
Dans la fureur de la ville. Une journée qui raconte une part intime,
infime de la cité indienne. entre fureur des klaxons, silences des
regards, espaces de vies, Pondicherry la Belle se livre un peu.
Bonne
nuit, la fraîcheur est revenue en fin de nuit.
Je
vais chercher le pain. Le voisin qui se prend pas pour n’importe qui, ne me
voit pas et s’affaire sur son scoot qui met toujours du temps à démarrer.
Devant
la fontaine il y a un rickshaw, un vrai, à pédales, et son conducteur discute
avec des femmes.
Le
lecteur de journaux et son copain qui ne lit pas.
J’entre
dans BS et je vois tout de suite E qui, bien que derrière le comptoir, ne me
voit pas, décidément je suis invisible ce matin.
C’est
redevenu pour le décor un magasin indien. Les niches non éclairées font comme
des grottes obscures. Je dois dire que jusqu’à l’expo de Véro, je n’avais
jamais réalisé que l’on pouvait y aller autrement que par défaut quand tout le
reste était pris, tellement c’est sombre.
Je
prends la queue devant le comptoir. Un gars derrière me passe le paquet de
certificats d’authenticité qu’on a oublié hier soir. Je suis reconnu. Hier il
me disait ; j’aimais bien lorsque j’étais à la caisse voir la grande aquarelle
devant moi, c’était bien.
Plus
rien ne bouge, comme si tout à coup avec mon entrée tout est devenu silencieux.
Quand
vient mon tour on me demande ce que je veux. Ça fait plus d’un mois qu’on me
sert chaque jour la baguette sans que je ne demande rien. Je dis une baguette
et ça semble soulager tout le monde. Chacun se précipite à me trouver une
baguette parce qu’il n’y en pas sur l’étagère, je pense que je vais devoir
prendre un pain aux céréales. Mais aux pieds de E il y a le sac en papier avec
les baguettes. Elle en sort une et la donne au gars qui me la donne et je pose
comme chaque jour mes 39R sur la caisse. Je sors.
Je
me demande bien ce qui a pu se passer avant mon arrivée pour avoir créé une
telle gêne.
Je
reviens.
Rajette
nous a concocté une fragrance de petit dèj indien telle que je mets vite en
route tous les ventilos pour chasser l’émanation.
Véro
a reçu un mail sympa de A et c’est donc une aventure qu’on va oublier.
Après
le petit dèj, on passe voir Abel qui veut toujours louer une Enfield pour
essayer et qui veut qu’on passe avec lui chez Félix. Il a peur que Félix lui
refuse la location sans notre caution.
Marché
Goubert, aubergines, bananes et crevettes. Odeurs, chaleur et vacarme.
On
revient à l’appart et on décide d’aller déjeuner au visitor center d’Auroville
parce que Véro y a vu quelque chose qu’elle veut offrir.
Au
restaurant, on prend des lasagnes aux champignons et Véro les trouve très
bonnes.
On
revient se reposer.
Puis
on attaque la préparation des aquarelles en vue du déménagement. On les sort
toutes de leur cadre pour pouvoir les ramener en France. On laissera les verres
et les cadres ici pour les recycler l’année prochaine.
Une
fois l’opération séparation terminée, on part chez l’encadreur pour lui faire
préparer des passes à ramener. Puis on va chez l’imprimeur faire faire un
tirage d’une aquarelle que voulait Pitch et qui a été vendue. Comme il tenait à
cette aquarelle, il l’a demandée sous forme de repro.
Ensuite
on passe chez le vendeur de plastique pour lui acheter du papier bulle. 15m ça
fait un énorme paquet que Véro assise en amazone sur la moto porte sur ses
genoux. On a l’air du parfait couple indien. Il faut que je garde beaucoup de
distance sur le côté avec les piétons ou les véhicules pour ne pas les
accrocher.
Arrivée
rue Candappa, on fait rire les voisins et le proprio qui est devant sa porte.
Ils n’ont pas dû voir tous les jours des
locataires comme nous.
Véro
prépare les crevettes et le repas.
hé-woui, vous êtes exceptionnels...
RépondreSupprimermerci pour l'évasion par le biais de ce beau blog
bisous alsaciens