| Les trésors de Karraikudi |
6h, on se lève après avoir bien
dormi. Ce n'est même pas trop dur.
On range les dernières affaires
dans les bagages. On descend à la
réception qui est un véritable dortoir.
Le veilleur de nuit nous dit
qu'il va nous faire la facture qu'il ne nous a pas donnée hier soir. On n'est
pas très concerné, mais il semble y tenir.
Chargement de la moto cette
fois-ci on s'est mieux organisé et on a mis dans le sac de réservoir les
affaires dont on peut avoir besoin en route ce qui évitera de retourner au sac.
Véro attache les sac à dos sur
les sacoches avec une grande expérience.
Le veilleur nous apporte la
facture et Véro lui confie l'appareil pour faire une photo de nous et de notre
équipement.
La moto ne démarre pas au premier
coup de kick ce qui est nouveau peut-être qu'il y a eu un peu plus d'humidité
cette nuit.
Enfin elle démarre.
On fait une halte rapide devant
l'hôpital pour boire un thé et manger les pâtisseries que nous avons achetées
hier au soir.
C'est toujours la cafet de l'hôpital
et l'on voit débarquer tout ceux qui à 7h du matin ne peuvent plus dormir et
qui viennent s'offrir un thé en notre compagnie. Ce matin il y a des femmes.
Une employée transvase d'un
récipient dans un autre de la soupe ou de la sauce et à chaque fois elle essuie
le bord du récipient qui verse avec les doigts de sa main et puis elle frotte
sa main sur le bord pour se la nettoyer. Véro est écoeurée et elle ne veut pas
en voir plus. Ce qui paraît curieux c'est de voir tout ce qu'elles tripotent
avec leur main et que leur sari reste toujours propre.
On reprend la moto, on fait le
spectacle du matin de tous les souffreteux de l'hôpital mais aussi des petits
commerçants.
On suit la route que nous avons
déjà faite dimanche. A l'entrée de Nagappattinam Véro a l'intuition de dire aux
personnes à qui on demande devant un croisement que nous allons à Vélangani et
ils nous envoient sur la rocade qui nous fait éviter Nagore et Nagappattinam.
On gagne une demi-heure sur notre trajet précédent.
On prend un petit déjeuner à
Vélangani toujours à l'hôtel Seagate. C'est parfait comme dimanche.
On reprend la route en direction
de Tirutturaipundi, on laisse sur notre gauche la route de la pointe Calimère.
On longe des champs plantés de
riz et qui sont ensemencés pour une deuxième récolte. Certains sont prêts à
être moissonnés. C'est beaucoup moins sec que le paysage que nous avons vu plus
à l'Est.
La route est très bonne il y a
même des panneaux indicateurs qui limitent la vitesse dans les villages. Il n'y
a que moi pour les respecter et tous ceux que j'ai doublés précédemment sur la
grande route me redoublent dans les villages.
A un moment Véro voit un panneau qui indique plusieurs directions
et qu'elle n'a pas le temps de lire. Je m'arrête à l'entrée du village, notre
équipage fait rire les habitants. Pourtant notre chargement est beaucoup moins
hétéroclite que ceux qu'on peut voir.
Je crois aussi que c'est nous qui
les étonnons. Dans ces régions il n'y a plus d'occidentaux visibles, il y en a
sans doute dans des voiture climatisées derrière des vitre foncées.
Le panneau indique des directions
qui ne me disent rien deux seulement me parlent. Tutticorin, mais c'est
tellement loin d'ici que j'ai de la peine à le croire, c'est bien après
Rameswaram. L'autre ville c'est Manora qui est sur la route que j'ai prévu de
suivre pour nous rendre à Karraikudi.
J'hésite parce que j'avais aussi
prévu de passer à Tirutturaipundi
et cette route l'évite. On y va quand même parce que Manora j'en suis sûr. En
fait on est sur une route qui n'existe pas sur la carte. Ce doit être un
itinéraire bis ou de délestage.
On est dans une zone boisée à
l'africaine avec de petits arbres au feuillage étalé, on est sur une route où
il y a moins de villages à traverser et on se demande en voyant si peu de vie
où sont les 1 milliard d'Indiens.
C'est sur cette route qu'on passe
les 100km depuis ce matin.
On commence à sérieusement
fatiguer. Enfin on arrive à Manora mais il n'y a rien qu'un marchand de thé ou
l'on s'arrête pour en boire un et se détendre les jambes et les fesses.
