aussi acheter de la colle pour la brosse à ongles de Véro. Lorsqu’on trouve la boutique le marchand nous dit 10 et un client à côté de nous dit que c’est 15. De quoi je me mêle, il épluche le tube pour nous montrer qu’on peut le vendre jusqu’à 18R. On paie 15. Après le client nous poursuit toujours pour nous dire qu’on pouvait nous vendre le tube 18. (maximum retail price)

On fait le plein à la station en face de l’hôtel.

Il y a beaucoup de voitures ce soir sur le parking de l’hôtel.

On prend deux bières au bar de l’hôtel.

Dans notre chambre la clim ne marche pas. Elle s’est arrêtée ce matin, comme hier suite à une coupure de courant.
Quelqu’un vient mais il faut attendre 19h30 pour que quelqu’un de compétent vienne. Il est 19h15 on boit une bière méritée en attendant. A 19h45 il n’y a toujours personne. Je descends à la réception. On nous avait oublié. Le technicien monte et la clim repart suite à son intervention.
Ensuite comme par miracle suite à la dizaine de coupures de la soirée elle repart à chaque fois.

On veut régler notre compte ce soir, non ce n’est possible que demain matin à 6h.

Véro met un mail à E et un SMS pour lui donner les caractéristiques de notre alim

On peut manger notre tarte sorte de tourte ou de galette des rois dans laquelle la frangipane aurait été remplacée par une pâte couleur groseille au goût indéterminé, même consistance mais pas de fève.
C’est finalement assez bon et nourrissant. La bière fait bien passer le côté étouffe chrétien.

La brosse à ongles de Véro est recollée et on peut s’endormir après toutes ces aventures.

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