| Parmi les géants |
Le 29 février. Ça
a toujours quelque chose d’un peu magique d’écrire 29 février, parce que ça
n’arrive que tous les 4 ans.
Le
réveil sonne à 6h et je mets du temps à m’arrêter parce que j’ai mal dormi en
deuxième partie de nuit et là par contre je dormais bien.
Je
prépare le café et nous mangeons avec des biscuits et des bananes. Il est trop
tôt pour le pain et nous n’avons plus de yaourt. C’est donc minimum.
On
démarre vers 7h, on passe prendre de l’essence et on se met en route pour
Vilianour.
C’est
à 10km et on passe rapidement ce gros village qui touche presque maintenant
Pondy.
Je
veux aller jusqu’à 20km pour aller voir un temple de Trirouvandar. Ce village
se trouve peu après le 2ème passage à niveau à environ 23 km de
notre point de départ. Notre guide dit : « Le temple est à environ 20
km ». C’est tout. Ce village n’est marqué sur aucune des cartes que nous
possédons. Comme cette information se trouve dans le chapitre « Vers
l’Ouest » la route de Villupuram est la seule à être plein ouest. Je
suppose aussi que les 20km sont à partir de Pondy, puisque c’est un guide sur
Pondy.
La
rédactrice du guide ne se met absolument pas à la place du lecteur.
À
23km il y a sur la grande route de Villupuram un village. Je m’arrête pour que
nous demandions où nous sommes. Un jeune homme nous répond immédiatement que
nous sommes à Trirouvandar. Je pensais l’avoir passé. C’est une chance. Le
temple est à 500m un peu plus loin sur la grande route, il faut prendre à
droite et suivre une petite route c’est tout de suite là.
On
commence par boire un thé avant de se lancer. Le thé est à 6R au lieu de 5R en
rase campagne, l’influence de Pondy doit encore se faire sentir.
Facile.
C’est un très vieux temple qui
existait déjà à l’époque Palava nous dit le guide, il fut reconstruit au XIème
siècle et est consacré à Shiva. De belles statues ornent les niches
extérieures. Statue de Shiva très ancienne et de la déesse Durga que l’on ne
trouve aussi que dans les temples très anciens.
En
suivant les instructions du guide, que nous vérifions quand même auprès d’un
homme qui passe, qui nous confirme que c’est bien la direction pour aller voir
le temple suivant TIroubavanaï, et bien que ne parlant pas anglais il nous fait
comprendre en nous montrant l’enclos de ce temple, que nous trouverons le même
enclos métallique autour de TiroubavanaÏ.
Ce
village suivant n’est pas loin du tout par cette petite route sinueuse à
travers champ. On voit tout de suite l’enclos au début du village.
C’est
un temple Chola dédié à Vischnou. Des frises courent sur les murs extérieurs et
sur les contre marches des escaliers en pierre ce sont des représentations de
la geste du Ramayana et de Krishna.
Sa
particularité c’est que sur les murs sont gravés des inscriptions qui donnent
des informations sur le bourg de Tiroubuvanaï qui était une ville importante à
l’époque Chola.
Il
y a à l’entrée du temple des pèlerins qui mangent. Leurs sacs sont posés sur
une estrade de pierre.
On
traverse le village jusqu'au carrefour de la route qui ramène sur la grande
route. Là il y a un grand Vischnou couché. Malheureusement, pour le protéger a
été construite autour de lui une sorte de cabane-cage qui l’emprisonne et
empêche de bien le voir. Les fidèles l’ont vêtu d’un dothi blanc sur lequel
l’étiquette du prix est toujours
visible. Ce qui nous fait penser que le dothi n’est certainement pas d’époque.
On
revient du la grande route qui mène à Villupuram au niveau du bourg de
Madagadipet, que le guide appelle Madagi Pattu et que Véro appelle Mes
Galipettes.
On
s’arrête au bourg pour demander où est le temple. C’est à 500m à l’intérieur
des terres. On y va. C’est un très vieux temple entouré lui aussi de l’enclos
particulier. En fait ces trois temples ont fait l’objet d’une restauration par
l’administration française.
Le
guide nous dit qu’il y a une statue de Brahma à un seul visage, ce qui est
exceptionnel, en principe il en a trois. On voit bien la statue mais ignare que
nous sommes, on ne reconnaît pas Brahma. On a donc vu ce matin les trois dieux
de la Trinité hindoue Shiva, Vishnou, Brahma.