En fait le croisement est à la
ville de Kattumavadi qui est à 11km plus loin. C'est ce que nous disent nos
interlocuteurs dans leur langage
Tamoul et gestuel qu'on finit par comprendre.
Au croisement on prend la route
de Arantangi qu'il faut prononcer gui à la fin sinon on a l'air d'un
toulousain.
La route change, nettement moins
bonne, elle entre dans les terres, avec son lot de nids de poules et de casse
vitesse perfides
Mais on retrouve un charme de la
route indienne qui s'était perdu sur les routes faites pour les bagnoles et la
vitesse.
Chaque bosse est une épreuve même
négociée en douceur. On a passé les 150 bornes.
On prend enfin la direction de
Karraikudi. Même route pourrie même si on aime, il y a un moment ou c'est trop
quand même.
Mais nous commençons à traverser
des villages qui sont des rues bordées de murs de maison. On se croirait dans
un petit village en France. On est arrivé dans la région du Chettinad but de
cette étape.
Dans cette région on a un peu de
mal à l'imaginer, il y a eu des mecs au XIXème siècle, qui ont fait du fric en
faisant du commerce, transportant par bateaux leur marchandises vers Ceylan et
toute l'Asie du Sud Est et qui avec ce fric on construit dans cette région des
maisons royales.
Le village qu'on traverse est un
de ces villages. Toute les maisons ont un étage et sont immenses, elles sont de
couleur ocre dans un style à la fois classique et oriental avec un peu de
baroque sur les portes et portail décorés de sculpture de personnages ou de
dieux.
C'est très beau et très émouvant
car la plupart sont en ruine.
Avant d'arriver à Karraikudi on
fait une petite halte car les jambes de Véro ne tiennent plus. Il est midi et
on mange notre dernière pâtisserie en buvant de l'eau.
On arrive à Karraikudi. On
cherche la route de Madurai sur laquelle se trouve notre hôtel. Quand on arrive
dans une ville indienne c'est toujours bordélique sans indication et en plus
tout est écrit en Tamoul. On ne s'en sort pas trop mal malgré la fatigue, on
arrive au Malaar hôtel 159 main road Madurai.
Dans un premier temps il n'y a
plus de chambre climatisée, puis il y en aura une à 16h, il est 13h, puis il y
en aura une dans 15mn.
Le temps de décharger la moto et
la chambre est prête.
On s'installe et on se repose un
peu. On est parti à 7h arrivé à 13h pour faire environ 220km. On est content de
nous.
Souda in la clim s'arrête. On le dit un homme vient voir, il va faire le
nécessaire pour ça, pour les serviettes de toilette, pour la télé que j'ai débranchée pour mettre la multiprises
ça n'allait pas et depuis je ne peux plus rebrancher la télé, et qu'on n'arrive
pas à rebrancher ni nous ni lui.
On décide d'aller déjeuner au
Bangala, que nous a conseillé Christine. On regarde le plan sur Internet et
l'on voit que ce n'est pas très loin.
On prend la moto et on traverse
Karraikudi et l'on voit beaucoup
de maisons de Chettiar, nom donné aux richards de la région.
Au Bangala on nous regarde un peu
de haut. On ne sait pas si on va pouvoir nous faire à déjeuner. C'est une
maison début XXème super classe, bien décorée. Vu notre look après 6h de moto
on nous explique que le lunch proposé est un tout et que ça coûte 800R par
personne, autrement dit la peau
des fesses.
Véro hésite, elle ne supporte pas
qu'on puisse faire payer aussi cher un repas. Je dis qu'on reste parce qu'en
ville il n'y a rien mais surtout qu'on ne connaît pas et on est trop fatigué.
On nous fait quand même attendre.
Puis tout à coup c'est d'accord. On nous met à une table familiale où il y a
déjà un couple d'homos qui déjeune.
Les toilettes sont comme ce qui
se fait de mieux dans un grand restaurant.
On s'installe et on nous sert un
repas indien sur des feuilles de bananiers. Je dis à Véro : à ce prix là ils
auraient pu mettre des assiettes.
Tout le monde est au petit soin
pour nous parce que nous sommes arrivés chez eux par nous-mêmes sans chauffeur
et en plus en moto. Je sens bien que le côté motard plait beaucoup à ces dames.