Je
vous en dit pas plus parce que je n’y connais pas grand chose même si j’ai
compris que c’était très compliqué du fait que chaque dieu peut avoir 1008 noms
différents et je ne parle pas des déesses et des dieux locaux et des dieux
particuliers que chaque individu peut vénérer.
On
s’arrête au carrefour entre la route de Villupuram et deux routes qui partent
l’une à l’ouest l’autre au sud.
Véro
est tenté par une pâtisserie parce que nous n’avons toujours pas mangé autre chose
que nos biscuits.
On
se laisse tenter par une sorte de pain rond au raisin que nous coupe en 4 la
boulangère.
On
s’éloigne sur l’espace terreux entre les boutiques et la route. Un homme qui
n’a pu nous renseigner attend. J’aperçois un enfant qui nous regarde avec
envie. Il a tout l’air d’un mendiant et je me dis que ce qui lui fait envie
c’est le gâteau que l’on mange. Je prends le quart le plus gros et je le lui
donne. Je vois passer dans ses yeux de l’étonnement d’abord et du ravissement.
Il prend le morceau de gâteau. L’homme étonné lui aussi dit à l’enfant de s’éloigner
maintenant. Il va un peu plus loin et continue de nous regarder, mais le gâteau
a déjà été engouffré.
Véro
voudrait lui acheter un gâteau, mais l’enfant est loin maintenant.
Peut-être
que je ne devrais pas raconter ça, par humilité, ne pas en parler. C’est ce que
certains me disent qu’ils font mais qu’ils n’en parlent pas, mais ils en
parlent un peu quand même ne serait-ce que pour qu’on sache qu’il n’en parle
pas. Ça a un nom je crois mais je ne m’en rappelle plus.
Des
renseignements qu’on a obtenus il faut aller au Sud pour aller en direction de
Nettapakam. Notre objectif étant Kijour prononcer Kiour. Je ne comprends pas
pourquoi dans le guide c’est écrit Kijour.
On
ne trouve pas Nettapakam mais ça n’a pas d’importance ce qu’on voulait c’est
avoir une direction qui nous rapprochait de Kijour parce que sur la grande
route Nettapakam ça leur parlait et Kijour ça ne leur disait rien du tout.
Comme ces villages ne sont notés sur aucune carte, il faut bien se débrouiller.
On
finit par arriver à Kijour. Au centre du village on demande ce qu’on est venu
voir, le hall où s’est tenue l’assemblée des représentants de Ponbdichéry qui
ont décidé de quitter la France pour revenir à l’Inde.
Malheureusement
les gens du village ne semblent
pas connaître cette histoire. On fait plusieurs fois le tour en vain. On
est sur le point d’abandonner quand un homme à moto s’arrête et nous conduis à
l’endroit précis où se trouve le hall. En fait c’était à l ‘entrée du village
et nous sommes passés devant sans le voir. Il faut dire que rien ne le précise
seulement trois piliers comme ceux du monument aux morts de Pondichéry sur la
promenade Goubert.
C’est
fermé, on ne peut donc pas visiter.
L’homme
nous dit qu’il est fermier ici mais que lorsqu’ils ont besoin de ses services,
il sert de traducteur à l’Institut Français.
Ils
nous indique aussi la route à suivre pour voir le banian géant qui a plus de
trois cents ans et qui est au bord de la route.
Avant
d’y arriver on traverse des rizières merveilleuses avec des gens d’une
gentillesse extraordinaire. On passe un moment avec eux.
Véro
a saturé sa carte photo et celle qu’elle met est pleine. Elle doit la vider
mais ce sont des vues de Sri Lanka, sans importance maintenant.
On
arrive au banian qui occupe une vaste superficie. On s’arrête et on y passe un
peu de temps.
On
revient sur la grande route de Villupuram. Tout ça depuis qu’on l’a traversé
nous a fait revenir en arrière vers Vilianur. Il n’est que 11h et on veut aller
à la forêt de bois pétrifié. Aucune route n’est dessinée sur les cartes en
notre possession, mais je commence à avoir dans ma tête une bonne idée de ce
qu’est l’état de Pondichéry, c’est à dire comment il se dessine sur le terrain.
Ce
que j’en vois sur les cartes ce sont des sortes d’enclaves de terrain dans le
Tamil Nadu que rien ne relie entre elles sur les cartes mais j’ai compris qu’en
fait elles étaient reliées, soit par des routes non dessinée, soit par des
pistes plus ou moins praticable mais toujours à moto.
On
revient donc en direction de Madagadipet je vous ai déjà donné les différents
noms, mais je me dis qu’il y avait avant une route qui partait vers le nord à
Trirouvandar, là où nous avons fait notre premier arrêt pour voir le premier
temple.
Sur
les cartes il y a bien une route qui part vers le nord de Madagadipet, mais
elle se perd dans le papier pour ne jamais arriver nulle part. C’est le côté
rassurant, apparemment quelque chose existe.
De
Trirouvandar aucun tracé. On prend quand même cette petite route qui est
magnifique et traverse des champs où des cochons noirs pulullent. Petit à petit
la route se rétrécit pour devenir une simple piste, puis une sorte de chemin
creusé de gigantesques ornières ce qui me confirme dans le fait que ce passage
va quelque part.
Après
un passage un peu Camel Trophy à sec on arrive sur une superbe route
goudronnée. Il y a un village et Véro demande la direction de Mailam, pas de
réponse, Tiruvakarai même mutisme.
Elle finit par demander Mes Galipettes et là contre toute attente l’homme nous
montre la direction. Mes Galipettes de Véro c’est en fait Madagadipet on ne va
donc pas retourner d’où on vient on prend donc la direction opposée.
On
est écroulé de rire de voir qu’il a compris Mes Galipettes et surtout sa femme
à côté de lui rit aussi de bon cœur comme si elle avait compris ce qui est
impossible mais qui sait.
On
prend la route qui s’éloignent de Mes Galipettes et on demande maintenant dans
les villages la direction de Mailan qu’on situe très bien sur les cartes et de
Tiruvakarai qui n’est pas très loin de Mailan. Dans un village on nous indique
la direction de Tiruvakarai.
Il
est midi on s’arrête devant une petite épicerie, on lui achète du coca et un
paquet de biscuits à la noix de coco. On s’assied sur les marches de l’épicerie
pour manger notre repas. Une fille à vélo pose son vélo au milieu de la route
et vient à l’épicerie. Je me dis que je me suis bien embêté à mettre la moto
sur le côté. Véro rend à l’épicier la pochette plastique des biscuits et la
bouteille vide de coca, ce qui le fait rire car il va certainement tout
balancer dans la rue dès que nous serons partis.
De
village en village on finit par
trouver la route de Tiruvakarai. C’est une route en reconstruction, elle traverse
la rivière Gingi sur laquelle on est en train de construire un pont pour
remplacer la gué (causeway).
Jusqu’au
village ce n’est que camions et engins de terrassement pour refaire la route.
On
arrive par le côté opposé à celui par lequel nous étions arrivés l’an dernier.
Les
rues du village sont aussi en travaux et il faut faire des détours pour arriver
au temple puis pour accéder à la route de l’an dernier sur laquelle nous
voulons retourner pour voir des statues que nous n’avions pas vues l’an dernier.
On
s’arrête à la même épicerie, on reprend une bouteille d’eau, celle de ce matin
est vide, et des cacahuètes. Je me renseigne pour aller voir le sanctuaire de
Pakai Ammann, divinités de village avec sept statuts de géants.
Il
faut reprendre la route par laquelle nous sommes arrivés l’an dernier et c’est
à 2km
La
traversée du village est délicate. Un camion qui arrive en face de nous se
plante dans un tas de sable haut jusqu’à son pare-brise, ce con de chauffeur
pensait qu’il allait passer par-dessus. Du coup il est ensablé. Je fais
demi-tour pour passer par une autre rue car là il n’est plus possible de
passer.
En
arrivant par une autre rue, on voit qu’il a réussi à se dégager et que
maintenant il essaye précautionneusement de passe à côté du tas de sable.
La
route est une piste défoncée par les travaux et est sillonnée par une noria de
camion qui apporte de la terre ou des pierres.
On
nous indique une petite route à droite mais en fait c’est la route de la
carrière et on se retrouve au milieu des camions, des tracteurs, à bouffer une
poussière blanche.
Les
chauffeurs sont sympas et nous indiquent que nous faisons fausse route. Il faut
revenir sur nos pas et prendre un petit chemin à droite et tout de suite on
aperçoit les géants.