Ce qu'on mange est bon mais sans
plus. On discute tout en mangeant avec le couple homo, mais on nous presse
c'est-à-dire que c'est le rythme indien. Il faut avancer. Un couple de
Réunionnais est aussi installé à cette table entre nous et les homos.
Le café est mauvais. Le repas par
rapport à celui d'hier au "Bungalow on the beach" à Tranquebar est
une arnaque à la limite du vol. Même le café est mauvais. Mais tout ça est fait
avec une telle gentillesse certainement un peu hypocrite car on ne peut pas
décemment servir ce qu'on nous a servi à ce prix là.
Les homos quittent la table. On
discute un peu avec le couple réunionnais.
Puis on revient à l'hôtel pour se
reposer, mais la clim ne fonctionne toujours pas, toujours pas de serviettes
pour la douche et toujours pas de prise à la télé.
On râle, tout doit s'arranger à
18h car dans le Tamil Nadu il y a des coupures d'électricité régulièrement.
Avec tout ça le temps est passé
et on retourne faire un tour en ville pour voir avec la lumière du soir ces
palais qui sont toujours là.
On gare la moto dans le centre
ville et on commence à suivre les rues en fonction des palais et de l'éclairage
du soleil couchant. Les gens voient qu'on s'intéresse à ces anciennes demeures
et nous font entrer pour les voir. Devant ce sont souvent installés des petits
commerces qui ont a voir avec les tissus ou avec la soie. Se sont donc montés
devant les façade ou sous les arcades des petits commerce qui cachent le
premier niveau au regard des passants.
On pénètre dans une de ses
maisons, c'est un véritable village passé les pièces qui marquaient l'entrée, il y avait les pièces des propriétaires
et ensuite les pièces des domestiques. La maison doit faire une centaine de
mètres de longueur c'est très impressionnant.
Dans les ruelles on manque de
recul pour bien voir les façades mais chacune à quelque chose de nostalgique
qui parle d'un autre temps, de
quelque chose qui ne sera plus.
On achète de l'eau et des
pâtisserie parce qu'on n'a pas l'intention de ressortir pour dîner.
Il est 6h et la clim ne
fonctionne toujours pas, toujours pas de serviettes, toujours pas de télé
rebranchée.
C'est terrible et ça met Véro
dans tout ses états.
On râle ils viennent, essayent de
comprendre, ne comprennent rien mais ne le montrent pas. Impuissants.
Je descend voir le boss qui donne
l'ordre de nous changer de chambre il y a au premier une chambre avec clim.
Je trouve la chambre pas
terrible, le ventilo fait un bruit d'enfer et la clim se prend un peu pour une
locomotive.
Mais Véro veut la clim.
On déménage et on se réinstalle.
Véro prend sa douche et ensuite
veut savoir si on peut arrêter la clim. Il y a un disjoncteur, je le baisse la
clim s'arrête et quand je le remets le climatiseur ne repart pas.
Crise.
Je redescends à la réception pour dire que la clim ne marche pas.
Cette fois le boss décide d'appeler un technicien ce qu'ils auraient pu faire
depuis 14h.
Je remonte dans la nouvelle
chambre, je prends une douche, je me rase, j'entends qu'on frappe à la porte.
Véro ouvre c'est le technicien qui lui dit : la clim de la première chambre re
fonctionne ils l'ont réparée en moins d'une demi heure. On peut y retourner.
C'est le gag je suis à poil dans la salle de bain et tout le monde débarque
dans la chambre pour nous aider à tout remonter dans la première chambre. Véro
me passe mes affaires et nous déménageons une nouvelle fois.
On finit par en rire, il est 20h,
on a la clim dans une chambre
assez bien, on a une serviette pour deux, et la télé est rebranchée. Question
de patience.
On dîne de nos pâtisseries et on
attaque le blog. Avec toutes les demi-heures une coupure d'électricité.
On pense à ce pauvre Dylan cloué
dans son lit par une sciatique qui n'a pas l'air de vouloir passer facilement.
Demain on attaque les petits
villages des mecs plein aux as qui se sont ensuite reconvertis comme banquier à
New Delhi.
...salut les GoJoJo,
RépondreSupprimerPas toujours easy la life de routards...
Mais vous me donnez l'impression de tenir le coup et de vous régaler, c'est bien là le principal !!!
1000 biz LouLou