C’est
un petit temple perdu au milieu du va et vient des camions et noyés dans la
poussière. On s’arrête les géants sont bien là, il y en a bien sept, ils sont
assis tous ensemble. Nous sommes seuls pas un Indien. Nous en profitons pour
nous rafraîchir avec un robinet qui doit servir aux ablutions. On en profite
pour se mettre à l’ombre. Un chien sort en râlant d’un autel qui lui servait
d’abri et lui procurait un peu d’ombre. Je ne sais avec quel dieu il partageait
son abri.
On
décide d’aller à la forêt de bois pétrifié. Bien que connaissant la route on
rate le petit ruisseau à sec qui marque une des extrémités. Du coup on va trop
loin et on revient sur nos pas.
On
gare la moto à l’ombre au bord du ruisseau. On décide de remonter le ruisseau
parce que l’an dernier nous ne
l’avions aperçu qu’à la fin de notre périple. Il est 13h30, il fait très chaud
et on va se concentrer sur le ruisseau sans grimper sur les collines
environnantes.
Ce
lieu ne correspond pas du tout au site officiel qui est présenté aux touristes
de passage et organisé par le gouvernement. Ce n’est pas à côté bien que pas
très loin.
On
trouve en marchant dans le sable du ruisseau toutes sortes de morceaux de bois
pétrifié et comme à chaque fois on en ramasserait des kilos. On essaye d’être
hyper sélectif et on n’en prend pas trop. Quelques petits morceaux très beaux
et un gros morceau très beau lui aussi qu’on offrira ici car il pèse 5 ou 6 kg
pas question de le rapporter en France.
On
se repose à l’ombre de quelques palmiers qui forment une rangée près du
ruisseau. On décide alors de continuer à remonter ce petit ruisseau qui ne doit
pas aller très loin. Je vois des roches d’où il me semble venir et ce n’est pas
très loin.
Mais
le ruisseau s’enfonce entre les roches, ça fait comme un petit canyon de 2,50m
de haut et d’un petit mètre de large aux meilleurs endroits. On s’enfile. Véro
avec toute sa trouille, mais c’est très beau pour faire des photos, et on va
jusqu’au point où il faudrait s’accroupir pour continuer.
On
fait demi-tour et on descend tout le ruisseau jusqu’à la moto, on est accablé
de chaleur. On vide notre dernière bouteille d’eau en mangeant les dernières
cacahouètes et on décide de rentrer directement sur Pondy. Il est 15h.
On
continue la petite route et au premier croisement je vais tout droit au lieu de
prendre à droite comme l’an dernier. On roule au milieu de champs de cannes à
sucre, ce n’est pas beau comme une rizière. La route va vers le nord-Ouest, à
un carrefour je reprends la direction sud est car mon idée est de rentrer par le
lac qui est à l’ouest de Pondy.
On
traverse un village bordé de chaque côté de la route d’énormes banians qui font
un tunnel extraordinaire de verdure.
A
un carrefour on nous renvoie au Nord Ouest et on débouche à Vanur. C’est à 14km
de Pondy. L’autoroute le Bypass et l’arrivée par Jipmer.
On
pose nos affaires à l’appart, il est 16h. On prend immédiatement une douche. On
a fait 9h de balade et 120km.
On
n’a presque rien mangé et on file chez choco là pour se faire un goûter. Véro
ne veut pas mettre les pieds à BS aujourd’hui.
Je
veux me reposer un peu et je m’endors. Véro appelle K qui lui donne rendez vous
entre 19 et 20h à son futur lieu d’exposition qu’elle est en train de préparer.
On
part à 18h30, on passe chez Aroule récupérer les tuniques qui sont prêtes. On
passe voir Abel à sa galerie et on va au rendez vous de K. On y est vers 19h15,
elle n’est pas là. Elle arrive vers 20h. Elle s’est trompée dans le libellé du
chèque. Elle en refait un autre, mais il faut une double signature. On attend
qu’elle se libère pour aller chez le deuxième signataire. On y arrive enfin.
Vers
21h on est chez l’Italien, on est sur les rotules. Heureusement sa bière, sa
pizza et ses spaghettis nous remettent en forme.
On
mettra le blog demain, il est 23h30, Véro est couchée, son dos va bien malgré
la journée.
passionnant... merci
RépondreSupprimerBIZ
Mamanlotus-AC
Magnifique !!! Merci pour ces belles images...
RépondreSupprimerBises
Christine